En Irlande du Nord, d'anciens militaires s'inquiètent pour leurs camarades partis en Ukraine

Robert McCartney, ancien soldat et président de l'association caritative des anciens combattants en Irlande du Nord «Beyond the Battlefield», pose pour des photos dans son bureau à Newtownards, dans le comté de Down, le 21 mars 2022. (AFP)
Robert McCartney, ancien soldat et président de l'association caritative des anciens combattants en Irlande du Nord «Beyond the Battlefield», pose pour des photos dans son bureau à Newtownards, dans le comté de Down, le 21 mars 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

En Irlande du Nord, d'anciens militaires s'inquiètent pour leurs camarades partis en Ukraine

  • Les vétérans suivis par Robert McCartney ont emmené avec eux leurs propres traumatismes et réveillé chez leurs anciens camarades de vieilles inquiétudes
  • Le commissaire du gouvernement nord-irlandais pour les vétérans, Danny Kinahan, estime que les anciens militaires «ressentent naturellement le désir» d'aider

NEWTOWNARDS: Dans les jours qui ont suivi l'invasion russe, 16 vétérans britanniques suivis par Robert McCartney, conseiller pour les anciens combattants en Irlande du Nord, ont quitté le pays pour aller se battre en Ukraine, réveillant inquiétudes et traumatismes chez leurs anciens camarades.


"Ils peuvent être dans un fossé, ils peuvent être sérieusement blessés et leurs parents sont ici, leurs familles sont ici et personne ne sait ce qui leur est arrivé", affirme cet ancien militaire.


Peu de temps après l'invasion de son pays par la Russie le 24 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à la formation d'une "légion internationale" pour l'aider à défendre l'Ukraine.


Beaucoup ont répondu à l'appel sans avoir la moindre formation militaire. Les vétérans suivis par Robert McCartney, au contraire, ont apporté dans le pays envahi leurs années d'expérience dans l'armée britannique.


Mais ils ont parfois emmené avec eux leurs propres traumatismes et réveillé chez leurs anciens camarades de vieilles inquiétudes. Car même après la retraite, les vétérans de l'armée restent hantés par leurs démons, souligne M. McCartney.


"Il y a tellement de questions qu'ils se sont posés (concernant leurs mission) au Kosovo, en Irak, en Afghanistan", raconte ce bénévole de l'association "Beyond The Battlefield" (Au-delà du champ de bataille) qui épaule d'anciens militaires.


"Ils se demandent toujours: est ce que quelqu'un est mort à cause de moi?", raconte le conseiller de 63 ans.

«Mauvaises raisons»
Selon lui, c'est en partie pour ces raisons que certains anciens militaires ont décidé de reprendre les armes en Ukraine.


"Nous avons convaincu beaucoup d'entre eux de rester. Mais évidemment ceux qui sont là-bas y sont pour leurs propres raisons -- mais ce ne sont pas les bonnes raisons pour aller faire la guerre", regrette cet ancien Royal Irish Ranger et vétéran de la guerre des Malouines.


Située à Newtownards, à une quinzaine de kilomètres de Belfast, "Beyond The Battlefield" a suivi 854 vétérans de l'armée l'année dernière, leur offrant conseils et soutien.


Quand d'anciens militaires viennent le consulter, ils sont "sur le point de tout perdre", selon M. McCartney, et ont souvent des pensées suicidaires.


Après l'invasion de l'Ukraine, les appels enjoignant les militaires du monde entier à rejoindre le pays ont inondé les réseaux sociaux. 


"Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui souffrent peut être de PTSD (stress post-traumatique) qui ont entendu la possibilité d'aller (en Ukraine)", estime James Girvan, qui a combattu en Irak et en Afghanistan pour l'armée britannique.


Plusieurs de ses connaissances, dont un ami proche, sont partis en Ukraine et il s'appuie sur les réseaux sociaux, outil vital selon lui, pour rester en contact avec ceux partis combattre. Mais l'inquiétude grandit si les amis au front restent silencieux trop longtemps.

«Bonnes intentions»
D'après des nouvelles qu'a reçu "Beyond The Battlefield", certains des anciens militaires partis en Ukraine ont combattu les forces russes dans les faubourgs de Kiev. D'autres sont rentrés début avril au Royaume-Uni, parfois frustrés par le manque de coordination des forces internationales.


Le commissaire du gouvernement nord-irlandais pour les vétérans, Danny Kinahan, estime que les anciens militaires "ressentent naturellement le désir" d'aider.


Mais "nous devons gérer ces bonnes intentions au mieux, et ne pas promouvoir les voyages en Ukraine", ajoute-t-il.


La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss avait semblé, dans un premier temps, soutenir les Britanniques qui voulaient aller au front. Mais elle avait été recadrée par le ministre de la Défense et des responsables militaires.


"Nous déconseillons les voyages en Ukraine, et quiconque voyageant dans des zones de conflit pour participer à des activités illégales doit s'attendre à être poursuivi à son retour au Royaume-Uni", avait affirmé un porte-parole du ministère de la Défense.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.