Présidentielle: Hidalgo/Pécresse, retour douloureux aux affaires locales

La maire de Paris et candidate à la présidentielle du Parti socialiste (PS) Anne Hidalgo et la candidate à la présidentielle du parti Les Républicains (LR) Valérie Pecresse assistent au dîner du Conseil des institutions juives de France (CRIF) à Paris, le 2 février 24, 2022. (Photo, AFP)
La maire de Paris et candidate à la présidentielle du Parti socialiste (PS) Anne Hidalgo et la candidate à la présidentielle du parti Les Républicains (LR) Valérie Pecresse assistent au dîner du Conseil des institutions juives de France (CRIF) à Paris, le 2 février 24, 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

Présidentielle: Hidalgo/Pécresse, retour douloureux aux affaires locales

La maire de Paris et candidate à la présidentielle du Parti socialiste (PS) Anne Hidalgo et la candidate à la présidentielle du parti Les Républicains (LR) Valérie Pecresse assistent au dîner du Conseil des institutions juives de France (CRIF) à Paris, le 2 février 24, 2022. (Photo, AFP)
  • Ce score désastreux «était attendu» après une campagne qui n'a jamais décollé, souligne ce sénateur proche d'Anne Hidalgo
  • «Celui de Pécresse l'était moins» mais la candidate LR est finalement «victime du même phénomène»

PARIS: Balayées au premier tour de l'élection présidentielle, au niveau national comme dans leur fief, les candidates PS et LR Anne Hidalgo et Valérie Pécresse vont devoir gérer un retour délicat à leur mandat local, avec encore 4 et 6 ans d'exercice. 

Un « score absolument incroyable », commente un de ses adjoints. La maire de Paris Anne Hidalgo a rassemblé dimanche sur son nom 22 900 voix dans la capitale, deux ans après avoir été largement réélue avec près de 225 000 suffrages (48%). Soit dix fois moins. 

Avec un famélique 2,17% dans la ville qu'elle dirige depuis 2014, la candidate socialiste a fait à peine mieux qu'au niveau national, où elle est arrivée 10e sur 12 candidats avec 1,75% des voix... 

« On a été totalement broyés par le vote utile » en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou d'Emmanuel Macron, estime Rémi Féraud, chef de file des élus socialistes parisiens, qui rejette toute « interprétation municipale » du scrutin. 

Ce score désastreux « était attendu » après une campagne qui n'a jamais décollé, souligne ce sénateur proche d'Anne Hidalgo. « Celui de Pécresse l'était moins » mais la candidate LR est finalement « victime du même phénomène ». 

Créditée de 17-18% des voix en janvier, la présidente de la région Ile-de-France n'a cessé de baisser ensuite, pour terminer sous la barre des 5% synonyme de non-remboursement de frais de campagne. Elle fait à peine mieux dans son bastion francilien (6,20%), moins d'un an après une réélection triomphale (46%) dans une quadrangulaire pourtant risquée. 

Dans son département des Yvelines, Valérie Pécresse dépasse à peine 8%. Anne Hidalgo, elle, reste sous la barre des 3% dans tous les arrondissements parisiens, même dans le XIe où elle est élue... « Son score la fragilise à Paris », estime le député macroniste Pierre-Yves Bournazel. 

Crédibilité entamée 

« Il va y avoir une fragilisation incontestable pour l'une comme pour l'autre », abonde le directeur de l'Ifop Frédéric Dabi, pour qui « deux défaites aussi cinglantes, historiques » n'entament pas leur « légitimité constitutionnelle » mais bien leur « crédibilité » politique.  

Au Conseil de Paris, l'équilibre des groupes est une antithèse parfaite du scrutin de dimanche, avec une majorité de gauche, les Républicains dominants dans l'opposition et les macronistes (6 élus), les Insoumis (1 élue) et le RN (0) peu ou pas représentés. 

Mais « cette campagne nationale a amené à un regard très critique sur l'action locale » d'Anne Hidalgo, souligne Nelly Garnier (LR), proche de Rachida Dati, pour qui Valérie Pécresse n'a au contraire « pas été attaquée » sur sa « capacité de bonne gestionnaire ». 

Et alors que les Verts, dont le candidat Yannick Jadot a fait un bien meilleur score dans la capitale (7,6%) qu'Anne Hidalgo, n'hésitent pas à s'allier au cas par cas avec la droite, Nelly Garnier voit dans cette majorité « très divisée » une « marge de manœuvre pour bloquer les projets très contestés par la population », comme le réaménagement de la perspective de la Tour Eiffel. 

L'adjoint EELV aux mobilités David Belliard, lui, appelle la majorité à une « discussion politique », après un résultat qui « pose un certain nombre de questions, même si les élections ne sont pas les mêmes ». 

« Ca va être long »  

Côté régional, « la majorité est plus cohérente » avec un groupe LR et apparentés proche de la majorité absolue (101 sur 209), souligne un membre de l'entourage de Valérie Pécresse, écartant l'hypothèse d'une démission de la présidente. 

Mais l'UDI (23 élus), qui fait la bascule, n'a « pas forcément été très bien traitée dans cette campagne. Il se peut qu'on soit un peu plus exigeant », souligne un de ses élus. Comme Anne Hidalgo, « Valérie Pécresse va aussi être confrontée à un problème avec sa majorité », avance ainsi Clémentine Autain (LFI). 

Jusqu'à la fin de leur mandat, 2026 pour Anne Hidalgo, 2028 pour Valérie Pécresse, les deux élues n'ont plus que les Jeux olympiques de 2024 comme perspective majeure. « Ca va être long », juge Clémentine Autain. 


Canicules en séries : les refuges de faune sauvage face à un afflux inédit

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"On craint que ça soit de pire en pire chaque année": alors que la France enchaîne les épisodes caniculaires, le refuge pour faune sauvage du Tichodrome, en Isère, fait face à un afflux de patients "hors norme".

Plus de 540 animaux sont arrivés en juin dans cette petite structure associative perchée dans la montagne à 20 km au sud de Grenoble, soit 24% de plus qu'en juin 2025 et deux fois plus qu'en juin 2018.

Les appels téléphoniques ont eux aussi explosé, contraignant le centre à temporairement restreindre l'accueil et fermer son standard. En cette fin juillet, le flux a ralenti mais ils sont encore près de 200 pensionnaires, dont de nombreux oiseaux et des mammifères, hérissons, renards ou écureuils.

Un pic d'animaux qui arrive en été, c'est "quelque chose d'habituel. Mais (il s'est produit cette fois) dans des proportions totalement inhabituelles", résume la directrice du centre, Mireille Lattier, désignant les dizaines de cages, volières ou cartons troués qui accueillent les bêtes à poil ou à plume, disposés partout où il y a de la place dans la maison et dans le jardin.

 

- Nids surchauffés -

 

En cause, la longue vague caniculaire de juin, qui a coïncidé avec la période de reproduction de nombreuses espèces, soit un moment de grande vulnérabilité.

"Beaucoup d'espèces nichent sous les toits, dans le bâti, typiquement le martinet noir, mais aussi les moineaux. Et ils souffrent non seulement de la chaleur, mais de la sécheresse", explique Mme Lattier. Les poussins se jettent hors de leurs nids surchauffés avant de savoir voler.

Pour ces espèces déjà en déclin, la canicule se traduit par une "hécatombe" d'oiseaux morts mais aussi une multiplication d'individus "en mauvais état", se désole Marjorie Guillem, soigneuse au centre.

Mais les autres espèces ne sont pas épargnées non plus et "on craint que ça soit de pire en pire chaque année. Et, à un moment, humainement et logistiquement parlant, on sera à court, on n'y arrivera plus", s'alarme la jeune femme.

"Si chaque été ressemble à celui-ci, oui, ça va vraiment être compliqué", abonde Mme Lattier, qui redoute un effet ciseau entre des phénomènes climatiques de plus en plus intenses et la "fragilité" structurelle des centres de soins, dont les financements reposent beaucoup sur des dons et restent en grande partie "aléatoires".

 

- Saturation -

 

Le Tichodrome est loin d'être le seul centre en difficulté : sur la centaine existant sur le territoire français, "70-80% ont été contraints de fermer pour saturation pendant la phase de canicule de juin", selon leur fédération, le Réseau des centres de soins de la faune sauvage.

"Le mois de juin a été terrible. (...) Ça n'était jamais arrivé dans l'histoire que la majorité des centres soient tous obligés de fermer en même temps", indique à l'AFP sa directrice, Manon Tissidre.

Selon elle, la question à ce stade n'est plus la canicule ni les incendies, ni les tempêtes de l'hiver sur le littoral qui ont coûté la vie à au moins 30.000 macareux, mais le fait que les centres sont "dans un état de crise permanente parce que les moyens sont toujours insuffisants par rapport à la demande, même quand tout va bien".

"On sent qu'il y a une accélération dramatique de l'érosion de la biodiversité, sans commune mesure. En plus, on reçoit des animaux qui sont de moins en moins sauvables", souligne-t-elle, évoquant le "désespoir" des équipes.

Les centres de soins ne peuvent en aucun cas compenser à eux seuls le changement climatique et la dégradation globale des habitats des animaux : "On essaye d'éponger un tsunami avec une petite éponge", conclut-elle, dénonçant "une énorme carence sur le plan de la décision politique".


Parti sans prêt en campagne, le RN forcé de s'économiser

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C), réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C), réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • Faute de financements bancaires, le RN mène une campagne sobre, privilégiant les déplacements de terrain aux grands meetings
  • Le parti espère qu'une initiative du gouvernement facilitera l'accès aux prêts de campagne, tout en poursuivant le remboursement de sa dette

PARIS: Refoulé par les banques, tenu de rembourser ses dettes, le Rassemblement national n'a pas déployé de grands moyens depuis l'entrée en campagne de sa candidate. Contraint à la sobriété, le parti va préférer les petits déplacements aux gros meetings, au moins jusqu'à l'automne.

Le RN trouvera-t-il une lueur d'espoir dans la récente initiative du gouvernement visant à assurer aux candidats à la présidentielle l'obtention de prêts pour leurs campagnes ?

Une piste, évoquée lors d'une réunion entre des banques et le cabinet du Premier ministre fin juillet, consisterait à conclure un accord entre plusieurs groupes bancaires, l'Etat pouvant couvrir une partie du risque de non-recouvrement.

Aucune discussion n'a été engagée avec les partis politiques ou le RN en particulier, assure Matignon.

Et, du côté des banques, le Crédit Mutuel a déjà indiqué qu'il ne participerait pas à ce financement, faute de garanties de l'État suffisantes à ses yeux.

Le parti à la flamme reste donc très prudent. "Cela fait des années qu'on tourne autour de cette question", a commenté jeudi sur franceinfo le porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Thomas Ménagé, tout en espérant que l'initiative du gouvernement, cette fois, "porte ses fruits".

Car le RN reste l'un des principaux intéressés.

Il peine, comme à chaque élection, à trouver une banque, française ou européenne, pour lui prêter les 10,7 millions d'euros remboursables en cas de qualification au second tour - pourtant a priori à la portée de sa candidate.

Un "vrai scandale" qui plonge la formation d'extrême droite "dans une difficulté supplémentaire", dénonçait son vice-président Sébastien Chenu début juillet.

En attendant, le parti doit avancer les frais. Il y a cinq ans, le RN avait ainsi prêté plus de 2,5 millions d'euros à Marine Le Pen, jusqu'à ce qu'elle décroche un emprunt en Hongrie début 2022.

Or, il demeure lourdement endetté, conséquence de son recours régulier à l'emprunt auprès de ses sympathisants. Un passif surveillé de près par la commission des comptes de campagne, et que le trésorier Kevin Pfeffer s'est fait un devoir de rembourser intégralement avant la présidentielle l'an prochain - il en restait 8,5 millions fin mars.

- "Le terrain ça coûte rien" -

Le RN ne peut donc pas se permettre de flamber, même avec un financement public qui approche les 15 millions d'euros par an depuis les dernières législatives.

Pour marquer le coup au lendemain de l'annonce de sa quatrième candidature à l'Elysée, début juillet, Marine Le Pen s'est d'ailleurs contentée d'un aller-retour express dans la Sarthe, accompagnée de son "binôme" Jordan Bardella.

Point presse, courte déambulation ponctuée de selfies sur un marché, rencontre en mairie avec le nouvel édile RN. Simple, efficace et surtout peu cher.

Pas comme les grands meetings des principaux concurrents qui ont scandé le printemps: Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann ont chacun rempli une salle parisienne de quelques milliers de places ; Jean-Luc Mélenchon a submergé le parvis de la basilique de Saint-Denis, pour une facture d'environ 200.000 euros.

"Que nos adversaires commencent à dépenser leur argent, tant mieux!", s'exclame un lieutenant de Marine Le Pen, qui préfère regarder les chiffres des sondages largement dominés par sa championne.

Fort de cette avance, le RN ne prévoit pas d'événement majeur avant son congrès des 24 et 25 octobre à Orléans, censé donner le top départ de sa campagne dans une arène de 10.000 places.

"On draine beaucoup plus de gens que par le passé, donc il faut de plus grandes salles pour que personne ne reste dehors", souligne un cadre de la campagne. Forcément, "c'est beaucoup plus cher".

Le compteur des dépenses tourne depuis le 1er avril, ce qui inclut la virée en Sarthe, mais aussi rétrospectivement une partie du coût du traditionnel meeting du 1er-Mai à Mâcon, dans une salle de 5.000 places.

Raison de plus pour en faire moins: "Faut pas gâcher les meetings, ça doit rester des temps forts", tranche le même cadre de la campagne. Par contre, "le terrain ça coûte rien". Alors Marine Le Pen et Jordan Bardella "vont se démultiplier" et il n'est "pas impossible qu'on ait parfois deux déplacement simultanés".

Dans l'immédiat, pour saturer l'espace sans trop se ruiner, le RN s'appuie sur une première affiche de Marine Le Pen, largement diffusée dans ses fédérations. Et, souligne une députée, "nos militants sont invités à occuper le terrain". Bénévolement, bien entendu. 


La cote de popularité de Marine Le Pen en baisse même si elle reste en tête des personnalités, selon un sondage

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C-G), quitte les lieux après le verdict du procès en appel d'anciens et d'actuels membres du RN, jugés pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen, à la cour d'appel de Paris, le 7 juillet 2026. (AFP)
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C-G), quitte les lieux après le verdict du procès en appel d'anciens et d'actuels membres du RN, jugés pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen, à la cour d'appel de Paris, le 7 juillet 2026. (AFP)
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  • Jordan Bardella reste en tête des personnalités politiques les plus populaires (36%), devant Marine Le Pen (34%), dont la cote recule de 4 points après sa condamnation en appel
  • La confiance envers Emmanuel Macron progresse à 24% (+1), mais 48% des Français déclarent ne lui faire « pas du tout confiance »

PARIS: La cote de popularité de Marine Le Pen a baissé en juillet après sa condamnation en appel, la candidate RN restant néanmoins en haut du classement des personnalités politiques, juste derrière Jordan Bardella, selon un sondage Elabe pour Les Echos publié jeudi.

Alors que Mme Le Pen a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027 après sa condamnation en appel pour détournement de fonds, Jordan Bardella se maintient en tête du classement. Le président du RN jouit d'une "image positive" auprès de 36% des Français, malgré deux points perdus en un mois.

Marine Le Pen le talonne de près avec 34%, mais enregistre une baisse de quatre points.

Edouard Philippe et Gabriel Attal, ex-æquo, les suivent avec 30% d'opinions positives. Le président d'Horizons recule de 4 points et celui de Renaissance de 2 points.

Auprès des électeurs de gauche, François Ruffin retrouve la première place du classement (45%), suivi par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (42%).

L'ancien président François Hollande chute de cinq points, passant de la première à la troisième place, ex-æquo avec Fabien Roussel (41%), suivis par Raphaël Glucksmann en cinquième position (40%, -2).

Le sondage mesure également la cote de confiance du président Emmanuel Macron, qui gagne un point: 24% des Français interrogés dans ce sondage déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays.

Mais la part de ceux qui ne lui font "pas du tout confiance" est en hausse de 4 points, et concerne près d'un Français sur deux (48%).

La cote de confiance du Premier ministre Sébastien Lecornu est la même que celle du président (24%, -1). La part des Français ne lui faisant "pas du tout" confiance est plus basse, à 35% (+1).

Le sondage a été réalisé en ligne du 28 au 29 juillet, sur un échantillon de 1.004 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans ou plus, selon la méthode des quotas.

La marge d'erreur est située entre 1,4 et 3,1 points.