Présidentielle française: pour la gauche radicale de Mélenchon, un échec au parfum de victoire

Une femme passe à Paris le 9 avril 2022 devant une affiche de campagne couverte de graffitis représentant le chef du parti La France Insoumise (LFI), député et candidat à l'élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Melenchon (Photo, AFP).
Une femme passe à Paris le 9 avril 2022 devant une affiche de campagne couverte de graffitis représentant le chef du parti La France Insoumise (LFI), député et candidat à l'élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Melenchon (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 12 avril 2022

Présidentielle française: pour la gauche radicale de Mélenchon, un échec au parfum de victoire

  • Longtemps donné à 10% dans les intentions de vote, M. Mélenchon a confirmé le poids de son mouvement
  • Il a réalisé de bons scores dans les banlieues populaires de Paris et outremer

PARIS : Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon n'est pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle française, mais son échec a un parfum de victoire, son parti la France insoumise (LFI) s'affirmant désormais comme le seul représentant crédible de la gauche.

Pour sa troisième - et ultime - participation à la bataille de l'Élysée, ce vétéran de la politique, âgé de 70 ans, a obtenu son meilleur score, 21,95%, tout près de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen (23,15%), qui affrontera Emmanuel Macron (27,85%) lors du second tour, le 24 avril.

Longtemps donné à 10% dans les intentions de vote, M. Mélenchon a confirmé le poids de son mouvement dans la redéfinition de l'espace politique français, loin devant les autres représentants d'une gauche à l'agonie, l'écologiste Yannick Jadot (4,63%), le communiste Fabien Roussel (2,28%) et la socialiste Anne Hidalgo (1,75%).

"La lutte continue ! La lutte continue ! Nous disons à tous ceux qui jusque là n'ont pas voulu l'entendre: ici est la force", s'est exclamé M. Mélenchon le soir du premier tour.

En dépit des appels à l'unité, six candidats s'étaient alignés à gauche pour la présidentielle. Lorsqu'il est apparu il y a quelques semaines que M. Mélenchon progressait dans les sondages, aucun n'a cependant voulu se retirer. 

"Ils n'ont pas eu le sens de leur devoir, de bien comprendre que lorsque l'on est candidat à une élection présidentielle on est au service de cette histoire. Ce n'est pas l'histoire qui est au service de votre petit ego", a fustigé l'ancienne candidate socialiste Ségolène Royal au lendemain du scrutin. "Aujourd'hui, ils se seraient retirés, on aurait Jean-Luc Mélenchon au second tour", a-t-elle déploré.

Le tribun de la gauche radicale a réussi à attirer le "vote utile" d'électeurs communistes, écologistes et d'abstentionnistes, qui lui a permis d'approcher très près de la qualification, estime le politologue Brice Teinturier.

Selon les instituts de sondage, M. Mélenchon a attiré plus d'un tiers des jeunes entre 18 et 24 ans, suivi par Emmanuel Macron (21-24,3%) et Marine Le Pen (18%).

Il a également réalisé de bons scores dans les banlieues populaires de Paris et outremer.

"Énormément de jeunes étaient à fond pour Jean-Luc Mélenchon, même des jeunes de banlieue, ils sont partis voter pour la première fois", a déclaré à l'AFP Fatouma, une étudiante de 18 ans de Saint-Denis, banlieue populaire et à forte population d'origine immigrée au nord de Paris.

L'union impossible ? 

Au-delà de la présidentielle, les yeux sont tournés vers les élections législatives de juin. Le Parti socialiste, qui reste une force locale importante en dépit de sa débâcle présidentielle (il dirige 25 départements, 5 régions et 5 villes dont Paris) et dispose de 25 députés à l'Assemblée nationale (sur 577), a appelé à l'union avec écologistes et communistes, mais pas avec la France insoumise.

De nombreux points de désaccords subsistent entre Mélenchon et le reste de la gauche, notamment à l'international. Le leader radical veut sortir du commandement intégré de l'OTAN, est très critique vis à vis de l'Union européenne, et s'est souvent illustré par ses positions pro-russes.

Ses détracteurs l'accusent aussi de faire preuve de complaisance envers l'islamisme et de s'arranger avec le concept de laïcité.

"Il y a peu de chances que ça marche", estime le politologue Simon Persico, maître de conférences à Sciences Po Grenoble, à propos d'une union de la gauche pour les législatives. "Il y a eu une logique de vote utile qui n'est pas forcément reconductible aux législatives, où, de surcroît, il y a moins de participation".

M. Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône (sud), n'a pas exclu d'être de nouveau candidat. "Il sera dans la bataille à nos côtés, je ne sais pas sa position", selon son directeur de campagne Manuel Bompard, qui promet qu'"il ne se retirera pas de la bataille politique dès demain".

"Il est encore là, il n'est pas parti, il va rester dans le paysage encore un moment", a assuré lundi la députée de la France insoumise Clémentine Autain.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


14-Juillet et Coupe du monde: 7.000 policiers et gendarmes mardi à Paris et son agglomération

Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026.  (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred Dreyfus, rendent hommage devant la statue en bronze de 3,5 mètres (12 pieds) réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, alias Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, lors d’une cérémonie en son honneur organisée à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et à la lutte contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard, sur l'île de la Cité, près de la Cour de cassation à Paris, le 12 juillet 2026. (AFP)
  • Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez
  • Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés

PARIS: Un dispositif massif de 7.000 policiers et gendarmes et 2.000 sapeurs-pompiers sera déployé mardi à Paris et son agglomération pour assurer la sécurité des festivités du 14 juillet et prévenir tout débordement lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football qui opposera en soirée la France à l'Espagne.

Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris (PP) a précisé que ce lundi, déjà, 3.000 policiers de la PP renforcés par 1.000 effectifs issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) seront mobilisés pour sécuriser le concert prévu sur le Champ-de-Mars et le spectacle de pyrotechnie et de drones dans la soirée.

Le lendemain, il s'agira de sécuriser le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le dernier d'Emmanuel Macron en tant que chef de l'Etat, et de permettre, selon les termes de la PP, de faire en sorte que la demi-finale de la coupe du Monde "reste une fête pour le plus grand nombre".

Pour ce faire, dans le détail, 5.000 effectifs de la PP, 2.000 policiers et gendarmes issus d'unités de force mobile et 2.000 pompiers  de la BSPP, seront mobilisés.

Au total, sur l'ensemble du pays, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés, comme l'a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.


France : deux Canadair envoyés face à l'incendie hors norme de Fontainebleau, près de Paris

Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités. (AFP)
  • Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris
  • "Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça"

ARBONNE-LA-FORET: Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin dans l'emblématique forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, pour lutter contre un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.

Actuellement les deux Canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse, alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur de l'année, un contexte qui favorise fortement le risque de départs de feux.

Face à l'incendie qui a débuté dimanche, deux Dash avaient été utilisés pour larguer au sol du produit retardant, un déploiement d'avions de lutte contre le feu inédit en région parisienne.

Quelque 800 hectares avaient été parcourus lundi matin dans le massif forestier de Fontainebleau, emblématique poumon vert d'un peu plus de 20.000 ha situé à 60 km au sud-est de Paris.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du village de Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".

Vigilance rouge canicule 

Le département de Seine-et-Marne, où se trouve la forêt, fait face depuis le déclenchement de la vigilance canicule rouge samedi à plusieurs incendies d'ampleur, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt.

Ils ont aussi provoqué des retards de trains de plusieurs heures, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse, a indiqué lundi matin la compagnie nationale SNCF Réseau à l'AFP.

Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.

Malgré les appels des secours à rester confinés pour ne pas s'exposer aux fumées, des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour assister médusés à ce ballet de véhicules de secours et de police, dans l'âcre fumée qui flotte sur la zone.

Selon un point des autorités lundi matin, environ 200 personnes ont dû être mises en sécurité en raison de la propagation de l'incendie, qui mobilise environ 370 pompiers sur le terrain.

Situation "amenée à durer" 

Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez est arrivé sur place en début de matinée. "La situation est amenée à durer", selon les autorités.

Partout en France, les secours ont dû lutter contre les flammes: dans les Pyrénées-Orientales (sud), la Drôme (sud-est), le Lot (sud-ouest), en Savoie (sud-est), mais aussi dans des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre (centre) ou la Loire-Atlantique (ouest), preuve qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Selon Laurent Nuñez, une fois le bilan "consolidé", "on sera à 25.000 hectares brûlés" en France, soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025. Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront "rien passer", a prévenu le ministre, qui a indiqué samedi que 32 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.