«Partygate»: sanctionné, Boris Johnson déterminé à rester au pouvoir

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le ministre des Finances, Rishi Sunak, à Downing Street, dans le centre de Londres, le 1 décembre 2021. (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le ministre des Finances, Rishi Sunak, à Downing Street, dans le centre de Londres, le 1 décembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 13 avril 2022

«Partygate»: sanctionné, Boris Johnson déterminé à rester au pouvoir

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et Le ministre des Finances, Rishi Sunak, à Downing Street, dans le centre de Londres, le 1 décembre 2021. (Photo, AFP)
  • Le ministre des Finances, Rishi Sunak, va également recevoir une amende pour infractions commises lors de fêtes organisées dans les cercles du pouvoir en 2020 et 2021
  • L'opposition travailliste a immédiatement demandé le départ du chef du gouvernement et du ministre des Finances

LONDRES : Des excuses, mais pas de démission : Boris Johnson s'est montré déterminé mardi à rester au pouvoir après avoir reçu une amende pour une fête d'anniversaire en infraction des règles anti-Covid, une sanction inédite pour un Premier ministre britannique en exercice.

Un temps sur un siège éjectable en janvier en raison de cette crise connue sous le nom de "partygate", le dirigeant conservateur semble désormais protégé par la guerre en Ukraine qui refroidit les ardeurs au sein de sa majorité de ceux qui, il y a peu, se disaient prêt à le déloger.

La punition, annoncée mardi par Downing Street, constitue néanmoins un revers sévère pour Boris Johnson qui a non seulement enfreint la loi, mais avait aussi pris le risque d'assurer n'avoir rien fait d'illégal au Parlement, lors des pots de départ, apéritifs au soleil et autres fêtes organisés pendant les confinements et révélés ces derniers mois par la presse.

Il a déclaré à la télévision s'être acquitté de cette amende et a présenté des "excuses complètes" pour cet anniversaire surprise qui a duré selon lui "moins de 10 minutes" le 19 juin 2020 dans la salle du conseil des ministres, pour ses 56 ans.

"Je dois dire franchement qu'il ne m'a pas semblé à l'époque que cela pouvait enfreindre les règles", a-t-il plaidé. 

S'il a assuré "comprendre la colère", il a balayé les appels à la démission, lancés notamment par le chef des travaillistes Keir Starmer et la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon.

"Je veux maintenant continuer et remplir le mandat qui est le mien", a-t-il expliqué, citant l'économie et la guerre en Ukraine.

Sur Twitter, plusieurs ministres lui ont réaffirmé leur soutien, dont la cheffe de la diplomatie Liz Truss, le ministre de la Justice Dominic Raab et celui de la Santé Sajid Javid.

Le ministre des Finances Rishi Sunak et l'épouse du Premier ministre Carrie Johnson, qui ont eux aussi reçu des amendes pour infractions aux règles anti-Covid, se sont également excusés.

Carrie Johnson, sanctionnée pour le même événement que son mari, "s'excuse sans réserve", même si elle pensait "agir dans le respect des règles", a indiqué son porte-parole.

"Je regrette profondément la frustration et la colère causées et je suis désolé", a dit de son côté Rishi Sunak, écartant toute démission.

Risque de «déstabilisation»

Conscients de la colère populaire, plusieurs députés conservateurs s'étaient ouvertement prononcés il y a quelques mois pour le départ de Boris Johnson, mais les rebelles n'étaient pas assez nombreux pour déclencher un vote de défiance.

Aujourd'hui, le Premier ministre bénéficie d'un contexte favorable, la crise internationale autour de l'Ukraine dissuadant les parlementaires de son camp conservateur de tenter de l'évincer.

Le député conservateur Roger Gale a ainsi affirmé qu'il n'était "pas prêt à donner à Vladimir Poutine la satisfaction de penser que nous sommes sur le point de renverser le Premier ministre du Royaume-Uni et de déstabiliser la coalition contre Poutine".

Le chef du Parti conservateur écossais, Douglas Ross, qui avait un temps demandé la démission, s'est lui aussi finalement opposé à ce départ qui "déstabiliserait le Royaume-Uni quand nous devons être unis face à l'agression russe".

Les vacances parlementaires évitent à Boris Johnson les questions fâcheuses de l'opposition - au moins jusqu'à la reprise des débats mardi.

Enfin, Rishi Sunak qui était pressenti comme un possible successeur de Boris Johnson, est lui-même sanctionné et affaibli par des révélations sur sa situation fiscale et celle de son épouse.

Mais le Premier ministre est fragilisé et a vu sa popularité s'éroder, lui qui était arrivé triomphalement au pouvoir en juillet 2019.

Une majorité de Britanniques (57%) estime qu'il devrait démissionner, selon un sondage YouGov réalisé auprès de 2.464 Britanniques après l'annonce de l'amende.

Un pré-rapport interne avait déjà épinglé des "erreurs de leadership et de jugement" dans cette affaire, pointant du doigt des rassemblements injustifiés et la consommation d'alcool au travail.

Au total, la police a émis plus de 50 amendes pour infractions aux règles anti-Covid dans cette affaire, sans préciser les noms des destinataires. 

Pour l'association de familles endeuillées par la pandémie de Covid-19 Bereaved Families for Justice, il n'y a "simplement aucune possibilité que le Premier ministre ou le Chancelier (Rishi Sunak) puissent continuer".


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.