Djeddah: Un atelier d'art rend hommage à un établissement de santé

Œuvre d’Amjad Shouqi.
Œuvre d’Amjad Shouqi.
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Publié le Mardi 19 avril 2022

Djeddah: Un atelier d'art rend hommage à un établissement de santé

  • L’idée de l’atelier et de l’exposition est née lorsque la mère d’une artiste a reçu des soins intensifs à l’hôpital du roi Fahd avant sa mort
  • Toutes les peintures seront offertes à l’institution médicale pour ajouter une touche esthétique aux couloirs de l’établissement

DJEDDAH: En reconnaissance des services fournis par les hôpitaux saoudiens, une exposition d’art et un atelier ont été organisés samedi dernier au complexe résidentiel Gardenia de Djeddah en présence de vingt-deux artistes originaires d’Égypte, du Yémen, d’Inde et d’Arabie saoudite.

Organisé par la galerie Art Harmony sur le thème «Les portes de notre vieux quartier», cet événement en plein air qui s’est déroulé pendant trois jours constitue une marque de gratitude vis-à-vis de l’Hôpital des forces armées du roi Fahd.

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Plusieurs artistes saoudiens de renom ont participé à une exposition d’art et un atelier au complexe résidentiel Gardenia de Djeddah. (Photo fournie)

 

EN BREF

Organisé par la galerie Art Harmony sur le thème «Les portes de notre vieux quartier», cet événement en plein air qui s’est déroulé pendant trois jours constitue une marque de gratitude vis-à-vis de l’Hôpital des forces armées du roi Fahd.

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Œuvre d’Amal Felimban.

Le vernissage s’est déroulé en présence du consul général du Japon à Djeddah, Izuru Shimmura. La princesse et poétesse saoudienne Jawharat al-Sahra était l’invitée d’honneur de l’événement.

L’idée de l’atelier et de l’exposition est née lorsque la mère d’une artiste, Matluba Qurban, a reçu des soins intensifs à l’Hôpital du roi Fahd avant sa mort; une dizaine de jours plus tard, elle a fait part à d’autres artistes des excellents services médicaux qui lui avaient été prodigués à l’hôpital.

Demandant à Allah d’accorder sa miséricorde à la mère de l’artiste, des collègues ont exprimé leur désir d’organiser un atelier artistique en signe de loyauté envers l’hôpital et son personnel de santé. Toutes les peintures seront offertes à l’institution médicale afin d’ajouter une touche esthétique aux couloirs de l’établissement.

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Œuvre de Maysa Mostafa. 

Matluba Qurban, qui fait partie des organisateurs, déclare que vingt-deux créatrices et créateurs ont participé à l’exposition et à l’atelier.

«Leurs peintures, qui font revivre nos beaux vieux quartiers, seront offertes aux responsables de l’hôpital, qui leur ont dédié un espace au sein de l’établissement. C’est vraiment gentil de la part de l’Hôpital du roi Fahd que d’accepter notre initiative», déclare-t-elle.

Elle affirme que plusieurs artistes saoudiens de renom comme Amal Felimban, Fahad Turkistani et Abdallah al-Soulaimani, ont participé à l’exposition et à l’atelier.

Le Dr Khaled Aql, coorganisateur, précise à Arab News que les artistes ont insisté pour exprimer leur gratitude envers l’hôpital.

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Œuvre de Rana al-Saggaf.

«Le message de l’art est fondamentalement humain. En tant qu’artistes, nous sommes toujours présents dans les occasions où l’on rend hommage à un fournisseur de services pour ses performances exceptionnelles», souligne-t-il.

Il soutient que les artistes avaient tenu à participer à l’atelier, ajoutant que leurs œuvres seraient exposées dans un prestigieux établissement de santé.

La princesse Jawharat al-Sahra dit à Arab News que les hôpitaux méritent qu’on leur rende hommage pour les services qu’ils fournissent aux patients.

«Ces artistes se sont réunis avec dévouement pour montrer leur respect et dire combien ils apprécient nos hôpitaux, représentés ici par l’Hôpital des forces armées du roi Fahd. Nous sommes, de fait, fiers de ces établissements de pointe qui fournissent des soins de santé aux Saoudiens ainsi qu’aux résidents», conclut-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un dernier roman inédit de Céline publié en avril

Un dernier roman inédit retrouvé dans les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline, "La Volonté du roi Krogold", doit être publié en avril, ont annoncé les éditions Gallimard. (AFP)
Un dernier roman inédit retrouvé dans les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline, "La Volonté du roi Krogold", doit être publié en avril, ont annoncé les éditions Gallimard. (AFP)
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  • Ce conte médiéval que Céline (1894-1961) appelait une «légende gaélique» paraît le 27 avril, selon un programme envoyé vendredi soir par l'éditeur
  • Céline n'avait pas convaincu son éditeur, Denoël, de publier cette œuvre qui se distinguait nettement du reste de ses romans, des fictions réalistes contemporaines. On en trouve des extraits dans l'un d'eux, «Mort à crédit»

PARIS: Un dernier roman inédit retrouvé dans les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline, "La Volonté du roi Krogold", doit être publié en avril, ont annoncé les éditions Gallimard.

Ce conte médiéval que Céline (1894-1961) appelait une "légende gaélique" paraît le 27 avril, selon un programme envoyé vendredi soir par l'éditeur.

Gallimard a précisé qu'il en publierait deux versions, l'une tapée à la machine par l'auteur, "datant de la première moitié des années 1930", et intitulée "La Légende du roi René", puis le manuscrit portant le titre finalement retenu, "pouvant être daté de 1939-1940".

"Ces deux pièces majeures, inédites et diversement incomplètes, relèvent d'un même projet tout en se distinguant par d'importantes évolutions stylistiques et narratives", a précisé la maison d'édition.

Elles proviennent des près de 1.200 feuillets manuscrits que Céline, fervent collaborationniste, avait laissés derrière lui en fuyant Paris pour l'Allemagne en juin 1944.

Confisqués par un résistant, puis mis à l'abri pendant trois quarts de siècle, ces écrits sont réapparus de manière inattendue en 2021. Ils ont donné lieu à deux romans inédits publiés en 2022, "Guerre" et "Londres".

Ce nouveau roman, "dont les épisodes principaux se déroulent entre Bretagne et Scandinavie", raconte "la guerre menée par le Roi Krogold contre le prince félon Gwendor, le meurtre du procureur Morvan par le trouvère Thibaut, la passion de Joad pour la belle Wanda", a expliqué Gallimard.

Céline n'avait pas convaincu son éditeur, Denoël, de publier cette œuvre qui se distinguait nettement du reste de ses romans, des fictions réalistes contemporaines. On en trouve des extraits dans l'un d'eux, "Mort à crédit".

Une nouvelle inédite issue des mêmes manuscrits, "La Vieille dégoûtante", doit par ailleurs paraître le 23 mars, dans le numéro 655 de La Nouvelle Revue française consacré en bonne partie à Céline.

Gallimard doit enfin ultérieurement refondre les volumes de la Bibliothèque de la Pléiade consacrés à Céline, ainsi que le roman "Casse-pipe", paru inachevé en 1949, et qui sera augmenté de passages inédits.


A Paris, les «lumières noires» de Zanele Muholi et Faith Ringgold

Un visiteur regarde un tableau de Faith Ringgold nommé «Die: American people series #20» lors de la Foire d'Art Contemporain «Post-Picasso, réactions contemporaines» à Barcelone le 7 mars 2014. (AFP)
Un visiteur regarde un tableau de Faith Ringgold nommé «Die: American people series #20» lors de la Foire d'Art Contemporain «Post-Picasso, réactions contemporaines» à Barcelone le 7 mars 2014. (AFP)
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  • Son nom ne dira sans doute rien au grand public, pourtant elle est l'une des figures majeures de la peinture de la seconde moitié du XXe siècle: Faith Ringgold fait l'objet d'une rétrospective au musée Picasso
  • «Faire cette rétrospective aujourd'hui, un an après celle au New Museum de New York, est une façon de lui rendre hommage de son vivant», souligne auprès la directrice du musée Picasso, Cécile Debray.

PARIS: L'une est une peintre américaine dont les oeuvres questionnent l'identité afro-américaine; l'autre est photographe, non-binaire, qui veut "écrire l'histoire visuelle queer" de son pays, l'Afrique du Sud: pour la première fois, Faith Ringgold et Zanele Muholi sont à l'honneur à Paris.

Son nom ne dira sans doute rien au grand public, pourtant elle est l'une des figures majeures de la peinture de la seconde moitié du XXe siècle: à 92 ans, l'artiste et militante Faith Ringgold fait l'objet d'une rétrospective au musée Picasso (jusqu'au 2 juillet).

"Faire cette rétrospective aujourd'hui, un an après celle au New Museum de New York, est une façon de lui rendre hommage de son vivant", souligne auprès de l'AFP la directrice du musée Picasso, Cécile Debray.

Reste une question: pourquoi la faire au Musée Picasso ? Parce que le maître espagnol a profondément inspiré l'artiste américaine, assure Mme Debray. Née à Harlem en 1930, Faith Ringgold a placé le combat pour les droits civiques au cœur de son œuvre.

Une œuvre qui commence en 1963 -- en pleine ségrégation raciale -- dans la série "The American people". De façon presque balzacienne, elle cherche à représenter la société américaine. Les Blancs comme les Noirs, avec une attention particulière sur les couleurs.

Faith Ringgold travaille les tons marrons, gris. Son but ? Parvenir à une juste représentation des Afro-américains. En 1967 alors que les tensions sont à leur comble, elle peint les "black light" (lumière noire), où elle célèbre la beauté afro à travers le slogan "black is beautiful".

«Regardez-nous»

Une question l'obsède: celle de l'identité. Préoccupation centrale que l'on retrouve dans son autoportrait daté de 1965. Bras croisés, un collier de perles autour du cou, le regard au loin: "c'est une façon de dire, regardez-moi, une femme noire et une artiste", analyse Cécile Debray.

"Elle a toujours porté cette double minorité" -- celle d'être une femme et d'être Afro-américaine--, poursuit Mme Debray. Et d'ajouter que "cette double minorité lui a donné l'énergie de se battre toute sa vie".

Des questionnements qui sont aussi au cœur de l’œuvre de Zanele Muholi, photographe de renommée internationale, originaire d'Afrique du Sud, qui fait l'objet jusqu'au 21 mai prochain d'une vaste rétrospective (plus de 200 photos) à la Maison européenne de la photographie (MEP) à Paris.

A l'honneur début novembre lors du salon Paris-Photo, l'artiste non-binaire (qui ne se reconnaît ni femme, ni homme) entend "décoloniser l'image" par un travail sur la diversité de genre mais pas que.

En documentant la vie de la communauté LGBT+ -- en principe protégée par la constitution sud-africaine, une des plus avancées au monde -- Zanele Muholi entend "réécrire une histoire visuelle de l'Afrique du Sud queer et trans afin que le monde entier sache que nous existons et surtout que nous résistons" face aux discriminations qui perdurent, avait déclaré mardi l'artiste lors de la visite presse.

Emplies de fiertés, ses photos entendent rendre visible le quotidien de cette communauté, encore marginalisée. A une limite près: ne pas montrer de photos violentes. "Pour moi il était important de laisser la violence en dehors de mes photos", avait ajouté Zanele Muholi.

Surtout, "je voulais produire des documents qui vont parler aux générations futures", a poursuivi l'artiste.

L'autre partie de son œuvre, sans doute la plus connue, sont ses autoportraits. Zanele Muholi se prend en photo et joue avec les stéréotypes (sauvagerie, magie, exotisme..) qu’ont longtemps véhiculés les arts visuels à l’égard des personnes noires.

Pour ce faire, l'artiste utilise aussi de nombreux objets du quotidien: éponges, pinces à linge... Une manière de dénoncer la domesticité imposée aux femmes noires.

A chaque fois, une lumière souligne le sujet. A cela s'ajoute un jeu de contraste, donnant aux images une noirceur charbonneuse, faisant penser à des peintures. "Ce que j'essaye de dire, c'est regardez-nous, nous sommes là".


Shah Rukh Khan: coqueluche indienne et roi de Bollywood

Sur cette photo prise le 24 mai 2022, l'acteur bollywoodien Shah Rukh Khan pose lors d'un événement pour le lancement d'une nouvelle gamme de téléviseurs par LG Electronics à New Delhi. (AFP).
Sur cette photo prise le 24 mai 2022, l'acteur bollywoodien Shah Rukh Khan pose lors d'un événement pour le lancement d'une nouvelle gamme de téléviseurs par LG Electronics à New Delhi. (AFP).
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  • «King Khan» – dont le surnom reflète des décennies de règne sur le box-office – est une figure unificatrice rare à travers les multiples failles géographiques, linguistiques et religieuses de l'Inde
  • La sortie de son dernier long-métrage, «Pathaan», a été un événement national, faisant fi des appels au boycott lancés par les partisans de la ligne dure de l'hindouisme et attirant des foules en délire dans les salles obscures

BOMBAY : Shah Rukh Khan est la star la plus populaire de Bollywood à 57 ans. Son large répertoire sur grand écran allant de la romance au film d'action a fait de lui l'incarnation cinématographique d'une Inde en pleine mutation.

"King Khan" – dont le surnom reflète des décennies de règne sur le box-office – est une figure unificatrice rare à travers les multiples failles géographiques, linguistiques et religieuses de l'Inde.

La sortie de son dernier long-métrage, "Pathaan", a été un événement national, faisant fi des appels au boycott lancés par les partisans de la ligne dure de l'hindouisme et attirant des foules en délire dans les salles obscures.

Les admirateurs de Shah Rukh Khan se rendent régulièrement en pèlerinage aux portes de son manoir de Mumbai et attendent toute la journée pour apercevoir brièvement celui qui se complaît dans son statut d'icône publique.

"Je suis très heureux d'être une star. Je ne m'en lasserai jamais", déclarait M. Khan en 2013 dans une interview à l'AFP.

"J'aime la quantité de gens qui m'aiment, les foules qui se rassemblent, les controverses, les responsabilités que j'ai, le succès et même l'échec. C'est une vie passionnante."

Khan est né dans une famille musulmane de New Delhi et n'est pas issu d'une dynastie d'acteurs établie.

Ses rôles à la télévision au début des années 1980 ont mis en évidence son charisme naturel, mais il lui a fallu plusieurs années pour percer au cinéma, où il a risqué d'être cantonné à des rôles de méchants après son incarnation captivante d'un harceleur obsédé dans "Darr".

Mais le plus grand blockbuster indien de 1995 l'a catapulté au rang de célébrité internationale et a trouvé un écho dans les profonds changements sociaux en cours dans son pays.

Dans le film "Dilwale Dulhania Le Jayenge", M. Khan joue le rôle d'un Londonien qui tombe amoureux d'une autre Indienne de la diaspora alors qu'il fait du tourisme en Europe.

Ils décident de se marier, contre la volonté de son père, qui l'a promise en mariage à un autre homme en Inde.

Il est sorti au cours d'une décennie marquée par la libéralisation de l'économie du pays et de sa classe moyenne urbaine, les jeunes hommes et les jeunes femmes jouissant d'un style de vie plus riche que celui de leurs parents tout en s'opposant à leurs règles.

Le film reste l'un des plus populaires de Bollywood, et il a été projeté dans un cinéma de Mumbai tous les jours - à l'exception d'une interruption liée au Covid - pendant les 27 ans qui ont suivi sa sortie.

«L'Inde du bien-être»

La critique de cinéma Namrata Joshi a écrit que Khan était le fer de lance d'un nouveau type de "héros familial romantique" dans le cinéma indien, remplaçant les archétypes du jeune homme en colère qui correspondaient à l'humeur nationale anxieuse des décennies précédentes.

"Beaucoup voient SRK incarner... l'esprit de l'Inde post-libéralisation, du bien-être, ambitieuse et affirmée", a-t-elle noté.

Au fil du temps, l'autodérision pratiquée par M. Khan et son physique avantageux lui ont permis de devenir la coqueluche des Indiens.

Le livre "Desperately Seeking Shah Rukh", publié en 2021, traite des désirs intimes des femmes indiennes modernes à travers leur passion partagée pour l'acteur et la masculinité sensible qu'il représentait.

Aucun film de son vaste répertoire n'a autant contribué à renforcer cette image que le film "Dil Se..." de 1998, dans lequel M. Khan part sur la piste d'une femme mystérieuse à travers les paysages naturels les plus spectaculaires de l'Inde.

Aujourd'hui, ses chorégraphies éblouissantes sont restées gravées dans les mémoires, en particulier la sérénade de M. Khan accompagné de dizaines de danseurs au sommet d'un train à vapeur en mouvement.

«Tellement d'amour»

Le visage de Shah Rukh Khan sur les affiches de films est devenu un sésame ouvrant les portes du succès commercial et une série de triomphes au cours des deux décennies suivantes l'ont rendu fabuleusement riche.

Ses actifs comprennent l'équipe de cricket Kolkata Knight Riders dans la très lucrative Indian Premier League (IPL), et une société de production de films.

Mais ces dernières années ont été marquées par une série de revers personnels et professionnels, dont l'arrestation de son fils en 2021 dans une affaire de drogue qui a ensuite été abandonnée.

M. Khan, comme d'autres stars du cinéma issues de la minorité musulmane de l'Inde, est de plus en plus la cible des critiques des nationalistes hindous.

"Pathaan", un thriller d'action dans lequel il incarne un agent secret après cinq ans d'absence sur le grand écran, était le dernier de plusieurs films très attendus de Bollywood soumis à une campagne de boycott.

Finalement, l'aura de M. Khan en tant que star a triomphé de ses détracteurs, et les ventes de billets pour "Pathaan" ont battu le record du box-office indien pour un jour de sortie.

M. Khan s'est ensuite montré très élogieux à l'égard des fans qui ont fait du film un succès.

"Il y a tellement d'amour de tous les côtés", s'est-il réjoui, "et nous ne pourrons jamais montrer assez de gratitude".