Présidentielle : les mots de la campagne

Des panneaux électoraux de Marine Le Pen et Emmanuel Macron à Paris. (Photo, AFP)
Des panneaux électoraux de Marine Le Pen et Emmanuel Macron à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

Présidentielle : les mots de la campagne

Des panneaux électoraux de Marine Le Pen et Emmanuel Macron à Paris. (Photo, AFP)
  • «Faire barrage à l'extrême droite en déposant dans l'urne un bulletin Emmanuel Macron» a été dès le soir du premier tour l'appel du candidat écologiste Yannick Jadot
  • «Je suis prêt à bouger», sur la réforme des retraites, totem de son programme, a annoncé Emmanuel Macron

PARIS: Dans toute campagne électorale, des mots surnagent parmi le flot ininterrompu de la parole des candidats, et finissent par s'imposer. Petit tour d'horizon de vocables qui auront marqué la campagne présidentielle 2022. 

Barrages 

Front contre front. « Faire barrage à l'extrême droite en déposant dans l'urne un bulletin Emmanuel Macron » a été dès le soir du premier tour l'appel du candidat écologiste Yannick Jadot. A rebours du traditionnel front républicain, le candidat Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a lui demandé de « tout faire pour faire barrage » au président sortant.  

« Grand remplacement »  

Ce terme qui décrit un remplacement supposé de la population européenne par une population non européenne, issu de groupuscules identitaires, a été repris à son compte par Eric Zemmour. En février, Valérie Pécresse trébuche en meeting en affirmant qu’il n'y a « pas de fatalité, ni au grand remplacement, ni au grand déclassement ». « Un Rubicon de plus » franchi par la candidate LR, dénonce la socialiste Anne Hidalgo.  

Dédiabolisation, rediabolisation 

Tout au long de la campagne, Marine Le Pen a lissé son discours et mis en avant son programme sur le pouvoir d'achat au détriment de ses propositions contre l'immigration et l'islam. Elle poursuivait ainsi une stratégie de dédiabolisation engagée dès 2012. « Si le système met en œuvre une telle diabolisation c'est qu'il a peur », s'est-elle agacée face aux manifestations organisées contre l’extrême droite dans l'entre-deux tours. 

« Vote efficace »  

Le candidat Insoumis Jean-Luc Mélenchon a appelé les électeurs de gauche au « vote efficace » pour le hisser au second tour de la présidentielle et éviter le duel Macron-Le Pen, refusant d'employer le terme de « vote utile », qui serait un vote de stratégie et non de conviction. Les réponses à gauche ne se sont pas fait attendre : L'écologie, « c'est un vote d'efficacité », a prôné Yannick Jadot (EELV) tandis que le communiste Fabien Roussel a affirmé que « voter efficace, c’est voter les jours heureux », son programme, avant de terminer à respectivement 4,6% et 2,3% des voix, loin derrière l'Insoumis.  

Facture  

Alors que la campagne s'est lancée sur fond d'inflation et de prix à la pompe records, le pouvoir d'achat s'est affirmé comme la préoccupation numéro un des électeurs. Tous les candidats ont tenté d'apporter dans leurs programmes une aide aux Français frappés par la forte augmentation des factures d'énergie et de carburant. Baisse la facture énergétique des Français de « 600 à 700 euros » pour Yannick Jadot, remise sur les prix du carburant proposée par Emmanuel Macron ou encore hausse du Smic pour Valérie Pécresse et Jean-Luc Mélenchon : les factures des particuliers se sont retrouvées au cœur des programmes. 

Eoliennes  

Les éoliennes sont soudainement devenues un marqueur de l'opposition entre les deux finalistes. Lors d’un meeting à Marseille aux accents écolo prononcés, le président candidat a fustigé « l’extrême droite (qui) est un projet climato-sceptique qui veut détruire les éoliennes ». Alors qu’Emmanuel Macron défend « l’implantation de 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050 », Marine Le Pen propose dans son programme « un moratoire sur la construction de toute nouvelle éolienne, sur terre ou mer », dès ce printemps. « Les éoliennes sont un saccage économique et écologique », affirme-t-elle. 

McKinsey  

L'enquête du parquet national financier sur l'« optimisation fiscale » de McKinsey a permis aux concurrents d’Emmanuel Macron de dénoncer à quelques jours du premier tour « une affaire d'État ». L’Insoumis Mélenchon a fustigé un président qui « fait entrer le privé dans l’État ». Pour le chef du RN Jordan Bardella, le président sortant est devenu « le prête-nom d’intérêts privés ». En cause: le montant des contrats de l'État avec McKinsey qui a « plus que doublé » en trois ans.  

Poutine 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’ombre de Vladimir Poutine plane sur la campagne présidentielle. Pour certains candidats, comme Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou encore Eric Zemmour, qui rêvait il y a plusieurs années « d’un Poutine Français », leur proximité avec le président russe s’est transformée en véritable tabou. Résultat, des prises de distance plus ou moins forcées au fil des semaines. « Nous avons un problème énorme avec cet homme » a assuré le chef des Insoumis, quand la candidate RN a reconnu des « crimes de guerre », après la découverte de centaines de corps de civils dans la région de Kiev. 

60 ou 65 ans  

« Je suis prêt à bouger », sur la réforme des retraites, totem de son programme, a annoncé Emmanuel Macron dès le lendemain du premier tour. « On ne fait pas forcément une réforme jusqu'en 2030 si je ressens trop d'angoisse chez les gens » a-t-il ajouté en visite dans les Hauts-de-France. « En réalité la retraite à 65 ans c'est son obsession », a riposté Marine Le Pen. « Tous les Français sont extrêmement intelligents, tous ont compris que c'est la manœuvre d'Emmanuel Macron pour tenter de récupérer, ou en tout cas d'atténuer, l'opposition des électeurs de gauche », a-t-elle estimé. 


Moyen-Orient: Macron dénonce une "escalade inconsidérée" et plaide pour une trêve pendant l'Aïd

Le président Emmanuel Macron arrive au sommet de l’Union européenne à Bruxelles le 19 mars 2026. Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, avec des impacts sur l’énergie et la sécurité. (AFP)
Le président Emmanuel Macron arrive au sommet de l’Union européenne à Bruxelles le 19 mars 2026. Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, avec des impacts sur l’énergie et la sécurité. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron dénonce une « escalade inconsidérée » au Moyen-Orient, où les frappes touchent désormais des infrastructures énergétiques, notamment au Qatar
  • Il appelle à un arrêt temporaire des combats pendant l’Aïd al-Fitr et à l’ouverture de discussions directes entre les États-Unis et l’Iran

BRUXELLES: Emmanuel Macron a dénoncé jeudi une "escalade inconsidérée" au Moyen-Orient où la guerre s'est étendue aux sites de production d'hydrocarbures, en particulier au Qatar, et a appelé à "stopper" les combats pendant l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du ramadan.

"Plusieurs (...) pays du Golfe ont été frappés pour la première fois sur leurs capacités de production, de la même manière que l'Iran avait été frappé", a relevé le président français à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles, appelant de ses voeux des discussions "directes" entre Américains et Iraniens sur cette question.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron avait proposé un "moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier les infrastructures énergétiques et hydrauliques" après avoir parlé au président américain Donald Trump et à l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Ces frappes se sont poursuivies après cet appel.

"Nous allons continuer de nous mobiliser et, évidemment, nous avons passé aussi ce message aux Iraniens", a dit le président français devant la presse à Bruxelles. Il a ajouté souhaiter "qu'il y ait des discussions directes qui puissent s'établir entre Américains et Iraniens sur ce point".

"Je pense que tous les esprits devraient se calmer et le combat devrait stopper au moins pour quelques jours pour essayer de redonner une chance aux négociations", à la faveur de la fin du ramadan célébrée dans les tout prochains jours, a insisté Emmanuel Macron.


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.