Débat d'entre-deux tours: Macron et Le Pen opposent leurs visions

Cette photo montre le plateau qui accueillera le débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle, qui opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen. (Photo, AFP)
Cette photo montre le plateau qui accueillera le débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle, qui opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Débat d'entre-deux tours: Macron et Le Pen opposent leurs visions

  • Le débat, orchestré par Léa Salamé et Gilles Bouleau, dure 2h30 et est retransmis en direct sur TF1 et France 2
  • Il s'agit du premier débat d'Emmanuel Macron depuis son entrée en campagne

PARIS : Des millions de Français scrutent le grand débat de l'entre-deux-tours qui oppose le président candidat, Emmanuel Macron, à la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Le débat, orchestré par Léa Salamé et Gilles Bouleau, dure 2h30 et est retransmis en direct sur TF1 et France 2. Cette confrontation finale se déroule à La Plaine-Saint-Denis, un quartier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) proche du stade de France, au sein du plateau n°5 des studios de Lendit. Il s'agit d'un plateau de plus de 1 000 m². 

Il s'agit par ailleurs du premier débat d'Emmanuel Macron depuis son entrée en campagne. 

C'est Marine Le Pen, tirée au sort, qui entame ce débat. «Je serai la présidente du régalien, des protections collectives, des libertés, de la souveraineté et de la sécurité. La présidente du quotidien, du pouvoir d'achat, de l'école, de la santé partout et pour tous, de l'assimilation républicaine. Je serai la présidente de la concorde, de la justice, de la fraternité civile, de la paix civile» affirme-t-elle en guise d'introduction.

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Cette photo montre un écran de télévision montrant Marine Le Pen, candidate à la présidence du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), lors d'un débat télévisé en direct avec le président français et candidat du parti La République en marche (LREM) à la réélection d'Emmanuel Macron. (Photo, AFP)

Pour sa part, Emmanuel Macron introduit son propos en évoquant son projet pour la France :  «Nous pouvons et nous devons rendre notre pays plus fort, nous pouvons et devons améliorer la vie du quotidien. Je crois que notre France sera plus forte si elle sait se saisir de la question écologique et devenir une grande puissance écologique».

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Cette photo montre un écran de télévision montrant le président français et candidat du parti La République en marche (LREM) à la réélection Emmanuel Macron lors d'un débat télévisé en direct avec le parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN) candidat à la présidentielle Marine Le Pen. (Photo, AFP)

Le pouvoir d'achat

Marine Le Pen  présente trois leviers d'actions : «agir de manière pérenne et non pas avec des chèques temporaires», «défendre la valeur travail» et intervenir sur les personnes vulnérables qui ont été "particulièrement maltraitées" durant le quinquennat selon elle.

De son côtéEmmanuel Macron veut maintenir le bouclier contre la hausse des prix de l'énergie, une mesure qu'il juge «deux fois plus efficace que la baisse de la TVA» défendue par Marine Le Pen. Il affirme que cette mesure protectrice n'est pas pérenne mais bien une «mesure de crise» instaurée pour aider les Français.

Le débat se poursuit sur l’augmentation des salaires, que Marine Le Pen ambitionne de remonter de manière pérenne, alors qu’Emmanuel Macron revendique l’utilisation de prime pour le faire dans son programme. «Vous n’allez pas faire les salaires, Mme Le Pen, et vous ne ferez pas non plus des primes !», lui rétorque Emmanuel Macron.

Passe d'armes Macron-Le Pen autour du voile

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont eu une rude passe d'armes autour du voile et de la laïcité mercredi lors de leur débat d'entre deux tours, le chef de l'Etat accusant son adversaire de "trahir l'esprit français et de la République".

"Je suis pour l'interdiction du voile dans l'espace public, je l'ai dit de la manière la plus claire" car "le voile est un uniforme imposé par les islamistes" et "une grande partie des jeunes femmes qui le mettent ne peuvent pas faire autrement en réalité", a assuré la candidate du Rassemblement national vers la fin de ce débat.

"Il faut libérer l'ensemble de ces femmes, il faut faire reculer les islamistes et pour cela, je le crois, il faut interdire le voile dans l'espace public", a-t-elle martelé.

"Ce que vous proposez est une trahison de l'esprit français et de la République", a rétorqué M. Macron en accusant son adversaire: "vous allez créer la guerre civile si vous faites ça".

"Mme Le Pen, on parle de religion, (...) vous ne pouvez pas expliquer qu'une loi qui interdit le voile dans l'espace public est une loi contre l'islamisme radical", a lancé M. Macron. "Eh bien si", a répliqué son adversaire. "Les bras m'en tombent", a lancé Emmanuel Macron.

Politique internationale et la guerre en Ukraine

Le débat se poursuit, cette fois, c'est la politique internationale et notamment la guerre en Ukraine qui est sur la table.

«Une Europe forte est importante» a lancé Emmanuel Macron. Il estime que la France occupe une place centrale en Europe, «nous ne sommes les vassaux de personne».  Marine Le Pen a commencé par défendre ses positions sur les sanctions prises à l'Union européenne contre la Russie. Elle dit être favorable à toutes les sanctions prises, toutes sauf une : «La seule sanction contre lequel avec laquelle je suis en désaccord, c'est le blocage de l'importation du gaz et du pétrole russe. Ce n'est pas ce qui fera du mal, en réalité, à la Russie. Et surtout, cela va faire énormément de mal au peuple français. Et que les conséquences de ce blocage, auraient des conséquences cataclysmiques sur les entreprises».

Accusée de complaisance envers Vladimir Poutine, Marine Le Pen est attaquée sur ce point par Emmanuel Macron. Le président sortant a lancé à sa rivale : «Vous dépendez du pouvoir russe et du pouvoir de M. Poutine. Parce que vous avez contracté un prêt auprès d'une banque russe. Vous ne parlez pas à votre dirigeant quand vous parlez de la Russie, vous parlez à votre banquier». Cette dernière se défend en affirmant qu'elle a été obligée de contracter un prêt à l'étranger en 2015, puisque les banques françaises ne lui ont pas accordé de prêt. 

L'Union Européenne 

Sur la question de l'Europe,  Marine Le Pen défend une "Europe des Nations" et par une "primauté du droit français sur le droit européen". "Votre projet, si on le remet brique par brique, c'est un projet qui ne dit pas son nom, mais qui consiste à sortir de l'Union européenne", rétorque Emmanuel Macron avant d'ajouter, "Vous mentez sur la marchandise".

"C'est faux, tout le monde sait que ce que je souhaite, c'est l'Europe des nations (...) Vous avez une vision rabougrie de la France, la France est une puissance mondiale et non continentale", a répondu Marine Le Pen.

"Je ne souhaite pas sortir de l’Union européenne", réaffirme Marine Le Pen qui défend tout de même la primauté du droit national et la préférence nationale. "Je souhaite que la Commission européenne respecte les nations souveraines, respecte le choix des Français, y compris leurs choix de société, répond la candidate RN.

Retraites

Le débat se poursuit sur l'un des sujets récurrents de la campagne présidentielle, à savoir les retraites. "Plus on travaille tôt et plus on travaille du, plus on doit partir tôt", estime Marine Le Pen, qui juge le projet d'Emmanuel Macron de la retraite à 65 ans serait une "injustice insupportable". De son côté, la candidate RN veut accorder la retraite à 60 ans avec 40 annuités, réservée aux Français entrés dans la vie active avant l'âge de 20 ans; et la retraite entre 60,75 ans et 62 ans pour les Français entrés dans la vie active entre 20 ans et 24,5 ans, système inchangé au-delà de 25 ans.

Emmanuel Macron promet d’augmenter la pension minimale à taux plein à 1100 euros par mois, y compris pour les retraités actuels. "Ce que vous proposez n'est pas juste puisque vous proposer la même retraite pour quelqu'un qui n'a jamais travaillé de sa vie et quelqu'un qui a une vie de labeur. Dans les deux cas, vous leur proposer 1000 euros", rétorque Emmanuel Macron à Marine Le Pen. 

Marine Le Pen défend le fait que les Français partiront à la retraite « entre 60 et 62 ans pour avoir une retraite pleine. Il leur faudra entre 40 et 42 annuités », si elle est élue. Selon la candidate du Rassemblement national, « la retraite à 65 ans est une injustice absolument insupportable ».

Durant l’entre-deux-tours, Emmanuel Macron a proposé de fixer l’âge de départ à la retraite à 65 ans en 2027.

Salaires et chômage

La candidate du Rassemblement national s’en prend au bilan du quinquennat Macron. Marine Le Pen n'a pas manqué de critiquer les actions du président sortant et de leurs conséquences : "Les chômeurs A, B, C étaient 5,5 millions quand vous avez été élu et aujourd’hui ils sont 5,4 millions. Des gens qui cherchent activement un emploi, il y en avait 5,5 millions quand vous avez été élu et aujourd’hui, ils sont 5,4 millions.

"En matière de succès sur le chômage, permettez-moi d’être dubitative" tance Marine Le Pen, avant de poursuivre "Il y a 400 000 pauvres supplémentaires dans le pays et ça aussi, c'est votre résultat. Il y a 85 milliards de déficit de la balance commercial, on ne peut pas pipeauter ce chiffre, c’est un record absolu. Et peut-être le chiffre le plus cruel pour vous, c'est le chiffre de la productivité: il décroche à compter de votre élection. L'augmentation de la productivité est de 0,1% en France, alors qu’elle est de 1,8% pour le reste des pays européens. Le Mozart de la finance a un bilan économique qui est très mauvais. J’ai oublié les 14 500 emplois industriels perdus".

A ce bilan, Marine Le Pen ajoute le montant de la dette liée à la Covid-19. "Vous êtes le président qui a créé 600 milliards d’euros de dette supplémentaire, dont deux tiers n’ont strictement rien à voir avec la Covid. Ce sont les chiffres de vos propres ministères. Vos ministères évoquent 145 milliards pour la Covid." Ce à quoi Emmanuel Macron rétorque : "Ne confondez pas tout, lâche Emmanuel Macron. Les 600 milliards de dette, c’est 200 milliards de la partie Etat et le reste, c'est la Sécurité sociale, les collectivités locales. Pourquoi? Parce que comme les gens ne pouvaient plus travailler, on n'a pas prélevé leurs cotisations. Le quoiqu’il en coûte, vous avez voté contre mais vous auriez fait quoi pendant la crise covid ?"

Hôpital et santé 

Le débat bifurque sur la thématique de la santé et des déserts médicaux. Emmanuel Macron défend ses actions : "J'ai mis fin à la baisse de ce qu'on appelle le tarif hospitalier, j'ai mis fin à ce qu'on appelle le numerus clausus, on ne formait pas assez de médecins", il ne manque pas de rappeler son investissement de plus de 19 milliards d'euros dans les hôpitaux et la revalorisation salariale de 183 euros par mois. Il reconnaît qu'il reste encore à faire : "Je sais la situation très dure, je sais le manque de soignants et de médecins. Je sais que les conditions de travail sont dures. On va continuer à investir dans le système de santé pour redresser l'hôpital et réembaucher".

Le candidat est critiqué par Marine Le Pen qui l'accuse d'avoir attendu la crise pour se mobiliser pour l'hôpital. "Vous n'avez pas fait preuve de beaucoup d'empathie à l'égard du personnel soignant quand vous avez licencié 15 000 soignants, du jour au lendemain parce que vous refusiez qu'ils puissent se tester avant de venir travailler et que vous voulez à tout prix qu'ils soient vaccinés. Ce n'était pas bien de faire ça. Je les réintégrerai, en ce qui concerne", tacle Marine Le Pen.

Environnement et énergie nucléaire

"J'arrête l'hypocrisie qui consiste à refuser de voir que c'est le modèle économique sur le libre-échange qui est responsable d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre en France", commence Marine Le Pen.

 "Quand vous parlez de remettre en cause le système de nos importations", attaque Emmanuel Macron. "En termes de bilan carbone, c'est notre dépendance aux hydrocarbures et vous avez proposé la plus grosse subvention aux hydrocarbures possible puisque vous baissez la TVA sur ces derniers. Je dis juste que votre programme n'a ni queue ni tête à cet égard."

Le président-candidat veut implanter 50 parcs éoliens en mer d’ici à 2050 après “concertations”, tandis que Marine Le Pen veut arrêter les projets éoliens et démanteler progressivement les parcs existants, en commençant par ceux qui arrivent en fin de vie, et en stoppant les subventions.
La candidate RN veut prononcer un moratoire pour toute nouvelle installation éolienne, ainsi que pour le solaire, avec de possibles exceptions dans le sud de la France ou en outre-mer et assure qu'elle commencera par démanteler les parcs éoliens qui causent du trouble au voisinage, tout en ajoutant vouloir le proposer par voie de référendum. 

L'attractivité de la France

"Comment faire pour avoir demain un Steve Jobs français ?", demande Léa Salam, abordant l'économie numérique et la technologie. "Autant l'Union européenne se mêle d'absolument tout […] , autant le Google européen, cela fait des années qu'il aurait dû être lancé", attaque d'emblée Marine Le Pen. La candidate souhaite créer des initiatives technologiques européennes.

Les proposition d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen  sur l’école

Emmanuel Macron promet d’« investir sur l’école », s’il est réélu. Le président candidat défend le sport à l’école, il veut « développer l’éducation artistique et culturelle », un projet « essentiel » à ses yeux. Il veut également « réformer le lycée professionnel » et proposer une réforme de l’université « en ouvrant des filières et des débouchés plus clairs ». Enfin, le président sortant prône une revalorisation des salaires des enseignants.

Marine Le Pen affirme que « la jeunesse française a tellement souffert ces deux dernières années » que, pour elle, « c’était une évidence de faire de la jeunesse sa priorité ». Elle souhaite augmenter les apprentis « de 200 à 300 euros par mois en fonction de leur âge ». Selon Marine Le Pen, « le baccalauréat est dévalorisé ».

Marine Le Pen s'est montrée offensive sur ce sujet durant ce débat de second tour."La réforme que vous proposez est une réforme qui consiste à payer les professeurs en fonction des résultats de leurs élèves. Je ne sais pas si c’est McKinsey qui a proposé ça", a-t-elle lancé. "Ce que vous souhaitez, c’est en réalité les payer en fonction des résultats donnés, en fonction de ce qu’ils seraient capables de faire. A côté, d’ailleurs, moi, je souhaite les revaloriser", a-t-elle dit

Insécurité

"Nous sommes confrontés à une vraie barbarie, un ensauvagement. Les gens me disent on est cernés par l'insécurité, dans les villes et dans les campagnes. Je le dis très clairement l'immigration anarchique engendre un problème d'insécurité chez nous."  

« Il faut de la fermeté », a affirmé Marine Le Pen. Elle défend la présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes.

Sur la même question que celle posée à Mme Le Pen pour lutter contre l’insécurité, Emmanuel Macron a plaidé en faveur du bilan du quinquennat. Il a cité la création de « 10 000 postes de policiers et de gendarmes », la hausse des moyens de la justice.

Le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen regardé en France

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Dans une brasserie de Lyon, en France, le mercredi 20 avril (Photo, AFP).
Dans une brasserie de Lyon, en France, le mercredi 20 avril (Photo, AFP).
Une femme regarde le débat à la télévision dans la commune de Cognocoli-Monticchi en Corse, le mercredi 20 avril 2022 (Photo, AFP).
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Un chat est assis dans un fauteuil, le 20 avril 2022, à Givors, près de Lyon, alors qu'un écran de télévision affiche le débat télévisé en direct entre  Emmanuel Macron et Marine Le Pen (Photo, AFP).

Marine Le Pen veut un référendum sur l'immigration

Marine Le Pen veut organiser un référendum sur un projet de loi révisant la Constitution pour y inscrire la "maîtrise" de l'immigration, la "priorité nationale" et la primauté du droit national sur le droit international et européen.

"Il y aura l'expulsion des criminels et des délinquants étrangers, il y aura le droit du sol, parce que je pense que la nationalité française s'hérite ou se mérite, il y aura la priorité nationale au logement social, il y aura l'interdiction de la régularisation des clandestins, il y aura la modification du droit d'asile", liste-t-elle.

En matière d'immigration, Emmanuel Macron souhaie faire la distinction entre les immigrations et la défense du droit d'asile. Il mise sur une réforme de l'espace Schengen "On doit réussir à mieux protéger nos frontières. Il faut renforcer nos protections intérieures et la coopération entre Etats européens parce que nous ne sommes pas le point d'arrivée", poursuit-il, citant l'Espagne, l'Italie, la Grèce, en conséquence il souhaite une meilleure coopération européenne sur le sujet.

Fin du débat

Neuf thèmes ont été programmé lors de ce débat qui a duré 2h 50mn.Les échanges étaient courtois mais tendus. 

Pour sa carte blanche finale : Emmanuel Macron a défend l’idée que cette élection « est un référendum » sur l’Union européenne, l’écologie et l’avenir du pays.

De son côté, Marine Le Pen conclut à son tour en ayant le dernier mot du débat. Elle déplore la "fatigue et la lassitude" des Français après "cinq années de confrontation permanente, de dégradation niveau de vie, de privations, y compris de liberté, individuelle et de liberté collective, aspire, je crois, à la tranquillité".


La température monte encore mardi au lendemain d'un jour de mai historiquement chaud

Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper. (AFP)
Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper. (AFP)
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  • "A l'échelle de la France, lundi a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures", a écrit l'institut météorologique dans son dernier bulletin publié à 06H00
  • "Ce mardi après-midi, températures maximales de 33 à 36°C sur les départements en vigilance orange +canicule+. A l'échelle de la France, cette journée s'annonce encore plus chaude que celle de lundi"

PARIS: Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper.

"A l'échelle de la France, lundi a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures", a écrit l'institut météorologique dans son dernier bulletin publié à 06H00.

"Ce mardi après-midi, températures maximales de 33 à 36°C sur les départements en vigilance orange +canicule+. A l'échelle de la France, cette journée s'annonce encore plus chaude que celle de lundi", a aussi écrit Météo-France, alors que les épisodes caniculaires qui se multiplient avec le réchauffement climatique.

Huit départements de l'ouest de la France - le Finistère, le Morbihan, la Manche, l'Ille-et-Vilaine, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Vendée et la Loire-Atlantique - ont été placés en vigilance orange canicule par Météo-France à partir de minuit dans la nuit de lundi à mardi.

C'est un cran de plus que le niveau jaune qui prévalait depuis le début de l'épisode de très fortes chaleurs qui traverse le pays depuis dimanche.

"Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il y aurait sept décès liés directement ou indirectement à la chaleur", a déclaré Maud Bregeon sur TF1, rappelant que "tout ça méritera d'être précisé à la fin de l'épisode que l'on connaît aujourd'hui".

Vigilance jaune

Le cabinet de la porte-parole a précisé à l'AFP que deux personnes s'étaient noyées en Gironde, une dans la Marne, une en Seine-et-Marne et une dans le Maine-et-Loire.

Deux autres personnes sont mortes lors d'une pratique sportive à Paris et dans la métropole de Lyon.

La canicule proprement dite pourra être décrétée si cette période de chaleur intense dure au moins trois jours et trois nuits consécutifs, pouvant constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée.

Vingt départements sont, eux, placés en vigilance jaune, dans la moitié ouest du pays, Paris et la petite couronne, le Rhône et l'Isère. Ce premier niveau d'alerte, déjà inédit en mai, devrait rester en vigueur jusqu'à mercredi.

Mardi matin, sur un chantier des bords de Loire et sous un soleil matinal, des ouvriers casqués et vêtus de t-shirts orange ont embauché plus tôt que d'habitude, 7H00 au lieu de 7H30, en prévision des 35 degrés annoncés dans l'après-midi.

"On prendra aussi une pause réduite à 30 minutes à midi pour éviter de travailler trop longtemps sous le cagnard", explique Marius Guibert, chef de chantier de 21 ans, qui a prévu un "briefing" pour rappeler aux autres ouvriers de penser à s'hydrater et à mouiller leur tenue de chantier.

Réunion interministérielle jeudi 

Les températures se sont envolées dans une grande partie du pays pendant le week-end de la Pentecôte, en raison de la présence sur la France et de toute l'Europe de l'ouest d'un "dôme de chaleur", zone de haute pression qui bloque l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord.

Cette tendance devrait continuer pendant le reste de la semaine.

Ce lundi, "plusieurs dizaines" de records de chaleur pour un mois de mai ont de nouveau été battus, selon Météo-France. Dans l'ouest, 34,7°C ont été relevés à Bergerac, 33°C à Brest, 32,4°C à Rennes, 34,3°C à Nantes, ou 34°C à Angers (battant un record de 32,8°C qui datait de mai 1947). Dans le nord, 30,7°C ont été enregistrés à Arras.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule, "pour faire le point sur la préparation des services de l'Etat" face à cet épisode de chaleur exceptionnel, a annoncé son entourage lundi.

Cette vague de chaleur précoce devrait se doubler mardi d'un épisode de pollution à l'ozone.

Le laboratoire central de la surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), outil de vigilance atmosphérique, a averti d'un dépassement de seuil d'information de pollution à l'ozone à prévoir mardi dans toute l'Ile-de-France et la vallée du Rhône.

Les concentrations d'ozone dans l'atmosphère devraient dépasser 180 microgrammes par mètre cube et par heure mardi, ce qui peut générer des gênes respiratoires ou cardiaques, surtout chez les populations vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants), a souligné Airparif dans un communiqué.


«Qu'Edouard Philippe nous montre son envie d'être président», exhorte Darmanin

"Il faut qu'(Edouard Philippe) nous montre son envie d'être président de la République", a exhorté mardi Gérald Darmanin. (AFP)
"Il faut qu'(Edouard Philippe) nous montre son envie d'être président de la République", a exhorté mardi Gérald Darmanin. (AFP)
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  • "Il faut un seul candidat. Aujourd'hui, le mieux placé, c'est Edouard Philippe, c'est à lui de nous rassembler, c'est à lui de montrer qu'il est capable de rassembler des tendances", a prévenu le garde des Sceaux
  • Dans une étude Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale parue mardi, l'ancien Premier ministre accuse une sévère baisse de quatre points d'intention de vote au premier tour de l'élection présidentielle (17%)

PARIS: "Il faut qu'(Edouard Philippe) nous montre son envie d'être président de la République", a exhorté mardi Gérald Darmanin, en réaffirmant que le patron d'Horizons était selon lui "le mieux placé", lors d'un entretien sur France 2.

"Je le connais personnellement, je sais qu'il a cette envie (d'être président), mais qu'il le montre aux Français", a insisté le garde des Sceaux.

A propos d'Edouard Philippe ainsi que de Gabriel Attal et Bruno Retailleau, Gérald Darmanin a "déploré que ceux qui se présentent comme étant des personnes qui peuvent s'entendre en février prochain, aujourd'hui, pourraient montrer des différences trop fortes qui rendraient une alliance impossible".

"Il faut un seul candidat. Aujourd'hui, le mieux placé, c'est Edouard Philippe, c'est à lui de nous rassembler, c'est à lui de montrer qu'il est capable de rassembler des tendances", a prévenu le garde des Sceaux, qui se revendique d'une "droite sociale".

Dans une étude Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale parue mardi, l'ancien Premier ministre accuse une sévère baisse de quatre points d'intention de vote au premier tour de l'élection présidentielle (17%), toujours loin derrière Jordan Bardella (32%) et surtout désormais talonné par Jean-Luc Mélenchon (16%).

Dans cette configuration, Edouard Philippe ne recueille en outre que 48% d'intentions de vote au second tour face à Jordan Bardella (52%).

 


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
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  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.