Un Russe en opération avec des soldats maliens tué dans le centre du Mali

Les Forces armées maliennes (FAMa) n'ont pas communiqué officiellement sur ces événements (Photo, AFP).
Les Forces armées maliennes (FAMa) n'ont pas communiqué officiellement sur ces événements (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Un Russe en opération avec des soldats maliens tué dans le centre du Mali

  • Un détachement composé de soldats maliens et d'«instructeurs russes» a subi dans la matinée de mardi une attaque à l'engin explosif artisanal
  • Le détachement militaire a riposté après avoir essuyé des tirs ennemis et «18 [assaillants ont ainsi été] neutralisés»

DAKAR : Un ressortissant russe en opération avec des soldats maliens a été tué par une explosion dans le centre du Mali, région en proie à l'activité de groupes djihadistes, a appris l'AFP mercredi de sources concordantes.

Il s'agit du premier décès confirmé d'un Russe dans le cadre d'opérations militaires au Mali depuis que la junte au pouvoir à Bamako a fait appel massivement à ce qu'elle présente comme des "instructeurs" venus de Russie alors que les Occidentaux (la France et les Etats-Unis notamment) dénoncent la présence dans le pays de "mercenaires" de la milice privée russe Wagner, ce que démentent fermement les colonels maliens.

Selon une source sécuritaire, un détachement composé de soldats maliens et d'"instructeurs russes" a subi dans la matinée de mardi une attaque à l'engin explosif artisanal près de la ville de Hombori.

L'explosion a fait "un mort", un "instructeur russe", décédé après avoir été évacué par voie aérienne jusqu'à Sévaré, à quelque 260 km au sud-est, a-t-on ajouté de même source.

"Nous confirmons qu'un militaire de nationalité russe est décédé mardi des suites de blessures à Sévaré. Il a la trentaine. Le véhicule qui le transportait avec des militaires maliens a sauté sur une mine", a déclaré une source hospitalière jointe dans cette ville.

"Nous avons appris la mort d'un agent de Wagner qui menait hier des combats au côté de l'armée malienne dans la région de Mopti", le chef-lieu de la zone, a déclaré pour sa part un élu malien du centre du pays, sous couvert de l'anonymat pour des raisons de sécurité : "La voiture qui les transportait a sauté sur une mine".

"Je ne souhaite ni confirmer, ni infirmer la mort de ce que [certains appellent] un mercenaire russe de Wagner", a dit pour sa part une source militaire malienne à Sévaré.

Selon la source sécuritaire, le détachement militaire a riposté après avoir essuyé des tirs ennemis et "18 [assaillants ont ainsi été] neutralisés". L'AFP n'a pas été en mesure de recouper cette information.

L'ONU «préoccupée»

Les Forces armées maliennes (FAMa) n'ont pas communiqué officiellement sur ces événements.

Dans un message sur Twitter, la mission des Nations unies au Mali (Minusma) a dit être "préoccupée" par des informations - dont elle n'a pas précisé l'origine - sur des "allégations de violations des droits de l’Homme commises [mardi pendant] le marché hebdomadaire à Hombori, lors d’une opération menée par les Forces armées maliennes qui auraient été accompagnées d’un groupe de militaires étrangers".

La Minusma ajoute avoir ouvert, "conformément à son mandat", "une enquête pour vérifier les faits avec l’intention de se rendre prochainement sur les lieux. Elle appelle également "les autorités maliennes à faire toute la lumière sur ces évènements".

Plus tôt, à Genève, le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme avait déploré que les autorités maliennes n'aient toujours pas accordé d'accès aux enquêteurs de la Minusma à Moura, village du centre du Mali, où l'armée affirme avoir tué environ 200 djihadistes fin mars alors que l'ONG américaine Human Rights Watch accuse des soldats maliens associés à des combattants étrangers d'y avoir exécuté sommairement quelque 300 civils.

Dirigé depuis août 2020 par des militaires arrivés au pouvoir par la force, le Mali est plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n'a pas permis de régler.

Parties du nord du pays, les violences djihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l'apparition de milices communautaires et de bandes criminelles.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.