Japon: quand les rites funéraires deviennent high-tech

Masayo Isurugi s'installe dans une cabine au sixième étage d'un élégant immeuble de Tokyo, s'identifie avec une carte à puce et attend qu'un système automatisé lui présente une boîte contenant l'urne funéraire de son mari (Photo, AFP).
Masayo Isurugi s'installe dans une cabine au sixième étage d'un élégant immeuble de Tokyo, s'identifie avec une carte à puce et attend qu'un système automatisé lui présente une boîte contenant l'urne funéraire de son mari (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Japon: quand les rites funéraires deviennent high-tech

  • Au Japon, la coutume veut que les cendres d'une personne défunte soient placées dans un caveau familial utilisé depuis plusieurs générations
  • Les fils aînés sont généralement chargés d'entretenir la tombe et de payer annuellement le cimetière

TOKYO: Masayo Isurugi s'installe dans une cabine au sixième étage d'un élégant immeuble de Tokyo, s'identifie avec une carte à puce et attend qu'un système automatisé lui présente une boîte contenant l'urne funéraire de son mari.

Cette veuve de 60 ans fait partie d'un petit nombre de personnes au Japon, mais en augmentation, qui choisissent de rompre avec les rites funéraires traditionnels et les caveaux familiaux souvent situés à la campagne en faveur d'installations comme le Kuramae Ryoen.

Pendant que Mme Isurugi patiente dans la cabine, derrière le mur un transtockeur automatisé se meut presque en silence et sélectionne le "zushi", la boîte contenant l'urne des cendres de Go, son époux.

Puis des portes coulissantes en bois raffiné s'ouvrent, comme un ascenseur dans un hôtel de luxe, révélant un autel en pierre noire et brillante avec le "zushi" demandé au centre, tandis qu'une photo de Go apparaît sur un écran à côté.

"Au début, je me disais que ce genre de service pourrait manquer de chaleur et que je pourrais préférer une tombe traditionnelle dans le sol", confie Mme Isurugi à l'AFP.

"Mais maintenant je trouve que c'est mieux d'avoir un lieu où je peux me rendre quand je veux pour prier, plutôt qu'un caveau familial que je ne pourrais que rarement visiter" car situé à deux heures de train, ajoute-t-elle.

Tombes traditionnelles négligées

Au Japon, la coutume veut que les cendres d'une personne défunte soient placées dans un caveau familial utilisé depuis plusieurs générations. Les fils aînés sont généralement chargés d'entretenir la tombe et de payer annuellement le cimetière.

Cependant le vieillissement accéléré de la population japonaise et l'exode rural ont créé un déséquilibre entre le nombre de tombes à entretenir et celui des jeunes gens prêts à s'en occuper.

"J'ai un cimetière traditionnel dans ce temple, avec quelque 300 tombes", dit Tomohiro Hirose, un moine du temple bouddhiste gérant aussi les services de Kuramae Ryoen.

"Mais il n'y a plus de parents pour entretenir environ la moitié des tombes. La transmission familiale s'est perdue. Et elles vont être négligées rapidement ou le sont déjà".

Face à ce problème, des cimetières plus modernes ont émergé, proposant de conserver les cendres pour une période donnée, jusqu'à trois décennies en général.

Les cendres sont conservées dans des colombariums collectifs. Mais les noms de chaque défunt, voire même des codes QR sont gravés sur des plaques personnelles, et des moines continuent de prier pour les âmes des disparus.

Bouddhas lumineux sur commande

Derrière les cabines de recueillement de Kuramae Ryoen se cache un entrepôt automatisé digne d'un groupe industriel, capable de stocker 7 000 "zushi", dont chacun peut contenir les cendres de plusieurs membres d'une même famille.

Le dispositif a été fourni par Daifuku, une société japonaise spécialisée dans les systèmes de logistique et qui se considère comme la première à avoir livré une telle solution automatisée pour un temple nippon, dès les années 1990.

Depuis, Daifuku "a construit de tels systèmes pour environ 60 sites" funéraires au Japon, déclare à l'AFP Hidenobu Shinnaka, un responsable de l'entreprise, ajoutant que d'autres pays d'Asie seraient également intéressés.

Ces cimetières d'un nouveau genre ont un autre avantage pour les familles: leur coût. Acheter une place dans l'un d'eux coûte l'équivalent d'environ 6 500 euros, soit moitié moins qu'une tombe classique, selon Kamakura Shinsho, une société de mise en relation avec les cimetières.

Dans un autre temple tokyoïte, Kokokuji, plus de 2 000 statuettes en verre de Bouddha ornent les murs d'un espace octogonal. Chacune d'elles symbolise les membres d'une même famille dont les cendres sont conservées sur le site, et s'illumine quand un proche s'identifie numériquement.

Tout l'espace peut aussi s'allumer sur demande, ou produire différentes couleurs tamisées pour aider au recueillement.

La technologie ne change pas pour autant la façon de prier pour les morts, affirme Taijun Yajima, le moine à l'origine de la création de cet espace: "Je me demandais comment ces personnes pouvaient reposer dans un environnement chaleureux, et voici la réponse".


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.