Les dirigeants des deux Corées ont échangé des lettres amicales

Le président sud-coréen Moon Jae-in lors d’une cérémonie du 103e anniversaire de la Journée du mouvement de l'indépendance du 1er mars à Séoul le 1er mars 2022. (Jeon Heon-Kyun / Pool / AFP
Le président sud-coréen Moon Jae-in lors d’une cérémonie du 103e anniversaire de la Journée du mouvement de l'indépendance du 1er mars à Séoul le 1er mars 2022. (Jeon Heon-Kyun / Pool / AFP
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Publié le Vendredi 22 avril 2022

Les dirigeants des deux Corées ont échangé des lettres amicales

  • Les deux dirigeants se sont écrit au moment où Séoul et ses alliés soupçonnent Pyongyang de se préparer à reprendre ses essais nucléaires
  • Le successeur de M. Moon, Yoon Suk-yeol, qui prendra ses fonctions le 10 mai, s'est engagé à adopter une ligne dure à l'encontre de Pyongyang

SEOUL, Corée du Sud : Le leader nord-coréen Kim Jong Un a remercié le président sortant sud-coréen Moon Jae-in de son action en faveur d'une amélioration des relations entre les deux pays, ont indiqué vendredi Séoul et Pyogyang.

Les deux dirigeants se sont écrit au moment où Séoul et ses alliés soupçonnent Pyongyang de se préparer à reprendre ses essais nucléaires après avoir procédé, depuis le début de l'année, à une série sans précédent de tests de missiles.

Le successeur de M. Moon, Yoon Suk-yeol, qui prendra ses fonctions le 10 mai, s'est engagé à adopter une ligne dure à l'encontre de Pyongyang.

Le président sortant a rencontré M. Kim à trois reprises et contribué aux pourparlers entre le leader nord-coréen Kim Jong Un et le président américain de l'époque, Donald Trump.

Depuis 2019, les négociations sont au point mort, en raison notamment de désaccords au sujet de l'allègement des sanctions et de ce que à quoi la Corée du Nord serait prête à renoncer en retour.

Depuis, Pyongyang a qualifié le président sud-coréen de «médiateur médiocre» et a détruit le bureau de liaison intercoréen situé sur son sol, un des symboles de la détente sur la péninsule qui avait été financé par Séoul.

En mars, pour la première fois depuis 2017, la Corée du Nord a procédé au lancement d'un missile balistique intercontinental (ICBM), rompant un moratoire qu'elle observait depuis 2017.

Vendredi, KCNA, l'agence de presse officielle nord-coréenne, a indiqué que M. Kim et M. Moon ont estimé que les relations intercoréennes se développeraient si les deux parties «accomplissaient, avec espoir, des efforts constants».

M. Kim a également déclaré que les sommets «historiques» avec M. Moon ont donné au peuple «de l'espoir pour l'avenir», a ajouté KCNA.

- «Moments décevants» -

Le dirigeant nord-coréen «a apprécié les peines et les efforts déployés par M. Moon pour la grande cause de la nation jusqu'aux derniers jours de son mandat», a-t-elle souligné, précisant que cet échange de missives entre les deux hommes «témoigne de leur profonde confiance».

La «Maison Bleue», siège de la présidence à Séoul, a confirmé cet échange de lettres amicales, affirmant que M. Moon a écrit à M. Kim qu'en dépit de «moments décevants», ils ont fait un «pas» pour «changer le destin de la péninsule coréenne».

Le président sortant a également souligné que les sommets intercoréens devraient devenir le «fondement de l'unification» et dit espérer une reprise rapide du dialogue Pyongyang et Washington.

Cet échange épistolaire intervient au moment où des experts ont fait état de nouvelles activités sur un site d'essais nucléaires.

Les «menaces militaires de Pyongyang vis-à-vis de Séoul et le rejet fréquent des efforts d'engagement reflètent mal la confiance et les perspectives de coopération entre les deux Corées», a déclaré Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.

Mais «Pyongyang devait au moins reconnaître la fin de la présidence de M. Moon», a-t-il ajouté, et le Nord semble «profiter de cette occasion pour exprimer son espoir que M. Yoon hérite des accords intercoréens».

Certains analystes doutent cependant que ces lettres ait une quelconque signification, compte-tenu de la série de provocations militaires sans précédent du Nord depuis le début de l'année.

«Il aurait été révélateur que M. Moon envoie à M. Kim un message affirmatif selon lequel des essais nucléaires ne seront pas acceptables», a déclaré Cheong Seong-chang, chercheur principal à l'Institut privé Sejong.

«M. Kim a également envoyé une lettre personnelle chaleureuse au président M. Moon en septembre 2020, mais cela n'a pas entraîné une amélioration des relations intercoréennes».


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.