Le palais de Seyoun au Yemen, un patrimoine en péril

Le palais de Seyun au Yemen, l’une des plus grandes structures de briques au monde, dans la province de Hadramout, l’un des derniers sites patrimoniaux d’un pays en guerre, fragilisé par la négligence, menacé par les pluies (AFP)
Le palais de Seyun au Yemen, l’une des plus grandes structures de briques au monde, dans la province de Hadramout, l’un des derniers sites patrimoniaux d’un pays en guerre, fragilisé par la négligence, menacé par les pluies (AFP)
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Publié le Vendredi 16 octobre 2020

Le palais de Seyoun au Yemen, un patrimoine en péril

  • Massif de l'extérieur avec ses quatre tours d'angle et sobre à l'intérieur, le palais en argile illustre la descente aux enfers du Yémen depuis le lancement de la rébellion des Houthis en 2014
  • A l'origine un fort haut de 34 mètres, le palais de Seyoun, devenu en 1920 le siège du sultanat des Kathiri aboli en 1967, n'a pas été épargné par les inondations

SEYOUN, Yémen : D'un blanc éclatant, le palais de Seyoun domine de sa structure imposante cette ville du sud-est du Yémen mais risque de s'effondrer après des années de négligence et des pluies diluviennes qui ont frappé le pays en guerre.

Massif de l'extérieur avec ses quatre tours d'angle et sobre à l'intérieur, le palais en argile illustre la descente aux enfers du Yémen depuis le lancement de la rébellion des Houthis en 2014.

"S'il n'est pas restauré rapidement, il risque de s'effondrer", craint Abdallah Barmada, un ingénieur spécialisé dans la restauration des monuments historiques, lançant un appel à l'aide internationale pour sauver le palais.

"La base de la structure, les murs, les toits sont endommagés et il faut les réparer et les entretenir régulièrement", ajoute-t-il à l'AFP.

En raison du conflit, les autorités ont eu du mal à mobiliser des fonds pour entretenir le patrimoine culturel yéménite, comme ce palais de la deuxième ville de la province de Hadramout.

La guerre entre le gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire emmenée par l'Arabie saoudite, et les rebelles soutenus par l'Iran a dévasté le pays, faisant des dizaines de milliers de morts et provoquant la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies.

Inondations

A la guerre se sont ajoutées ces derniers mois de fortes pluies, déclenchant des crues tuant des dizaines de personnes dans le pays. 

Les inondations ont endommagé des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco, notamment dans la ville de Chibam, plus à l'ouest, surnommée le "Manhattan du désert" en raison de ses hautes tours en pisé.

Dans la troisième ville du pays, Taëz, le musée régional récemment restauré a souffert des inondations et une partie de cet ancien palais ottoman s'est effondrée le mois dernier.

A l'origine un fort haut de 34 mètres, le palais de Seyoun, devenu en 1920 le siège du sultanat des Kathiri aboli en 1967, n'a pas été épargné.

Avec ses rangées de fenêtres qui donnent sur une rue très fréquentée, le palais semble être en bon état, mais l'intérieur présente des signes évidents de dommages avec des fissures dans les murs et un toit partiellement effondré.

Hussein al-Aidarous, chef des antiquités et des musées de la province du Hadramout, assure que le monument est l'un des rares de ce type encore debout.

Il "est considéré comme l'un des plus importants bâtiments de briques d'argile du Yémen et peut-être même de la péninsule arabique", explique-t-il à l'AFP.

La façade de l'édifice de sept étages a conservé sa splendeur d'origine, et ses lignes imposantes ornent le billet de 1.000 riyals, la plus grosse coupure du Yémen.

Trésors cachés

Le palais de Seyoun a ouvert ses portes au public en 1984 après l'aménagement d'un musée, fermé au début de la guerre et partiellement rouvert en 2019.

Selon le directeur du musée, Saïd Baychout, l'établissement présente des objets provenant de fouilles dans la province, notamment des pierres tombales qui remontent à l'âge de pierre. 

On y trouve également des statues de l'âge du bronze, des poteries et des manuscrits qui sont antérieurs à l'islam.

Mais les collections les plus précieuses ont été dissimulées pour empêcher que l'un des belligérants ou l'un des groupes armés ne s'en empare, précise M. Baychout.

"Le musée a été fermé au début du conflit, quand Al-Qaïda est entré dans Hadramout, et les pièces ont été cachées par peur des pillages et des dégâts", raconte-t-il à l'AFP. "Jusqu'à présent, les pièces importantes et rares sont cachées dans des endroits secrets". (AFP)


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.