Mali: un groupe djihadiste affirme détenir un Russe du groupe Wagner

Cette photographie prise le 3 février 2021 montre un camion du groupe militaire privé russe Wagner dans la base pillée des Forces centrafricaines (FACA) de Bangassou, attaquée le 3 janvier 2021 par des rebelles (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 3 février 2021 montre un camion du groupe militaire privé russe Wagner dans la base pillée des Forces centrafricaines (FACA) de Bangassou, attaquée le 3 janvier 2021 par des rebelles (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 26 avril 2022

Mali: un groupe djihadiste affirme détenir un Russe du groupe Wagner

  • La mission des Nations unies demande en vain à Bamako de pouvoir se rendre sur place pour enquêter
  • Le GSIM n'a cependant pas fourni de preuve permettant d'attester de la véracité de son annonce

BAMAKO: La principale alliance djihadiste au Sahel détient un Russe membre de la société militaire privée Wagner, "capturé" dans le centre du Mali, selon une revendication au nom de ce mouvement transmise à l'AFP.

C'est la première fois que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, annonce la capture d'un Russe engagé sur le front de la lutte antidjihadiste au Mali.

Le GSIM n'a cependant pas fourni de preuve permettant d'attester de la véracité de son annonce faite par voie de communiqué dans la nuit de dimanche à lundi.

Dirigé par des militaires depuis 2020, le Mali a fait appel massivement à ce qu'il présente comme des "instructeurs" venus de Russie pour soutenir son armée alors que Paris et Washington dénoncent régulièrement la présence dans le pays de "mercenaires" du groupe privé russe Wagner, accusations fermement démenties par Bamako.

C'est "durant la première semaine d'avril" que le GSIM affirme avoir "capturé un soldat des forces russes Wagner dans la région de Ségou", dans le centre du Mali.

"Ces forces meurtrières ont participé avec l'armée malienne à une opération de parachutage sur un marché dans le village de Moura où ils ont affronté plusieurs moudjahidines avant d'encercler cette localité pendant cinq jours et tuer des centaines de civils innocents", ajoute le communiqué du GSIM.

«Crise multiforme»

Moura a été le théâtre fin mars d'une opération controversée de l'armée malienne. Selon les autorités de Bamako, les soldats maliens y ont "neutralisé" 203 djihadistes, mais l'ONG Human Rights Watch (HRW) accuse des membres des Forces armées maliennes (FAMa) d'y avoir exécuté sommairement 300 civils, avec l'aide de combattants étrangers.

Depuis lors, la mission des Nations unies (Minusma) demande en vain à Bamako de pouvoir se rendre sur place pour enquêter afin de faire la toute la lumière sur ces événements.

Selon des sources concordantes, un ressortissant russe en opération avec des soldats maliens a été tué le 19 avril dans le centre du Mali. Il s'agit du premier décès confirmé d'un Russe dans le cadre d'opérations militaires dans le pays depuis que la junte a pris le pouvoir en 2020.

Lundi, cinq soldats maliens ont été tués par la déflagration d'un engin explosif artisanal au passage de leur véhicule dans la zone de Bandiagara-Bankass (centre), selon le compte Twitter des FAMa.

De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat a condamné "fermement" dans un communiqué les attaques de la veille contre les camps des FAMa, estimant que ces "attentats terroristes ignobles" contre des positions de l'armée "en zones urbaines [avaient causé] un sérieux traumatisme aux populations déjà durement éprouvées par la crise multiforme que connaît le pays".

Dimanche, l'armée malienne avait annoncé la mort de six soldats dans trois attaques simultanées avec des "véhicules bourrés d'explosifs", contre trois camps militaires dans le centre du pays. Les attaques ont été revendiquées par un groupe de combattants du GSIM.

Le Mali est plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n'a pas permis de régler. La junte militaire au pouvoir s'est rapprochée de Moscou en même temps qu'elle se détournait de la France, engagée militairement dans le pays contre les djihadistes depuis 2013.

Civils «en détresse»

Parties du nord du pays, les violences djihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l'apparition de milices communautaires et de bandes criminelles.

Le conflit a fait des milliers de morts, civils et combattants, et le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne.

Notant "une détérioration marquée de la situation sécuritaire [...] ces dernières semaines dans la région de Ménaka" (nord-est), la Minusma a annoncé lundi avoir "intensifié ses activités de sécurisation et de protection", dans cette ville.

Les Casques bleus y mènent "de concert avec les forces de défense et de sécurité maliennes [...] de jour comme de nuit, des patrouilles quotidiennes", indique la mission onusienne, précisant que ses troupes opèrent également "dans les environs immédiats de Ménaka et au-delà".

Ménaka est située dans la vaste région dite des trois frontières, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, où la Minusma notait fin mars l'effet "dévastateur sur la population civile déjà en détresse" de la multiplication d'"attaques de groupes armés terroristes" ayant fait des dizaines de morts.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Short Url
  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.