Un Malaisien handicapé mental exécuté à Singapour

Environ 300 personnes ont organisé lundi une veillée aux chandelles dans un parc de Singapour pour protester contre la pendaison prévue (Photo, Reuters).
Environ 300 personnes ont organisé lundi une veillée aux chandelles dans un parc de Singapour pour protester contre la pendaison prévue (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 27 avril 2022

Un Malaisien handicapé mental exécuté à Singapour

  • La décision de le pendre avait entraîné de nombreuses critiques
  • L'homme de 34 ans a été exécuté au petit matin

SINGAPOUR: Un Malaisien handicapé mental a été exécuté mercredi à Singapour, a déclaré sa sœur, après une longue bataille juridique et malgré une tempête de critiques internationales. 

Nagaenthran K. Dharmalingam avait été arrêté en 2009 pour le trafic d'une petite quantité d'héroïne dans la cité-État, dont la législation sur les drogues est parmi les plus strictes au monde, et condamné à mort l'année suivante. 

La décision de le pendre avait entraîné de nombreuses critiques en raison des inquiétudes suscitées par sa déficience intellectuelle. 

Les Nations unies, l'Union européenne et le milliardaire britannique Richard Branson ont notamment condamné cette décision.

SINGAPOUR: Pendant plus de dix ans, M. Nagaenthran a multiplié les recours en justice, mais ceux-ci ont été rejetés par les tribunaux de Singapour, et le président de la ville-État a rejeté les appels à la clémence.

L'homme de 34 ans a été exécuté au petit matin, a annoncé à l'AFP sa sœur Sarmila Dharmalingam.

"Il est incroyable que Singapour ait procédé à l'exécution malgré les appels internationaux à épargner sa vie", a-t-elle déclaré, depuis la Malaisie. 

"Nous sommes extrêmement attristés par l'exécution de notre frère et la famille est en état de choc".

«Violation du droit international»

Reprieve, une ONG qui fait campagne contre la peine de mort, a déclaré que M. Nagaenthran était "victime d'une tragique erreur judiciaire". 

La pendaison d'un homme handicapé mental "est injustifiable et constitue une violation flagrante du droit international auquel Singapour a choisi de souscrire", a déclaré la directrice de l'association, Maya Foa.

La pendaison de M. Nagaenthran était initialement prévue en novembre, mais avait été reportée après un appel au motif que l'exécution d'une personne souffrant d'un handicap mental est contraire au droit international. 

Il avait été arrêté à l'âge de 21 ans alors qu'il tentait d'entrer à Singapour avec un paquet d'héroïne pesant quelque 43 grammes, soit l'équivalent d'environ trois cuillères à soupe. 

Ses soutiens affirmaient qu'il avait un QI de 69, un niveau reconnu comme un handicap, et qu'il avait commis ce crime sous la contrainte. 

Mais les autorités ont défendu sa condamnation, affirmant que les décisions de justice ont montré qu'il savait ce qu'il faisait au moment de l'infraction. 

Sa mère a lancé un recours désespéré de dernière minute mardi, mais il a été rapidement rejeté par un juge. 

Dans une interview accordée à l'AFP mardi, Richard Branson avait exhorté la présidente de Singapour, Halimah Yacob, à accorder la clémence à Nagaenthran, qualifiant la peine de mort d'"inhumaine".

Après une interruption de plus de deux ans, Singapour a repris les exécutions le mois dernier, avec la pendaison d'un autre condamné pour trafic de drogue. 

Les militants craignent désormais que les autorités ne se lancent dans une vague de pendaisons, plusieurs autres condamnés à mort ayant récemment vu leur appel rejeté. 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.