La nationalité française de l'ex-oligarque Pougatchev contestée devant le Conseil d'Etat

 L'ex-oligarque russe Sergueï Pougatchev (Photo, AFP).
 L'ex-oligarque russe Sergueï Pougatchev (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 avril 2022

La nationalité française de l'ex-oligarque Pougatchev contestée devant le Conseil d'Etat

  • L'Agence russe pour l'assurance des dépôts (AAD), liquidatrice des avoirs de la Mejprombank, a obtenu de la justice britannique en 2014 le gel de ses avoirs et une interdiction de quitter le territoire
  • Une information judiciaire est en cours en France depuis 2014 suite à sa plainte pour «extorsion» et «escroquerie»

PARIS: L'ex-oligarque russe Sergueï Pougatchev a-t-il obtenu la nationalité française de façon "illégale" en 2009 ? C'est ce que pense une fondation privée basée à Bruxelles, qui demande au Conseil d'Etat d'annuler son décret de naturalisation. Des "allégations infondées", balaie l'avocate de l'intéressé.

Dans sa requête déposée en novembre 2021, dont l'AFP a obtenu une copie, l'International foundation for better governance (IFBG, Fondation internationale pour une meilleure gouvernance) affirme qu'au moment de sa naturalisation celui qui venait de racheter le fleuron français de l'épicerie fine Hédiard ne "résidait en France ni de façon habituelle, ni depuis cinq années". 

Il "ne parlait pas français" et "n'était en rien assimilé à la communauté française", critères exigés, sauf exceptions, pour obtenir la nationalité française, insiste-t-elle.

"Toutes les allégations et les rumeurs sur ce sujet sont infondées", a réagi auprès de l'AFP une avocate de Sergueï Pougatchev, Anne-Jessica Fauré. Alors que le milliardaire mène depuis des années un bras de fer judiciaire avec Moscou, l'avocate voit dans cette démarche une tentative des autorités russes pour porter "atteinte à son honneur".

La date de l'audience au Conseil d'Etat n'est pas encore fixée.

A l'appui de sa demande, l'IFBG cite deux entretiens accordés à des chaînes françaises en 2016 dans lesquelles Sergueï Pougatchev s'exprime en anglais. Elle affirme que ses enfants "ont été éduqués en Russie et au Royaume-Uni" et qu'au cours d'une procédure au Royaume-Uni son ex-épouse a déclaré que le couple vivait "principalement à Moscou entre 1990 et 2011".

"A ce jour, seule la Fédération de Russie a contesté la nationalité française de M. Pougatchev", a répondu l'avocate du milliardaire de 59 ans, estimant que l'IFBG est "un lobby servant manifestement les intérêts de la Fédération de Russie et d'oligarques proches du régime".

Ex-«banquier du Kremlin»

Dans un entretien publié par Marianne en février 2019, l'homme d'affaires qui vit près de Nice mettait en avant ses liens avec la France: "Je me sens ici chez moi. Je m'y suis installé avec ma famille en 1994, après quelques années aux États-Unis. Mes parents sont enterrés ici, ma sœur y vit, mes fils aînés y ont grandi et mes cinq petits-enfants y sont nés".

L'IFBG se présente comme une fondation "visant à défendre les droits des entrepreneurs en Europe et notamment dans les pays de l'Europe de l'est". Dans sa requête, elle explique que si M. Pougatchev a acquis par "fraude" la nationalité française, cela pourrait jeter le discrédit sur les autres "entrepreneurs russes (...) souhaitant faire du commerce en France, s'y établir et, un jour, en acquérir loyalement la nationalité".

Elle estime aussi que ce passeport français a permis à l'oligarque de "quitter illégalement le Royaume-Uni", où il était poursuivi pour des soupçons de faillite frauduleuse de sa banque Mejprombank.

"Sergueï Pougatchev a fait fortune de façon illégale, il a été poursuivi en Grande-Bretagne parce qu'il est soupçonné d'avoir spolié les clients de sa banque, et maintenant il jouit de sa fortune en France", a argumenté un porte-parole de l'IFBG.

Selon l'organisation, le ministère de l'Intérieur n'a transmis au Conseil d'Etat "aucun mémoire en défense" dans les délais impartis et doit donc être considéré "comme ayant acquiescé aux faits exposés dans la requête", à savoir le "caractère frauduleux" du décret de naturalisation, publié le 2 décembre 2009.

Contacté par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué ne pas faire de commentaire.

Ex-sénateur de Sibérie, un temps surnommé "le banquier du Kremlin" sous la présidence de Boris Eltsine avant de tomber en disgrâce, Sergueï Pougatchev est recherché en Russie pour "escroquerie" et "détournement de fonds". Il a définitivement quitté le pays en 2011.

L'Agence russe pour l'assurance des dépôts (AAD), liquidatrice des avoirs de la Mejprombank, a obtenu de la justice britannique en 2014 le gel de ses avoirs et une interdiction de quitter le territoire.

En 2016, la Haute Cour de Londres l'a condamné à deux ans d'emprisonnement pour avoir dissimulé certains de ses avoirs et quitté le Royaume-Uni en juin 2015 sans remettre son passeport français, selon un jugement consulté par l'AFP.

L'ancien propriétaire d'Hédiard (de 2007 à 2014), dont le fils Alexandre fut le patron du quotidien France-Soir (2009-2012), affirme lui avoir été "dépouillé" de son empire industriel en Russie, contraint de le brader à des entreprises d'Etat.

Une information judiciaire est en cours en France depuis 2014 suite à sa plainte pour "extorsion" et "escroquerie".

Le tribunal arbitral de Madrid, devant lequel il réclamait 12 milliards de dollars à la Russie, s'est en revanche déclaré incompétent en juin 2020. Sergueï Pougatchev a fait appel de cette décision.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).