Lavrov à Al-Arabiya: «La Russie ne se considère pas en guerre contre l'OTAN, mais l'OTAN l'est»

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a accordé une interview exclusive à Al Arabiya. (Capture d'écran)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a accordé une interview exclusive à Al Arabiya. (Capture d'écran)
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Publié le Dimanche 01 mai 2022

Lavrov à Al-Arabiya: «La Russie ne se considère pas en guerre contre l'OTAN, mais l'OTAN l'est»

  • Propos tenus dans une interview exclusive accordée par le ministre russe des Affaires étrangères au chef du bureau de l'ONU de la chaîne d'information, Talal Al-Haj
  • Lavrov a déclaré que le problème des couloirs humanitaires est « qu’ils sont ignorés par les ultranationalistes ukrainiens »

DUBAΪ : Moscou ne se considère pas en guerre contre l'OTAN, mais l'OTAN l'est, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov dans une interview exclusive à Al-Arabiya.

Concernant l’aide humanitaire et l’évacuation des civils, il a rejeté les propositions du chef de l'ONU, Antonio Guterres, en déclarant : « Il n'est pas nécessaire que qui que ce soit aide à ouvrir des couloirs humanitaires. Le seul problème, c’est que les couloirs humanitaires sont ignorés par les ultranationalistes ukrainiens. »

« Nous apprécions l'intérêt du secrétaire général à apporter son aide… Nous leur avons expliqué... le mécanisme qui permet de surveiller la façon dont les couloirs humanitaires sont annoncés. »

Interrogé sur les risques de propagation de la guerre en Moldavie après une série d'explosions qui ont secoué une région frontalière séparatiste au sein du pays, Lavrov a répondu : « La Moldavie devrait s'inquiéter de son propre avenir ... parce qu'elle est attirée par l'OTAN ».

Dans une interview d'une heure avec Talal Al-Haj, chef du bureau de la chaîne d'information Al-Arabiya à New York et aux Nations unies, diffusée vendredi soir, Lavrov a présenté le point de vue du gouvernement russe sur le conflit ukrainien, qui entre dans son troisième mois et a déjà fait des dizaines de milliers de morts, civils comme militaires, dans les deux camps.

« Malheureusement, l'OTAN, semble-t-il, se considère en guerre contre la Russie », a-t-il déclaré. « Les dirigeants de l'OTAN et de l'UE, beaucoup d'entre eux, en Angleterre, aux États-Unis, en Pologne, en France, en Allemagne et, bien sûr, le diplomate en chef de l'UE Josep Borrell, disent carrément, publiquement et constamment : « Poutine doit échouer, la Russie doit être vaincue ». Lorsque vous utilisez cette terminologie, je crois que vous pensez que vous êtes en guerre avec la personne que vous voulez voir vaincue."

Le gouvernement russe a déclaré que son « opération militaire spéciale » en Ukraine vise à protéger la sécurité de la Russie et celle des russophones dans la région orientale du Donbass. Les nations occidentales ont accusé la Russie d'envahir un pays souverain et de commettre des crimes de guerre.

Depuis le début de l'invasion, le 24 février, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont sanctionné plus de 1 000 personnes et entreprises russes ainsi que de riches hommes d'affaires et les États-Unis ont interdit toute importation de pétrole et de gaz russes.

Ces mesures financières sont destinées à porter atteinte à l'économie russe et à pénaliser le président Vladimir Poutine, les hauts fonctionnaires et les personnes qui ont bénéficié de son pouvoir.

Lavrov a déclaré : « Croire que ce dernier outrage et cette vague de sanctions, qui ont fini par montrer le vrai visage de l'Occident qui, d'après ce que je comprends maintenant, a toujours été russophobe, croire que cette dernière vague de sanctions va amener la Russie à supplier d'être épargnée, ces stratèges sont nuls et, bien sûr, ils ne connaissent rien à la politique étrangère de la Russie et ignorent tout de la façon de traiter avec la Russie. »

Le conflit a incité les membres de l'OTAN et les alliés à promettre des milliards de dollars de soutien militaire à l'Ukraine. Les systèmes d'armes fournis aux forces ukrainiennes comprennent des missiles sol-air, de l'artillerie lourde et des équipements de surveillance.

L'administration Biden a convenu avec les alliés occidentaux de tenir des réunions mensuelles pour évaluer les besoins du gouvernement de Kiev, ce qui fait craindre que la guerre en Ukraine, comme l'a dit le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, « s'éternise et dure des mois et des années. »

L'OTAN affirme qu'elle fera tout ce qu'elle peut pour soutenir l'Ukraine tout en veillant à ce que la guerre ne déborde pas au-delà de ses frontières dans les pays voisins.

Mais Lavrov a déclaré que la coopération de l'OTAN avec l'Ukraine n'était guère plus « qu’un instrument pour contenir la Russie, la dissuader et l'irriter. »

Il a ajouté que la Russie connaissait les itinéraires utilisés pour approvisionner l'Ukraine en armes, et que « dès que ces armes atteignent le territoire ukrainien, elles sont la cible de leur opération spéciale. »

Lavrov a déclaré que la Russie avait présenté de nombreuses propositions pour mettre fin à la guerre en Ukraine, mais que jusqu’à présent elle avait fait chou blanc. L'Ukraine est responsable de l'impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de paix, a-t-il déclaré, accusant, selon lui, le gouvernement de changer de position dans les négociations.

Lavrov a également accusé l'Occident de saboter les tentatives de paix, affirmant que les négociations menées à Istanbul le mois dernier avaient progressé sur les questions des revendications territoriales russes et des garanties de sécurité jusqu'à ce que les diplomates ukrainiens fassent marche arrière à la demande de l'Occident.

« Nous sommes coincés parce qu’ils veulent tout le temps jouer » a-t-il dit. « À cause des instructions des représentants ukrainiens qui viennent de Washington, de Londres, de certaines autres capitales, de ne pas accélérer les négociations. »

Lavrov a réitéré la position du gouvernement Poutine selon laquelle « l’opération militaire spéciale » de la Russie en Ukraine vise à protéger les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk dans le Donbass.

« Le but de notre opération, annoncé ouvertement, est de protéger ces deux républiques et de s'assurer que jamais rien ne viendra du territoire ukrainien menacer la sécurité de ces gens et celle de la Fédération de Russie », a-t-il déclaré.

Fin février, le président Poutine a reconnu la région, autorisant les troupes russes à être présentes dans ces territoires. La Russie a pour objectif de protéger les deux républiques car « elles ont été attaquées par le régime ukrainien pendant une longue, longue période de huit ans », a poursuivi Lavrov.

« Lorsque le coup d'État a eu lieu en 2014, ils ne voulaient rien avoir à faire avec ces gens qui sont arrivés au pouvoir illégalement et ont dit : « Laissez-nous tranquilles, nous voulons comprendre ce qui se passe. » Ils n'ont jamais attaqué le reste de l'Ukraine. »

Lavrov faisait référence au renversement du président pro-russe Viktor Ianoukovitch en février 2014 après des mois de manifestations sur la place de l'Indépendance de Kiev, ou Maïdan, après son refus de signer un accord qui aurait intégré l'Ukraine plus étroitement à l'UE.

À peu près au même moment, la Russie a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée et a apporté son soutien à l'insurrection du Donbass. Depuis lors, Donetsk et Louhansk sont contrôlés par des gouvernements séparatistes soutenus par Moscou.

« Les dirigeants des républiques de Donetsk et de Louhansk ont été désignés comme terroristes, une opération antiterroriste a été lancée par le dirigeant boucher qui est arrivé au pouvoir par la force et par des moyens illégaux, et pendant huit longues années, ils ont été victimes de l'agression ukrainienne, qui a entraîné la mort de quelque 13 000 ou 14 000 civils, la destruction des infrastructures civiles et de nombreux autres crimes », a souligné Lavrov.

Il a ajouté que « l’opération spéciale » de la Russie était une « réponse à ce que l'OTAN faisait en Ukraine pour préparer ce pays à une posture très agressive contre la Fédération de Russie. »

Faisant référence au gouvernement ukrainien, il a déclaré : « Ils ont reçu des armes offensives, dont certaines qui peuvent atteindre le territoire russe, des bases militaires ont été construites, y compris sur la mer d'Azov, et plusieurs dizaines d'exercices militaires, dont beaucoup sur le territoire ukrainien, ont été menés sous les auspices de l'OTAN ».

« La plupart de ces exercices sont contre les intérêts de la Fédération de Russie, et le but de cette opération est donc de s'assurer que ces plans ne se concrétisent pas. »

Retraçant l’origine du conflit ukrainien, Lavrov a déclaré : « Pendant toutes ces années, nous avons initié des projets de traités, des projets d'accords avec l'OTAN, avec les pays de l'Organisation de la Sécurité et de la Coopération en Europe et dernièrement, en décembre de l'année dernière, nous avons proposé une autre initiative aux États-Unis et à l'OTAN pour conclure des traités avec les deux sur les garanties de sécurité à tous les pays de l'espace euro-atlantique sans adhérer à aucune alliance militaire. »

Il faisait référence à l'OSCE, l'organisation intergouvernementale régionale axée sur la sécurité et dotée du statut d'observateur auprès de l'ONU, dont le mandat inclut des questions telles que le contrôle des armements, la promotion des droits humains, la liberté de la presse et les élections libres et équitables.

« Chaque fois que nous avons pris ces initiatives, elles ont été fondamentalement rejetées plus ou moins poliment. En 2009, nous avons proposé le Traité de sécurité européenne que l'OTAN a refusé d'examiner et qui visait en fait à codifier quelque chose auquel tous les pays de l'OSCE ont souscrit au plus haut niveau. »

Selon Lavrov, la Russie avait suggéré que les pays aient le droit de choisir leurs alliances et de ne pas renforcer leur sécurité au détriment de celle d'un autre pays, ce qui signifie « qu’aucune organisation en Europe ne peut prétendre être un acteur dominant dans cet espace géopolitique. »

Lavrov a déclaré que l'OTAN a répondu à la Russie en disant qu'il n'y aurait pas de garanties de sécurité juridiquement contraignantes en dehors de l'OTAN, ce qui, selon lui, fait de l'OSCE « un organisme pour la forme »

Il a précisé que la dernière tentative russe de ce type a eu lieu en décembre 2021, avant le lancement de l'opération en Ukraine, en réponse à la « tension et à la confrontation croissantes » au fil des ans.

Cette initiative russe, selon Lavrov, a été rejetée par l'OTAN qui ne voulait pas sacrifier sa « politique de porte ouverte », qui « n'existe pas dans le traité de Washington (qui constitue la base de l'OTAN) » et est utilisée comme une « couverture pour promouvoir les plans expansionnistes de l'OTAN. »

« L'OTAN, malgré ses promesses et celles de ses dirigeants, se rapprochait de plus en plus de la frontière russe et ils nous disaient : “N'ayez pas peur, nous sommes une alliance défensive et nous ne constituerons aucune menace pour votre sécurité.“

Il a reconnu que l'OTAN était une alliance défensive lorsqu'il y avait un mur de Berlin et un « mur géopolitique entre l'OTAN et le traité de Varsovie » après la Seconde Guerre mondiale.

Mais « avec la disparition du traité de Varsovie, lorsque l'Union soviétique a cessé d'exister, l'OTAN a décidé que la ligne de défense devait être déplacée vers l'Est, ce qu’elle a effectivement fait cinq fois. »

La ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, Liz Truss, a déclaré récemment que l'OTAN doit être un acteur mondial. Nous pouvons entendre parler sans arrêt de la nature défensive de cette alliance mais cela restera quand même un mensonge. »

Lavrov a accusé le gouvernement ukrainien de « supprimer tout ce qui est russe », notamment « la langue, l'éducation, les médias et l'utilisation quotidienne de la langue russe ont été transformés en infraction administrative. »

Il va encore plus loin et dit : « Le régime ukrainien a intensifié, à la fin de l'année dernière et au début de cette année, le bombardement des territoires orientaux du pays dans le Donbass, ce qui représente les pires violations des accords de Minsk qui ont été signés en février 2015 et approuvés par la résolution du Conseil de sécurité. Quand ils visaient les civils et les infrastructures civiles, les écoles, les hôpitaux, les jardins d'enfants, nous n'avions pas d'autre choix. »

Lavrov a prévenu qu'il ne fallait pas sortir ses propos de leur contexte lorsqu’il indique qu’il ne faut pas « sous-estimer » les risques d'un conflit nucléaire si les États-Unis et leurs alliés continuent à armer l'Ukraine.

« Nous n'avons jamais joué avec des choses aussi dangereuses. Nous devrions tous insister sur les déclarations faites par les P5 (membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies), selon lesquelles il ne pourrait jamais y avoir de guerre nucléaire. Mais pour s'assurer que c'est le cas, l'Occident doit discipliner les porte-paroles comme nos collègues ukrainiens et polonais, qui ne voient aucun danger à jouer avec de tels mots très, très risqués. »

Lavrov a déclaré que les médias occidentaux interprétaient mal ses propos mais a conclu « nous y sommes habitués. »

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 

 

     

 


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.