Guerre en Ukraine: Angelina Jolie à Lviv pour rencontrer des déplacés

L'actrice américaine et envoyée spéciale du HCR Angelina Jolie pose pour une photo avec des enfants, alors que l'attaque de la Russie contre l'Ukraine se poursuit, à Lviv, en Ukraine, le 30 avril 2022. (Service de presse de l'administration régionale de Lviv via REUTERS)
L'actrice américaine et envoyée spéciale du HCR Angelina Jolie pose pour une photo avec des enfants, alors que l'attaque de la Russie contre l'Ukraine se poursuit, à Lviv, en Ukraine, le 30 avril 2022. (Service de presse de l'administration régionale de Lviv via REUTERS)
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Publié le Dimanche 01 mai 2022

Guerre en Ukraine: Angelina Jolie à Lviv pour rencontrer des déplacés

  • Angelina Jolie s'est entretenue avec des Ukrainiens qui ont dû fuir les zones de combats et des volontaires qui apportent une aide psychologique aux personnes déplacées dans la gare de Lviv
  • Dans un hôpital, elle a rendu visite aux enfants blessés dans le bombardement du 8 avril devant la gare de Kramatorsk, dans l'est du pays, attribué à la Russie, qui avait tué plus de 50 civils, selon le gouverneur

KIEV : La star hollywoodienne Angelina Jolie, émissaire du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, a effectué samedi une visite surprise à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, où elle s'est entretenue avec des personnes déplacées et a été aperçue dans un café. 

"Pour nous tous, cette visite a été une surprise", a écrit le gouverneur de la région de Lviv Maxim Kozytski sur Telegram, postant des photos et vidéos de l'actrice jouant avec des enfants et posant avec des volontaires. 

Dans un hôpital, elle a rendu visite aux enfants blessés dans le bombardement du 8 avril devant la gare de Kramatorsk, dans l'est du pays, attribué à la Russie, qui avait tué plus de 50 civils, selon le gouverneur. 

Angelina Jolie s'est entretenue avec des Ukrainiens qui ont dû fuir les zones de combats et des volontaires qui apportent une aide psychologique aux personnes déplacées dans la gare de Lviv.

Plus de 7,7 millions de personnes ont quitté leur foyer depuis le début de l'invasion russe le 24 février mais se trouvent toujours en Ukraine, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Plus de 5,4 millions Ukrainiens ont fui leur pays. 

En tenue décontractée, pull gris et sac à dos, l'actrice a été aperçue dans un café de Lviv où elle a été filmée par une Ukrainienne, Maya Pidhoretska, qui a posté la vidéo sur son compte Facebook. 

"Je prends mon café et je vois Angelina Jolie, à Lviv, elle est si belle", commente l'internaute. 


Prix du pétrole russe plafonné: Kiev prédit à Moscou la chute de son économieK

Suite à un bombardement, une fumée s'élève d'une raffinerie de pétrole près de Lysychansk, dans l'est de l'Ukraine, le 9 mai 2022, le 75e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Yasuyoshi CHIBA / AFP)
Suite à un bombardement, une fumée s'élève d'une raffinerie de pétrole près de Lysychansk, dans l'est de l'Ukraine, le 9 mai 2022, le 75e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo de Yasuyoshi CHIBA / AFP)
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  • «Nous atteignons toujours notre objectif et l'économie de la Russie sera détruite, et elle paiera et sera responsable de tous ses crimes», a indiqué la présidence ukrainienne
  • Selon Andriï Iermak, «il aurait toutefois fallu abaisser (le prix plafond) à 30 dollars pour la détruire plus rapidement»

KIEV: Kiev a prédit samedi à la Russie que son économie serait détruite par le plafonnement du prix de son pétrole, sur lequel se sont accordés l'Union européenne, le G7 et l'Australie, afin de limiter les moyens de Moscou pour financer le conflit en Ukraine.

"Nous atteignons toujours notre objectif et l'économie de la Russie sera détruite, et elle paiera et sera responsable de tous ses crimes", a affirmé sur Telegram le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak.

Vendredi, les 27 pays de l'Union européenne, le G7 et l'Australie s'étaient mis d'accord après des semaines de discussions sur "un prix maximum de 60 dollars américains pour le pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime", selon les termes d'un communiqué commun.

Dans cette première réaction officielle de Kiev, M. Iermak a noté samedi qu'"il aurait toutefois fallu abaisser (le prix plafond) à 30 dollars pour détruire (l'économie russe) encore plus rapidement".

Le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour de 65 dollars, soit à peine plus que le plafond européen, impliquant un impact limité à court terme.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a toutefois salué l'annonce, qui "est l'aboutissement de mois d'efforts de notre coalition".

L'accord a été permis par le consensus trouvé vendredi par les Vingt-Sept de l'Union européenne.

Les ministres des Finances des pays du G7 s'étaient, eux, entendus début septembre sur cet outil, conçu pour priver la Russie de moyens financiers.

Le mécanisme entrera en vigueur lundi "ou très peu de temps après", précisent le G7 et l'Australie. C'est en effet lundi que débute l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime.

Ainsi, seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars pourra continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il sera interdit pour les entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance, etc.).

Actuellement, les pays du G7 fournissent les prestations d'assurance pour 90% des cargaisons mondiales et l'UE est un acteur majeur du fret maritime - d'où un pouvoir de dissuasion crédible, mais aussi un risque de perdre des marchés au profit de concurrents.

Ajustement du prix 

La Russie, deuxième exportateur mondial de brut, avait de son côté prévenu qu'elle ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient ce plafonnement.

Sans ce plafond, il lui serait facile de trouver de nouveaux acheteurs au prix du marché.

"Nous serons prêts à examiner et à ajuster le prix maximum le cas échéant", assurent G7 et Australie dans leur communiqué. Et un plafond devrait également être trouvé pour les produits pétroliers russes à partir du 5 février 2023.

L'embargo européen intervient plusieurs mois après celui déjà décidé par les États-Unis et le Canada. Mais les Occidentaux doivent aussi composer avec les intérêts des puissants assureurs britanniques ou armateurs grecs.

"L'UE reste unie et est solidaire avec l'Ukraine", s'est félicitée la présidence tchèque du Conseil de l'UE dans un tweet.

La Russie a tiré 67 milliards d'euros de ses ventes de pétrole à l'UE depuis le début de la guerre en Ukraine, tandis que son budget militaire annuel s'élève à environ 60 milliards, rappelle Phuc-Vinh Nguyen, un expert des questions énergétiques à l'Institut Jacques-Delors.

«Signal politique fort»

L'instrument proposé par Bruxelles prévoit d'ajouter une limite fixée à 5% en-dessous du cours du marché, dans le cas où le pétrole russe passerait sous les 60 dollars.

De fait, certains experts craignent une déstabilisation du marché mondial et s'interrogent sur la réaction des pays producteurs de l'Opep, qui se réunissent dimanche à Vienne.

"Ce plafonnement contribuera à stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie (...) et bénéficiera directement aux économies émergentes et aux pays en développement", puisque le pétrole russe pourra leur être livré à des prix inférieurs au plafond, a au contraire assuré sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

A compter de lundi, l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime va supprimer les deux tiers de ses achats de brut à la Russie. L'Allemagne et la Pologne ayant par ailleurs décidé d'arrêter leurs livraisons via un oléoduc d'ici à la fin de l'année, les importations russes totales seront touchées à plus de 90%, affirment les Européens.

En revanche, "un plafond de prix du pétrole, ça ne s'est jamais vu. On est dans l'inconnu", s'alarme Phuc-Vinh Nguyen, soulignant que la réaction des pays de l'Opep ou de gros acheteurs comme l'Inde et la Chine sera cruciale.

Seul certitude, selon lui: un plafonnement, même à un prix élevé, enverra "un signal politique fort" à Vladimir Poutine, car, une fois en place, ce mécanisme pourra être durci.


L'île d'Ischia, exemple du fléau de l'urbanisation illégale qui frappe l'Italie

Une vue générale montre la ville portuaire de l'île d'Ischia dans la baie de Naples, au large de la côte ouest de l'Italie, sur la mer Tyrrhénienne, le 4 mars 2019. (photo, Laurent Emmanuel/ AFP)
Une vue générale montre la ville portuaire de l'île d'Ischia dans la baie de Naples, au large de la côte ouest de l'Italie, sur la mer Tyrrhénienne, le 4 mars 2019. (photo, Laurent Emmanuel/ AFP)
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  • Les constructions abusives sont un sujet récurrent de polémique de l'autre côté des Alpes, les catastrophes naturelles meurtrières qui frappent fréquemment la péninsule étant régulièrement associées à ce fléau
  • «49% du territoire d'Ischia est classé à haut ou très haut risque de glissement de terrain, avec plus de 13.000 personnes habitant dans ces zones», a expliqué mercredi le ministre de l’Environnement Gilberto Pichetto Fratin

ROME : Ischia, l'île du sud de l'Italie frappée le 26 novembre par un glissement de terrain meurtrier, est victime de sa géographie et de la météo, mais aussi d'un phénomène massif d'urbanisation illégale qui touche de nombreuses régions du pays, et aggrave les risques de catastrophe, affirment experts et responsables politiques.

Le drame «d'Ischia est une tragédie annoncée qui a des causes et des responsabilités précises: une gestion irresponsable du territoire qui, avec l'accélération des effets du changement climatique, est devenue une bombe à retardement», a dénoncé la branche italienne du Fonds mondial pour la nature (WWF) au lendemain de la tragédie.

«C'est très hypocrite de pleurer les victimes maintenant tout en continuant à construire là où on ne devrait pas le faire», fustige l'ONG.

Selon des experts, l'urbanisation légale ou illégale, conjuguée au déboisement, empêche les sols d'absorber l'eau des précipitations, comme cela s'est produit à Casamicciola Terme, localité de l'île où de fortes pluies ont imprégné les terrains surplombant la station thermale et entraîné le glissement meurtrier.

Les constructions abusives sont un sujet récurrent de polémique de l'autre côté des Alpes, les catastrophes naturelles meurtrières qui frappent fréquemment la péninsule étant régulièrement associées à ce fléau.

«Le phénomène triste et répandu des constructions abusives est, dans la mesure où il est la cause, ou l'une des causes des catastrophes, un sujet que l'on ne peut plus éviter», a admis jeudi le ministre de la Protection civile Nello Musumeci.

C'est encore plus vrai à Ischia, île d'origine volcanique de la baie de Naples dont les sols sont particulièrement instables.

«49% du territoire d'Ischia est classé à haut ou très haut risque de glissement de terrain, avec plus de 13.000 personnes habitant dans ces zones», a expliqué mercredi le ministre de l’Environnement Gilberto Pichetto Fratin.

Chiffre plus inquiétant encore: 93,9% des communes italiennes sont à risque de glissement de terrain, d'inondation ou d'érosion de la côte, selon le dernier rapport de l'Institut supérieur pour la protection et la recherche sur l'environnement (ISPRA).

«Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste pour comprendre que les constructions illégales représentent un multiplicateur de risques qui va bien au-delà des personnes qui y habitent», selon le WWF.

- «Clinique suisse» -

Face aux constructions anarchiques, la solution la plus souvent choisie en Italie est l'amnistie. Mais la procédure est si longue et compliquée qu'il faut souvent plusieurs années pour obtenir une réponse de l'administration.

Rien qu'à Ischia, ce sont 27.000 demandes d'amnistie qui ont été déposées ces dernières années, selon les médias.

Et quand la justice décide finalement de démolir une construction abusive, ses occupants trouvent souvent des moyens pour contourner la décision.

Cité par le quotidien turinois La Stampa, Aldo De Chiara, un procureur de Naples retraité, spécialisé dans la lutte contre les constructions illégales, décortique les stratagèmes utilisés.

Les occupants d'une maison illégale «faisaient venir les enfants de toute la famille, au sens large, car la présence de mineurs justifie le renvoi de la destruction», raconte-t-il.

Autre technique employée: les forces de l'ordre lorsqu'elles arrivent «trouvent dans les pièces illégales, la véranda ou la salle à manger, des malades reliés à des perfusions comme dans une clinique suisse».

Pour Sergio Piro, un hôtelier de 47 ans qui gère trois établissements dont un à Casamicciola Terme, les constructions illégales ne sont qu'une partie du problème.

«Quand il y a un glissement de terrain dans le nord de l'Italie, on parle de changement climatique, quand il y en a un dans le sud, on parle de constructions illégales», explique-t-il à l'AFP.

«Il est vrai qu'il y a des constructions illégales, mais dans ce cas précis c'est un pan de montagne qui s'est détaché car il n'y a pas eu de travaux de prévention, notamment d'entretien des canaux de drainage», relève-t-il.

«J'ai entendu un énorme bruit quand ce torrent de rochers et de terre a frappé les premières maisons», tempère l'hôtelier, qui tient à souligner que le reste de l'île d'Ischia, qui vit essentiellement du tourisme, fonctionne tout à fait normalement.


Sept nouvelles condamnations à mort en Birmanie, selon l'ONU

 In this file photo taken on July 07, 2021, protesters hold a banner that reads "Fight by keeping spirits of 7 July up, destroy the dictatorship from the root by all means" while another holds the Myanmar Student Union flag during a demonstration against the military coup in Yangon.
In this file photo taken on July 07, 2021, protesters hold a banner that reads "Fight by keeping spirits of 7 July up, destroy the dictatorship from the root by all means" while another holds the Myanmar Student Union flag during a demonstration against the military coup in Yangon.
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  • Selon les médias locaux, les étudiants, basés à Rangoun, ont été arrêtés en avril et étaient accusés d'être impliqués dans une fusillade contre une banque
  • «Infliger la peine de mort à des étudiants est un acte de vengeance de la part des militaires», a déploré le syndicat étudiant de l'Université de Dagon dans un communiqué

BANGKOK: La junte militaire en Birmanie a condamné à mort au moins sept étudiants, portant à 139 le nombre de prisonniers attendant leur exécution dans le pays, selon les Nations Unies.

Ces condamnations ont été prononcées mercredi à huis clos par un tribunal militaire contre au moins sept étudiants de sexe masculin, a déclaré dans un communiqué le haut-commissaire de de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.

L'AFP a tenté, sans succès, de joindre un porte-parole de la junte depuis l'extérieur de la Birmanie pour confirmer cette information.

"En ayant recours aux condamnations à mort comme outil politique pour écraser l'opposition, les militaires confirment leur mépris pour les efforts déployés par l'Asean et la communauté internationale dans son ensemble pour mettre fin à la violence et créer les conditions d'un dialogue politique", a dénoncé M. Türk, en faisant référence aux tentatives de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) pour rétablir la paix en Birmanie.

Selon les médias locaux, les étudiants, basés à Rangoun, ont été arrêtés en avril et étaient accusés d'être impliqués dans une fusillade contre une banque.

"Infliger la peine de mort à des étudiants est un acte de vengeance de la part des militaires", a déploré le syndicat étudiant de l'Université de Dagon dans un communiqué.

L'ONU a également dit enquêter sur des informations faisant état de quatre autres condamnations à mort de jeunes militants jeudi.

"L'armée continue d'organiser des procédures dans des tribunaux secrets en violation des principes fondamentaux d'un procès équitable", a ajouté M. Türk. Selon lui, les audiences de ces tribunaux secrets ne durent parfois que quelques minutes et, souvent, les accusés n'ont pas accès à un avocat ou à leurs familles.

Ces nouvelles condamnations à mort font suite à l'exécution en juillet de quatre personnes, dont l'ancien parlementaire Phyo Zeya Thaw et le militant pour la démocratie Kyaw Min Yu. Il s'agissait des premiers condamnés exécutés en Birmanie depuis une trentaine d'années.

Le pays est en proie au chaos depuis que le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi a été renversé par un coup d'Etat militaire en février 2021, mettant fin à une brève période de démocratie.

Selon un groupe de surveillance local, près de 2.280 civils ont été tués et 11.637 sont toujours détenus dans le cadre de la campagne menée par la junte militaire pour éradiquer toute dissidence.