Arménie: les manifestations se poursuivent contre le Premier ministre

Les manifestations se sont poursuivies dans la capitale arménienne Erevan, accentuant la pression sur le Premier ministre Nikol Pachinian, le 3 mai 2022. (Photo, AFP)
Les manifestations se sont poursuivies dans la capitale arménienne Erevan, accentuant la pression sur le Premier ministre Nikol Pachinian, le 3 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 03 mai 2022

Arménie: les manifestations se poursuivent contre le Premier ministre

Les manifestations se sont poursuivies dans la capitale arménienne Erevan, accentuant la pression sur le Premier ministre Nikol Pachinian, le 3 mai 2022. (Photo, AFP)
  • Des manifestations avaient éclaté dimanche à Erevan, l'opposition exigeant la démission de M. Pachinian, et elles continuent depuis 
  • Plus de 200 personnes ont été arrêtées

EREVAN : Les manifestations se sont poursuivies mardi dans la capitale arménienne Erevan, accentuant la pression sur le Premier ministre Nikol Pachinian accusé de vouloir abandonner l'enclave séparatiste du Nagorny Karabakh à l'Azerbaïdjan. 

Des manifestations avaient éclaté dimanche à Erevan, l'opposition exigeant la démission de M. Pachinian, et elles continuent depuis.  

Des scènes chaotiques se sont produites mardi dans le centre de la ville et la police a arrêté des dizaines de personnes alors que des groupes de manifestants bloquaient la circulation dans toutes les rues principales. 

200 arrestations lors des manifestations de l'opposition

Plus de 200 personnes ont été arrêtées mardi. Le ministère arménien de l’Intérieur a indiqué dans un communiqué que 206 manifestants avaient été arrêtés à Erevan et plusieurs villes de province où les manifestants ont tenté de bloquer la circulation dans les rues, exigeant que Pachinian démissionne. 

Le Nagorny Karabakh, que les deux pays se disputent depuis trente ans, a été l'objet d'une guerre de six semaines en 2020, qui a fait plus de 6 500 morts avant de se terminer par un cessez-le-feu négocié par la Russie. 

Dans le cadre de cet accord, l'Arménie a cédé des pans entiers de territoires qu'elle contrôlait depuis une première guerre victorieuse au début des années 1990 et une force de paix russe est déployée au Nagorny Karabakh. 

En avril, le Premier ministre arménien a déclaré devant le parlement que « la communauté internationale appelle l'Arménie à réduire ses exigences sur le Nagorny Karabakh », des propos que l'opposition a dénoncés comme révélateurs d'une volonté de céder la totalité de ce territoire à l'Azerbaïdjan. 

Le vice-président du Parlement et dirigeant d'opposition Ichkhan Sagatelian a déclaré que « Pachinian est un traître et des démonstrations permanentes dans les rues, qui grandissent, vont le forcer à démissionner ». 

Il a annoncé un rassemblement mardi soir sur la place centrale d'Erevan, qui a accueilli des milliers de manifestants ces derniers jours. 

L'un des manifestants, le forgeron de 57 ans Sergueï Hovhannisian, a déclaré que « Nikol (Pachinian) doit partir, il va partir, parce qu'il est un symbole de la défaite et l'Arménie n'a pas d'avenir avec un tel leader ». 

L'accord conclu pour mettre fin à la guerre de 2020 a été vécu comme une humiliation nationale par l'Arménie et a provoqué des semaines de manifestations en 2021. Le Premier ministre avait alors tenu des élections parlementaires anticipées que son parti avait remportées en septembre. 

Peuplée majoritairement d'Arméniens, la région montagneuse du Nagorny Karabakh a fait sécession de l'Azerbaïdjan à l'effondrement de l'URSS en 1991, entraînant une première guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30 000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés azerbaïdjanais. 


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".