Dans la Corne de l'Afrique, la sécheresse menace 20 millions de personnes

Près de 40% de la population de la Somalie, soit six millions de personnes, fait face à des niveaux extrêmes d'insécurité alimentaire et certaines zones connaissent probablement déjà la famine (Photo, AFP).
Près de 40% de la population de la Somalie, soit six millions de personnes, fait face à des niveaux extrêmes d'insécurité alimentaire et certaines zones connaissent probablement déjà la famine (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 04 mai 2022

Dans la Corne de l'Afrique, la sécheresse menace 20 millions de personnes

  • Au Kenya, réputé pour ses réserves et parcs naturels, la faune sauvage est aussi menacée
  • Il arrive aussi que les animaux désertent leur zone d'habitat habituel en quête d'eau ou de nourriture

NAIROBI: Du sud de l'Ethiopie au nord du Kenya en passant par la Somalie, la Corne de l'Afrique fait face à une sécheresse qui alarme les organisations humanitaires, avec près de 20 millions de personnes menacées par la faim.

Dans ces régions où la population vit majoritairement d'élevage et d'agriculture, les trois dernières saisons des pluies depuis fin 2020 ont été marquées par de faibles précipitations, venant s'ajouter à une invasion de criquets qui a ravagé les cultures entre 2019 et 2021.

Un mois après le début théorique de la saison des pluies, "le nombre de personnes qui ont faim en raison de la sécheresse pourrait monter en flèche, passant de l'estimation actuelle de 14 millions à 20 millions en 2022", déclarait en avril le Programme alimentaire mondial (PAM).

Près de 40% de la population de la Somalie, soit six millions de personnes, fait face à des niveaux extrêmes d'insécurité alimentaire et certaines zones connaissent probablement déjà la famine, selon l'agence de coordination humanitaire de l'ONU, Ocha.

En Ethiopie, 6,5 millions de personnes font face à une "insécurité alimentaire sévère", de même que 3,5 millions de personnes au Kenya, selon l'agence. 

A travers la région, un million de personnes ont dû quitter leur foyer en raison du manque d'eau et de pâturages, et au moins 3 millions de têtes de bétail ont péri, ajoute Ocha.

"Nous devons agir maintenant (...) si nous voulons prévenir une catastrophe humanitaire", a déclaré de son côté lors d'un briefing à Genève Chimimba David Phiri, le représentant de la FAO auprès de l'Union africaine. 

La situation est aggravée par le conflit en Ukraine, qui a contribué à l'augmentation des prix alimentaires et du carburant et a perturbé les chaînes d'approvisionnement, souligne l'ONU.

Enfants en danger

Selon Catherine Russell, directrice exécutive de l'Unicef, 10 millions d'enfants à Djibouti, en Ethiopie, en Somalie et au Kenya ont besoin d'une assistance vitale.

"Plus de 1,7 million d'enfants sont sévèrement malnourris à travers la région", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié après une visite de quatre jours en Ethiopie la semaine dernière.

Selon Mme Russell, le manque d'eau potable augmente le risque de maladies parmi les enfants, tandis que des centaines de milliers d'entre eux ont arrêté l'école, étant forcés de marcher de longues heures pour trouver de l'eau et de la nourriture.   

En 2017, une mobilisation humanitaire précoce avait permis d'éviter une famine en Somalie, contrairement à 2011 où 260 000 personnes - dont la moitié d'enfants de moins de six ans - étaient mortes de faim ou de troubles liés à la faim.

Au-delà des conséquences mortelles directes, la pénurie d'eau et la raréfaction des pâturages sont également sources de conflits, notamment entre bergers.

Au Kenya, réputé pour ses réserves et parcs naturels, la faune sauvage est aussi menacée.

De nombreux cas d'animaux sauvages (girafes, antilopes...), morts faute d'eau et de nourriture, ont été recensés.

Il arrive aussi que les animaux désertent leur zone d'habitat habituel en quête d'eau ou de nourriture.

Dans le centre du pays, des félins s'en sont pris à des troupeaux, des éléphants ou des buffles sont venus paître dans des fermes, suscitant la colère des habitants. 

En Ethiopie, la pire sécheresse «jamais vécue» ravage les vies des nomades somali

GODE: Quasiment pas une goutte de pluie depuis 18 mois. A Hargududo, village de la région Somali en Ethiopie, les habitants montrent à l'AFP les cadavres desséchés de chèvres, vaches ou ânes, éparpillés non loin des modestes huttes aux toits de chaume.     

En ce mois d'avril, théoriquement l'un des plus arrosés de l'année, l'air est brûlant et sec et la terre poussiéreuse et stérile.

Une grande partie des bêtes des quelque 200 familles semi-nomades du village ont péri: "Ceux qui avaient disons 300 chèvres avant la sécheresse n'en ont plus que 50 à 60, chez certains (...) aucune n'a survécu", explique l'un des villageois, Hussein Habil, 52 ans.

Depuis fin 2020, ici, comme dans d'autres régions du sud du pays, en Somalie ou au Kenya voisins, il n'a pratiquement pas plu. En Ethiopie, cette catastrophe humanitaire s'ajoute à celle engendrée dans le nord par le conflit dans la région du Tigré.

Le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) estime qu'en Ethiopie, entre 5,5 et 6,5 millions de personnes (soit entre 5 et 6% de la population) sont en grave insécurité alimentaire en raison de la sécheresse.

Selon l'Ocha, la sécheresse actuelle a tué près de 1,5 million de têtes de bétail dans ce pays, dont près des deux tiers en région Somali, "et l'état physique des animaux survivants s'est gravement détérioré, diminuant leur valeur sur le marché".

Aux populations nomades ou semi-nomades de cette région aride et hostile, le bétail procure nourriture et revenus, mais il constitue aussi toutes leurs économies.

"Nous étions de purs nomades avant cette sécheresse: on dépendait des animaux pour la viande, le lait et on les vendait", se souvient Tarik Mohamed, 50 ans, éleveuse d'Hargududo, situé à une cinquantaine de km de Gode, la grande ville de la zone administrative de Shabelle.

"Mais de nos jours, la plupart d'entre nous" se sédentarisent, "il n'y a plus d'avenir dans le pastoralisme, parce qu'il n'y a plus de troupeaux", poursuit-elle amèrement, "notre vie nomade est terminée".

En asséchant les puits et en raréfiant les pâturages, ce que ces éleveurs de la région somali décrivent comme la "pire sécheresse jamais vécue" anéantit le bétail, pivot de leur mode de vie désormais menacé.

Et c'est tout une société qui se délite: des villages qu'il faut quitter pour la ville, des familles qui éclatent, des enfants qui sont négligés parce qu'il faut sauver ce qu'il reste des bêtes, indispensables à la survie.

Dromadaires sans bosse

L'alternance de saisons sèches et de saisons des pluies - la petite en mars-avril, la grande entre juin et août - a toujours rythmé la vie de ces éleveurs.

"Avant cette sécheresse catastrophique, nous survivions en cas de sécheresse grâce aux restes de pâturages laissés par les pluies précédentes", raconte Tarik Muhamad.

Mais aucune des trois dernières saisons des pluies n'a été au rendez-vous. Et la quatrième, attendue depuis mars, semble vouloir faire elle aussi faux bond.

Dans la région, "les sécheresses sont un phénomène cyclique (...) mais elles sont désormais de plus en plus fréquentes", constate Ali Nur Mohamed, 38 ans, un responsable de l'ONG Save the Children.

En Afrique de l'Est, "depuis 2005, la fréquence des sécheresses a doublé, passant de tous les six à tous les trois ans" et "il y a eu plusieurs épisodes de sécheresse prolongée surtout dans les zones arides et semi-arides de la région depuis 30 ans", écrit le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU dans son dernier rapport.

Dès 2012, une étude de l'agence américaine d'aide au développement (Usaid) constatait que les régions méridionales de l'Ethiopie recevaient de 15 à 20% de pluies en moins que dans les années 1970. Et que se rétrécissaient les zones recevant les 500 mm annuels de précipitations nécessaires à une agriculture et un élevage viables.

"Désormais, à peine les éleveurs tentent-ils de se remettre d'une sécheresse qu'ils sont touchés par une nouvelle", poursuit Ali Nur Mohamed, les sécheresses "sont si rapprochées que ces éleveurs ne peuvent se relever".

Un sujet qui devrait être au menu de la Convention de l'ONU sur la lutte contre la désertification (UNCCD) qui se réunit à Abidjan du 9 au 20 mai.

Tous les éleveurs rencontrés dans la région disent avoir perdu entre 80% et 100% de leur cheptel. Les quelques troupeaux, vaches ou chèvres, croisés çà et là, sont très amaigris. De nombreux dromadaires ont perdu leur bosse, stock de nourriture.

Cinq jours de marche

Pour se nourrir, de nombreux éleveurs ont rejoint les camps qu'ont fait pousser près des localités ceux déplacés par la sécheresse.

Comme à Adlale, non loin de Gode, où, dans la lumière matinale, émergent de la poussière ocre soulevée par le vent les voiles colorés de dizaines de femmes venues chercher l'aide alimentaire d'urgence distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM).

"Tous nos animaux sont morts à cause de la sécheresse" et "nous avons marché cinq jours pour venir" ici, raconte Habiba Hassan Khadid, 47 ans, mère de dix enfants, qui élevait vaches et chameaux.

Mère de sept enfants, Ahado Jees Hussein, 45 ans, a rejoint Adlale en portant son fils de 15 ans, handicapé, sur son dos. "J'avais 100 chèvres, elles sont toutes mortes (...) Je suis venue sans rien. J'avais trois ânes de bât, mais ils sont tous morts", dit cette veuve qui dit n'avoir "jamais vécu une telle sécheresse".

Avec 2.700 autres familles, les deux femmes vivent au camp de Farburo 2, installé depuis trois mois. Des petites huttes de branches supportent un patchwork de tissus qui procurent une ombre salvatrice dans une température avoisinant les 40°C.

"Les conditions de vie sont alarmantes, la plupart des familles vivent de ce qu'elles reçoivent de proches" ou d'habitants de la localité, explique Ali Mohamed Ali, coordinateur du camp.

Lui aussi est pessimiste: "L'élevage nomade ne peut continuer d'exister avec la récurrence des sécheresses".

«Les puits sont vides»

"Avant la sécheresse", Halima Harbi, mère à 40 ans de neuf enfants, faisait "partie des familles vivant bien", "celles qui avaient assez" pour vivre correctement, dans une région où le luxe est inconnu.

"Désormais nous n'avons plus rien", raconte-t-elle, "j'ai utilisé mon dernier âne pour transporter ma famille ici, mais il (...) est mort en chemin".

"Nous n'avons rien emmené - ni de quoi dormir ni ustensiles de cuisine... - on se contentait de tirer nos enfants".

Dans sa minuscule hutte, Abdi Kabe Adan, solide et fier berger de 50 ans, pleure sans retenue: "Aucun de nos animaux n'a été épargné".

"Avant, de la pluie tombait ailleurs dans la région, alors nous bougions avec nos animaux vers les pâturages arrosés, même si ça prenait plusieurs jours. Mais cette fois-ci la sécheresse est partout" et "les puits sont vides".

"Je ne pense pas possible que notre mode de vie continue. J'ai vu des chèvres manger leurs excréments, des dromadaires manger d'autres dromadaires. Je n'avais jamais vu ça de ma vie", sanglote-t-il.

Il y a peu d'hommes dans le camp. Certains sont restés avec les dernières têtes de bétail, à la recherche d'un pâturage miraculeux. Beaucoup sont partis en quête d'un labeur en ville. D'autres ont fui, incapables d'affronter la honte ou les questions des épouses inquiètes de l'avenir.

Car la sécheresse a aussi abîmé l'organisation sociale de ces communautés.

"Avant les hommes avaient pour tâche de traire les vaches", de conduire les troupeaux aux pâturages, "d'acheter nourriture et biens pour la famille: ces rôles ont disparu avec notre bétail", explique Halima Harbi.

Les familles explosent et la solidarité a cédé la place aux rivalités. "Quand les camions de distribution d'eau arrivent, les vieux et les plus vulnérables ne reçoivent rien car la concurrence est rude", déplore-t-elle.

Malnutrition

Les enfants paient le prix fort: submergés par les problèmes, les parents "n'ont même plus le temps de s'occuper, de veiller sur leur progéniture", explique Ali Nur Mohamed de Save The Children.

"Normalement, une mère prend soin de ses enfants. On comprend la gravité, l'amplitude des problèmes, qui sont telles qu'elles lui font oublier d'emmener son enfant à l'hôpital (...) ou l'en empêchent, parce qu'elle est accaparée par ses autres enfants ou occupée à sauver son cheptel", détaille-t-il.

L'ONG effectue notamment des tournées dans les communautés, y repère les enfants en danger et les transporte vers les structures sanitaires, comme l'hôpital de Gode.

Là, dans l'atmosphère étouffante de la salle de l'unité de nutrition, sur des lits de fer, des mères ventilent avec leur voile - qui chasse aussi les mouches - une dizaine d'enfants très amaigris.

Dans la région, habituellement, "nos enfants sont à la limite de la sous-alimentation, donc à la moindre maladie, ils tombent dans la malnutrition", constate le directeur l'hôpital, le Dr Mahamed Shafi Nur.

L'essentiel des enfants est traité en ambulatoire, grâce à des pâtes nutritives à base d'arachide, prêtes à manger. Ceux qui souffrent de complications - environ 15% - sont hospitalisés.

"Les familles sont désorganisées", parfois "le père est parti loin à la recherche de nourriture" pour le bétail, "la mère se retrouve seule avec de nombreux enfants. Du coup (les enfants) arrivent tard" à l'hôpital "et avec des complications", explique le Dr Mahamad Abdi Omar, pédiatre de l'établissement.

Choix terribles

Samiya, le bébé de Rokiya Adan Mahad, 39 ans, avait la diarrhée et vomissait depuis une semaine quand elle l'a enfin amenée.

Le fils de Falis Hassen souffre du foie et d'aphtes depuis deux mois, qui l'empêchent de téter. "Nous sommes pris par la recherche de pâturages et d'eau pour le bétail", explique cette femme de 38 ans, venue sans prévenir son mari: "Il ne m'aurait pas laissée, il y a tant à faire".

Le fils d'Abdullahi Gorane, les cheveux décolorés par la malnutrition, souffrait de diarrhée et vomissait depuis des semaines.

"Je m'occupais du bétail, je n'avais pas le temps pour mon enfant", dit cet homme de 30 ans - seul père présent - qui s'est décidé quand la sécheresse a eu raison de son troupeau: il a perdu deux de ses cinq dromadaires, 80% de ses chèvres et 100% de ses vaches.

L'absence de contraception et d'espacement des naissances, d'allaitement exclusif, ainsi que des conditions d'hygiène médiocres expliquent la sous-alimentation chronique des enfants, dit Ahmed Nur, agent de santé au centre de soins de Kelafo à une centaine de km de Gode.

Mais la situation a été largement "aggravée" par la sécheresse et "tous les mois, le nombre d'enfants mal-nourris augmente".

Comme Ayan Ibrahim Haroun, les parents sont ainsi parfois confrontés à des choix terribles: soigner son enfant, c'est prendre le risque de perdre son bétail.

Toux, œdèmes sur le corps (un possible symptôme de malnutrition sévère): Sabirin Abdi, sa fille de deux ans, était malade depuis un mois déjà quand cette cultivatrice, qui améliore l'ordinaire avec quelques animaux, s'est résolue à l'amener à Kelafo.

"Nous n'avons pas eu de récolte cette année", explique-t-elle, "j'avais dix chèvres, "quatre sont mortes au cours des 11 jours que j'ai passés à l'hôpital" avec Sabirin.


L'UE en sommet avec l'Arménie, pour l'éloigner de la Russie

L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
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  • Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen
  • Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie

EREVAN: L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique.

"Nous vivons tous dans un contexte géopolitique volatil et, dans cet environnement difficile, le tout premier sommet UE–Arménie ne pouvait pas être plus opportun", a déclaré à Erevan la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen.

Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie.

"Nous voulons faire de l'Arménie une destination clé pour les investisseurs", a encore affirmé la présidente de la Commission européenne.

Désormais, "l'UE appelle les entreprises à investir en Arménie. C'est aussi un fait historique, car nous n'avions encore jamais entendu un tel appel, un tel message", s'est félicité M. Pachinian.

"L'Arménie peut devenir un hub régional pour les nouvelles routes commerciales mondiales, en particulier dans le domaine crucial des matières premières critiques. Et l'Europe est prête à vous soutenir", a encore assuré Mme von der Leyen.

L'UE veut en outre aider l'Arménie à mieux résister face aux crises et à combattre la désinformation en matière électorale, alors que des élections législatives doivent se tenir dans un mois dans le pays.

L'Arménie espère également des avancées sur la question de l'assouplissement des visas pour ses ressortissants qui se rendent dans l'UE.

Candidate à l'UE ? 

Autre témoignage du soutien des Européens à l'Arménie, Emmanuel Macron, en visite d'Etat dans le pays et qui a reçu un accueil digne d'une star à son arrivée dimanche, a pris part mardi avec Nikol Pachinian à la deuxième édition du "dialogue d'Erevan", un forum consacré à de multiples sujets, de la résilience démocratique aux interconnexions régionales entre Asie et Europe.

"Je crois très profondément que la vocation de l'Arménie est une vocation européenne", a lancé le président français.

"L'Europe est le partenaire le plus naturel de l'Arménie et du Sud Caucase dans le moment que nous vivons", a-t-il insisté.

Lundi, Erevan a accueilli le 8e sommet de la Communauté politique européenne, rendez-vous qui rassemble deux fois par an des dizaines de dirigeants de toute l'Europe, à l'exception de la Russie et du Bélarus.

En toile de fond de cet étalage de soutiens, se pose la question d'une potentielle future demande d'adhésion de l'Arménie à l'UE, sur laquelle les autorités du pays avancent cependant très prudemment.

Interrogé mardi sur une éventuelle candidature, M. Pachinian a expliqué que son pays devait d'abord se mettre au niveau des exigences liées au processus d'adhésion.

L'an dernier, l'Arménie a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l'UE, dans la continuité d'un partenariat noué en 2017.

Mais Erevan n'a pas encore sauté le pas pour le moment, tandis que Moscou a prévenu qu'il serait "impossible" au pays d'adhérer à l'UE, vu ses liens très étroits avec l'économie russe.

Alliée de longue date à la Russie, notamment pour des raisons de sécurité, l'Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d'alliances économiques et sécuritaires avec Moscou.

Les relations entre les deux pays se sont cependant refroidies, Erevan s'interrogeant sur la fiabilité de son allié traditionnel, qui n'est pas venu à son secours lors de la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide du président américain Donald Trump en vue de mettre fin au conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

Les Européens ne sont pas les seuls à se rapprocher de l'Arménie. Le vice-président américain J.D Vance a lui aussi fait le voyage à Erevan en février, première visite d'un tel haut responsable américain dans ce pays du Caucase.


Ormuz: l'armée américaine dit avoir détruit des missiles, des drones et six petits bâteaux iraniens

Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du CENTCOM
  • Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains

WASHINGTON: Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient.

Ces hostilités surviennent au premier jour d'une opération américaine destinée à porter assistance à des navires bloqués dans la région du Golfe et du détroit d'Ormuz, Donald Trump affirmant qu'il s'agit là d'un "geste humanitaire" pour aider les équipages.

D'une part, les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains.

L'amiral a affirmé que la plus grande partie de ces attaques iraniennes ciblaient des navires commerciaux, et qu'une minorité avaient visé des bâtiments militaires américains.

D'autre part, des hélicoptères d'attaque Apache et Seahawk ont visé et détruit "six bateaux iraniens qui représentaient une menace pour la navigation commerciale ", a ajouté l'amiral Brad Cooper.

Donald Trump a affirmé de son côté que "sept petits bateaux" avaient été visés par les tirs américains.

Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'Etat, a démenti la destruction des navires iraniens.

"Ensemble défensif" 

Après ces tirs, l'armée israélienne a affirmé être en "état d'alerte élevé".

Selon Donald Trump, "il n'y a pas eu, pour le moment, de dégâts dans le détroit", à part des tirs contre un navire sud-coréen à propos desquels il n'a pas donné de détail.

L'armée américaine affirme que deux destroyers, d'imposants bâtiments qui peuvent tirer des missiles, ont traversé le détroit d'Hormuz dans le cadre de l'opération "Freedom project", annoncée dimanche, tandis que deux navires commerciaux battant pavillon américain ont fait le chemin inverse et "poursuivent leur route en sécurité".

Selon l'amiral Cooper, les forces armées américaines n'escortent pas directement les navires à travers le détroit mais ont déployé "plusieurs couches qui incluent des navires, des hélicoptères, des avions, des avertissements aériens et des attaques électroniques". Le tout constitue selon lui "un ensemble défensif bien plus large" qu'une "simple escorte".

Il a assuré qu'"au final, il y aura une voie de passage dans les deux sens", mais que pour l'instant, "la chose la plus importante (...) est que les navires puissent partir."

Il n'a pas explicitement cité le détroit d'Hormuz, voie stratégique par laquelle transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole contrôlée par Téhéran depuis le début des hostilités lancées par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

 


Russie: un immeuble endommagé à Moscou dans une frappe de drone ukrainienne

Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
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  • "Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine le maire de la capitale russe
  • Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées

MOSCOU: Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine.

Cette attaque intervient à quelques jours des célébrations le 9 mai de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, à l'occasion desquelles la Russie ne déploiera pas cette année de matériel militaire pour le traditionnel défilé sur la place Rouge - pour des raisons de sécurité, selon le Kremlin.

"Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine. "Personne n'a été blessé", a-t-il précisé.

Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées.

Selon M. Sobianine, deux autres drones visant Moscou ont été abattus dans la nuit par les systèmes de défense aérienne et un autre appareil sans pilote a été neutralisé lundi matin.

Depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Russie bombarde régulièrement l'ensemble du territoire ukrainien et notamment ses infrastructures essentielles.

En représailles, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi des infrastructures d'hydrocarbures afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.

Si la région moscovite fait régulièrement l'objet d'attaques de drones ukrainiennes, Moscou elle-même est plus rarement visée.

L'Ukraine, qui tente de repousser l'offensive contre son territoire, avait cherché à perturber le défilé du 9 mai l'an dernier avec des attaques de drones visant Moscou les jours précédents.

Le Kremlin a annoncé que l'armée russe ne déploierait pas de matériel militaire lors du défilé sur la place Rouge samedi prochain en raison de la "menace terroriste" posée par Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi que la Russie ne pouvait "se permettre" actuellement de faire défiler des équipements militaires à Moscou et avait "peur" que des drones ukrainiens ne perturbent les commémorations. "Cela montre qu'ils ne sont pas forts", a-t-il affirmé lors d'un sommet en Arménie.