Ukraine: Moscou veut tenir ses «objectifs» même si l'aide occidentale à Kiev retarde son offensive

Cette capture vidéo non datée tirée d'une séquence publiée le 4 mai 2022, par le ministère de l'Intérieur de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) sur Telegram montre de la fumée s'échappant de l'aciérie Azovstal de Marioupol. (Photo, AFP)
Cette capture vidéo non datée tirée d'une séquence publiée le 4 mai 2022, par le ministère de l'Intérieur de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) sur Telegram montre de la fumée s'échappant de l'aciérie Azovstal de Marioupol. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Ukraine: Moscou veut tenir ses «objectifs» même si l'aide occidentale à Kiev retarde son offensive

Cette capture vidéo non datée tirée d'une séquence publiée le 4 mai 2022, par le ministère de l'Intérieur de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) sur Telegram montre de la fumée s'échappant de l'aciérie Azovstal de Marioupol. (Photo, AFP)
  • Dans un message vidéo diffusé mercredi soir, le commandant du régiment Azov qui défend l'usine, Denys Prokopenko, affirmait que «des combats sanglants sont en cours à Azovstal »
  • Volodymyr Zelensky a invité à Kiev le chancelier allemand Olaf Scholz ainsi que le président Frank-Walter Steinmeier

ZAPORIJJIA/ BERLIN: La Russie a reconnu jeudi que le soutien occidental ralentissait son offensive en Ukraine mais affirmé qu'il ne « l'empêcherait pas de remplir ses objectifs », alors que des informations contradictoires circulent sur l'évacuation des civils réfugiés dans la dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol. 

« Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Otan dans son ensemble partagent en permanence des données du renseignement avec les forces armées ukrainiennes. Conjuguées aux approvisionnements en armes (...) ces actions ne permettent pas d'achever rapidement l'opération », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.  

Il réagissait à des informations du New York Times selon lesquelles les renseignements fournis par les Etats-Unis à l'armée ukrainienne ont permis de cibler plusieurs généraux russes près du front. 

Ces actions occidentales « ne sont toutefois pas en mesure d'empêcher » que les objectifs de l'offensive russe en Ukraine soient remplis, a-t-il ajouté, après 10 semaines d'une guerre qui a déjà fait des milliers de morts et provoqué l'exode de plus de 5 millions d'Ukrainiens. 

Jusqu'ici, Moscou n'a pu revendiquer le contrôle total que d'une ville ukrainienne d'importance, Kherson, dans le sud. Mais la Russie espère, après deux mois de siège et de bombardements, prendre bientôt complètement le port stratégique de Marioupol, où les derniers combattants ukrainiens sont retranchés, avec des civils, dans les souterrains de l'immense aciérie Azovstal. 

Dmitri Peskov a affirmé jeudi que des couloirs humanitaires « fonctionnaient » pour évacuer les civils restants dans cette usine de Marioupol - qui seraient encore 200, selon le maire de la ville Vadim Boïtchenko. Il a aussi assuré que l'armée russe respectait le cessez-le-feu autour de l'aciérie qu'elle a annoncé la veille pour trois jours consécutifs, de 05H00 à 15H00 GMT de jeudi à samedi. 

Les Ukrainiens n'ont cependant confirmé aucune trêve. 

« Les occupants russes sont occupés à bloquer et essayer d'anéantir les unités ukrainiennes sur le territoire d'Azovstal », a indiqué dans un communiqué jeudi matin l'armée ukrainienne, ajoutant que les troupes de Moscou avaient « repris l'offensive avec le soutien d'avions pour prendre le contrôle de l'usine ». 

Dans un message vidéo diffusé mercredi soir, le commandant du régiment Azov qui défend l'usine, Denys Prokopenko, affirmait que « des combats sanglants sont en cours à Azovstal », avec des soldats russes présents « dans l'enceinte de l'aciérie ». 

Le président Zelensky invite Olaf Scholz et le président Steinmeier à Kiev, selon la présidence allemande

Volodymyr Zelensky a invité à Kiev le chancelier allemand Olaf Scholz ainsi que le président Frank-Walter Steinmeier, trois semaines après avoir snobé ce dernier quand il avait voulu s'y rendre, a-t-on appris jeudi auprès de la présidence allemande. 

Le président ukrainien et le chef de l'Etat social-démocrate ont eu jeudi une conversation téléphonique qui a permis de « dissiper les irritations » suite au refus de Kiev de recevoir à la mi-avril M. Steinmeier lorsque qu'il avait proposé de venir en compagnie de ses homologues polonais et des pays baltes, a-t-on indiqué de même source. 

Appel de fonds mondial 

Quelque 344 personnes ont pu être encore évacuées mercredi de Marioupol et ses environs vers Zaporijjia, ville sous contrôle ukrainien située à quelque 230 km de là, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.  

Une centaine de civils d'Azovstal avaient aussi pu fuir ce weekend dans le cadre d'une évacuation organisée avec l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge. 

M. Zelensky a également appelé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à aider à « sauver » les blessés dans l'aciérie. 

Des centaines de personnes -- combattants ukrainiens et civils -- se terrent depuis début mars dans des galeries souterraines datant de la Seconde Guerre mondiale courant sous le site d'Azovstal. Moscou concentre sa puissance de feu sur l'aciérie depuis que le président Vladimir Poutine a annoncé la « libération » de la ville le 21 avril. 

La prise totale de Marioupol, port industriel au sud du Donbass dévasté par deux mois de siège et de bombardements russes, serait une victoire importante pour Moscou à l'approche du 9 mai, jour où la Russie célèbre avec un grand défilé militaire sur la Place Rouge sa victoire sur l'Allemagne nazie. 

Les Ukrainiens ont affirmé que les Russes se préparaient à organiser un défilé militaire de victoire à Marioupol ce jour-là. 

Dans ce contexte, le président ukrainien, qui ne cesse de réclamer plus de sanctions contre la Russie et plus de livraisons d'armes aux Occidentaux, a lancé jeudi une campagne mondiale de levée de fonds pour l'Ukraine, via une plateforme spécialement créée pour l'occasion, United24. 

« En un clic, vous pouvez donner des fonds pour aider nos défenseurs, sauver nos civils et reconstruire l'Ukraine », a-t-il déclaré en anglais dans une vidéo sur Twitter annonçant son lancement. 

Embargo sur l'or noir  

De son côté, la Commission européenne a proposé mercredi un embargo progressif de l'Union européenne sur le pétrole importé de Russie. 

Si les Etats membres de l'Union européenne donnent -- à l'unanimité -- leur feu vert, « nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d'ici la fin de l'année », a dit la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. 

Le projet de la Commission prévoit une exemption temporaire pour la Hongrie et la Slovaquie, deux pays enclavés et totalement dépendants des livraisons par l'oléoduc « Droujba », qui pourront continuer leurs achats à la Russie en 2023.  

Budapest a toutefois refusé d'accepter ce projet en l'état, s'attirant les foudres du chef de la diplomatie ukrainienne, qui a accusé tout pays s'opposant à un tel embargo de « complicité » avec les crimes imputés aux Russes en Ukraine. 

Les cours du pétrole se sont envolés sous l'effet du projet d'embargo, le prix du baril de Brent de la mer du Nord atteignant son plus haut niveau depuis deux semaines et demi. 

Frappes mortelles 

Sur le terrain des opérations militaires, les forces russes continuaient leur offensive, notamment dans l'est du pays, selon l'armée ukrainienne.  

Selon le gouverneur de la région de Donetsk, 25 civils ont été blessés dans une frappe ayant touché dans la nuit un quartier résidentiel à Kramatorsk. 

L'armée russe, de son côté, a indiqué y avoir visé un poste de commandement ukrainien et deux entrepôts militaires sur l'aérodrome de la ville. 

Moscou a également indiqué avoir frappé avec des missiles « de haute précision » dans le sud, notamment un aéroport militaire près de Kirovograd, ainsi qu'un dépôt de munitions et un dépôt de carburants dans la région de Mykolaïv. 

« Grâce au succès d'actions des défenseurs ukrainiens, l'ennemi a perdu le contrôle de plusieurs localités près des régions de Mykolaïv et Kherson », a néanmoins indiqué l'état-major ukrainien jeudi matin. 

Aux frontières nord de l'Ukraine, le Bélarus -- un allié de Moscou -- a entamé mercredi des manœuvres militaires « surprise » censées tester les capacités de réaction de son armée, a déclaré son ministère de la Défense. 

Et Moscou a annoncé mercredi soir que son armée avait simulé des tirs de missiles à capacité nucléaire dans l'enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux pays membres de l'UE. Plus de 100 militaires ont participé à ces exercices. 

Depuis Chisinau, le président du Conseil européen Charles Michel a lui annoncé que les Européens prévoyaient d'accroître « considérablement » leur soutien à la Moldavie cette année, en livrant des équipements militaires supplémentaires à ses forces armées.  

De récentes attaques sur le territoire séparatiste moldave prorusse de Transdniestrie ont accru l'inquiétude d'une extension du conflit à cette ex-république soviétique de 2,6 millions d'habitants. 

Nouvelles sanctions 

Outre un embargo sur le pétrole russe, l'Union européenne a aussi proposé mercredi d'exclure trois banques russes supplémentaires -- dont Sberbank, le plus gros établissement russe -- du système financier international Swift. 

La Commission européenne préconise par ailleurs de sanctionner le chef de l'Eglise orthodoxe russe, le patriarche Kirill, qui a multiplié les sermons soutenant l'intervention militaire en Ukraine. 

Le président américain Joe Biden a déclaré de son côté qu'il discuterait cette semaine avec les autres pays du G7 de possibles sanctions « supplémentaires » contre Moscou. 

Une réunion du Conseil de sécurité sur l'Ukraine était par ailleurs prévue jeudi soir à New York. 


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.