Ukraine : une frappe russe tue 60 civils selon Zelensky, le G7 uni face à Moscou

Le président français Emmanuel Macron participe à une visioconférence des dirigeants du G7 sur l’Ukraine depuis le palais de l'Élysée, à Paris. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron participe à une visioconférence des dirigeants du G7 sur l’Ukraine depuis le palais de l'Élysée, à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 09 mai 2022

Ukraine : une frappe russe tue 60 civils selon Zelensky, le G7 uni face à Moscou

Le président français Emmanuel Macron participe à une visioconférence des dirigeants du G7 sur l’Ukraine depuis le palais de l'Élysée, à Paris. (Photo, AFP)
  • Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l'année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky
  • Les Etats-Unis, qui n'en étaient pas de grands consommateurs, ont d'ores et déjà interdit l'importation d'hydrocarbures russes

SEVERODONETSK, Ukraine: Soixante personnes ont péri dans le bombardement russe d'une école dans l'est de l'Ukraine, a déclaré dimanche soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky à un sommet du G7, qui a affiché son unité et son soutien au pays envahi par la Russie fin février.

Alors que la Russie prépare les célébrations, prévues lundi, de la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945, que le président russe Vladimir Poutine compare souvent au conflit meurtrier en cours en Ukraine, ce dernier se poursuit sans perspective prochaine d'accalmie.

Dans l'Est, "pas plus tard qu'hier, dans le village de Bilogorivka, dans la région de Lougansk, une bombe russe a tué 60 civils", a affirmé M. Zelensky lors d'une intervention en visioconférence à un sommet du G7. "Ils essayaient de trouver refuge dans le bâtiment d'une école ordinaire qui a été visée par une frappe aérienne russe".

Le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a fourni le même bilan à la télévision en langue russe Current Time TV. Dimanche matin, il avait expliqué qu'"il y avait au total 90 personnes" sur place au moment de la frappe. "27 ont été sauvées", avait-il ajouté, précisant que la température avait été très élevée après l'explosion qui a "complètement soufflé" l'école.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "horrifié" par le bombardement, selon son porte-parole.

Le même jour, la Première dame des Etats-Unis Jill Biden a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska dans une école en Ukraine près de la frontière avec la Slovaquie, où elle se trouvait cette semaine. "Je voulais venir pour la fête des mères. Je pensais qu'il était important de montrer (...) que le peuple des Etats-Unis soutient le peuple d'Ukraine", a-t-elle lancé devant des journalistes.

Trudeau: «crimes de guerre»

Autres visites surprises, celle du Premier ministre canadien Justin Trudeau à Irpin, une localité de la banlieue de Kiev dévastée par les combats, et de la présidente du Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, Bärbel Bas, également près de la capitale ukrainienne, à Boutcha, théâtre d'atrocités sur des civils.

"Vladimir Poutine est responsable de ces odieux crimes de guerre" et "il devra rendre des comptes", a affirmé M. Trudeau.

Le G7, dont son pays fait partie, a décidé dimanche de se sevrer "progressivement" du pétrole russe. 

"Le G7 tout entier s'est engagé aujourd'hui à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe", a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué. Cette décision "va porter un coup dur à la principale artère irriguant l'économie de Poutine et le priver des revenus dont il a besoin pour financer sa guerre".

Au niveau de l'Union européenne, des négociations se poursuivront en début de semaine entre Etats membres pour lever les obstacles au projet d'embargo européen sur le pétrole russe, freiné par la Hongrie. 

A Marioupol, port du Sud-Est ukrainien quasi entièrement sous contrôle russe, les militaires ukrainiens qui résistent toujours dans l'immense aciérie Azovstal ont exclu de se rendre. "Capituler n'est pas une option car notre vie n'intéresse pas la Russie. Nous laisser en vie ne lui importe pas", a déclaré Ilya Samoïlenko, un officier du renseignement.

"L'ennemi ne cesse pas ses opérations offensives (...) afin d'établir un contrôle total sur les régions de Donetsk, de Lougansk et de Kherson et de maintenir le couloir terrestre entre ces territoires et la Crimée occupée" par la Russie depuis 2014, a averti quant à lui l'état-major de l'armée ukrainienne.

Il a précisé que dans la région de Donetsk, les troupes russes avaient poursuivi leurs attaques autour de Lyman, Popasniansky, Severodonetsk et Avdiivka. 

"Rien qu'à Severodonetsk, il y a eu des dizaines de frappes et un hôpital a aussi été touché", a souligné le gouverneur de la région de Lougansk.

La ville de Popasna est désormais en ruines et les militaires ukrainiens s'en sont retirés pour occuper de "meilleures positions", selon la même source.

Côté russe, le ministère de la Défense a revendiqué dimanche la destruction du "poste de commandement d'une brigade mécanisée" ukrainienne, dans la région de Kharkiv (nord-est), de même que du "centre de communication de l'aérodrome militaire de Chervonoglinskoye", dans le sud-ouest. 

Les autorités ukrainiennes mettent en garde depuis plusieurs jours contre une intensification possible des actions offensives russes à l'approche des célébrations du 9 mai.

«Le mal est de retour»

Le "mal est de retour" en Europe, "dans un uniforme différent, sous des slogans différents, mais avec le même objectif", s'est exclamé dimanche le président ukrainien, comparant l'invasion de son pays par la Russie à l'agression des Etats européens par l'Allemagne nazie, dans un discours de commémoration de la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Europe.

"Des décennies après (...), les ténèbres sont retombées sur l'Ukraine", a-t-il dit dans un enregistrement vidéo où il est filmé devant des immeubles d'habitation détruits.

A Zaporijjia (sud-est), 174 civils, certains avec de jeunes enfants, sont arrivés dimanche soir à bord de huit bus "depuis l'enfer de Marioupol", a écrit sur Twitter la coordinatrice humanitaire des Nations unies pour l'Ukraine, Osnat Lubrani. Une quarantaine d'évacués provenaient de l'aciérie Azovstal.

Des travailleurs humanitaires ont escorté des personnes âgées, y compris une vieille dame en fauteuil roulant, vers un centre d'accueil.

Samedi déjà, M. Zelensky avait lancé: "Nous avons évacué les civils d'Azovstal", citant le nombre de 300 personnes exfiltrées. "Nous préparons désormais la seconde phase (...) : les blessés et le personnel médical".

Des centaines de personnes avaient trouvé refuge dans les galeries souterraines de l'aciérie d'Azovstal, qui abrite les derniers défenseurs de la cité.

Moscou avait annoncé mercredi un cessez-le feu unilatéral de trois jours à partir de jeudi matin pour permettre aux civils terrés dans ce vaste complexe de pouvoir partir. Mais les autorités ukrainiennes ont maintenu que les Russes ne l'avaient pas respecté.

Selon Ievguenia Tytarenko, une infirmière militaire dont le mari, membre du régiment Azov, est toujours dans l'usine Azovstal, "de nombreux soldats sont dans un état grave. Ils sont blessés et n'ont pas de médicaments". "La nourriture et l'eau manquent aussi".

"Je me battrai jusqu'au bout", lui a écrit son mari Mykhaïlo, dans un SMS que l'AFP a pu consulter. Ils se sont mariés deux jours avant le début des hostilités avec la Russie.

"Nos unités dans la zone de l'usine d'Azovstal continuent d'être bloquées", a relevé dimanche l'état-major ukrainien, évoquant des "opérations d'assaut russes" avec "le soutien de l'artillerie et des tirs de chars".

Marioupol, qui comptait près de 500.000 habitants avant la guerre, a été presque entièrement rayée de la carte par deux mois de bombardements russes.

«La victoire sera à nous» (Poutine) 

Le président Poutine a assuré dimanche que "comme en 1945, la victoire sera à nous", multipliant les comparaisons entre la Deuxième Guerre mondiale et le conflit en Ukraine dans ses voeux du 8 mai.

La Russie n'a toutefois jusqu'à présent pu revendiquer le contrôle complet que d'une ville d'importance, Kherson.

Ses habitants pourront d'ailleurs obtenir des passeports russes dès cette année, a révélé Kirill Stremoussov, le "vice-président de l'administration militaro-civile (russe) de la région".

Dans le port de commerce de Marioupol, "les travaux battent leur plein", mais "il reste encore beaucoup à faire", a de son côté dit Denis Pouchiline, le chef de la "République de Donetsk" autoproclamée par les séparatistes prorusses. "Nous prévoyons une reconstruction à grande échelle en très peu de temps", a-t-il ajouté.

De son côté, le président Zelensky a accusé son homologue russe d'avoir "oublié tout ce qui était important pour les vainqueurs" de 1945.

Les actions de Vladimir Poutine en Ukraine "couvrent la Russie et les sacrifices historiques de son peuple (pendant la Deuxième Guerre mondiale) de honte", se sont pour leur part indignés dimanche les pays du G7 lors d'un sommet virtuel.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni ont "répété (leur) engagement à prendre de nouvelles mesures pour aider l'Ukraine à s'assurer un avenir libre et démocratique".


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.