Des Russes fuyant Poutine se plaignent d'un accueil froid en France

Dans les semaines qui ont suivi l'invasion, des dizaines de milliers de Russes, souvent éduqués, ont quitté la Russie pour se mettre à l'abri du tour de vis, des effets des sanctions économiques et d'une éventuelle mobilisation militaire. (AFP).
Dans les semaines qui ont suivi l'invasion, des dizaines de milliers de Russes, souvent éduqués, ont quitté la Russie pour se mettre à l'abri du tour de vis, des effets des sanctions économiques et d'une éventuelle mobilisation militaire. (AFP).
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Des Russes fuyant Poutine se plaignent d'un accueil froid en France

  • Dans la capitale française, "le sentiment d'étouffer, de mourir jour après jour, s'est arrêté, je pouvais respirer de nouveau"
  • Dans les semaines qui ont suivi l'invasion, des dizaines de milliers de Russes, souvent éduqués, ont quitté la Russie pour se mettre à l'abri du tour de vis

PARIS: Horrifiés par la dérive du pouvoir russe et l'invasion de l'Ukraine, des dizaines de milliers de Russes ont choisi l'exil. Arrivés en France, certains découvrent que l'accueil est loin de la chaleur réservée aux réfugiés ukrainiens.


Artiom Kotenko, citoyen russe de 50 ans né sur le territoire de l'Ukraine soviétique, raconte à l'AFP avoir été "anéanti" par l'assaut lancé par Moscou le 24 février.


Une semaine plus tard, cet artiste et designer graphique ayant travaillé pour le musée de l'Ermitage et le théâtre Tovstogonov, quitte Saint-Pétersbourg pour la Finlande avant de rejoindre Paris. 


Dans la capitale française, "le sentiment d'étouffer, de mourir jour après jour, s'est arrêté, je pouvais respirer de nouveau", dit-il à l'AFP, lors d'une rencontre dans le 13e arrondissement, où les oeuvres de street-art pro-ukrainiennes recouvrent de nombreux murs. 


Par contre, se plaint Artiom, il est rapidement devenu évident qu'obtenir des papiers pour travailler légalement en France allait s'avérer très difficile, à l'inverse des citoyens ukrainiens qui, fuyant la guerre, sont accueillis à bras ouverts, comme un peu partout en Europe.


"Cela doit changer car il y a plein de gens comme moi (des Russes anti-Poutine ayant fui la répression, ndlr) et il y a du travail pour nous", insiste l'artiste.


Dans les semaines qui ont suivi l'invasion, des dizaines de milliers de Russes, souvent éduqués, ont quitté la Russie pour se mettre à l'abri du tour de vis, des effets des sanctions économiques et d'une éventuelle mobilisation militaire. Une fuite des cerveaux qui n'est pas sans rappeler à certains celle de 1922 après la consolidation du régime bolchévique.


En Allemagne, qui compte déjà une vaste minorité russe depuis la chute de l'URSS, le vice-chancelier Robert Habeck a indiqué que le gouvernement pourrait favoriser l'immigration des nouveaux exilés: "Nous voulons qu'ils sachent que nous pourrions vraiment avoir besoin d'eux".


Les Russes ayant choisi la France estiment donc que Paris devrait suivre cet exemple. Interrogé sur le sujet, le ministère de l'Intérieur n'a pas commenté.


"Si les gens cherchent à s'installer ici, il faut les soutenir", estime Daniel Kachnitski, un Moscovite de 41 ans qui a quitté la Russie avec sa femme et leurs quatre enfants après le déclenchement de la guerre. 


Il raconte avoir réalisé qu'il était temps de partir après avoir passé une nuit en cellule pour avoir manifesté contre l'invasion. D'autant que son fils aîné fête ses 18 ans en mai, et deviendra donc appelable sous les drapeaux.

Fonds de solidarité

"C'était important pour moi de sortir les enfants", explique ce spécialiste des questions de santé publique. 


Depuis son arrivée en France en avril, c'est une succession d'embûches administratives, assure-t-il, logeant sa famille à ses frais dans un hôtel près de Paris. Pour la durée de l'examen de sa demande d'asile, ils ont obtenu un logement à Alès, dans le sud de la France.


Daniel espère pouvoir "travailler dès que possible" et revenir à Paris si l'asile lui est accordé. 


Antoine Nicolle, un doctorant de 29 ans, a participé à la création du "Fonds de solidarité pour les Russes en exil". Son but: apporter un soutien financier à ceux qui, pour des raisons politiques, ont quitté leur patrie.


"On a créé cette association parce que nous avons vu que rien n'était fait pour les Russes", raconte, en russe, l'ex-enseignant du Collège universitaire français de Moscou.


Mais, affirme-t-il, parce que le Fonds comporte le mot "russe", les banques sont réticentes à travailler avec lui dans le contexte des sanctions, si bien qu'il n'arrive pas à avoir de compte bancaire.


"C'est vraiment n'importe quoi", juge Antoine Nicolle. 


Artiom Kotenko, le designer de Saint-Pétersbourg, dit comprendre que les Ukrainiens soient prioritaires et obtiennent un plus grand soutien. Mais selon lui, l'exode des Russes va se poursuivre, à mesure que la répression s'accroit et que la crise économique s'installe.


"De plus en plus de gens comme moi vont apparaître, et ils devront avoir une chance de s'établir, de travailler légalement", juge-t-il, "autrement, les Russes vont juste s'installer en clandestins".    


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.