Zemmour repart au «combat» des législatives à Saint-Tropez

L'ancien candidat d'extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour (Reconquête!) annonce dans un tweet se présenter aux législatives dans la 4e circonscription du Var, celle de Saint-Tropez. (Photo, AFP)
L'ancien candidat d'extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour (Reconquête!) annonce dans un tweet se présenter aux législatives dans la 4e circonscription du Var, celle de Saint-Tropez. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Zemmour repart au «combat» des législatives à Saint-Tropez

L'ancien candidat d'extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour (Reconquête!) annonce dans un tweet se présenter aux législatives dans la 4e circonscription du Var, celle de Saint-Tropez. (Photo, AFP)
  • «Reconquête est de retour partout en France. Je mènerai notre beau et grand combat aux côtés de nos 550 candidats. Je me présente dans la 4e circonscription du Var», a tweeté Eric Zemmour
  • Eric Zemmour a pris plusieurs semaines avant de se lancer. Il a réclamé un accord avec le Rassemblement national, en vain

PARIS: Après avoir longuement hésité, l'ancien candidat d'extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour s'est lancé jeudi dans le « combat » des législatives dans le Var, dans la circonscription de Saint-Tropez, malgré une élection qui s'annonce très difficile pour son camp. 

« Reconquête est de retour partout en France. Je mènerai notre beau et grand combat aux côtés de nos 550 candidats. Je me présente dans la 4e circonscription du Var », a tweeté Eric Zemmour, qui avait recueilli 7,07% des voix à la présidentielle. 

« Je ne me voyais pas mener le combat de l’arrière », a justifié en soirée l'ancien éditorialiste du Figaro et de CNews sur une plage à Cogolin, devant environ 200 partisans, parmi lesquels le maire ex FN de la ville Marc Etienne Lansade ou les anciens identitaires Damien Rieu et Jérémie Piano. 

La présidentielle « c'était un combat redoutable, cruel, parfois injuste, mais j'aime aussi ce combat et je reviens ici pour le mener », a ajouté Eric Zemmour. 

Le rival de Marine Le Pen a choisi une circonscription où le président du RN Jordan Bardella avait hésité à se présenter et où il a obtenu 14,7% des voix au premier tour de la présidentielle, contre 32,2% pour Marine Le Pen et 24,1% pour Emmanuel Macron.  

Avec un de ses meilleurs scores nationaux dans la ville, huppée, de Saint-Tropez: 22,4%. 

« Pont d'Arcole »  

Au premier tour le 12 juin, le président de Reconquête! aura face à lui un candidat du RN, Philippe Lottiaux, et la députée sortante macroniste Sereine Mauborgne, qui se demande dans Var Matin ce que le polémiste va « y gagner ». L'insoumise Sabine Cristofani-Viglione tentera également sa chance. 

Eric Zemmour a pris plusieurs semaines avant de se lancer. Il a réclamé un accord avec le Rassemblement national, en vain. 

Certains proches, comme l'eurodéputé ex-RN Jérôme Rivière, lui recommandaient d'attendre les européennes dans deux ans, pour éviter une défaite sur son nom après la claque reçue à la présidentielle. 

« Il avait en tête depuis longtemps d'être candidat », assure toutefois à l'AFP le vice-président de Reconquête! et ex LR Guillaume Peltier. 

« La réussite finale est toujours précédée d'épreuves et de risques. Sa philosophie est napoléonienne, Bonaparte au pont d'Arcole se saisit toujours du drapeau pour emmener ses troupes et montrer l'exemple », ajoute le député sortant du Loir-et-Cher et directeur de cette campagne, qui pourrait ne pas se représenter. 

Au RN, Jean-Philippe Tanguy, ancien adjoint de la campagne de Marine Le Pen et candidat dans la Somme, dénonce la « candidature hors sol » d'Eric Zemmour. S'il « se présente, il part au carton », avait estimé mercredi Jordan Bardella. 

Le maire de Toulon et soutien d'Emmanuel Macron, Hubert Falco (ex-LR), a affirmé avoir un « haut-le-coeur à l'idée » que cette circonscription « puisse passer aux extrêmes ». 

Risque 

Parisien, Eric Zemmour a finalement laissé ses lieutenants se lancer dans les quartiers chics de la capitale, Sébastien Pilard (ex-LR) dans la 14e circonscription (16e arrondissement) et Garen Shnorhokian dans la 4e (17e arrondissement). 

« En se présentant, Eric Zemmour court un risque: un score médiocre pourrait définitivement l'écarter de la scène politique », estime auprès de l'AFP l'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen, qui était favorable à une entente entre le RN et Reconquête!. 

Le chef de file du mouvement de jeunesse Génération Z, Stanislas Rigault, est quant à lui candidat dans le Vaucluse voisin. 

Enceinte, l'ancienne députée FN (devenu RN) Marion Maréchal, vice-présidente de Reconquête!, a renoncé à se présenter. 

Reconquête! présente des candidats souvent jeunes et issus de la société civile. Parmi eux Damien Rieu, cofondateur du groupuscule d'ultra-droite dissous Génération identitaire, ou Patrick Jardin, père d'une victime des attentats du 13-Novembre ainsi que le policier Bruno Attal. L'ancien gilet jaune Benjamin Cauchy se lance lui dans l'Aisne. 

Selon Guillaume Peltier, la campagne se fera sur les « questions identitaires, régaliennes et migratoires » et « l'union des droites et des patriotes ». 

Sur le front judiciaire, la cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la relaxe prononcée en première instance en faveur d'Eric Zemmour, jugé pour « contestation de crime contre l’humanité ». Il avait soutenu en 2019 que le maréchal Pétain avait « sauvé » des juifs français durant la Seconde Guerre mondiale. 

« Ceux qui me traitent de pétainisme ont moralement, historiquement et désormais juridiquement tort », s'est félicité M. Zemmour sur Twitter. 


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
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  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
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  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.

 


Macron condamne les attaques iraniennes contre l'Arabie saoudite lors d'un appel avec le prince héritier

 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
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  • Le président français réaffirme le soutien de Paris aux mesures prises par Riyad pour "sauvegarder sa souveraineté"
  • Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Lors de l'appel, Macron a exprimé la solidarité de la France avec l'Arabie saoudite, condamnant fermement les attaques iraniennes répétées visant le Royaume.

Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale.

Cet appel est intervenu alors que les tensions régionales continuent de s'intensifier. Un jour plus tôt, M. Macron avait appelé toutes les parties au conflit à imposer un moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques et d'autres infrastructures civiles.

Il a également exhorté l'Iran à permettre la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, mettant en garde sur le média social X contre le "risque d'une escalade incontrôlable".

La France a vivement critiqué l'Iran ces derniers jours. Lors d'une visite en Israël vendredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que toute résolution durable du conflit au Moyen-Orient devait être étayée par un règlement politique, ce qui suppose que Téhéran change radicalement de cap.

"Quelle que soit l'issue des opérations militaires en cours, elle doit être complétée par une solution politique qui produise des résultats durables", a déclaré M. Barrot aux journalistes à Tel-Aviv, ajoutant que "le régime iranien doit être prêt à faire des concessions majeures - à changer radicalement de position".

M. Barrot s'est également fait l'écho des appels européens en faveur d'un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, à la suite d'un bombardement israélien sur le principal champ gazier iranien qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie.