Le tireur présumé du métro de New York plaide non coupable

Zack Tahhan et Cheikh Mohamad sont interviewés lors d'une conférence de presse au 1 Police Plaza le 20 avril 2022 à New York (Photo, AFP).
Zack Tahhan et Cheikh Mohamad sont interviewés lors d'une conférence de presse au 1 Police Plaza le 20 avril 2022 à New York (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 mai 2022

Le tireur présumé du métro de New York plaide non coupable

  • La prochaine audience a été fixée au 25 juillet
  • L'homme de 62 ans, en détention, a récemment été inculpé par un grand jury d'attaque terroriste

NEW YORK: Frank James, l'homme soupçonné d'avoir tiré et semé le chaos dans une rame de métro bondée de New York le 12 avril, a plaidé non coupable vendredi, notamment de l'accusation d'attaque terroriste, a indiqué une source judiciaire.

L'homme de 62 ans, en détention, a récemment été inculpé par un grand jury d'attaque terroriste et de tirs par arme à feu. S'il est reconnu coupable d'attaque terroriste, il risque la prison à vie.

Au matin du 12 avril, à l'heure de pointe, le suspect, muni d'un masque à gaz, avait lâché deux engins fumigènes, remplissant la rame de brouillard, avant de tirer à plusieurs reprises.

Bilan de l'attaque, survenue au niveau de "36th Street", une station fréquentée du sud de Brooklyn: 30 blessés, dont 10 par balles, parmi lesquels plusieurs adolescents.

Après une chasse à l'homme de plus de 24 heures, Frank James avait été arrêté sans opposer de résistance à Manhattan. Après une première comparution, ses avocates avaient mis en garde contre tout "jugement hâtif", mettant en avant qu'il avait lui-même "appelé la police" pour dire "où il se trouvait" pendant qu'il était recherché.

Ses éventuelles motivations restent à éclaircir. Frank James animait une page YouTube, baptisée "prophetoftruth88" (prophète de vérité) où on le voyait se lancer dans de longues tirades, parfois décousues et véhémentes, sur les questions raciales et l'insécurité à New York.

Contactées par l'AFP vendredi, ses avocates n'ont pas donné suite dans l'immédiat.

La prochaine audience a été fixée au 25 juillet. 


L'Ukraine demande à Ankara d'arrêter un navire russe dans ses eaux

L'ambassade d'Ukraine à Ankara a demandé vendredi à la Turquie d'arrêter un navire russe arrivé à proximité de sa côte (Photo, AFP).
L'ambassade d'Ukraine à Ankara a demandé vendredi à la Turquie d'arrêter un navire russe arrivé à proximité de sa côte (Photo, AFP).
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  • Le bateau Zhibek Zholy, un cargo de 140 m de long battant pavillon russe, a jeté l'ancre à un kilomètre environ du port de Karasu sur la côte turque à l'est d'Istanbul
  • Même s'il ne précise pas quelle est la cargaison à bord, le message laisse penser que le diplomate soupçonne la présence de céréales ukrainiennes

ISTANBUL: L'ambassade d'Ukraine à Ankara a demandé vendredi à la Turquie d'arrêter un navire russe arrivé à proximité de sa côte sur la Mer Noire en provenance du port ukrainien de Berdiansk, sous occupation russe.

Le bateau Zhibek Zholy, un cargo de 140 m de long battant pavillon russe, a jeté l'ancre à un kilomètre environ du port de Karasu sur la côte turque à l'est d'Istanbul, selon le site Marine Traffic qui permet de suivre les mouvements  des bateaux.

"Le Zhibek Zholy en provenance de Berdansk occupé est entré dans le port de Karasu. A la demande du procureur d'Ukraine, nous avons demandé à la partie turque de prendre les mesures nécessaires" a indiqué l'ambassadeur Vasyl Bodnar sur Twitter.

Même s'il ne précise pas quelle est la cargaison à bord, le message laisse penser que le diplomate soupçonne la présence de céréales ukrainiennes.

Selon Marine Traffic, le bâtiment avait coupé son transponder dans les douze heures précédant son approche de la Turquie.

Le transponder, obligatoire en cours de navigation, émet un signal satellite qui permet de localiser en permanence les bâtiments.

Le diplomate ukrainien salue la "bonne communication et une coopération intensive avec les autorités turques".

Début juin, M. Bodnar avait accusé la Russie de voler les céréales et de les exporter vers la Turquie, entre autres: "La Russie vole sans vergogne les céréales d'Ukraine et les exporte depuis la Crimée à l'étranger, notamment vers la Turquie", dénonçait-il.

"Nous avons demandé l'aide de la Turquie pour résoudre le problème", ajoute-t-il

La semaine dernière, le ministre turc des Affaires étrangère Mevlut Cavusoglu a assuré que la Turquie enquêtait sur ces accusations.

Le conflit qui bloque les exportations dans les silos en raison du blocus des ports ukrainiens par la marine russe et des mines en Mer Noire fait flamber les prix sur les marchés agricoles et peser un grave risque de famine dans les pays qui en dépendent, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Ankara a offert son aide, à la demande des Nations unies, pour sécuriser des corridors marins permettant d'exporter les céréales ukrainiennes bloquées dans les ports.

La Turquie est considérée comme une allié de l'Ukraine à laquelle elle fournit des drones de combat, mais Ankara veille à garder une position neutre envers la Russie, dont elle dépend pour ses approvisionnements en gaz notamment.


Royaume-Uni: Assange fait appel de la décision de son extradition vers les Etats-Unis

Des manifestants à bord d'un bus manifestent contre l'extradition de Julian Assange à Londres, le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
Des manifestants à bord d'un bus manifestent contre l'extradition de Julian Assange à Londres, le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • L'Australien de 50 ans est poursuivi aux Etats-Unis où il risque 175 ans
  • Si l'autorisation de faire appel est accordée, l'audience pourrait ne pas avoir lieu avant début 2023

LONDRES: Le fondateur de Wikileaks Julian Assange a fait appel vendredi de la décision prise par le gouvernement britannique de l'extrader vers les Etats-Unis, a indiqué la Haute Cour de Londres.

L'Australien de 50 ans est poursuivi aux Etats-Unis où il risque 175 ans de prison pour une fuite massive de documents confidentiels. Après un long bras de fer judiciaire à rebondissements, la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel a signé le 17 juin un décret d'extradition.

M. Assange, détenu depuis trois ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh près de Londres, avait jusqu'à vendredi pour interjeter appel.

La justice britannique a confirmé qu'une "notification de Julian Assange pour faire appel de la décision du Home Office de l'extrader a été reçue".

Vendredi, en amont du 51e anniversaire dimanche de Julian Assange, quelques dizaines de ses soutiens -dont sa femme Stella Assange qu'il a épousée en mars- se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur pour protester contre la décision d'extradition.

Ils sont ensuite montés dans un bus londonien "vintage" et ont fait un petit tour dans le centre de la capitale britannique en criant "Free Julian Assange now" (Libérez Julian Assange maintenant).

"Il est en prison pour avoir dit la vérité. Il est innocent alors pourquoi est-il en prison?", a déclaré à l'AFP Gloria Wildman, une retraitée de 79 ans habituée des rassemblements de soutien à l'Australien.

"Si Julian Assange n'est pas libre, nous ne le sommes pas non plus, personne n'est libre", a-t-elle ajouté.

Si l'autorisation de faire appel est accordée, l'audience pourrait ne pas avoir lieu avant début 2023, avait expliqué mi-juin à l'agence de presse britannique PA Kate Goold, associée du cabinet d'avocats Bindmans et spécialisée dans les affaires d'extradition.

Selon elle, M. Assange pourrait aussi saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, un processus susceptible de prendre plusieurs années.


Au Soudan, les manifestants défient la répression après une journée sanglante

Une femme sert du thé à un manifestant soudanais dans le sud de la capitale Khartoum le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
Une femme sert du thé à un manifestant soudanais dans le sud de la capitale Khartoum le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Plusieurs centaines de manifestants ont scandé «vengeance» en brandissant des photos des victimes de la répression
  • La plupart des victimes de jeudi dont un mineur ont été mortellement touchées par balles

KHARTOUM: Sous les tirs de grenades lacrymogènes, des centaines de Soudanais ont manifesté vendredi à Khartoum contre le pouvoir militaire, au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le début de l'année.

"Nous sommes sortis dans la rue spontanément en réaction aux violences d'hier", explique à l'AFP Chawqi Abdelazim, qui manifeste dans la capitale soudanaise.

C'est à Khartoum que les forces de sécurité ont tué jeudi, selon des médecins, neuf manifestants qui réclamaient le retour des civils au pouvoir dans un pays sous la coupe des généraux quasiment toujours depuis son indépendance en 1956.

Les protestataires avaient crié par dizaines de milliers "Le peuple veut la chute de Burhane" dans la capitale, en banlieue mais aussi dans diverses villes du pays.

Vendredi, pour le deuxième jour consécutif, dans le centre de Khartoum et dans sa banlieue nord-est, la foule maintenait la pression sur le général Abdel Fattah al-Burhane, le chef de l'armée auteur d'un putsch le 25 octobre dernier qui a plongé le pays dans la crise politique et économique.

Plusieurs centaines de manifestants ont scandé "vengeance" en brandissant des photos des victimes de la répression qui a fait, depuis ce coup d'Etat, 113 morts et des milliers de blessés, selon des médecins pro-démocratie.

Jeudi était une journée symbolique au Soudan car elle marquait l'anniversaire du coup d'Etat ayant porté au pouvoir le dictateur Omar el-Béchir et d'un sit-in ayant forcé l'armée à partager le pouvoir avec les civils après son éviction en 2019.

Balles réelles et «impunité»

La plupart des victimes de jeudi dont un mineur ont été mortellement touchées par balles, ce qui a provoqué une volée de condamnations de la communauté internationale qui depuis huit mois ne parvient ni à convaincre les généraux de cesser de tirer sur la foule ni à faire venir les civils à la table de négociations avec ces mêmes militaires.

L'ambassade américaine a dit avoir "le coeur brisé par ces morts tragiques", tandis que l'ONU et l'Union africaine (UA) ont condamné "l'usage excessif de la force par les forces de sécurité et l'impunité" dont elles bénéficient.

L'ambassade de Norvège, à la manoeuvre au Soudan avec Washington et l'ancienne puissance coloniale britannique, a condamné "des tortures, des violences sexuelles et des traitements inhumains" notamment des manifestants et militants détenus par dizaines.

"L'impunité doit cesser", a-t-elle martelé, alors qu'aucun membre des forces de l'ordre n'a jusqu'ici dû répondre d'aucune mort --ni celles des manifestants anti-putsch ni même celles des plus de 250 morts de la "révolution" qui a mis fin en 2019 à 30 ans de dictature d'Omar el-Béchir.

Après le règne sans partage de ce général soutenu par les islamistes, l'armée avait été forcée d'accepter de partager le pouvoir avec des civils. Mais le 25 octobre 2021, le général Burhane, a brutalement mis fin à cette transition en faisant arrêter ses partenaires civils, libérés depuis.

En rétorsion, la communauté internationale a coupé son aide qui représentait 40% du budget du Soudan. Ces sanctions n'ont pas fait plier les militaires --quasiment toujours aux commandes depuis l'indépendance en 1956-- mais ont fait plonger l'économie avec l'effondrement de la livre soudanaise et une inflation dépassant tous les mois les 200%.

La police soudanaise a, elle, commenté vendredi les évènements de la veille, accusant les protestataires de violences et d'incendies et faisant état de plus de 200 blessés dans les rangs des forces de l'ordre.

Vendredi malgré tout, dans la banlieue nord-est de Khartoum, les manifestants ont érigé des barricades et barré des routes avec des pneus enflammés, tandis que d'autres ont convergé vers le palais présidentiel sous les grenades lacrymogènes, point de ralliement des anti-putsch, ont rapporté des journalistes de l'AFP.