Paraguay: à Asuncion, l'adieu au procureur tué pour «son honnêteté»

La procureure générale du Paraguay, Sandra Quinonez, attend l'arrivée du cercueil avec la dépouille du procureur antidrogue Marcelo Pecci, pour son inhumation au cimetière de La Recoleta à Asuncion, le 15 mai 2022 (Photo, AFP).
La procureure générale du Paraguay, Sandra Quinonez, attend l'arrivée du cercueil avec la dépouille du procureur antidrogue Marcelo Pecci, pour son inhumation au cimetière de La Recoleta à Asuncion, le 15 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 16 mai 2022

Paraguay: à Asuncion, l'adieu au procureur tué pour «son honnêteté»

  • Marcelo Pecci, 45 ans, a été assassiné mardi sous les yeux de son épouse depuis quelques jours et enceinte
  • Le cortège funèbre de voitures croulant sous les fleurs avait entamé un périple à travers la capitale

ASUNCION: Asuncion a rendu dimanche un dernier hommage à Marcelo Pecci, procureur anti-drogue paraguayen de 45 ans assassiné mardi par des tueurs à gage "parce qu'il dérangeait par son honnêteté".

"Il était amoureux de sa charge. C'était un homme capable, et qui faisait front. Sa vie était ainsi (...) et ils l'ont tué parce qu'il dérangeait par son honnêteté", a lancé Francisco Pecci, 83 ans, le père du procureur, à l'assemblée réunie autour du cercueil au cimetière de la Recoleta, au terme de plusieurs heures d'hommage dont une messe à l'église San José.

Auparavant, le long cortège funèbre de voitures croulant sous les fleurs avait entamé un périple à travers la capitale, précédé d'un camion de pompiers sirène hurlante - l'une des passions de Marcelo Pecci, qui avait consacré beaucoup d'efforts a la création de corps de pompiers volontaires.

Le cercueil a fait des longues haltes sur les lieux emblématiques de la vie du défunt. D'abord le stade du Club Guarani (1ère division), un des clubs de football historiques d'Asuncion, dont il était un supporteur inconditionnel, tweetant régulièrement sur leurs exploits.

"No se va, no se va, Marcelo no se va !" (Il ne s'en va pas, il ne s'en va pas,  Marcelo ne s'en va pas !", ont chanté a son passage des dizaines de supporters, agitant drapeaux et banderoles. Le club avait appelé ses fans à se rassembler devant le stade Rogelio S. Livieres à la mi-journée, pour "dire adieu à notre frère Marcelo",  "Aurinegro de corazon" ("Or et noir de coeur", d'après les couleurs du club). 

Puis le corbillard est passé par le prestigieux collège San Andres d'Asuncion, dont M. Pecci était un ancien élève, ayant gardé des liens forts avec l'institution. Nombre d'anciens de San Andres étaient vendredi présents dans la marche d'hommage "Bravoure et courage !", qui a réuni environ 2.000 personnes dans les rues de la capitale paraguayenne.  

Marcelo Pecci, 45 ans, procureur au professionalisme et au sérieux réputés, spécialisé dans la lutte contre le narcotrafic et le blanchiment, a été assassiné mardi sous les yeux de son épouse depuis quelques jours, enceinte, sur une plage de l'île colombienne de Baru, où il passait sa lune de miel.

Les autorités judiciaires colombiennes et paraguayennes ont ces derniers jours suggéré que l'assassinat aurait pu être commandité depuis le Paraguay, et le procureur suivi depuis son pays, comme l'a déclaré à l'AFP l'ex-ministre de l'Intérieur paraguayen et chef du Secrétariat antidrogue, Arnaldo Giuzzio.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.