​​Indonésie: un bus percute un panneau publicitaire causant 14 morts

Des travailleurs médicaux chargent le corps d'une victime dans un véhicule après un accident de bus, pour le transporter à sa famille dans un hôpital de Mojokerto le 16 mai 2022. (AFP)
Des travailleurs médicaux chargent le corps d'une victime dans un véhicule après un accident de bus, pour le transporter à sa famille dans un hôpital de Mojokerto le 16 mai 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 16 mai 2022

​​Indonésie: un bus percute un panneau publicitaire causant 14 morts

  • Le bus, avec 31 passagers à bord ainsi que le conducteur et un employé de la société de transport, est rentré dans un pilier et s'est retourné sur une voie à péage
  • Les victimes étaient originaires de Benowo, une localité proche de Surabaya, et rentraient d'un week-end touristique sur le plateau de Dieng, à quelque 400 km de distance au centre de l'île de Java

SURABAYA: Au moins 14 personnes ont été tuées et une dizaine d'autres blessées quand un autobus transportant des touristes indonésiens a percuté un panneau publicitaire dans la province de Java oriental lundi matin, a indiqué la police.

Le bus, avec 31 passagers à bord ainsi que le conducteur et un employé de la société de transport, est rentré dans un pilier et s'est retourné sur une voie à péage reliant la ville de Mojokerto à Surabaya, la deuxième plus grande ville d'Indonésie.

Les victimes étaient originaires de Benowo, une localité proche de Surabaya, et rentraient d'un week-end touristique sur le plateau de Dieng, à quelque 400 km de distance au centre de l'île de Java, a expliqué le responsable local de l'agence de gestion des catastrophe Ridwan Mubarun, cité par la chaîne de télévision Metro TV. 

"Quatorze personnes sont mortes et 19 autres ont subi des blessures importantes ou mineures", a détaillé le chef de la police de Mojokerto, Rofiq Ripto Himawan, ajoutant qu'une enquête était en cours sur les causes de l'accident. 

Un porte-parole de la police de Java avait évoqué plus tôt une erreur du chauffeur.

"Cet accident a été causé par une erreur humaine, le chauffeur était épuisé", a souligné sur Metro TV Dirmanto, qui ne porte qu'un nom comme de nombreux Indonésiens.

La météo et le trafic ne posaient pas de problème au moment de l'accident, selon les autorités.

Le chauffeur a survécu et a été transféré dans un hôpital pour être soigné pour des blessures, a indiqué la police.

Les accidents mortels sont fréquents dans l'archipel d'Asie du Sud-Est où les véhicules sont souvent peu entretenus et le code de la route négligé.

Le mois dernier, 16 personnes sont mortes quand un camion transportant des mineurs s'est écrasé sur une falaise en Papouasie.


Le Sri Lanka face à ses «échecs» pour l'anniversaire de son indépendance

Le président sri-lankais Ranil Wickremesinghe (à droite à côté du mât) écoute l'hymne national lors des célébrations du 75e jour de l'indépendance du Sri Lanka à Colombo le 4 février 2023. (Photo par ISHARA S. KODIKARA / AFP)
Le président sri-lankais Ranil Wickremesinghe (à droite à côté du mât) écoute l'hymne national lors des célébrations du 75e jour de l'indépendance du Sri Lanka à Colombo le 4 février 2023. (Photo par ISHARA S. KODIKARA / AFP)
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  • Le président Ranil Wickremesinghe, qui a pris ses fonctions en juillet au plus fort de l'agitation politique qui en a résulté, a souligné que l'anniversaire de ce samedi arrivait à «un moment extrêmement critique et difficile»
  • «C'est l'occasion pour nous non seulement de passer en revue nos forces et nos acquis en tant que nation, mais aussi de rectifier nos erreurs et nos échecs», a-t-il mis en avant dans un communiqué

COLOMBO: Le Sri Lanka a célébré samedi les 75 ans de son indépendance par un défilé militaire sans lustre, son président appelant à une réflexion sur les "erreurs et les échecs" du passé en cette période de crise nationale.

Depuis la fin de la colonisation britannique en 1948, la nation insulaire a passé une grande partie de son histoire en guerre contre elle-même, y compris une rébellion séparatiste tamoule de plusieurs décennies qui a fait jusqu'à 100.000 morts et deux insurrections communistes meurtrières.

Ses 22 millions d'habitants sont encore sous le choc des difficultés provoquées par un effondrement économique sans précédent l'année dernière qui a entraîné des mois de pénurie de nourriture et de carburant.

Le président Ranil Wickremesinghe, qui a pris ses fonctions en juillet au plus fort de l'agitation politique qui en a résulté, a souligné que l'anniversaire de ce samedi arrivait à "un moment extrêmement critique et difficile".

"C'est l'occasion pour nous non seulement de passer en revue nos forces et nos acquis en tant que nation, mais aussi de rectifier nos erreurs et nos échecs", a-t-il mis en avant dans un communiqué.

M. Wickremesinghe, flanqué de hauts gradés, a regardé pendant une heure la procession de soldats et de véhicules de l'armée le long d'un boulevard en bord de mer dans la capitale Colombo, qui a débuté par des tirs d'artillerie cérémoniels et qui a été boycottée par les partis d'opposition.

Pendant plusieurs mois l'année dernière, ce même boulevard avait été le site d'un campement de protestation érigé par des Sri Lankais indignés par le désastre économique sur l'île et la mauvaise gestion menée par ses dirigeants.

Le mouvement de protestation a atteint son apogée en juillet lorsqu'une foule immense a pris d'assaut le domicile du prédécesseur de M. Wickremesinghe et l'a chassé vers un exil temporaire d'où il a présenté sa démission.

M. Wickremesinghe a ordonné aux forces de sécurité de démanteler le camp quelques heures après avoir prêté serment et a depuis entrepris de rétablir les finances en ruine du Sri Lanka.


Le pape à la rencontre des déplacés du Soudan du Sud

Le pape François doit rencontrer samedi des déplacés internes au Soudan du Sud, après avoir exhorté ses dirigeants à "un nouveau sursaut" en faveur de la paix dans un pays déchiré par les luttes de pouvoir et l'extrême pauvreté. (AFP)
Le pape François doit rencontrer samedi des déplacés internes au Soudan du Sud, après avoir exhorté ses dirigeants à "un nouveau sursaut" en faveur de la paix dans un pays déchiré par les luttes de pouvoir et l'extrême pauvreté. (AFP)
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  • Arrivé en fauteuil roulant au milieu des chants, le pape a demandé aux religieux de «marcher au milieu de la souffrance et des larmes» et de «se salir les mains pour les gens»
  • Quelque 4 000 personnes se sont rassemblées très tôt pour attendre le souverain pontife dans la cour de la Cathédrale Sainte-Thérèse, beaucoup agitant des drapeaux nationaux et lançant des youyous, dans une ambiance festive

JUBA: Le pape François doit rencontrer samedi des déplacés internes au Soudan du Sud, après avoir exhorté ses dirigeants à "un nouveau sursaut" en faveur de la paix dans un pays déchiré par les luttes de pouvoir et l'extrême pauvreté.

Accompagné des chefs des Eglises d'Angleterre et d'Ecosse, représentants des deux autres confessions chrétiennes du plus jeune Etat du monde, François a estimé vendredi que le "chemin tortueux" de la paix ne pouvait "plus être reporté", lors d'un discours très politique devant les autorités dans la capitale Juba.

De 2013 à 2018, ce pays de 12 millions d'habitants a été en proie à une guerre civile sanglante entre les partisans des deux leaders ennemis Salva Kiir et Riek Machar, qui a fait 380.000 morts.

Samedi matin, le souverain pontife s'est exprimé devant les évêques, prêtres et religieux catholiques à la Cathédrale Sainte-Thérèse.

Arrivé en fauteuil roulant au milieu des chants, le pape a demandé aux religieux de "marcher au milieu de la souffrance et des larmes" et de "se salir les mains pour les gens".

Malgré un accord de paix signé en 2018, les violences perdurent et le pays comptait en décembre 2,2 millions de déplacés internes, en raison des conflits et des inondations, selon les derniers chiffres publiés par l'organisme onusien OCHA.

Samedi après-midi, le pape argentin, très attaché à la défense des migrants, s'adressera à certains d'entre eux lors d'une rencontre.

Quelque 4.000 personnes se sont rassemblées, selon les autorités, très tôt pour attendre le souverain pontife dans la cour de la Cathédrale Sainte-Thérèse, beaucoup agitant des drapeaux nationaux et lançant des youyous, dans une ambiance festive.

"Nous sommes venus ici pour recevoir ses bénédictions. Tout est question de paix. Le pape François n'arrive même pas à marcher, mais il vient quand même ici pour encourager nos dirigeants", a déclaré à l'AFP John Makuei, 24 ans, arrivé avant l'aube pour ne pas manquer ce "jour historique".

En fin de journée, le pape prononcera son troisième et dernier discours du jour à l'occasion d'une prière œcuménique aux côtés de l'archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel de l'Eglise anglicane, et de Iain Greenshields, personnalité la plus importante de l'Eglise d'Ecosse.

«Assez de destructions»

Vendredi, le pape n'a pas mâché ses mots devant la classe politique de ce pays aux 60 groupes ethniques, où sévissent la misère et la famine.

"Les générations futures honoreront ou effaceront la mémoire de vos noms en fonction de ce que vous faites maintenant", a prévenu le pape de 86 ans, conscient de ses mots "francs et directs".

"Assez de sang versé, assez de conflits, assez de violences et d'accusations réciproques sur ceux qui les commettent, assez d'abandonner le peuple assoiffé de paix. Assez de destructions, c’est l'heure de la construction!", a-t-il enjoint.

Ce "pèlerinage de paix" est la toute première visite papale au Soudan du Sud depuis que la nation à majorité chrétienne a obtenu son indépendance du Soudan en 2011.

L'Eglise joue un rôle de substitution dans des zones sans aucun service gouvernemental et où les humanitaires sont souvent attaqués, voire tués.

L'ONG Human Rights Watch a appelé vendredi les dirigeants religieux à faire pression sur les dirigeants du Soudan du Sud pour "régler la crise actuelle des droits humains dans le pays et l'impunité généralisée".

Après sa rencontre avec le pape, Salva Kiir a annoncé dans un décret qu'il graciait 71 prisonniers, dont 36 condamnés à mort, mais sans donner davantage de détails.

"Quand il a touché le sol à Juba, nous nous sommes tous sentis bénis. Sa présence nous apportera une paix durable", a assuré Gladys Mananyu, 62 ans, après le passage de la papamobile.

En 2019, un an après un accord de paix, François avait reçu les deux frères ennemis au Vatican et s'était agenouillé pour leur embrasser les pieds en les suppliant de faire la paix, un geste symbolique fort qui avait marqué les esprits.

Ce déplacement fait suite à une visite de quatre jours à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Il y a condamné les "atroces cruautés" dans ce pays où les exactions de groupes armés ont tué des centaines de milliers de personnes et jeté des millions d'autres sur les routes.

Initialement prévue à l'été 2022 puis reportée, cette visite est la 40e du pape argentin à l'étranger depuis son élection en 2013, et la troisième en Afrique subsaharienne.


Le grand plan climat de Biden, un accélérateur de transition énergétique

Les démocrates ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat. (AFP).
Les démocrates ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat. (AFP).
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  • Le plan «Inflation Reduction Act» (IRA) prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissements, dont 370 milliards visant à réduire les émission de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030
  • Il s'agit du plus important effort des États-Unis dans ce domaine

WASHINGTON : Le grand plan climat arraché par Joe Biden au Congrès américain est devenu un sujet de tension entre les États-Unis et l'Union européenne (UE), qui craint de voir certaines mesures affaiblir son industrie, mais espère toujours faire évoluer la position américaine.

Quelles sont les mesures prévues par l'IRA?

Axé principalement sur le climat et les dépenses sociales, le plan "Inflation Reduction Act" (IRA) prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissements, dont 370 milliards visant à réduire les émission de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030. Il s'agit du plus important effort des États-Unis dans ce domaine.

Les plus symboliques sont la création d'un crédit d'impôt de 7 500 dollars aux ménages pour l'achat d'un véhicule électrique "made in USA", d'une subvention pour les fabricants d'éoliennes et panneaux solaires utilisant de l'acier américain, ou encore une baisse d'impôt pour aider les entreprises dans leur transition énergétique.

Ces mesures inquiètent côté européen, car elles touchent des industries clés sur le Vieux Continent.

Pour les Etats-Unis, avant tout une question de pédagogie

Côté américain, on estime que la réaction européenne est avant tout liée à une incompréhension de l'objectif de l'IRA et qu'il est nécessaire de faire preuve de pédagogie pour en expliquer les tenants et aboutissants.

Lors d'une rencontre à Washington avec Bruno Le Maire en novembre, l'ambassadrice américaine au Commerce Katherine Tai avait appelé à "travailler ensemble afin de renforcer la compréhension mutuelle de la législation", faisant état d'une volonté américaine de prendre en compte les inquiétudes européennes. Le secrétaire d’État Antony Blinken avait, lui, assuré, après une rencontre avec les commissaires européens Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager, d'une "volonté d'avancer ensemble, pas aux dépens des uns et des autres".

Mais Mme Tai a aussi jugé nécessaire à plusieurs reprises d'expliquer aux Européens le principe de cette législation. A Davos, le sénateur démocrate Joe Manchin, qui a joué un rôle décisif dans le renforcement des conditions d'attribution des subventions en échange de son vote, n'a pas exprimé autre chose, tout en se montrant surpris des réactions européennes alors que les États-Unis prennent, enfin, le virage de la transition énergétique.

Des marges de manœuvre très réduites

Dans les faits, il y a peu de chance que le texte bouge. Tout d'abord parce que les démocrates ont perdu leur majorité à la Chambre des représentants et que la nouvelle majorité républicaine veut à tout prix baisser les dépenses de l’État fédéral, n'hésitant pas à utiliser le sujet du plafond de la dette, atteint courant janvier, comme arme de négociations.

Les démocrates, eux, ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat.

Ces mesures sont par ailleurs très populaires, en particulier dans certains États où l'industrie automobile reste très puissante, comme l'Ohio ou le Michigan, désormais considérés comme des États clés pour les élections.

Les Européens veulent être traités comme les Nord-Américains

Avant l'UE, le Canada et le Mexique avaient fait part de leurs inquiétudes concernant l'IRA, qu'ils estimaient incompatibles avec l'accord de libre-échange entre ces trois pays nord-américains (AEUMC).

Ils ont obtenu des États-Unis un élargissement des subventions aux véhicules électriques à tous ceux "made in North America". Un point essentiel pour le Mexique en particulier, où de nombreux constructeurs mondiaux ont installé des usines.

C'est le type de traitement que souhaite obtenir l'UE. Pourtant, même dans ce contexte, les trois pays nord-américains sont en litige concernant la définition même d'un véhicule fabriqué en Amérique du Nord: le Mexique et le Canada estimant que les conditions sont réunies à partir de 75% de pièces issues d'Amérique du Nord sur l'ensemble du véhicule, tandis que les États-Unis placent ce plancher de 75% pour chaque partie du véhicule (bloc batterie-propulsion, châssis, carrosserie, aménagement intérieur, etc.)

De tels critères resteraient défavorables à l'industrie automobile européenne, toujours largement tributaire de la Chine, pour ses batteries notamment.