Iran: mort d'un deuxième petit guépard asiatique, espèce menacée

Un petit guépard asiatique, félin en danger critique d'extinction, est mort (Photo, AFP).
Un petit guépard asiatique, félin en danger critique d'extinction, est mort (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Iran: mort d'un deuxième petit guépard asiatique, espèce menacée

  • Le 1er mai, l'Iran avait annoncé la naissance de trois petits lors de la première mise-bas en captivité d'un guépard asiatique, dans le refuge de Touran, dans la province de Semanan
  • L'Iran, l'un des derniers pays au monde où les guépards asiatiques vivent à l'état sauvage, a lancé un programme de protection soutenu par les Nations unies en 2001

TEHERAN: Un petit guépard asiatique, félin en danger critique d'extinction, est mort, a rapporté mercredi l'agence officielle iranienne Irna, faisant de ce guépardeau le deuxième à perdre la vie d'une portée de trois née début mai dans un refuge en Iran.

"Nous enquêtons sur les causes de la mort du petit et nous communiquerons la conclusion après l'autopsie", a déclaré Hassan Akbari, responsable au ministère de l'Environnement, cité par Irna.

La sous-espèce "Acinonyx jubatus venaticus", communément appelée guépard asiatique ou guépard d'Iran, est en danger critique d'extinction, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Le 1er mai, l'Iran avait annoncé la naissance de trois petits lors de la première mise-bas en captivité d'un guépard asiatique, dans le refuge de Touran, dans la province de Semanan (Est).

Un premier guépardeau avait perdu la vie quelques jours plus tard en raison d'une "malformation congénitale au poumon gauche".

En janvier, M. Akbari avait déclaré que le pays n'abritait qu'une douzaine de guépards asiatiques.

Le guépard est l'animal le plus rapide du monde et peut atteindre une vitesse de 120 km/h. On le trouve encore dans certaines parties d'Afrique australe, mais il a pratiquement disparu d'Afrique du Nord et d'Asie.

L'Iran, l'un des derniers pays au monde où les guépards asiatiques vivent à l'état sauvage, a lancé un programme de protection soutenu par les Nations unies en 2001.


Les chenilles mopanes, bourrées en fer, rampent vers vos tables

Un jeune entrepreneur sud-africain change la façon dont les gens voient et mangent des chenilles mopane riches en protéines et en fer. (AFP)
Un jeune entrepreneur sud-africain change la façon dont les gens voient et mangent des chenilles mopane riches en protéines et en fer. (AFP)
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  • En Europe ou aux Etats-Unis, l'idée de manger vers ou insectes semble a priori peu ragoûtante
  • Une ingénieure chimiste sud-africaine, Wendy Vesela, a trouvé le moyen de mettre ces insectes riches en protéines et en fer au menu, les réduisant en farine pour en faire une poudre protéinée

JOHANNESBURG , Afrique du Sud : De dégoûtantes à délicieuses: une start-up sud-africaine ambitionne de changer la façon dont les chenilles nutritives, connues sous le nom de vers mopanes, sont perçues et consommées à travers le monde.

En Europe ou aux Etats-Unis, l'idée de manger vers ou insectes semble a priori peu ragoûtante.

Mais une ingénieure chimiste sud-africaine, Wendy Vesela, a trouvé le moyen de mettre ces insectes riches en protéines et en fer au menu, les réduisant en farine pour en faire une poudre protéinée.

Celle-ci est alors utilisée pour la préparation de biscuits, barres chocolatées, céréales ou encore smoothies. Cuites à la vapeur et coupées en tranches, les chenilles mopanes peuvent aussi être utilisées comme garniture pour pizza.

Alors que la consommation d'insectes et de vers conquiert de nouveaux terrains notamment en Occident, l'anthropologue alimentaire Anna Trapido met toutefois en garde contre la consommation de mopanes comme une «sorte d'aventure touristique où vous obtenez une médaille» pour avoir osé en manger.

«Les vers mopanes doivent être traités avec respect car ils véhiculent un bagage émotionnel et spirituel culinaire» venu d'Afrique australe, souligne la spécialiste.

Pour Wendy Vesela, originaire de la province du Limpopo (nord-est), ces chenilles font partie des aliments de base. Dans le parc national Kruger, proche de la ville où elle a grandi, elles sont considérées comme un mets délicat cuisiné en sauce avec des oignons et des tomates.

- Plus de fer qu'un steak -

L'entrepreneuse a séduit des clients dubitatifs avec ses biscuits et barres protéinées lors d'un récent salon de l'alimentation dans le quartier d'affaires de Sandton, à Johannesburg.

«Je ne mangerai pas un ver. Je suis désolée, c'est dégoûtant. Mais si vous me le donnez sous forme de chocolat... C'est vraiment délicieux», confiait Gail Odendaal, 38 ans, en repartant avec un stock de barres protéinées à base de chenilles.

Mme Vesela envisage désormais de se lancer dans l'élevage. Ces insectes n'ont besoin ni d'eau, ni de terre, juste un arbre, le mopane, qui pousse dans les régions chaudes et sèches d'Afrique australe et sur lequel les chenilles se nourrissent et se reproduisent.

Avec un élevage, Wendy Vesela pourrait avoir plusieurs récoltes par an. Pour l'instant, elle emploie des femmes dans les villages lorsque c'est la saison, en décembre et en avril. Les chenilles sont éviscérées, puis bouillies et séchées.

Les vers noirs et verts hérissés représentent «une source saine de protéines», assure Mme Vesela, appelant les consommateurs à «surmonter leurs peurs».

Egalement riches en lipides essentiels et en minéraux, elles sont une bien meilleure source de protéines que bien d'autres produits sur le marché, affirme la diététicienne Mpho Tshukudu: «elles contiennent plus de fer que le steak le plus cher».

Les mopanes «sont nettement plus riches en fer que n'importe quelles céréales pour petit-déjeuner prétendument enrichies en fer», confirme Mme Trapido.


En Allemagne, un village uni par la «Passion» depuis près de 400 ans

Des membres de l'ensemble se produisant lors d'une répétition au théâtre Passion Play d'Oberammergau, dans le sud de l'Allemagne. (archives, AFP)
Des membres de l'ensemble se produisant lors d'une répétition au théâtre Passion Play d'Oberammergau, dans le sud de l'Allemagne. (archives, AFP)
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  • Pendant la guerre de trente ans, les habitants promettent de jouer tous les dix ans le «Jeu de la Passion», qui raconte les dernières heures de Jésus, pour bannir la peste meurtrière
  • Sur une scène à ciel ouvert, à Oberammergau, de la mi-mai jusqu'au 2 octobre, la nouvelle édition du Jeu de la Passion

OBERAMMERGAU, Allemagne : En vagabondant dans les ruelles du village bavarois d'Oberammergau, il y a de bonne chances en ce moment de croiser «Jésus» et ses apôtres.

Sur les 5.500 habitants de cette bourgade alpine, 1.400 d'entre eux - bébé ou octogénaire - participent à un spectacle unique en son genre en hommage au Christ.

Tout a commencé pendant la guerre de trente ans: les habitants promettent de jouer tous les dix ans le «Jeu de la Passion», qui raconte les dernières heures de Jésus, pour bannir la peste meurtrière.

Après la première représentation en 1634 du martyre, de la mort et de la résurrection du Christ, le fléau disparut, raconte l'histoire.

Depuis, leurs descendants ont scrupuleusement renouvelé ce vœu, bravant les interdits du siècle des Lumières, les guerres ou les épidémies comme récemment la pandémie de Covid qui a reportée de deux ans le spectacle.

Pourquoi la tradition a-t-elle perduré au fil des siècles? «Je crois que nous sommes un peu obstinés», plaisante Frédéric Mayet, 42 ans, qui interprète Jésus pour la deuxième fois.

«Mais surtout nous nous identifions très fortement» au Jeu de la Passion, ajoute cet homme au regard bleu et aux cheveux blonds mi-longs.

«Je me souviens qu'on en parlait au jardin d'enfant. Sans bien savoir de quoi il s'agissait, je voulais bien sûr participer!», raconte Cengiz Görür, jeune homme d'origine turque de 22 ans qui incarne Judas.

- De 3 mois à 85 ans -

A Oberammergau, Jésus et ses disciples sont des superstars: on les voit sur les façades peintes des vieilles maisons, dans les magasins entreposant des statues en bois sculpté, une autre tradition de ce village de carte postale.

Dans la rue aussi, où l'on croise actuellement, au milieu des touristes, un nombre très supérieur à la moyenne d'hommes barbus aux cheveux longs.

Et sur la scène à ciel ouvert du théâtre, où se tient de la mi-mai jusqu'au 2 octobre la nouvelle édition du Jeu de la Passion.

Seules conditions pour participer au spectacle de 5 heures au total, comme acteur, choriste ou en coulisse: être né à Oberammergau ou y vivre depuis au moins 20 ans.

«Ce qui m'a toujours fasciné, ce sont la qualité des rapports entre tous les participants, jeunes et vieux, c'est une belle communauté, une sorte de famille de la +Passion+», témoigne Walter Lang, un «vétéran» de 83 ans, regrettant que son épouse, décédée en février, manque à l'appel.

Les générations s'y succèdent, des familles s'y créent. «Mes parents se sont rencontrés lors d'un Jeu de la Passion, et j'y ai aussi rencontré ma future épouse», témoigne Andreas Rödl, maire du village et choriste.

- «Talent caché» -

Des destins s'y jouent aussi. Comme celui de Cengiz Görür, repéré en 2016 par le metteur en scène Christian Stückl, directeur du théâtre populaire de Munich.

«Je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. J'aurais sans doute fini par vendre des voitures, l'histoire typique», s'amuse le jeune homme qui va cet automne, entamer des études d'arts dramatiques à Munich. «J'ai découvert mon talent caché», se réjouit-il.

Christian Stückl «a aussi fait beaucoup pour la renommée du spectacle, qu'il a révolutionné» depuis 40 ans, juge Barbara Schuster, 35 ans, responsable des ressources humaines, et sur scène Marie Madeleine.

«Avant, aller au Jeu de la Passion, c'était comme aller à la messe. Aujourd'hui, c'est un vrai spectacle théâtral», dit-elle.

Surtout, il a expurgé dans les années 1980 de toute connotation antisémite le texte qui accusait les Juifs d'être responsables de la crucifixion de Jésus. «Hitler avait utilisé le Jeu de la Passion pour sa propagande», rappelle-t-elle.

- Actualité brûlante -

La pièce parle à chacun, car elle véhicule un message d'actualité.

Jésus dit «la peur sévit sur Israël, les cris de guerre emplissent le pays, la pauvreté et la maladie s'emparent de vous (...)», déclame Frédérik Mayet.

«Pour nous, c'est la guerre en Ukraine, la pandémie, et les disparités grandissantes entre pauvres et riches», ajoute-t-il.

Par peur que la guerre se propage en Europe, des opérateurs aux Etats-Unis, principal marché du Jeu de la Pasion, ont annulé quelque 20.000 réservations peu après son déclenchement fin février, indique le maire.

Les recettes du spectacle, qui s'élèvent en moyenne entre 25 et 30 millions d'euros, pourraient en pâtir.

«Pour moi, le moment le plus fort a lieu à la fin de la dernière représentation en octobre, quand l'hallelujah est chanté» après la résurrection de Jésus, confie Walter Lang, qui figure cette année parmi les pauvres, dans le peuple.

«Car on ne sait pas si la prochain fois, on sera de nouveau là», dit-il, les yeux remplis de larmes.


En Uruguay, les dialyses deviennent plus légères au son du tango

Les bandonéonistes Abril Farolini, 22 ans, Ramiro Hernández, 35 ans, et la chanteuse Paola Larrama, 37 ans, se produisent dans la salle de dialyse du Centre Diaverum pour patients rénaux, dans le cadre du projet Hospital Tango, à Montevideo le 17 juin 2022. (AFP)
Les bandonéonistes Abril Farolini, 22 ans, Ramiro Hernández, 35 ans, et la chanteuse Paola Larrama, 37 ans, se produisent dans la salle de dialyse du Centre Diaverum pour patients rénaux, dans le cadre du projet Hospital Tango, à Montevideo le 17 juin 2022. (AFP)
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  • Les «bips» des appareillages disparaissent sous les soupirs de deux bandonéons, et les visages se transforment au fil des mélodies et pulsations rythmiques
  • Selon de multiples études scientifiques, écouter de la musique réduit l'anxiété, le stress et stabilise les paramètres vitaux

MONTEVIDEO, Uruguay : Quand Olga Diaz a appris que ses reins étaient défaillants, cette Uruguayenne active malgré ses 85 ans, s'est mise à déprimer. Mais écouter un mini-concert de tango pendant ses dialyses hebdomadaires à l'hôpital lui a redonné «l'appétit de vivre».

Il est neuf heures du matin et cette femme aux yeux doux est allongée dans un fauteuil d'un centre d'hémodialyse de Montevideo, entourée d'une vingtaine d'autres personnes, toutes reliées à des machines qui purifient leur sang.

Soudain, les «bips» des appareillages disparaissent sous les soupirs de deux bandonéons, et les visages se transforment au fil des mélodies et pulsations rythmiques.

«C'est plus que de la médecine», dit Olga Diaz, qui passe trois fois par semaine quatre heures interminables connectée à ce «rein artificiel» dans le centre de dialyse.

«J'étais tombée dans une routine. Je faisais des choses mais pas avec l'enthousiasme que j'avais toujours eu», dit-elle. «La musique a ramené la vie dans mon âme, m'a redonné l'appétit de vivre, la joie, l'enthousiasme, toutes ces choses qui s'estompaient».

D'autres patients chroniques conviennent que ces «mini-concerts» ont amélioré leur qualité de vie. Pour Rafael Gutiérrez, 46 ans, «le temps passe plus vite» en musique et être ici «sans bouger» devient «beaucoup plus supportable».

Et les effets bénéfiques de la musique perdure au-delà des quarante minutes de concert, assurent-ils.

- «S'évader» -

Selon de multiples études scientifiques, écouter de la musique réduit l'anxiété, le stress et stabilise les paramètres vitaux.

Elle agit également sur les zones du cerveau liées au plaisir, en produisant de la dopamine.

Son bénéfice thérapeutique a été «amplement démontré», affirme le néphrologue Gerardo Pérez, rappelant que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande «depuis des années» l'intégration de l'art et de la culture dans les parcours de santé.

La musique aide les patients «à s'évader de leur quotidien ancré dans la maladie, l'inquiétude, l'incertitude, la souffrance, sans savoir de quoi demain sera fait», affirme-t-il.

Lors des passages contraints à l'hôpital, les malades «passent beaucoup de temps seuls et souvent angoissés».

Cela fait vingt ans que Gerardo Pérez met sa virtuosité au bandonéon au service de ses patients sous dialyse. Son initiative, à l'origine personnelle, s'est structurée l'an passé pour devenir «Hôpital Tango».

D'autres bandonéonistes, chanteurs et guitaristes, se sont joints au projet pour l'étendre à l'ensemble de l'Uruguay qui partage avec l'Argentine la paternité de cette musique emblématique du Rio de la Plata.

Pour l'instant c'est du tango, «la musique que je sais jouer et qui est un patrimoine culturel mondial», mais cela pourrait être de la musique folklorique, tropicale ou même du théâtre, «toute forme d'expression artistique», dit le médecin.

- «Connexion» -

Ce jour-là, au centre de dialyse, les joueurs de bandonéon Abril Farolini, 22 ans, Ramiro Hernandez, 35 ans, et la chanteuse Paola Larrama, 37 ans, ont enfilé des blouses blanches et ajusté masques sanitaires face à leur auditoire du jour.

Pour Ramiro Hernandez, sa musique offre «bien plus qu'un soulagement» car elle «génère aussi de la joie et de la bonne humeur».

Paola Larrama juge l'expérience «très prenante» par la «volonté de connexion» des patients. «Ce n'est pas la même chose que d'aller jouer dans un endroit où les gens sont venus pour vous voir», estime-t-elle. «Nous faisons une proposition à des gens qui traversent une expérience de vie».

Les grands classiques du tango parmi lesquels «La cumparsita», «Volver» et «Libertango» s'égrènent, les lèvres murmurent les refrains, puis, au son du candombe, rythme de tambour typiquement afro-uruguayen, les infirmières improvisent quelques pas de danse au milieu des fauteuils et des sourires.