Ultradroite: onze interpellations autour du groupe «Vengeance patriote»

Depuis 2017, une dizaine de procédures en lien avec l'ultradroite ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. (Photo, AFP)
Depuis 2017, une dizaine de procédures en lien avec l'ultradroite ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Ultradroite: onze interpellations autour du groupe «Vengeance patriote»

Depuis 2017, une dizaine de procédures en lien avec l'ultradroite ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. (Photo, AFP)
  • Lucas S., né en 1995 et travaillant dans les réseaux informatiques, était suspecté d'avoir participé à l'animation d'«un site et de groupes avec des idéologies antisémites et complotistes»
  • Sur son site, le groupe «Vengeance patriote» se présente comme « une communauté de frères d'armes » qui «se prépare à l'effondrement», fait des «entraînements sportifs» et du «survivalisme»

PARIS: Onze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue mardi autour d'un groupe d'ultradroite appelé « Vengeance patriote » soupçonné de projets d'actions violentes, ont indiqué mercredi deux sources proches du dossier. 

Ces interpellations, révélées par le quotidien Le Parisien, ont été réalisées sur demande d'un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en décembre par le parquet antiterroriste (Pnat) notamment pour « association de malfaiteurs terroriste » (AMT) criminelle. 

L'enquête préliminaire avait été ouverte en avril 2021. 

Selon l'une des sources, les onze interpellations concernent des personnes âgées de 17 à 30 ans et ont été réalisées « principalement en région parisienne ». 

Lors des perquisitions ont été trouvées de la documentation et de « l'idéologie d'ultradroite » mais « pas d'armes », toujours selon cette source. 

Dans le cadre de l'information judiciaire, Lucas S., présenté par divers médias comme chef de « Vengeance patriote », avait été mis en examen en décembre pour « provocation par moyen de communication en ligne à un acte de terrorisme » ainsi que pour « apologie publique d'actes de terrorisme » et « détention non autorisée d'armes et de munitions de catégorie B en récidive ». 

Il avait été placé en détention provisoire. 

Une source proche du dossier avait indiqué que les enquêteurs n'avaient « établi aucun projet d'action violente à ce stade » et que Lucas S. n'avait donc pas été mis en examen vendredi pour cette AMT criminelle. 

Une femme avait aussi été interpellée mais elle avait été remise en liberté sans poursuites. 

Lucas S., né en 1995 et travaillant dans les réseaux informatiques, était suspecté d'avoir participé à l'animation d'« un site et de groupes avec des idéologies antisémites et complotistes » ainsi que d'« avoir mis à disposition des ouvrages d'ultra-droite », selon plusieurs sources. 

Sur son site, le groupe « Vengeance patriote » se présente comme « une communauté de frères d'armes » qui « se prépare à l'effondrement », fait des « entraînements sportifs » et du « survivalisme ». 

Selon le site d'informations Streetpress, ses membres s'échangent « des saillies racistes » quotidiennes et « certains de ses habitués ne cachent même pas leur passion pour le fascisme ».  

Depuis 2017, une dizaine de procédures en lien avec l'ultradroite ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. Une menace « prise très au sérieux » et qui « monte en puissance », selon un magistrat antiterroriste parisien. 


France: Le nouveau gouvernement en passe d'être dévoilé

La Première ministre française Elisabeth Borne visite l'hôpital René-Dubos à Pontoise, au nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne visite l'hôpital René-Dubos à Pontoise, au nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Aucune date n'a été officiellement annoncée
  • D'autres ministres pourraient également quitter le navire plus tôt que prévu

PARIS: Plus de deux mois après la réélection d'Emmanuel Macron, la composition du nouveau gouvernement français est en passe d'être dévoilée dans un contexte de forte pression pour l'exécutif, privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Aucune date n'a été officiellement annoncée mais la cheffe de file du parti présidentiel LREM à l'Assemblée nationale Aurore Bergé a déclaré dimanche s'attendre à un remaniement "dans les prochaines heures".

La nouvelle équipe du président centriste libéral sera scrutée de près à deux jours du discours général de la Première ministre Elisabeth Borne devant le Parlement et contre laquelle la coalition de gauche Nupes n'a pas exclu de voter une "motion de censure".

Si les noms des potentiels futurs entrants au sein du "gouvernement d'action" promis par le chef de l'Etat ont fait l'objet de nombreuses rumeurs ces derniers jours, ceux des sortants sont, pour une partie d'entre eux du moins, officiellement connus.

Conformément à une règle tacite en vigueur depuis plusieurs quinquennats, les ministres battus lors des élections législatives doivent en effet quitter le gouvernement. C'est le cas d'Amélie de Montchalin (Transition écologique), de Brigitte Bourguignon (Santé) et de Justine Bénin (Mer).

Le portefeuille de Yaël Braun-Pivet (Outre-mer), élue la semaine dernière à la présidence de l'Assemblée nationale, est lui aussi vacant.

D'autres ministres pourraient également quitter le navire plus tôt que prévu, à l'image de Damien Abad (Solidarités, Autonomie et Personnes handicapées) visé par une enquête ouverte pour tentative de viol.

Même incertitude concernant Chrysoula Zacharopoulou, la secrétaire d'État chargée du Développement visée par deux plaintes pour viols qui auraient été commis dans le cadre de sa profession de gynécologue.

Ils contestent tous les deux ces accusations.

Le gouvernement d'Elisabeth Borne, qui compte actuellement 17 ministres, six ministres délégués et quatre secrétaires d'Etat, pourrait par ailleurs s'étoffer de nouveaux portefeuilles (Logement, Transports....) qui n'avaient pas encore été pourvus.

Pouvoir d'achat 

Ce remaniement survient dans un contexte délicat pour Emmanuel Macron, réélu le 24 avril face à l'extrême-droite pour un second quinquennat mais privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des législatives des 12 et 19 juin.

Le chef de l'Etat, qui avait fait passer ses réformes en grande majorité sans peine lors de son premier quinquennat, va cette fois-ci devoir nouer des alliances au cas par cas pour tenter de faire passer ses textes phares.

Dans ce contexte, la nouvelle équipe gouvernementale pourrait compter dans ses rangs de nouvelles prises à droite et à gauche.

Tout en écartant l'entrée du Rassemblement national (RN, extrême droite) et de La France insoumise (gauche radicale), le chef de l'Etat a en effet ouvert la porte, lors d'un entretien à l'AFP le 25 juin, à l'entrée d'alliés de droite comme de gauche, "qui s'engageraient dans la durée au côté de la majorité présidentielle".

Emmanuel Macron a également à cette occasion indiqué que le projet présidentiel, tout comme celui de la majorité présidentielle, pourrait "être amendé ou enrichi", à condition toutefois que les modifications n'entraînent pas une hausse des impôts ou de la dette.

Le discours de politique générale d'Elisabeth Borne mercredi devant le Parlement devrait donner des indications sur les orientations que l'exécutif entend prendre dans les prochains mois.

La Première ministre n'a pas encore tranché la question d'un vote de confiance sur sa déclaration, réclamé par les oppositions mais risqué sans majorité absolue.

Le premier texte examiné par l'Assemblée sera, à compter du 11 juillet, le projet de loi sanitaire permettant le maintien de "mesures de freinage" à l'heure où la France est confrontée à une augmentation des cas de Covid-19.

Le projet de loi sur le pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des Français, sera lui examiné à partir du 18 juillet. Signe du bras de fer à venir, le parti Les Républicains (LR, droite) a d'ores et déjà fait monter la pression en conditionnant dimanche son possible vote au respect de certaines lignes rouges.


Pouvoir d'achat: LR fixe trois priorités et des «lignes rouges»

Olivier Marleix, député et nouveau président du groupe parlementaire Les Républicains (LR) (Photo, AFP).
Olivier Marleix, député et nouveau président du groupe parlementaire Les Républicains (LR) (Photo, AFP).
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  • Le patron du groupe LR Olivier Marleix a écrit dimanche à la Première ministre Elisabeth Borne
  • Les députés LR demandent «des mesures de financement»

PARIS: Carburant à 1,50 euro le litre, revalorisation du travail, baisse de la CSG pour les retraités... Les députés LR ont arrêté trois priorités pour le projet de loi pouvoir d'achat et fixé leurs "lignes rouges", en faisant la "condition" pour envisager de voter le texte.

Le patron du groupe LR Olivier Marleix a écrit dimanche à la Première ministre Elisabeth Borne pour énumérer les mesures "que son groupe souhaite impérativement voir adoptées", avec "trois priorités principales", selon un communiqué.

Il faut d'abord un "objectif d’une baisse du prix du carburant à 1,5 euro par litre", car "la première des urgences serait de baisser fortement les taxes sur les carburants", assure M. Marleix dans le courrier que l'AFP a pu consulter.

Il plaide ensuite pour "la revalorisation du travail et pas uniquement des minima sociaux", afin que le travail "rapporte toujours plus que l'assistanat", et déplore "cette règle qui consiste à taxer toujours plus et à compenser ce matraquage fiscal en faisant l’aumône d’un chèque".

"Nous allons donc défendre une baisse des charges pour augmenter le salaire net" pour les salariés et les indépendants, promet M. Marleix qui déplore que les classes moyennes soient "les grandes oubliées" du projet de loi.

Enfin, il demande une "annulation de la hausse de la CSG sur tous les retraités".

Les députés LR demandent également "des mesures de financement", notamment par la lutte contre la fraude sociale et fiscale, et la lutte contre la bureaucratie.

"Guidés par notre esprit de responsabilité, nous proposerons des mesures d'économie pour compenser le coût de ces mesures sans augmenter encore davantage notre dette", promet M. Marleix.

"Si, comme vous nous l'avez indiqué, votre gouvernement semble ouvert au dialogue (...) alors il doit amender et enrichir son projet de loi pour porter avec nous ces mesures indispensables", affirme-t-il en l'assurant: "c'est la condition pour que les députés Les Républicains puissent envisager l'adoption de ce projet de loi".

Outre ces trois priorités, les LR comptent porter d'autres mesures "essentielles": déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé, protection du pouvoir d'achat des familles, accès au logement des jeunes et enfin révision du mode de calcul du prix de l'électricité, précise le courrier.


Ceinture verte ou opportunité foncière? A Paris, l'avenir du périphérique en débat

Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes. (AFP)
Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes. (AFP)
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  • Bientôt 50 ans - en 2023 - et toujours aussi important: l'anneau de 35 km qui encercle la capitale reste un axe de déplacement essentiel pour les Franciliens
  • Et aussi un vecteur de pollution de l'air, avec des seuils jusqu'à six fois supérieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et de bruit

PARIS: Anne Hidalgo veut faire du périphérique parisien, au menu d'un débat mardi au Conseil de Paris, une "ceinture verte" de la capitale. Mais la volonté de la maire de la capitale suscite des critiques, y compris au sein de sa majorité de gauche.

Bientôt 50 ans - en 2023 - et toujours aussi important: l'anneau de 35 km qui encercle la capitale reste un axe de déplacement essentiel pour les Franciliens, avec plus d'un million de déplacements par jour.

Et aussi un vecteur de pollution de l'air, avec des seuils jusqu'à six fois supérieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et de bruit, rappelle la maire socialiste de la capitale, qui veut en faire à l'horizon 2030 un "boulevard urbain".

Cette transformation passe par l'uniformisation de l'axe à deux fois trois voies, dont une réservée aux bus, taxis et covoiturage, la plantation de 50 000 arbres et le réaménagement des portes pour gommer son aspect de frontière entre Paris et sa banlieue.

La suppression d'une voie suscite l'opposition de la présidente de droite de la région, Valérie Pécresse, et la froide réserve du préfet de police, Didier Lallement, qui a rappelé en mai que la maire ne pouvait se passer de l'accord de l'Etat sur ce dossier.

Par la voix de Nicolas Jeanneté, l'opposition de droite demande à la municipalité de mettre en place un "schéma global de mobilité pour Paris et l'Ile-de-France au lieu d'empiler des plans qui ne se coordonnent pas".

«Cohérence» à gauche 

L'opposante Maud Gatel (MoDem) propose elle la fermeture de certaines bretelles d'accès pour réduire l'effet de congestion. Quant aux alliés communistes, ils réclament des solutions alternatives de transport, comme une ligne de métro circulaire ou la relance de la petite ceinture ferroviaire pour le fret.

Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes.

Ils réclament l'abaissement de la vitesse maximale de 70 à 50 km/h - une promesse de campagne de la gauche en 2020, rappellent-ils - et un moratoire sur les constructions situées à moins de 150 m du périphérique.

Ces dernières années, "le travail des associations a démontré la disparition alarmante des espaces verts qui jouxtent le périphérique au profit de constructions, le plus souvent de bureaux", décochent-ils dans un texte.

Outre le besoin de vert, "il ne faut pas recréer une nouvelle frontière avec des nouveaux bureaux, comme on est en train de les créer porte de Montreuil et de Vincennes", dit à l'AFP l'élu EELV Emile Meunier, qui veut "arrêter d'exposer les salariés à la pollution".

Porte Maillot, Bruneseau, Bercy-Charenton: les écologistes se sont "régulièrement opposés aux projets de construction aux abords du périphérique", rappelle sa collègue Aminata Niakaté, pour qui "il faut de la cohérence entre ce qu'on dit et ce qu'on fait".

Ces fissures au sein de la majorité sont une aubaine pour l'opposition. "Les abords du périph' sont vus comme une manne financière" par l'exécutif de gauche, fustige Valérie Montandon (LR). Un constat partagé par Danielle Simonnet (LFI), qui cible "l'hypocrisie mensongère" d'Anne Hidalgo.

Des projets révisés 

Pour Nicolas Jeanneté (Les Centristes), l'abattage de plus de 70 arbres porte de Montreuil, où plusieurs immeubles de bureaux doivent sortir de terre, met ainsi à mal la "volonté illusoire de faire du périph' une ceinture verte".

L'héritage des années Missika, l'ancien adjoint à l'urbanisme à l'origine de projets aujourd'hui contestés, est lourd à porter pour son successeur Emmanuel Grégoire.

Vendredi, il a défendu sur Twitter le bilan "vert" des socialistes: parcs créés sur le périphérique recouvert porte des Lilas et de Vanves, friche ferroviaire convertie en éco-quartier avec un grand parc à Clichy-Batignolles.

Mettant en avant la remise à plat de Bercy-Charenton, le premier adjoint promet "50% de végétalisation dans les futures opérations d'aménagement" et "plus de 50% de logements sociaux" dans la réhabilitation des quartiers populaires en bordure de l'axe.

Gêné par l'annulation du permis de construire pour l'immeuble-pont dit "Mille arbres", que le tribunal administratif a jugé "susceptible de porter atteinte à la santé publique", M. Grégoire promet que "l'intégralité des projets urbains a été révisée" pour coller au futur plan local d'urbanisme.

Ce PLU doit aboutir en 2023 avec, promet-il, un "très haut niveau d'exigence sur le plan environnemental".