Nouveau retard et un coût qui flambe pour les réacteurs EPR d'EDF en Angleterre

Un ouvrier se tient sur le chantier de construction du réacteur nucléaire à Flamanville, le 16 novembre 2016 (Photo, AFP).
Un ouvrier se tient sur le chantier de construction du réacteur nucléaire à Flamanville, le 16 novembre 2016 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Nouveau retard et un coût qui flambe pour les réacteurs EPR d'EDF en Angleterre

  • EDF estime désormais le coût du projet entre 25 et 26 milliards de livres sterling de 2015, contre 18 milliards en 2016
  • L'ambition outre-Manche est de maintenir à 20% la part du nucléaire dans le bouquet énergétique afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050

PARIS: Le groupe d'énergie français EDF a annoncé jeudi que le chantier de construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR) à Hinkley Point en Angleterre accuserait un nouveau retard d'un an et des coûts supplémentaires d'au moins 3 milliards de livres.

"Le démarrage de la production d'électricité de l'unité 1 est désormais prévu en juin 2027. Le risque de report de la livraison des deux unités est évalué à 15 mois, en supposant l'absence de nouvelle pandémie et d'effet additionnel de la guerre en Ukraine", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Initialement, le démarrage était prévu pour fin 2025, et il avait déjà été repoussé, l'an dernier, à juin 2026. La centrale se situe dans le Somerset (sud-ouest de l'Angleterre).

EDF estime désormais le coût du projet "entre 25 et 26 milliards de livres sterling" de 2015, contre 18 milliards en 2016, lors du feu vert du gouvernement britannique et du début du chantier.

Le retard est mis sur le compte des deux ans de pandémie: "les personnes, les ressources et la chaîne d'approvisionnement ont été mises à rude épreuve et leur efficacité a été limitée. De plus, le volume d'études et de travaux de génie civil, et le coût de ces travaux et en particulier des ouvrages maritimes, ont augmenté", explique le groupe.

Le prochain jalon sera la pose du dôme sur l'unité 1 de la centrale, au deuxième trimestre 2023, contre fin 2022 précédemment.

Le projet, controversé à l'origine et contesté par les syndicats français pour son coût, avait déjà été réévalué entre 22 et 23 milliards de livres. 

Il n'a pas échappé pas aux déboires subis par d'autres EPR.

Partenaire chinois

L'EPR (European Pressurized Reactor) est un modèle de réacteur nucléaire plus puissant et conçu pour être plus sûr que les générations précédentes. Trois sont terminés, en Finlande et en Chine, et trois sont en construction, un en France et deux à Hinkley Point.

Mais le réacteur finlandais (Olkiluoto-3) a démarré en mars avec 12 années de retard, et sur les deux EPR chinois mis en service en 2018 et 2019, l'un est à l'arrêt depuis juillet 2021 pour des problèmes techniques.

Quant au réacteur français, à Flamanville,  les retards cumulés atteignent 11 ans pour un chargement du combustible désormais prévu au 2e trimestre 2023, et le coût est monté à 12,7 milliards d'euros selon l'estimation d'EDF au 12 janvier 2022. En 2006, ce réacteur très puissant de 1.650 MW était annoncé à 3,3 milliards d'euros.

EDF cumule les mauvaises nouvelles depuis le début de l'année. Le groupe a dû être recapitalisé en avril, et son bénéfice va plonger cette année en large partie car l'Etat français lui a demandé de vendre plus d'électricité à des prix bas -- un dossier sur lequel le PDG s'oppose publiquement au gouvernement. 

Outre les retards des EPR français et anglais, le groupe doit aussi résoudre un problème de corrosion de conduites qui l'a forcé à arrêter 12 de ses 56 réacteurs français. Au total, plus de la moitié des réacteurs de France sont aujourd'hui à l'arrêt pour maintenance.

Hinkley Point C est la seule centrale nucléaire en cours de construction au Royaume-Uni. EDF exerce la maîtrise d'ouvrage, tandis que son partenaire chinois CGN détient un tiers du projet. Elle jouxte la centrale nucléaire Hinkley Point B, mise en service en 1976 et qu'EDF a prévu de mettre à l'arrêt d'ici à juillet 2022.

L'ambition outre-Manche est de maintenir à 20% la part du nucléaire dans le bouquet énergétique afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050 - alors qu'il y a actuellement 15 réacteurs au Royaume-Uni sur 8 sites. Londres veut produire 95% d'électricité bas carbone d'ici à 2030.

En France, la technologie EPR reste au coeur de la stratégie énergétique. Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de relancer un programme nucléaire avec six réacteurs de nouvelle génération EPR2, vantant notamment l'avantage climatique de l'électricité ainsi produite.

Ce chantier au long cours n'aboutira pas durant le quinquennat. La première mise en service n'est pas attendue avant 2035 ou 2037. Mais l'enjeu financier est immédiat et considérable, avec un coût estimé à plus de 50 milliards d'euros pour six réacteurs. 


Le pétrole pourrait chuter à 65 dollars d'ici à fin 2022 en cas de récession, selon Citigroup

Le pétrole brut pourrait chuter à 65 dollars le baril d'ici la fin de cette année et sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023. (Shutterstock)
Le pétrole brut pourrait chuter à 65 dollars le baril d'ici la fin de cette année et sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023. (Shutterstock)
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  • Le pétrole brut pourrait même atteindre 45 dollars le baril en 2023 en cas de récession
  • L'avertissement de Citigroup est en contradiction avec une prévision récente de JPMorgan

RIYAD: Le pétrole brut pourrait tomber à 65 dollars (1 dollar = 0,97 euros) le baril d'ici à la fin de cette année et pourrait sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023, si la récession frappe, prévient Citigroup, a rapporté Bloomberg.

Les analystes de Citigroup, notamment Francesco Martoccia et Ed Morse, ont signalé dans un rapport que ce scénario pourrait se produire en l'absence de toute intervention des producteurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés, connus sous le nom «d'Opep+», et d'une baisse des investissements pétroliers.

Cette prévision a été communiquée après comparaison du marché actuel de l'énergie avec les crises des années 1970.

«Pour le pétrole, les preuves historiques indiquent que la demande de pétrole ne devient négative que dans les pires récessions mondiales, étant donné que ses prix chutent dans toutes les récessions à peu près au coût marginal», ont affirmé les analystes dans ce rapport.

L'avertissement de Citigroup est en contradiction avec une prévision récente de JPMorgan.

Les analystes de l'institution, dont Natasha Kaneva, ont averti que les prix mondiaux du pétrole atteindraient 380 dollars le baril si les sanctions américaines et européennes contraignaient la Russie à infliger des réductions de production de brut en guise de représailles.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Wall Street ouvre en baisse, la récession toujours dans les têtes

Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York (Photo, AFP).
Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York (Photo, AFP).
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  • La Bourse de New York a ouvert en baisse mardi, entraînée par les places européennes
  • L'Europe digérait ainsi une série de mauvais indicateurs, notamment l'indice d'activité PMI en zone euro, tombé à 52,0 en juin contre 54,8 en mai

NEW YORK: La Bourse de New York a ouvert en baisse mardi, entraînée par les places européennes, alors qu'un fort parfum de récession, attendue dans les trimestres à venir, pèse sur les marchés depuis plusieurs semaines.

Vers 14H15 GMT, le Dow Jones reculait de 1,77%, l'indice Nasdaq de 1,00%, et l'indice élargi S&P 500 de 1,66%.

Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York, qui semblait jusque-là partie pour ouvrir dans le vert.

L'Europe digérait ainsi une série de mauvais indicateurs, notamment l'indice d'activité PMI en zone euro, tombé à 52,0 en juin contre 54,8 en mai.

Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, le raidissement des marchés européens s'expliquait aussi par les prix toujours élevés de l'énergie. Le prix du gaz européen bondissait notamment de plus de 4% et retrouvait ses niveaux du début de l'invasion de l'Ukraine.

"Le marché se concentre clairement sur le moindre signe de faiblesse" de l'économie, a commenté Karl Haeling, de LBBW, qui citait également le rapport de la Banque d'Angleterre (BoE) sur la stabilité financière.

La BoE a ainsi indiqué que les perspectives économiques s'étaient "considérablement détérioré".

"Les esprits sont préoccupés par des craintes d'une récession", a insisté Karl Haeling.

Le petit élan de la fin de la séance de vendredi, dans lequel certains voyaient la promesse d'une nouvelle phase, aura fait long feu.

Dans ce contexte d'incertitude anormalement élevée, "un jour, le marché va voir un côté de la pièce, et le lendemain, l'autre côté", selon Karl Haeling. "Et aujourd'hui, c'est le côté récession."

Pour échapper au gros temps sur les marchés actions, les investisseurs se réfugiaient dans les obligations.

Le rendement des emprunts d'Etat à 10 ans reculait, à 2,81%, contre 2,88% vendredi.

A mesure que les déceptions s'accumulent au fil des indicateurs macroéconomiques, les opérateurs revoient leurs anticipations en matière de politique monétaire.

Si une hausse de 0,75 point de pourcentage lors de la prochaine réunion de la banque centrale américaine (Fed), fin juillet, semble toujours acquise, le scénario central est désormais celui d'une baisse de taux en 2023, qui serait la conséquence d'une forte décélération de la croissance et de l'inflation.

A la cote, le vent mauvais n'épargnait quasiment personne, toutes les valeurs du Dow Jones évoluant en repli, à l'exception de Nike (+1,17% à 102,35 dollars), qui rebondissait après sa chute de la semaine dernière due à des résultats décevants.

La perspective d'un ralentissement de la hausse de taux et d'une conjoncture économique dégradée, synonyme d'une montée des impayés et d'une moindre demande de crédit, mettait le secteur financier sous pression.

Bank of America (-2,71%), JPMorgan Chase (-2,58%), Goldman Sachs (-2,53%) ou American Express étaient particulièrement visés (-2,45%).

La glissade des prix de l'or noir affectait les pétrolières, de Chevron (-2,65%) à ExxonMobil (-2,51%).

La baisse des taux obligataires bénéficiait, comme souvent, à certaines valeurs technologiques et de croissance. AMD (-0,46%), Apple (-0,17%) ou le spécialiste des cartes graphiques Nvidia (-0,45%) limitaient ainsi leurs pertes, tandis qu'Amazon était même en petite hausse (+0,33%).

Le moindre appétit des consommateurs pour l'électro-ménager et les produits de technologie se répercutait sur Apple, Dell et Whirlpool.

Avec le plongeon des cours des matières premières, avec notamment le minerai de fer proche de son plus bas de l'année, l'aciériste US Steel (-5,05%) et les minières Freeport McMoRan (-7,69%) ou Cleveland-Cliffs (-5,33%) faisaient grise mine.


Un pirate dit avoir volé les données d'un milliard de Chinois

L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population (Photo, AFP).
L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population (Photo, AFP).
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  • La sensibilisation croissante du grand public a conduit ces dernières années les législateurs à renforcer les lois sur la protection des données des particuliers et des entreprises
  • Les citoyens n'ont toutefois que peu de moyens d'empêcher l'État de collecter leurs informations personnelles

PEKIN: Un pirate informatique, qui affirme avoir subtilisé les données personnelles d'un milliard de Chinois, propose désormais ces informations à la vente sur internet.

Si elle est confirmée, cette fuite de données serait l'une des plus importantes de l'histoire.

Un échantillon composé de 750 000 entrées, mis en ligne par le pirate, contient les noms, numéros de téléphone portable, numéros d'identité, adresses et dates de naissance des personnes concernées.

L'AFP et des experts en cybersécurité ont pu vérifier l'authenticité de certaines des données contenues dans cet extrait. Mais l'ampleur réelle de la fuite de données reste à confirmer.

Promue sur un forum internet à la fin juin mais repérée seulement cette semaine par des spécialistes en sécurité informatique, la base de données est vendue pour 10 bitcoins (soit plus de 190 000 euros).

"Cela semble provenir de sources multiples. Certaines viennent de systèmes de reconnaissance faciale, d'autres semblent être des données collectées lors d'un recensement", indique à l'AFP Robert Potter, cofondateur de la société de cybersécurité Internet 2.0.

Mais "il n'y a pas de vérification quant au nombre total d'entrées et je suis sceptique par rapport au chiffre d'un milliard de citoyens", souligne-t-il.

L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population.

La sensibilisation croissante du grand public a conduit ces dernières années les législateurs à renforcer les lois sur la protection des données des particuliers et des entreprises.

Les citoyens n'ont toutefois que peu de moyens d'empêcher l'État de collecter leurs informations personnelles.

Certaines des données divulguées par le pirate semblent provenir d'historiques d'entreprises de livraison express, très développées en Chine.

D'autres entrées contiennent des résumés d'incidents (accident de la circulation, vols, violences conjugales, viols, etc.) signalés à la police de Shanghai.

Quatre personnes sur les 12 contactées par l'AFP ont confirmé l'exactitude des informations contenues dans la base de données publiée, comme leurs noms et leurs adresses.

"Je ne comprends vraiment pas pourquoi mes données personnelles ont fuité", a déclaré l'une de ces personnes, une femme dont le nom de famille est Liu.

Certains internautes ont émis l'hypothèse que les données ont pu être piratées depuis un serveur de la société informatique chinoise Alibaba Cloud. Robert Potter, l'expert en cybersécurité, dit en être convaincu.

Contactés, Alibaba Cloud et l'Administration nationale de la cybersécurité n'ont pas répondu à une demande de commentaire de l'AFP.