Le Forum économique mondial revient à Davos, avec l'Ukraine dans toutes les têtes

Les élites politiques et économiques mondiales font leur retour la semaine prochaine à Davos (Photo, AFP).
Les élites politiques et économiques mondiales font leur retour la semaine prochaine à Davos (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Le Forum économique mondial revient à Davos, avec l'Ukraine dans toutes les têtes

  • Quelques 2 500 participants sont encore annoncés cette année, dont nombre de chefs d'entreprises et plus de 50 chefs d'Etats et de gouvernements
  • L'affiche compte notamment le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani ou l'émissaire américain pour le climat John Kerry, mais pas de grande star comme un président chinois ou américain

PARIS: Après deux années de pause pour cause de pandémie, les élites politiques et économiques mondiales font leur retour la semaine prochaine à Davos, pour une réunion qui sera largement dominée par la guerre en Ukraine.

La dernière réunion en présentiel du Forum économique mondial (WEF) dans la station de ski suisse remonte à janvier 2020. On commençait à s'y inquiéter d'une mystérieuse maladie apparue en Chine, mais en se passionnant davantage pour les passes d'armes entre le président américain Donald Trump et la militante pour le climat Greta Thunberg.

Depuis, l'épidémie de Covid-19 s'est répandue à travers toute la planète, secouant l'économie mondiale. Trump a échoué à se faire réélire face à Joe Biden. La chaîne logistique mondiale s'enraye, l'inflation s'emballe. Et la Russie a envahi l'Ukraine.

Une résurgence de la pandémie a empêché l'édition 2022, intitulée "L'histoire à un tournant décisif", de se tenir comme d'habitude sous la neige en janvier. Mais elle est pour le fondateur du WEF, Klaus Schwab, celle "qui arrive au moment le plus opportun et la plus importante" depuis la création du forum, il y a plus de 50 ans. 

"L'agression de la Russie (...) sera vue dans les livres d'histoire comme l'effondrement de l'ordre né après la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide", a-t-il estimé lors d'un briefing cette semaine, assurant que Davos ferait tout son possible pour soutenir l'Ukraine et sa reconstruction.

Le président ukrainien Volodomyr Zelensky sera lundi le premier chef d'Etat à faire un discours, en visio. Nombre de responsables politiques ukrainiens feront le voyage en personne.

On ne verra pas en revanche les habituels contingents de participants russes.

Exclure les Russes était "la bonne décision", selon le président du WEF, Borge Brende. "Nous espérons néanmoins que la Russie prendra un autre chemin (...) dans les années à venir, pour respecter la charte de l'ONU et ses obligations internationales."

«Diplomatie discrète»

Si l'ombre de la guerre en Ukraine va planer sur toute la réunion, le programme annonce aussi des débats sur des sujets allant du changement climatique à la flambée des prix de l'énergie et des craintes de crise alimentaire mondiale, en passant par les inégalités entre les sexes, le football ou le métavers.

Mais Davos est surtout réputé pour les discussions qui s'y organisent en marge du programme officiel. Avec de grands moments, comme les premières rencontres ministérielles entre les deux Corées en 1989, ou des discussions entre Frederik De Klerk, le président de l'Afrique du Sud de l'apartheid, et le dissident d'alors Nelson Mandela.

"La diplomatie discrète que (...) permet le forum est l'une des choses qui est vraiment au coeur du forum, et que Klaus Schwab considère comme son plus grand accomplissement", indique à l'AFP Adrienne Sorbom, professeure de sociologie à l'université de Stokholm et coautrice d'un livre sur le forum. 

Quelques 2 500 participants sont encore annoncés cette année, dont nombre de chefs d'entreprises et plus de 50 chefs d'Etats et de gouvernements. L'affiche compte notamment le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani ou l'émissaire américain pour le climat John Kerry, mais pas de grande star comme un président chinois ou américain.

"C'est un peu une déception", reconnaît Mme Sorbom.

Elle raconte que lors de sa venue à Davos en 2014, "les dirigeants économiques disaient: +si vous n'êtes pas là, vous n'existez pas+ (...) Tous ceux qui veulent être quelqu'un y vont".

Aujourd'hui encore, si la pertinence du forum est souvent remise en question, il continue d'attirer les poids lourds de l'économie et les dirigeants politiques, de même que ceux qui le critiquent le plus.

"A ce Davos, à ce festival de la richesse, je pense qu'on va voir à quel point notre monde est devenu inégal", estime Nabil Ahmed, un responsable de l'ONG Oxfam, qui milite pour taxer davantage les riches et fait partie des habitués de Davos.

"C'est important d'aller à Davos pour remettre le pouvoir en cause, pour mettre en avant les faits, pour parler directement à ces gouvernements et ces entreprises, et amplifier les voix qu'ils n'écoutent pas", explique-t-il.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.