Le Forum économique mondial reporté à l'été se tiendra bien à Davos

Dans cette photo d'archive prise le 23 janvier 2020, les participants vérifient leurs messages sur des appareils électroniques lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos. (AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 23 janvier 2020, les participants vérifient leurs messages sur des appareils électroniques lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos. (AFP)
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Publié le Mercredi 22 décembre 2021

Le Forum économique mondial reporté à l'été se tiendra bien à Davos

  • La réunion, prévue en janvier à Davos, une station huppée des Alpes suisses où le forum a ses habitudes depuis sa création, était reportée au début de l'été à cause de la propagation foudroyante du variant Omicron
  • Le Forum de Davos était longtemps considéré comme l'ultime lieu de rencontre entre milieux d'affaires et responsables politiques ou de la société civile

GENÈVE : L'édition 2022 du Forum économique mondial (WEF), reportée au début de l'été pour cause de variant Omicron, se tiendra à Davos, assure mercredi le fondateur du WEF Klaus Schwab dans une interview au quotidien Blick.

Lundi, le WEF a annoncé que la réunion, prévue en janvier à Davos, une station huppée des Alpes suisse où le forum a ses habitudes depuis sa création, était reportée au début de l'été à cause de la propagation foudroyante du variant Omicron.

Interrogé par blick.ch pour savoir si la destination de Singapour allait à nouveau être envisagée, comme elle l'avait été pour l'édition 2021 du Forum finalement annulée, M. Schwab a été catégorique: "Non, il aura lieu à Davos".

L'an passé, le WEF avait d'abord été reporté de janvier au début de l'été et devait se tenir au Bürgenstock, non loin de Lucerne dans le nord-est de la Suisse. Il avait ensuite été reporté à août à Singapour, avant d'être tout simplement annulé.

Si les mesures sanitaires du WEF étaient adaptées au variant Delta, jusqu'à présent dominant dans le pays alpin, elles ne suffisaient pas pour Omicron qui prend rapidement sa place, explique M. Schwab.

"De plus, le taux d’infection en Suisse est actuellement l’un des plus élevés au monde, ce qui n’inspire pas vraiment confiance. De nombreux pays, comme les États-Unis, déconseillent en ce moment à leurs citoyens de voyager en Suisse", affirme t-il.

M. Schwab précise aussi que le WEF a fait "des réserves par le passé pour faire face à de tels cas particuliers" d'un point de vue financier.

Quand à l'impact sur le secteur de l'hôtellerie-restauration à Davos même, le fondateur du Forum souligne qu'"il ne s’agit pas d’une annulation, mais d’un report, il y a donc toujours une chance de réaliser un bon chiffre d’affaires". Et il refuse de donner des détails sur les contrats avec les fournisseurs.

Le Forum de Davos était longtemps considéré comme l'ultime lieu de rencontre entre milieux d'affaires et responsables politiques ou de la société civile. Les présidents et chefs de gouvernement s'y bousculaient et s'y mêlaient aux grands patrons de toute la planète ainsi qu'à de nombreuses stars.


La confiance dans la Russie est perdue pour «des générations» selon la Première ministre finlandaise

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la première ministre finlandaise Sanna Marin posant pour une photo avant leurs entretiens à Kiev (Photo, AFP).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la première ministre finlandaise Sanna Marin posant pour une photo avant leurs entretiens à Kiev (Photo, AFP).
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  • La Suède et la Finlande ont jugé nécessaire de se placer à l'abri du parapluie de l'Otan face à la Russie
  • Les deux pays tournent ainsi la page de décennies de neutralité puis de non-alignement militaire

KIEV: Après l'invasion de l'Ukraine, la confiance dans la Russie est "perdue pour des générations", a déclaré jeudi à Kiev la Première ministre finlandaise Sanna Marin, dont le pays vient de soumettre sa demande d'adhésion à l'Otan. 

"Ce que la Russie a fait est un tournant pour toute la famille européenne et pour le monde entier. Nous voyons que l'ancien système est détruit et qu'il n'y a pas de retour en arrière aux anciennes relations", a déclaré Mme Marin au cours d'un point de presse avec le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal. 

"La confiance est perdue pour des générations", a-t-elle ajouté.

Sanna Marin s'est également entretenue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et s'est rendue à Boutcha et Irpin, villes près de Kiev occupées puis abandonnées par l'armée russe, devenues symboles de massacres de civils imputés aux troupes russes. 

"Nous savons maintenant de quoi la Russie est capable dans ses actions agressives. Nous voyons maintenant quels crimes provoque l'impérialisme. Et nous voyons qu'aucun crime ne doit resté impuni", a-t-elle souligné. 

"Il est important que l'Union européenne soit unie, audacieuse et déterminée face à l'invasion russe", a déclaré la Première ministre citée dans un communiqué du gouvernement finlandais en ajoutant qu'il était "important de prendre des mesures concrètes" pour aider l'Ukraine à devenir membre de l'Union européenne. 

Après un bond spectaculaire en faveur de l'adhésion dans l'opinion publique, la Suède et la Finlande ont jugé nécessaire de se placer à l'abri du parapluie de l'Otan face à une Russie capable d'envahir militairement un de ses voisins.

Les deux pays tournent ainsi la page de décennies de neutralité puis de non-alignement militaire.


Ukraine: violents combats dans le Donbass, Zelensky accuse la Russie de «génocide»

Volodymyr Zelensky sur écran géant lors de son allocution par visioconférence dans le cadre du Forum économique mondial à Davos le 23 mai 2022 (Photo, AFP).
Volodymyr Zelensky sur écran géant lors de son allocution par visioconférence dans le cadre du Forum économique mondial à Davos le 23 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • Les accusations de M. Zelensky font écho à celles de Moscou, qui a justifié son invasion par un prétendu génocide
  • L'armée russe, qui, après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv, a concentré ses efforts sur la conquête complète du Donbass

KHARKIV: L'Ukraine a décrit jeudi une offensive militaire russe d'"intensité maximale" et une situation extrêmement difficile dans le Donbass, dans l'est de son territoire, où le président Volodymyr Zelensky accuse Moscou de pratiquer un "génocide".

"L'actuelle offensive des occupants dans le Donbass pourrait rendre la région inhabitée", a affirmé M. Zelensky dans son adresse télévisée dans la nuit de jeudi à vendredi, accusant les forces russes de chercher à "réduire en cendres" plusieurs villes de la région.

Les forces russes pratiquent la "déportation" et "les tueries de masse de civils" dans le Donbass, a poursuivi M. Zelensky, selon qui "tout ceci (...) est une politique évidente de génocide menée par la Russie".

Les accusations de M. Zelensky font écho à celles de Moscou, qui a justifié son invasion par un prétendu "génocide" pratiqué par les Ukrainiens contre la population russophone dans le Donbass.

En avril, le Parlement ukrainien avait déjà adopté une résolution qualifiant de "génocide" les agissements de l'armée russe, et avait exhorté tous les pays étrangers et organisations internationales à faire de même. Le président américain Joe Biden a lui-même employé cette expression, tandis que son homologue français Emmanuel Macron s'y refuse.

L'armée russe, qui, après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv, a concentré ses efforts sur la conquête complète du Donbass, bassin industriel de l'est déjà partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014, continue de progresser lentement.

"C'est dur, mais nous tenons le coup. Nous combattons pour chaque centimètre de la ligne de front, pour chaque village. Les armes occidentales nous aident à rejeter l'ennemi hors de notre terre", a écrit sur Telegram le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Valeriï Zaloujny.

"Nous avons grand besoin d'armes qui permettront de frapper l'ennemi à grande distance", a-t-il ajouté, soulignant que "tout délai (dans ces livraisons d'armes lourdes) se paie par la vie de gens qui protègent le monde du Ruscisme", la contraction de "Russie" et "fascisme" employée en Ukraine pour désigner le régime instauré à Moscou par Vladimir Poutine.

Pas de pacifisme faible

Appuyée par un déluge de bombes, l'armée russe menace Severodonetsk, une ville de 100.000 habitants avant la guerre, qui pourrait connaître le même sort que Marioupol, le port du sud-est en grande partie détruit après des semaines de siège.

"La mission est extrêmement difficile dans la région de Lougansk après trois mois d'attaques et de bombardements permanents. Et maintenant toutes les forces des Russes sont concentrées ici et nous devons contenir cette horde", a dit le gouverneur de cette région du Donbass, Serguiï Gaïdaï, sur Telegram.

"Il est clair que petit à petit nos gars reculent vers des positions mieux fortifiées", a-t-il ajouté.

"Les combats ont atteint leur intensité maximale et une étape longue et extrêmement difficile nous attend", a résumé à Kiev jeudi la vice-ministre de la Défense Ganna Malyar au cours d'un point de presse.

Elle s'est élevée contre ceux qui "ressortent encore une fois, du tiroir honteux de Munich, l'idée traîtresse d'apaiser l'agresseur".

"Nous rejetons ce pacifisme faible. L'Ukraine se battra pour la libération complète de ses territoires dans leurs frontières internationalement reconnues. Et Poutine peut sauver la face en se retirant de nos territoires", a-t-elle ajouté, dans une allusion apparente aux appels, notamment de Paris, à ne pas "humilier" la Russie.

Pour sa part Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk, a publié sur Telegram : "Des combats extrêmement durs font rage aux abords de Severodonetsk, ils (les Russes) sont en train de détruire complètement la ville".  

Rejet du plan italien

La Russie, qui selon des analystes veut consolider ses gains territoriaux dans l'est et le sud de l'Ukraine avant toute solution négociée, a rejeté jeudi un plan de paix italien.

Celui-ci qui prévoyait, sous garantie de l'ONU, un cessez-le-feu et le retrait des troupes, l'entrée de l'Ukraine dans l'UE mais pas dans l'Otan, et un statut d'autonomie pour le Donbass et la Crimée qui resteraient sous la souveraineté ukrainienne.

La Russie poursuit donc son offensive, bombardant à nouveau jeudi Kharkiv, deuxième ville du pays qui avait entamé un retour à une vie normale mi-mai et où la circulation du métro avait repris.


Coup d'arrêt à l'unité du Conseil de sécurité de l'ONU face à la Corée du Nord

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'un débat ministériel du Conseil de sécurité de l'ONU à New York le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'un débat ministériel du Conseil de sécurité de l'ONU à New York le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • En coulisses, plusieurs alliés de Washington ont déploré l'insistance américaine à organiser un vote
  • la Chine et la Russie devraient prochainement devoir expliquer pourquoi ils ont utilisé jeudi leur droit de veto

NATIONS UNIES: La Chine et la Russie ont mis jeudi leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution des Etats-Unis imposant de nouvelles sanctions à la Corée du Nord afin de sanctionner ses tirs de missiles balistiques, affichant avec éclat la division de l'instance au risque d'en faire profiter Pyongyang.

Les 13 autres membres du Conseil ont voté en faveur du texte qui prévoyait notamment une réduction des importations de pétrole brut et raffiné par Pyongyang.

En coulisses, plusieurs alliés de Washington ont déploré l'insistance américaine à organiser un vote en sachant que la Chine et la Russie utiliseraient leur veto. Pour les Américains, ne rien faire était "pire que le scénario de deux pays bloquant la résolution", a expliqué un ambassadeur sous couvert d'anonymat.

Depuis 2017, année au cours de laquelle le Conseil avait adopté à l'unanimité trois séries de sanctions lourdes, "la retenue et le silence du Conseil n'ont pas éliminé ni même réduit la menace", a souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, en justifiant sa démarche. "Au contraire, la Corée du Nord a été enhardie par l'inaction de ce Conseil", a-t-elle estimé.

Son homologue chinois, Zhang Jun, lors d'un échange tendu avec la diplomate américaine, a accusé les Etats-Unis d'avoir voulu un "échec" et d'avoir "éloigné le Conseil du dialogue et de la conciliation". "Le noeud du problème", a-t-il dit, "est de savoir s'ils veulent utiliser le dossier de la péninsule coréenne pour leur soi-disant stratégie indo-pacifique".

Avant le vote, il avait affirmé à des journalistes le désaccord "total" de Pékin "à toute tentative de faire (...) de l'Asie un champ de bataille ou d'y créer des affrontements ou des tensions".

Zhang Jun a appelé les Etats-Unis à "travailler à promouvoir une solution politique", en affirmant que de nouvelles sanctions auraient eu des conséquences humanitaires en Corée du Nord, éprouvée depuis peu par de multiples cas de Covid.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a accusé les Etats-Unis d'ignorer les appels de Pyongyang à mettre fin à leurs "activités hostiles". "Il semble que nos collègues américains et occidentaux souffrent de l'équivalent du blocage de l'écrivain. Ils semblent n'avoir aucune réponse aux situations de crise autre que l'introduction de nouvelles sanctions", a-t-il déclaré.

Essai nucléaire craint

Le projet de résolution américain prévoyait aussi d'interdire les exportations nord-coréennes de combustibles minéraux, de montres et d'horloges, et toute vente ou transfert à Pyongyang de tabac. Le texte visait en outre à accroître la lutte contre les cyber-activités de Pyongyang.

Après le rejet de ce projet et un affichage clair de la division du Conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier nord-coréen, cette instance risque d'avoir du mal à maintenir la pression pour faire appliquer les sanctions décidées en 2017, craignent des diplomates.

A l'époque, de multiples mesures sectorielles et individuelles avaient été prises contre la Corée du Nord dans les domaines du pétrole, du charbon, du fer, de la pêche ou du textile.

Si les Nord-Coréens ont développé leur armement balistique et disposent de plusieurs bombes atomiques, ils ne sont pas encore parvenus, selon des diplomates, à associer les deux technologies afin d'avoir un missile à tête nucléaire.

La Corée du Nord a procédé cette semaine à de nouveaux tirs de missiles, dont probablement son plus gros missile balistique intercontinental, peu après une visite en Asie du président américain Joe Biden.

A l'ONU, le Royaume-Uni, la France et la Corée du Sud ont exprimé leurs craintes de voir la Corée du Nord procéder à un septième essai nucléaire, annoncé comme imminent, qui serait son premier en cinq ans.

En regrettant "profondément" un vote "qui marque la division du Conseil", l'ambassadeur français, Nicolas de Rivière, a jugé que l'utilisation du veto "revenait à protéger le régime nord-coréen et à lui donner un blanc-seing pour proliférer encore davantage".

En vertu d'une nouvelle procédure adoptée récemment à l'initiative du Liechtenstein, la Chine et la Russie devraient prochainement devoir expliquer devant l'Assemblée générale des Nations unies pourquoi ils ont utilisé jeudi leur droit de veto.