Les Etats-Unis veulent vacciner les cas contacts contre la variole du singe

Cette photo fournie par les Centers for Disease Control and Prevention a été prise en 1997 lors d'une enquête sur une épidémie de monkeypox, qui a eu lieu en République démocratique du Congo (Photo, AFP).
Cette photo fournie par les Centers for Disease Control and Prevention a été prise en 1997 lors d'une enquête sur une épidémie de monkeypox, qui a eu lieu en République démocratique du Congo (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Les Etats-Unis veulent vacciner les cas contacts contre la variole du singe

  • Mais les autorités américaines préparent malgré tout la riposte
  • Des données montrent que ces deux vaccins peuvent aider à éviter le développement de la maladie

WASHINGTON: Les Etats-Unis se préparent à vacciner les personnes ayant été en contact proche avec des patients atteints de la variole du singe, au moment où le pays, qui compte aujourd'hui cinq cas probables ou confirmés, s'attend à voir leur nombre augmenter.

"Nous souhaitons maximiser la distribution de vaccins à ceux dont nous savons qu'ils en bénéficieraient", a déclaré lundi Jennifer McQuiston, responsable au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

"C'est-à-dire ceux ayant été en contact avec un patient connu de la variole du singe, comme les soignants, les contacts personnels très proches, particulièrement ceux à risque de développer un cas grave de la maladie", a-t-elle précisé lors d'une conférence de presse.

Un cas a été confirmé dans le Massachusetts et quatre autres sont sur le point d'être analysés mais considérés comme très probables (un à New York, un en Floride, deux dans l'Utah). Tous sont des hommes ayant voyagé hors des Etats-Unis.

La maladie, cousine moins dangereuse de la variole éradiquée depuis une quarantaine d'années, commence par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes.

Ce qui intrigue et préoccupe les experts est l'apparition simultanée de cas dans de nombreux pays, notamment en Europe, sans qu'ils soient associés à des retours de pays d'Afrique où la maladie est endémique.

Riposte 

Les autorités américaines ont confirmé que le séquençage du virus détecté dans le Massachusetts correspondait à celui identifié chez un patient au Portugal, et que la souche était celle présente en Afrique de l'Ouest, la moins grave des deux en circulation.

La plupart des personnes infectées guérissent spontanément dans les deux à quatre semaines, sans traitement spécifique.

Mais les autorités américaines préparent malgré tout la riposte.

Deux vaccins contre la variole autorisés par l'Agence américaine des médicaments (FDA) peuvent être utilisés. Le premier, ACAM2000, est un vaccin vivant atténué, déconseillé aux personnes immunodéprimées. Les Etats-Unis en possèdent 100 millions de doses.

A cause d'effets secondaires "potentiellement significatifs", sa distribution à grande échelle nécessiterait "une vraie discussion", a estimé Jennifer McQuiston.

Le second, Jynneos, est aussi un vaccin vivant mais non réplicatif, et donc considéré comme plus sûr. Les Etats-Unis n'en ont que 1.000 doses, mais ce nombre devrait "augmenter rapidement dans les prochaines semaines", selon la responsable.

Selon elle, des données montrent que ces deux vaccins peuvent aider à éviter le développement de la maladie s'ils sont administrés rapidement après l'exposition.

Elle a par ailleurs souligné que le risque de contamination restait globalement faible pour la population.

Parmi les populations plus à risque figurent les personnes immunodéprimées et celles possédant des affections cutanées particulières telles que l'eczéma, selon John Brooks, un épidémiologiste.

Eruptions cutanées 

Les éruptions cutanées provoquées par la variole du singe mènent à des lésions qui peuvent être centrées sur certaines zones ou étendues sur tout le corps. Dans certains cas, durant la première phase de la maladie, les éruptions peuvent apparaître sur les zones génitales ou périanales.

La transmission du virus se fait par un contact prolongé peau-à-peau avec une personne qui possède une lésion active, ou à travers des gouttelettes respiratoires de quelqu'un possédant des lésions buccales et à proximité d'une autre personne pendant un certain temps.

Si les scientifiques s'inquiètent que le nombre croissant de cas puisse potentiellement indiquer un nouveau type de transmission, il n'existe jusqu'ici aucune preuve concrète étayant cette théorie, a affirmé Jennifer McQuiston.

Ainsi, l'augmentation du nombre de cas pourrait être liée à certains événements propagateurs au sein de la communauté gay, expliquant une plus haute prévalence chez les hommes homosexuels et bisexuels.

Mais cela ne signifie "d'aucune façon", selon John Brooks, que "le risque actuel d'exposition à la variole du singe ne concerne que la communauté gay et bisexuelle".

Les CDC sont également en train de développer des directives de traitement pour permettre le déploiement des antiviraux tecovirimat et brincidofovir, tous deux déjà autorisés pour le traitement de la variole.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.