Second mandat à la tête de l'OMS pour Tedros, l'«enfant de la guerre»

Premier Africain à diriger l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été reconduit mardi pour un second mandat de 5 ans. (AFP)
Premier Africain à diriger l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été reconduit mardi pour un second mandat de 5 ans. (AFP)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Second mandat à la tête de l'OMS pour Tedros, l'«enfant de la guerre»

  • Son visage a été rendu familier dans le monde entier par la lutte contre la pandémie de Covid-19 qui reste une de ses principales préoccuaptions
  • L'arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche, qui a remis les Etats-Unis dans le giron de l'OMS, lui a offert un second souffle, alors qu'il était attaqué sans cesse par Donald Trump

GENÈVE: Premier Africain à diriger l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été reconduit mardi pour un second mandat et c'est en larmes qu'il a dit son espoir "que la paix va venir" en partageant ses souvenirs "d'enfant de la guerre" réveillés par un récent voyage en Ukraine.


Les jeux étaient quasiment faits avant le vote à bulletins secrets lors de l'Assemblée mondiale qui se tient à Genève: le docteur Tedros, comme il aime à se faire appeler, était le seul candidat en lice et soutenu par de nombreux Etats membres, qui pèsent lourd dans l'Organisation mondiale de la santé. 


"Je suis fier d'être à l'OMS", a lancé le directeur général, remerciant les délégués "pour leur confiance". Selon plusieurs sources, il a obtenu 155 voix contre 5. 


Le visage de ce spécialiste du paludisme, diplômé en immunologie et docteur en santé communautaire en est venu à incarner la bataille de l'OMS contre la pandémie de Covid-19, avec ses succès et ses échecs.


"Cette pandémie a été totalement sans précédent et nous avons construit le bateau pendant que nous naviguions", a reconnu le Dr Tedros, et d'ajouter: "J'espère que nous serons capables d'empêcher la prochaine pandémie ou de la gérer aussi efficacement que possible".


Il a rendu un vibrant hommage à ses collègues "que j'ai vu travailler dur et en bonne foi" pendant la pire pandémie depuis un siècle.


Il veut voir dans son élection un vote de confiance dans l'ensemble de l'organisation.

Priorités 
Le directeur général a exposé ses priorités devant l'Assemblée: s'assurer que les gens sont en bonne santé; mettre les soins primaires au coeur de la couverture santé universelle; la préparation et la réponse aux urgences; les outils permettant de mieux prévenir et guérir. Et il a gardé pour la fin la promesse "de renforcer l'amélioration constante de l'OMS".


Loyce Pace, représentante de l'administration américaine n'a pas manqué de rappeler au DG fraîchement réélu qu'il ne s'agissait pas de se reposer sur ses lauriers.


"A la vérité, il reste encore beaucoup à faire pour moderniser l'OMS pour qu'elle soit beaucoup plus efficace et réactive et nous savons que vous vous y engagez", a-t-elle déclaré, se faisant l'écho d'un sentiment largement partagé parmi les membres. 


De fait, le premier mandat du Dr Tedros n'a pas été sans accrocs comme l'attitude jugée trop conciliante envers la Chine en début du Covid-19 avant qu'un ton plus ferme ne lui vaille les réprimandes de Pékin. 


On lui a aussi reproché une réaction trop lente sur le scandale d'exploitation sexuelle dont sont accusés certains employés.


Et la pandémie a aussi montré que ses appels restent souvent sans écho notamment quand il réclame plus de moyens pour les pays les plus pauvres.


Mais c'est justement côté finances que cette Assemblée s'avèrera sans doute la plus fructueuse parce qu'elle devrait adopter une nouvelle méthode de financement de l'organisation -qui dispose d'un budget biennal de seulement 5,8 milliards de dollars- lui assurant des fonds plus stables, plus prévisibles et plus de souplesse pour la mise en oeuvre de ses priorités.


"Non seulement vous m'avez élu, mais en plus vous me donnez un incroyable cadeau", s'est réjouit le directeur général.

«Enfant de la guerre» 
Mais le discours de remerciement a surtout été marqué par beaucoup d'émotion de la part de celui qui se veut avant tout un homme de paix.


"Je suis un enfant de la guerre", a-t-il lancé une nouvelle fois à l'Assemblée, racontant une enfance pauvre, marquée par la guerre et la mort d'un petit frère faute de médicaments. 


"C'est un mauvais télescopage", a-t-il lancé en larmes avant dévoquer un récent voyage dans une Ukraine, ravagée par l'invasion de l'armée russe.


"Quand j'ai vu les enfants, des images d'il y a plus de 50 ans me sont revenues à l'esprit, tellement visibles, j'étais hanté, les odeurs de la guerre, les sons de la guerre, les images de la guerre. Je n'arrive même pas à comprendre, c'était si limpide alors que c'est arrivé il y a si longtemps", a confié celui qui est confronté une nouvelle fois à la guerre dans sa région natale du Tigré en Ethiopie.


"Je ne veux pas que cela arrive à qui que ce soit et c'est pour cela que j'espère que la paix va arriver".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.