Japon: à quatre pattes et en quatrième vitesse

Les passagers tiennent leurs chiens dans un train à grande vitesse Shinkansen de Tokyo à la station balnéaire de Karuizawa, le 21 mai 2022. (Photo, AFP)
Les passagers tiennent leurs chiens dans un train à grande vitesse Shinkansen de Tokyo à la station balnéaire de Karuizawa, le 21 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 25 mai 2022

Japon: à quatre pattes et en quatrième vitesse

Les passagers tiennent leurs chiens dans un train à grande vitesse Shinkansen de Tokyo à la station balnéaire de Karuizawa, le 21 mai 2022. (Photo, AFP)
  • A la gare d'Ueno à Tokyo, 21 passagers à fourrure ont embarqué dans un wagon spécial du shinkansen pour une balade d'une heure avec leurs maîtres, jusqu'à la ville touristique de Karuizawa
  • «On s'amuse bien», assure Yukari Seino, 48 ans, en caressant son chihuahua, âgé de sept mois et nommé Chobi

KARUIZAWA: Les chiens qui prennent le train au Japon doivent normalement voyager dans leur cage de transport. Mais samedi, ils ont pu prendre leurs aises et profiter du paysage à bord d'un wagon qui leur était réservé dans un train à grande vitesse. 

A la gare d'Ueno à Tokyo, 21 passagers à fourrure ont embarqué dans un wagon spécial du shinkansen pour une balade d'une heure avec leurs maîtres, jusqu'à la ville touristique de Karuizawa. 

« On s'amuse bien », assure Yukari Seino, 48 ans, en caressant son chihuahua, âgé de sept mois et nommé Chobi, confortablement installé sur ses genoux. 

« Nous avons beaucoup voyagé ensemble mais je me sentais mal de laisser mon chien en cage », poursuit-elle, précisant que ce voyage-là se déroule sans nuages. 

« C'est comme si nous étions à la maison. Je suis heureuse de pouvoir prendre le train sans souci », renchérit Yoko Okubo, 39 ans, venue avec son corgi. 

Des loulous de Poméranie, un fox-terrier et un Shiba enjoué aux oreilles pointues comptaient aussi parmi les voyageurs à quatre pattes embarqués pour inaugurer ces « vacances canines » proposées par le groupe Japan Railways (JR). 

Ce projet pilote, auquel un wagon tout entier est réservé, est organisé par JR East et sa filiale JR East Start Up. 

Les chiens sont normalement autorisés à bord du shinkansen mais doivent rester enfermés dans leur cage de transport et le poids, y compris la cage, ne doit pas dépasser dix kilogrammes. 

Les promoteurs du projet souhaitent organiser d'autres excursions pour les amis à quatre pattes, explique une responsable de Start Up, Shino Furukawa: « Nous recevons des demandes de clients qui souhaitent un moment confortable avec leurs chiens à bord du train ». 

« Nous voulons créer un environnement qui permette aux gens d'être en harmonie avec leurs animaux de compagnie, ils font partie de la famille », poursuit-elle. « C'est un grand pas en avant pour qu'existent concrètement des transports où les animaux sont bienvenus ». 

Les trains japonais sont connus pour leur propreté et l'un des plus grands défis à relever est de maintenir cette réputation immaculée, insiste-t-elle. 

Le personnel a ainsi recouvert de plastique tous les sièges et installé quatre purificateurs d'air dans le wagon qui sera entièrement nettoyé après le voyage pour enlever le moindre poil de chien. 


Au Danemark, un nouveau musée pour raconter les destins des réfugiés

Le nouveau musée a été conçu par l’architecte danois de renommée mondiale Bjarke Ingels, qui a récemment signé le nouveau siège de Google dans la Silicon Valley. (AFP).
Le nouveau musée a été conçu par l’architecte danois de renommée mondiale Bjarke Ingels, qui a récemment signé le nouveau siège de Google dans la Silicon Valley. (AFP).
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  • Baptisé "Flugt" - la fuite, en danois -, il vient d'être inauguré à Oksbøl
  • Le musée est construit sur le site d'un ancien camp de réfugiés allemands de la Seconde Guerre mondiale

OKSBOL: Construit sur le site d'un ancien camp de réfugiés allemands de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau musée consacré aux exilés ouvre ses portes mercredi au Danemark pour mieux raconter les histoires personnelles derrière la migration forcée.

Baptisé "Flugt" - la fuite, en danois -, il vient d'être inauguré à Oksbøl, une petite ville sur la côte ouest du pays scandinave, un des Etats d'Europe à la ligne la plus dure en matière d'immigration.

Dans ce qui fut jadis l'hôpital du camp auquel a été ajoutée une aile moderne, au milieu d'effets personnels - d'une tente à un ours en peluche -, l'exposition retrace les parcours individuels des exilés.

L'histoire, à l'origine du lieu, des réfugiés allemands à la chute du nazisme, mais aussi de ceux ayant trouvé refuge au Danemark pour fuir la guerre et l'oppression.

"Nous voulons raconter l'histoire, derrière les chiffres, des vrais gens", explique à l'AFP le directeur du musée Claus Kjeld Jensen.

Ici, au crépuscule de la guerre de 1939-1945, des dizaines de milliers d'Allemands fuyant la progression de l'Armée rouge ont trouvé refuge sur ces terrains militaires de landes et de plages au bord de la mer du Nord.

Oksbøl était alors devenue en quelques semaines la cinquième ville du Danemark en termes de population.

Dans le camp, opérationnel de 1945 à 1949, il y avait derrière des barbelés des écoles, un théâtre et un atelier.

En dehors des deux bâtiments de l'hôpital et d'un cimetière caché par une forêt touffue, il restait peu de traces de ce passé que le musée vient ressusciter.

"Il y a cette période de l'histoire du monde qui s'est déroulée ici même, où nous sommes. Mais il y a aussi la situation d'aujourd'hui", souligne Kjeld Jensen.

"Nous avons beaucoup plus de réfugiés dans le monde que nous n'en avions à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Donc je suppose que la question est plus pertinente que jamais", dit le conservateur.

« Sanctuaire »

Inauguré samedi par la reine du Danemark Margrethe II et le vice-chancelier allemand Robert Habeck, le musée a coûté au total 16 millions d'euros, dont 1,5 apportés par Berlin.

"Personne n'aurait pu penser qu'il serait si tristement actuel de parler de réfugiés et d'exil", a souligné la monarque de 82 ans.

Fin 2021, le monde comptait près de 90 millions de personnes déracinées -réfugiés et déplacés internes-,  selon le HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a déclenché un nouveau mouvement sur le continent, avec au moins 12 millions de personnes ayant quitté leurs foyers, selon l’ONU.

Le nouveau musée a été conçu par l’architecte danois de renommée mondiale Bjarke Ingels, qui a récemment signé le nouveau siège de Google dans la Silicon Valley.

"Lorsque nous avons commencé ce projet, nous pensions que cela faisait partie du passé pour l’Europe occidentale", a-t-il dit lors de l’inauguration.

A l’intérieur de son oeuvre, d’imposantes charpentes en bois s’étirent vers le ciel, créant un grand foyer ouvert à partir duquel les visiteurs explorent les expositions.

Un lieu conçu comme "une oasis ou un sanctuaire qui s’ouvre vers la forêt", selon son concepteur. "C'est d’une certaine manière ce que les réfugiés ont, je l’espère, trouvé ici – un sanctuaire et l’aperçu d’un avenir meilleur".

Pour certains, la politique actuelle du Danemark vis-à-vis des réfugiés colle mal avec la philosophie du musée.

Ces dernières années, les gouvernements de droite comme de gauche ont mené l’une des politiques migratoires les plus strictes d’Europe.

Le Danemark est ainsi devenu le premier pays de l’Union européenne à réexaminer les cas de plusieurs centaines de Syriens de Damas ayant obtenu l'asile, jugeant que la situation leur permettait de rentrer chez eux.

Les politiques migratoires danoises "sont très orientées politiquement et nous espérons, bien sûr, qu’il y aura un moyen de changer cela", a déclaré le représentant du HCR, Henrik Nordentoft.


Les artistes saoudiens profitent des projets culturels en Arabie

 L'artiste saoudien Ahmed Mater travaille dans son studio de la capitale Riyad le 19 juin 2022, sur un projet à exposer dans le désert à l'extérieur d'Al-Ula. (AFP).
L'artiste saoudien Ahmed Mater travaille dans son studio de la capitale Riyad le 19 juin 2022, sur un projet à exposer dans le désert à l'extérieur d'Al-Ula. (AFP).
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  • L'inititiave présentée lundi va exposer les oeuvres de cinq artistes dont deux saoudiens
  • Parmi eux, Ahmed Mater, un artiste engagé dont une des oeuvres phares, "Evolution de l'Homme", représente les méfaits de l'industrie pétrolière

ALULA: L'Arabie saoudite a dévoilé un projet artistique grandiose dans le désert "la vallée des Arts", qui exposera en 2024 des oeuvres d'artistes locaux et étrangers, illustrant la volonté d'ouverture du royaume conservateur à la culture et au tourisme.

L'inititiave présentée lundi va exposer les oeuvres de cinq artistes dont deux saoudiens. Parmi eux, Ahmed Mater, un artiste engagé dont une des oeuvres phares, "Evolution de l'Homme", représente les méfaits de l'industrie pétrolière.

A travers la transformation d'une silhouette sur des panneaux lumineux, l'artiste y dénonce l'emprise du pétrole sur le monde. Créée en 2010, cette oeuvre a enfin été montrée au public saoudien en juin à Ryad.

"Je crois dans les changements quand ils viennent de la base, mais si on peut les encourager d'en haut c'est encore mieux", a estimé Ahmed Mater à l'AFP, faisant référence à l'impulsion donnée par les autorités pour encourager l'art dans le royaume.

"C'est ce qui est nouveau", ajoute-t-il.

La « vallée des arts »

Autour d'Al-Ula, une ville de la région de Médine dans le nord ouest du pays, le projet Wadi AlFann - "vallée des arts" - va exposer sur 65 kilomètres carrés de désert des œuvres s'inspirant du mouvement du "land art", une forme d'art consistant en interventions de grande ampleur sur la nature et les paysages.

L'une des pionnières de ce mouvement, l'Américaine d'origine hongroise Agnes Denes, figure parmi les trois artistes étrangers choisis pour ce projet.

L'idée est aussi de faire d'Al-Ula, célèbre pour ses tombes nabatéennes disséminées au milieu des montagnes et des oueds de grès, une destination touristique.

Ce projet ambitieux et monumental devrait attirer des visiteurs sur plusieurs générations, affirme la conservatrice du projet, Iwona Blazwick, ancienne directrice de la Whitechapel Gallery de Londres.

L'artiste saoudienne Manal AlDowayan, dont les oeuvres analysent la place des femmes dans la société saoudienne, se félicite d'avoir été choisie pour ce projet.

Si elle reconnait avoir été plus souvent exposée à l'étranger que dans son pays d'origine, elle soulignant n'avoir jamais été inquiétée dans sa carrière d'artiste par les autorités saoudiennes.

"J'abordais des sujets très durs à l'époque où le contexte était vraiment répressif, et je n'ai pas eu de problème (...) Je n'ai jamais été censurée", assure-t-elle.

Pour la chercheuse Eman Alhussein, du Arab Gulf States Institute à Washington, les artistes visuels qui manient l'art conceptuel ont toujours eu plus d'espace de liberté que les activistes, car "leurs œuvres peuvent être interprétées de différentes manières".

Manal AlDowayan s'étonne d'être désormais "constamment exposée" dans le royaume.

"Je suis redécouverte par mon peuple, ma communauté. Ils avaient l'habitude de me suivre sur Instagram. Maintenant, ils peuvent réellement aller voir les œuvres d'art", se réjouit-elle.

 


Tunisie: décès de l'acteur Hichem Rostom

L'acteur tunisien Hichem Rostom. (Twitter)
L'acteur tunisien Hichem Rostom. (Twitter)
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  • Ce docteur en littérature et en histoire de théâtre avait commencé sa carrière d'artiste il y a plus de 50 ans et participé à des dizaines de films tunisiens, français, italiens, anglais et allemands
  • En Tunisie, où il était considéré comme l'acteur le plus célèbre de sa génération, il a dirigé deux éditions des Journées théâtrales de Carthage et a été l’un des fondateurs du festival «Rouhaniyet» de chants spirituels et soufis

TUNIS: L'acteur tunisien Hichem Rostom, qui avait joué dans des films célèbres comme le « Patient anglais » est décédé mardi à l'âge de 75 ans, a annoncé le ministère tunisien de la Culture. 

Ce docteur en littérature et en histoire de théâtre avait commencé sa carrière d'artiste il y a plus de 50 ans et participé à des dizaines de films tunisiens, français, italiens, anglais et allemands. 

Il a fait ses études supérieures en France où il a travaillé comme animateur au Théâtre national populaire avant de se lancer dans le cinéma, décrochant des rôles dans plusieurs films dont le « Patient anglais » d'Anthony Minghella (1997), Paparazzi d'Alain Berberian (1998) ou encore l'Or noir de Jean-Jacques Annaud (2011). 

Après son retour en Tunisie en 1988, il a joué dans plusieurs films et séries de télévision à succès. 

En Tunisie, où il était considéré comme l'acteur le plus célèbre de sa génération, il a dirigé deux éditions des Journées théâtrales de Carthage et a été l’un des fondateurs du festival « Rouhaniyet » de chants spirituels et soufis.