Nouvelles frictions commerciales entre Washington et Ottawa

Les groupes laitiers américains avaient appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC (Photo, AFP).
Les groupes laitiers américains avaient appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

Nouvelles frictions commerciales entre Washington et Ottawa

  • Les deux pays s'affrontent depuis des mois sur l'octroi des contingents tarifaires, prévus dans l'accord États-Unis, Mexique, Canada
  • Washington dénonce qu'une majorité de ces contingents soient accordés aux transformateurs canadiens

WASHINGTON: Les États-Unis ont annoncé mercredi le lancement d'une nouvelle procédure commerciale contre le Canada, l'accusant de ne pas respecter les dispositions de leur accord de libre-échange concernant les produits laitiers, une incrimination immédiatement rejetée par Ottawa.

Les deux pays s'affrontent depuis des mois sur l'octroi des contingents tarifaires, prévus dans l'accord États-Unis, Mexique, Canada (AEUMC) en vigueur depuis le 1er juillet 2021 et qui a remplacé l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) de 1994.

Ce mécanisme impose un droit de douane nul ou faible sur les importations de certains produits jusqu'à une quantité déterminée.

Washington dénonce qu'une majorité de ces contingents soient accordés aux transformateurs canadiens, qui sont enclins à importer du fromage américain bon marché, excluant de fait d'autres produits américains.

Les États-Unis ont officiellement demandé "des consultations" au titre du règlement des différends prévu par l'AEUMC, estimant que "les restrictions imposées par le Canada" sur les produits américains sont "contraires" à ses engagements pris dans le cadre de ce traité, ont annoncé mercredi les services de la représentante américaine au Commerce dans un communiqué.

"Le Canada a rempli ses obligations en vertu de l'accord (...) pour s'assurer que notre système de gestion de l'offre est conforme", a rétorqué Mary Ng la ministre canadienne du Commerce dans une déclaration à l'AFP.

C'est la deuxième fois que Washington a recours à ce dispositif.

L'administration Biden avait en effet déjà fait appel au groupe spécial de règlement de l'AEUMC en décembre 2021 qui avait conclu en janvier dernier que la pratique du Canada consistant à conserver des réserves de contingents tarifaires à l'usage exclusif des transformateurs laitiers était incompatible avec l'AEUMC.

La semaine dernière, le Canada avait alors annoncé de nouvelles mesures pour se mettre en conformité.

"Nous avons clairement indiqué au Canada que ses nouvelles politiques ne sont pas conformes aux dispositions de l'AEUMCA et empêchent les travailleurs, producteurs, agriculteurs et exportateurs américains de tirer pleinement parti de l'accès au marché auquel le Canada s'est engagé", a justifié Mme Tai, dans un communiqué.

En principe, en cas d'absence de consensus, Washington pourrait imposer des droits de douane.

Jusqu'à présent, l'administration Biden et le gouvernement canadien avaient manifesté leur volonté de régler ce litige par la voie de consultations.

Mais désormais les deux pays semblent dos à dos.

"Les politiques laitières protectionnistes du Canada sont une préoccupation majeure pour le ministère américain de l'Agriculture", a déploré mercredi le secrétaire à l'Agriculture, Tom Vilsack. 

Vers des représailles américaines?

Il a souligné qu'un "accès réel et significatif au marché canadien" était une "priorité absolue" de l'administration Biden et que le gouvernement envisageait "toutes les options disponibles pour atteindre cet objectif".

De son côté, Mme Ng a assuré que le Canada participerait "activement au processus de consultation de l'AEUMC" tout en voulant "maintenir sa position d'administrer ses contingents tarifaires d'une manière qui appuie son système de gestion de l'offre laitière".

Le système de gestion de l'offre a permis jusqu'alors au gouvernement canadien de protéger son marché en contrôlant la production, afin que l'offre réponde à la demande canadienne, en fixant des prix permettant aux agriculteurs d'avoir un revenu suffisant par rapport à leurs coûts de production et en contrôlant les importations.

L'AEUMC avait été arraché à l'issue d'âpres discussions notamment en raison de ce conflit sur les produits laitiers. Mais le Canada avait alors accepté d'élargir ses quotas.

La semaine dernière, l'ambassadrice américaine Katherine Tai a souligné sa déception et avait alors ajouté qu'elle évaluerait "toutes les options".

Les groupes laitiers américains avaient, eux, appelé l'administration Biden à riposter avec des tarifs douaniers sur les produits canadiens, affirmant que ces représailles étaient prévues par l'AEUMC.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.