70 ans de règne d'Elizabeth II: le Royaume-Uni se prépare à la fête

Le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II (Photo, AFP).
Le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

70 ans de règne d'Elizabeth II: le Royaume-Uni se prépare à la fête

  • Si les récents problèmes de santé et de mobilité de la reine de 96 ans ont fait craindre qu'elle ne soit en retrait, la souveraine a multiplié les apparitions surprises ces derniers jours
  • Mais signe de la transition en cours, son fils le prince Charles, héritier de la couronne, l'a remplacée pour le discours annuel marquant le début de l'année parlementaire

LONDRES: Parade, pique-nique dans tout le pays, concert et famille royale au balcon: le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II, un record historique fêté dans une période de transition pour la monarchie.

Eprouvés par les divisions du Brexit, fatigués par la pandémie et ses confinements et désormais étranglés par la hausse des prix, les Britanniques pourront profiter dès jeudi 2 juin d'un week-end prolongé.

Si les récents problèmes de santé et de mobilité de la reine de 96 ans ont fait craindre qu'elle ne soit en retrait, la souveraine a multiplié les apparitions surprises ces derniers jours, pour inaugurer une ligne de métro portant son nom, assister à un spectacle équestre ou parcourir les allées d'un grand événement horticole en voiturette de golf avec chauffeur.

Mais signe de la transition en cours, son fils le prince Charles, héritier de la couronne, l'a remplacée pour le discours annuel marquant le début de l'année parlementaire. Il se charge déjà depuis plusieurs années de la représenter à l'étranger.

Devant les députés jeudi, le Premier ministre Boris Johnson rendra hommage à la cheffe d'Etat, "roc" auquel les Britanniques sont "ancrés" depuis sept décennies, une "femme remarquable" qui a "dédié sa vie à son peuple", au Commonwealth et "à l'idée même de ce que peut et doit être une monarchie constitutionnelle", selon des extraits de son discours.

Elizabeth II a accédé au trône à 25 ans, le 6 février 1952, lorsque son père le roi George VI est mort d'un cancer du poumon à 56 ans.

Doyenne des souverains en vie, elle s'est récemment hissée à la troisième place en termes de longévité chez les monarques d'Etats souverains, devancée par le roi de France Louis XIV, mort en 1715 et le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (Rama IX), décédé en 2016.

Pique-nique géant

A Londres, d'Oxford Street au Mall, avenue au macadam ocre qui mène au palais de Buckingham, les drapeaux s'affichent fièrement, préfigurant l'ampleur des festivités.

Elles commenceront le jeudi avec le Salut aux couleurs ("Trooping The Colour"), qui marque l'anniversaire officiel de la reine, avec plus de 1 500 militaires et musiciens, 240 chevaux et un survol de la Royal Air Force.

La traditionnelle apparition au balcon sera limitée aux membres actifs de la famille royale. Ont été exclus le prince Harry et son épouse Meghan, bien qu'en visite depuis leur exil californien, ainsi que le prince Andrew, qui a dû verser des millions de livres sterling pour éviter un procès aux Etats-Unis pour agressions sexuelles.

Egalement au programme, cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Paul le vendredi et courses hippiques et grande fête au palais de Buckingham le samedi.

Au total, plus de 200 000 événements sont prévus, et les organisateurs anticipent la participation de 10 millions de personnes aux pique-niques du jubilé le dimanche 5 juin.

Ce jour-là, une grande parade rendra hommage à la monarque et à la diversité du peuple britannique. Elle rassemblera 10 000 militaires, artistes et bénévoles. En comptant toutes formes de diffusion dans le monde entier, le spectacle devrait être vu par un milliard de personnes, selon les organisateurs.

Crépuscule ou renouveau: après Elizabeth II, la monarchie britannique face à un tournant

Elizabeth II, "la Dernière"? Si le crépuscule de son règne suscite chez les républicains britanniques l'espoir d'un basculement de régime, la monarchie a de grandes chances de lui survivre, temporisent des spécialistes de la royauté. A condition de se réinventer.

Graham Smith, le directeur du mouvement Republic, qui milite pour un président élu et non partisan comme chef d'Etat à la place du souverain, admet que son heure n'est pas venue: "On ne s'attend pas à ce que la monarchie soit abolie tant que la reine sera sur le trône" car elle jouit d'un important "soutien populaire".

Mais la question deviendra plus pressante quand son fils aîné, le prince Charles, moins apprécié, lui succédera, affirme-t-il auprès de l'AFP. 

Concert, parades, pique-niques... les Britanniques se préparent à fêter dans l'allégresse, quatre jours durant début juin, un jubilé de platine inédit pour les 70 ans de règne d'Elizabeth II. 

Symbole intrinsèque du Royaume-Uni, la souveraine de 96 ans montée sur le trône en 1952 a traversé les époques, omniprésente à travers plusieurs générations de Britanniques et socle d'une monarchie parfois fortement secouée par les scandales. 

«Très British, très excentrique»

"L'échelle est monumentale", a souligné récemment à l'AFP Adrian Evans, chef d'orchestre de la parade, qui promet un spectacle "très, très British, très excentrique".

Parmi les différents tableaux de la parade, l'un rendra un hommage plus personnel à la reine, en mettant notamment en scène corgis et chevaux, animaux auxquels la souveraine est particulièrement attachée.

Pour l'occasion, les pubs pourront ouvrir jusqu'à une heure du matin, deux heures de plus que d'habitude. La bière coulera à flots: la British Beer and Pub association estime que 90 millions de pintes de bières seront vendues pour le jubilé, et que le secteur profitera d'un coup de fouet de 105 millions de livres sterling (124 millions d'euros).

Selon une étude publiée par le groupe de réflexion British Future, deux tiers de la population est intéressée par le jubilé et une majorité estime qu'il représente l'occasion de rassembler. 58% veulent conserver la monarchie, tandis que 25% estiment que la fin du règne d'Elizabeth II serait le bon moment pour que le Royaume-Uni devienne une République.

Mais, souligne l'étude, le soutien moins important chez les jeunes et au sein des minorités ethniques traduit la nécessité pour la monarchie de se moderniser si elle veut rester dans le coeur de tous les Britanniques.

Elizabeth II, monarque habituée des records

Soixante-dix ans de règne pour une monarque de 96 ans qui a fait 42 fois le tour de la terre: la reine Elizabeth II, dont les Britanniques s'apprêtent à fêter le Jubilé de platine, est une habituée des records.

Longévité 

Elizabeth II règne depuis 70 ans et presque 4 mois. Au Royaume-Uni, le précédent record était détenu par son arrière-arrière-grand-mère la reine Victoria, qui avait régné 63 ans, 7 mois et 2 jours (du 20 juin 1837 à sa mort le 22 janvier 1901).

A 96 ans, la reine Elizabeth est aussi la monarque en exercice la plus âgée au monde.

Seuls deux rois ont régné plus longtemps qu'elle: le roi Louis XIV (plus de 72 ans entre 1643 et 1715) et le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (70 ans et 4 mois, du 9 juin 1946 au 13 octobre 2016).

Globetrotter 

Elle a visité en tant que reine plus de 100 pays - autre record pour un souverain britannique - et effectué plus de 150 visites dans les pays du Commonwealth. Elle s’est rendue 22 fois au Canada – plus que dans aucun autre pays-  et 13 fois en France, dont elle parle la langue, plus que dans aucun autre pays européen.

Le Daily Telegraph a calculé qu'elle avait fait l'équivalent de 42 fois le tour de la terre avant d’arrêter les voyages à l'étranger en novembre 2015 à 89 ans.

Sa plus longue tournée à l'étranger avait duré 168 jours (novembre 1953- mai 1954), elle avait visité 13 pays.

Très occupée

"Je déclare devant vous, que toute ma vie, qu'elle soit longue ou courte, sera consacrée à votre service" avait déclaré Elizabeth, encore princesse, le jour de ses 21 ans.

Elle a mené durant son règne quelque 21.000 engagements, approuvé par "sanction royale" quelque 4.000 projets de loi, et reçu de très nombreux dignitaires dans le cadre de 112 visites d'Etat. Parmi eux l’empereur Haïlé Selassié (Ethiopie, 1954), l’empereur du Japon Hirohito (1971), le président polonais Lech Walesa (1991) et le président américain Barack Obama (2011).

Plus de 180 garden parties ont été organisées à Buckingham Palace, auxquelles ont assisté plus de 1,5 million de personnes.

14 Premiers ministres 

Elle a connu 14 premiers ministres, de Winston Churchill (1952-1955) à Boris Johnson, qui lors d'audiences en principe hebdomadaires l'ont tenue informée des principaux développements du moment.

La reine Elizabeth a aussi rencontré 13 des 14 présidents américains, de Harry Truman (1945-1953) à Joe Biden. Lyndon Johnson (1963-1969) est le seul qui manque.

La reine, cheffe de l’église anglicane, très croyante et pratiquante, a rencontré quatre papes en visite officielle: Jean XXIII (1961), Jean-Paul II (1980, 1982 et 2000), Benoît XVI (2010) et le pape François (2014).

Un million de cartes de félicitations 

Elle a envoyé quelque 300 000 cartes de félicitations à des centenaires et plus de 900 000 à des couples célébrant leurs noces de diamant (60 ans). Elle-même est restée mariée plus de 73 ans au prince Philip, décédé en avril 2021, encore un record pour un monarque britannique.

Plus de 200 portraits  

Elle a posé pour plus de 200 portraits, dont le premier quand elle avait 7 ans.

Parfois pionnière 

La reine Elizabeth a été le premier monarque britannique à visiter la Chine, en 1996, et à s'adresser à la Chambre des représentants à Washington, le 16 mai 1991.

La reine avait envoyé son premier email le 26 mars 1976, lors d'une visite d'un centre de recherches du ministère de la Défense. 

En 1997, elle avait lancé le premier site internet officiel pour Buckingham Palace. 

En 2014 elle a envoyé son premier tweet, et en 2019 son premier post Instagram.

Vidéo avec James Bond 

C'est la seule monarque à avoir (presque) sauté en parachute avec James Bond: dans une vidéo réalisée pour l'ouverture des JO de 2012 à Londres, on la voit recevoir l'espion interprété alors par Daniel Craig à Buckingham Palace avant que tous deux fassent mine d'embarquer dans un hélicoptère, de survoler Londres et sauter en parachute au dessus du stade Olympique où l'arrivée (réelle) de la reine avait été saluée d'une ovation.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.


«American Doctor», ou la brutalité de la guerre à Gaza vue par des médecins

Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
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  • Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza
  • Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes.

PARK CITY: Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer.

Teng craint de devoir flouter la scène pour protéger la dignité des enfants. Mais sa décision fait débat.

"On ne leur rend pas justice à moins de laisser leur mémoire, leurs corps, raconter l'histoire de ce traumatisme, de ce génocide. On ne leur rend pas service en ne les montrant pas ", estime le médecin juif américain Mark Perlmutter au Festival du film de Sundance, où le film a été présenté en avant-première vendredi.

"Voilà ce que mes impôts ont fait. Voilà ce que vos impôts ont fait. Voilà ce que les impôts de mon voisin ont fait. Les gens ont le droit de connaître la vérité", souligne-t-il.

"Vous avez la responsabilité, comme moi, de dire la vérité. Si vous floutez cela, c'est une faute professionnelle journalistique".

Malgré un cessez-le-feu fragile, les violences se poursuivent entre les forces israéliennes et le Hamas, faisant des victimes parmi les non combattants dont des dizaines d'enfants, selon l'Unicef.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a qualifiée de "déformée et fausse", tout en taxant ses auteurs d'antisémitisme.

Contrebande d'antibiotiques 

Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza depuis qu'Israël a répondu à l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes. On les voit également en d'autres occasions dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les médias israéliens et américains.

Le documentaire montre aussi les difficultés pratiques auxquelles ils sont confrontés, les blouses chirurgicales et les antibiotiques qu'ils doivent faire passer en contrebande à travers la frontière pour contourner le blocus israélien. Et les refus de dernière minute des autorités israéliennes de les laisser entrer.

Le film décrit le courage d'hommes qui vont volontairement travailler dans des hôpitaux frappés à plusieurs reprises par l'armée israélienne. Comme l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, cible d'une double frappe en août 2025.

Israël affirme viser des "terroristes" dans ces établissements et soutient que des combattants du Hamas sont retranchés dans des tunnels sous les hôpitaux.

"Complices du meurtre d'enfants" 

Feroze Sidwha, peut-être le plus loquace des trois médecins, répète n'avoir jamais vu de tunnels. Et de toute façon, insiste-t-il, même la présence de combattants blessés dans un hôpital n'en fait pas une cible légitime.

"Les Américains méritent de savoir ce qui se passe, à quoi sert leur argent, et tout simplement de pouvoir décider", dit-il. "Voulez-vous vraiment qu'on fasse cela?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je suis à peu près sûr que la réponse est +non+. Je veux juste continuer à m'exprimer et à faire savoir aux gens qu'ils n'ont pas à être complices du meurtre d'enfants. Nous le sommes tous, à l'heure actuelle".

Le film est dédié aux quelque 1.700 soignants tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Selon Reporters sans frontières (RSF), près de 220 journalistes ont également été tués, faisant d'Israël le plus grand tueur de journalistes dans le monde pour la troisième année consécutive.

Le Festival de Sundance se tient jusqu'au 1er février.


Haute couture: Jonathan Anderson signe un baptême floral chez Dior

Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Jonathan Anderson a lancé la semaine de la haute couture à Paris avec sa première collection Dior haute couture, célébrant la nature à travers des silhouettes fleuries, sculpturales et aériennes
  • Le défilé, très attendu, a rassemblé célébrités et figures de la mode et ouvre la voie à un programme intense, avec notamment la première collection haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi

PARIS: Un jardin d'Eden de luxe: Jonathan Anderson a lancé lundi à Paris la semaine de la haute couture avec une première collection florale pour Dior, entre célébration de la nature et hommage aux savoir‑faire.

Le show, organisé au coeur d'une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin, était l'un des moments les plus attendus de ces quatre jours de défilés, avec les débuts en haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi.

"En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose", annonçait la note d'intention du défilé.

Cette première proposition haute couture se veut ainsi pensée comme un "cabinet de curiosités" où pièces d'exception et merveilles naturelles "sont rassemblées et recontextualisées".

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Le défilé Dior s’est tenu au cœur des jardins du musée Rodin, dans une structure éphémère pensée pour la haute couture. (Photo: AFP)

Sous un plafond recouvert de fleurs, Jonathan Anderson a livré une vision bucolique aux silhouettes fleuries, à la fois sculpturales et aériennes, où des robes bouffantes aux plissés twistés côtoient des robes courtes à volants et des jupes longues aux drapés asymétriques semblant retenir un plateau posé en équilibre.

Le Nord-Irlandais de 41 ans revisite une nouvelle fois l'emblématique veste Bar, à la taille très cintrée, transformée en manteau long en laine, en cuir crocodile ou en queue‑de‑pie, tandis que la maille se fait omniprésente, du pull‑robe à jupe patineuse aux modèles finement travaillés, dotés d'un haut boule et d'une jupe fluide toute en transparence.

Les mannequins défilent avec de petits bouquets de cyclamens roses en guise de boucles d'oreilles — les mêmes que ceux adressés aux invités — et parfois une longue frange rose ou violette.

Le défilé s'est achevé par la traditionnelle robe de mariée blanche au bustier asymétrique twistée et au jupon drapé et rebrodé de fleurs blanches.

Cette entrée remarquée dans la couture a attiré un parterre de personnalités, de Rihanna à Jennifer Lawrence, en passant par son prédécesseur John Galliano et Brigitte Macron.

- Aristo-punk -

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison-phare de LVMH.

Après une première collection homme saluée en juin et une ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, le styliste a présenté mercredi à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.

Entre tops à sequins, manteaux-capes inspirés des imprimés de Paul Poiret, vestes Bar en pied-de-poule et chaussures à motifs lézard, le tout surmontés de perruques jaune acide, le couturier a livré une ligne aristo-punk plus fidèle à son esprit subversif que la précédente qui n'a pas manqué de faire réagir.

- Blazy très attendu -

L'attente est également très forte chez Chanel, où Matthieu Blazy présentera mardi au Grand Palais sa toute première collection haute couture.

Le Franco-Belge de 41 ans, arrivé en décembre 2024 après son passage remarqué chez Bottega Veneta (Kering), avait impressionné dès octobre avec une première collection prêt-à-porter féminin encensée.

Il a également démontré sa maîtrise des savoir-faire de la maison lors du défilé Métiers d'art présenté en décembre à New York, un show marquant organisé dans le métro.

Jusqu'à jeudi, 28 maisons présentent leurs créations dans le cadre de la semaine de la haute couture.

Comme à son habitude, la maison italienne Schiaparelli a ouvert lundi matin le bal avec une collection sculpturale très animalière, où ailes et queue de scorpions complètent des silhouettes glamour, sous le regard de personnalités comme Jeff Bezos et son épouse Lauren Sánchez ou l'actrice Demi Moore.

Chez Georges Hobeika, la femme se fait bijou, des têtes couvertes de diadèmes aux traînes chamarrées. Des perles géantes sont suspendues aux robes fourreaux, des diamants couvrent les lourds drapés et les voiles bouffants. Les parures se confondent avec les corps, dans cette collection baptisée "Amour".

L'écru domine le vestiaire du créateur libanais, associé à son fils Jad, qui ont donné à voir leurs modèles dans la cathédrale américaine de Paris, alliant solennité et mystique.