70 ans de règne d'Elizabeth II: le Royaume-Uni se prépare à la fête

Le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II (Photo, AFP).
Le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

70 ans de règne d'Elizabeth II: le Royaume-Uni se prépare à la fête

  • Si les récents problèmes de santé et de mobilité de la reine de 96 ans ont fait craindre qu'elle ne soit en retrait, la souveraine a multiplié les apparitions surprises ces derniers jours
  • Mais signe de la transition en cours, son fils le prince Charles, héritier de la couronne, l'a remplacée pour le discours annuel marquant le début de l'année parlementaire

LONDRES: Parade, pique-nique dans tout le pays, concert et famille royale au balcon: le Royaume-Uni célèbre la semaine prochaine les 70 ans de règne d'Elizabeth II, un record historique fêté dans une période de transition pour la monarchie.

Eprouvés par les divisions du Brexit, fatigués par la pandémie et ses confinements et désormais étranglés par la hausse des prix, les Britanniques pourront profiter dès jeudi 2 juin d'un week-end prolongé.

Si les récents problèmes de santé et de mobilité de la reine de 96 ans ont fait craindre qu'elle ne soit en retrait, la souveraine a multiplié les apparitions surprises ces derniers jours, pour inaugurer une ligne de métro portant son nom, assister à un spectacle équestre ou parcourir les allées d'un grand événement horticole en voiturette de golf avec chauffeur.

Mais signe de la transition en cours, son fils le prince Charles, héritier de la couronne, l'a remplacée pour le discours annuel marquant le début de l'année parlementaire. Il se charge déjà depuis plusieurs années de la représenter à l'étranger.

Devant les députés jeudi, le Premier ministre Boris Johnson rendra hommage à la cheffe d'Etat, "roc" auquel les Britanniques sont "ancrés" depuis sept décennies, une "femme remarquable" qui a "dédié sa vie à son peuple", au Commonwealth et "à l'idée même de ce que peut et doit être une monarchie constitutionnelle", selon des extraits de son discours.

Elizabeth II a accédé au trône à 25 ans, le 6 février 1952, lorsque son père le roi George VI est mort d'un cancer du poumon à 56 ans.

Doyenne des souverains en vie, elle s'est récemment hissée à la troisième place en termes de longévité chez les monarques d'Etats souverains, devancée par le roi de France Louis XIV, mort en 1715 et le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (Rama IX), décédé en 2016.

Pique-nique géant

A Londres, d'Oxford Street au Mall, avenue au macadam ocre qui mène au palais de Buckingham, les drapeaux s'affichent fièrement, préfigurant l'ampleur des festivités.

Elles commenceront le jeudi avec le Salut aux couleurs ("Trooping The Colour"), qui marque l'anniversaire officiel de la reine, avec plus de 1 500 militaires et musiciens, 240 chevaux et un survol de la Royal Air Force.

La traditionnelle apparition au balcon sera limitée aux membres actifs de la famille royale. Ont été exclus le prince Harry et son épouse Meghan, bien qu'en visite depuis leur exil californien, ainsi que le prince Andrew, qui a dû verser des millions de livres sterling pour éviter un procès aux Etats-Unis pour agressions sexuelles.

Egalement au programme, cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Paul le vendredi et courses hippiques et grande fête au palais de Buckingham le samedi.

Au total, plus de 200 000 événements sont prévus, et les organisateurs anticipent la participation de 10 millions de personnes aux pique-niques du jubilé le dimanche 5 juin.

Ce jour-là, une grande parade rendra hommage à la monarque et à la diversité du peuple britannique. Elle rassemblera 10 000 militaires, artistes et bénévoles. En comptant toutes formes de diffusion dans le monde entier, le spectacle devrait être vu par un milliard de personnes, selon les organisateurs.

Crépuscule ou renouveau: après Elizabeth II, la monarchie britannique face à un tournant

Elizabeth II, "la Dernière"? Si le crépuscule de son règne suscite chez les républicains britanniques l'espoir d'un basculement de régime, la monarchie a de grandes chances de lui survivre, temporisent des spécialistes de la royauté. A condition de se réinventer.

Graham Smith, le directeur du mouvement Republic, qui milite pour un président élu et non partisan comme chef d'Etat à la place du souverain, admet que son heure n'est pas venue: "On ne s'attend pas à ce que la monarchie soit abolie tant que la reine sera sur le trône" car elle jouit d'un important "soutien populaire".

Mais la question deviendra plus pressante quand son fils aîné, le prince Charles, moins apprécié, lui succédera, affirme-t-il auprès de l'AFP. 

Concert, parades, pique-niques... les Britanniques se préparent à fêter dans l'allégresse, quatre jours durant début juin, un jubilé de platine inédit pour les 70 ans de règne d'Elizabeth II. 

Symbole intrinsèque du Royaume-Uni, la souveraine de 96 ans montée sur le trône en 1952 a traversé les époques, omniprésente à travers plusieurs générations de Britanniques et socle d'une monarchie parfois fortement secouée par les scandales. 

«Très British, très excentrique»

"L'échelle est monumentale", a souligné récemment à l'AFP Adrian Evans, chef d'orchestre de la parade, qui promet un spectacle "très, très British, très excentrique".

Parmi les différents tableaux de la parade, l'un rendra un hommage plus personnel à la reine, en mettant notamment en scène corgis et chevaux, animaux auxquels la souveraine est particulièrement attachée.

Pour l'occasion, les pubs pourront ouvrir jusqu'à une heure du matin, deux heures de plus que d'habitude. La bière coulera à flots: la British Beer and Pub association estime que 90 millions de pintes de bières seront vendues pour le jubilé, et que le secteur profitera d'un coup de fouet de 105 millions de livres sterling (124 millions d'euros).

Selon une étude publiée par le groupe de réflexion British Future, deux tiers de la population est intéressée par le jubilé et une majorité estime qu'il représente l'occasion de rassembler. 58% veulent conserver la monarchie, tandis que 25% estiment que la fin du règne d'Elizabeth II serait le bon moment pour que le Royaume-Uni devienne une République.

Mais, souligne l'étude, le soutien moins important chez les jeunes et au sein des minorités ethniques traduit la nécessité pour la monarchie de se moderniser si elle veut rester dans le coeur de tous les Britanniques.

Elizabeth II, monarque habituée des records

Soixante-dix ans de règne pour une monarque de 96 ans qui a fait 42 fois le tour de la terre: la reine Elizabeth II, dont les Britanniques s'apprêtent à fêter le Jubilé de platine, est une habituée des records.

Longévité 

Elizabeth II règne depuis 70 ans et presque 4 mois. Au Royaume-Uni, le précédent record était détenu par son arrière-arrière-grand-mère la reine Victoria, qui avait régné 63 ans, 7 mois et 2 jours (du 20 juin 1837 à sa mort le 22 janvier 1901).

A 96 ans, la reine Elizabeth est aussi la monarque en exercice la plus âgée au monde.

Seuls deux rois ont régné plus longtemps qu'elle: le roi Louis XIV (plus de 72 ans entre 1643 et 1715) et le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (70 ans et 4 mois, du 9 juin 1946 au 13 octobre 2016).

Globetrotter 

Elle a visité en tant que reine plus de 100 pays - autre record pour un souverain britannique - et effectué plus de 150 visites dans les pays du Commonwealth. Elle s’est rendue 22 fois au Canada – plus que dans aucun autre pays-  et 13 fois en France, dont elle parle la langue, plus que dans aucun autre pays européen.

Le Daily Telegraph a calculé qu'elle avait fait l'équivalent de 42 fois le tour de la terre avant d’arrêter les voyages à l'étranger en novembre 2015 à 89 ans.

Sa plus longue tournée à l'étranger avait duré 168 jours (novembre 1953- mai 1954), elle avait visité 13 pays.

Très occupée

"Je déclare devant vous, que toute ma vie, qu'elle soit longue ou courte, sera consacrée à votre service" avait déclaré Elizabeth, encore princesse, le jour de ses 21 ans.

Elle a mené durant son règne quelque 21.000 engagements, approuvé par "sanction royale" quelque 4.000 projets de loi, et reçu de très nombreux dignitaires dans le cadre de 112 visites d'Etat. Parmi eux l’empereur Haïlé Selassié (Ethiopie, 1954), l’empereur du Japon Hirohito (1971), le président polonais Lech Walesa (1991) et le président américain Barack Obama (2011).

Plus de 180 garden parties ont été organisées à Buckingham Palace, auxquelles ont assisté plus de 1,5 million de personnes.

14 Premiers ministres 

Elle a connu 14 premiers ministres, de Winston Churchill (1952-1955) à Boris Johnson, qui lors d'audiences en principe hebdomadaires l'ont tenue informée des principaux développements du moment.

La reine Elizabeth a aussi rencontré 13 des 14 présidents américains, de Harry Truman (1945-1953) à Joe Biden. Lyndon Johnson (1963-1969) est le seul qui manque.

La reine, cheffe de l’église anglicane, très croyante et pratiquante, a rencontré quatre papes en visite officielle: Jean XXIII (1961), Jean-Paul II (1980, 1982 et 2000), Benoît XVI (2010) et le pape François (2014).

Un million de cartes de félicitations 

Elle a envoyé quelque 300 000 cartes de félicitations à des centenaires et plus de 900 000 à des couples célébrant leurs noces de diamant (60 ans). Elle-même est restée mariée plus de 73 ans au prince Philip, décédé en avril 2021, encore un record pour un monarque britannique.

Plus de 200 portraits  

Elle a posé pour plus de 200 portraits, dont le premier quand elle avait 7 ans.

Parfois pionnière 

La reine Elizabeth a été le premier monarque britannique à visiter la Chine, en 1996, et à s'adresser à la Chambre des représentants à Washington, le 16 mai 1991.

La reine avait envoyé son premier email le 26 mars 1976, lors d'une visite d'un centre de recherches du ministère de la Défense. 

En 1997, elle avait lancé le premier site internet officiel pour Buckingham Palace. 

En 2014 elle a envoyé son premier tweet, et en 2019 son premier post Instagram.

Vidéo avec James Bond 

C'est la seule monarque à avoir (presque) sauté en parachute avec James Bond: dans une vidéo réalisée pour l'ouverture des JO de 2012 à Londres, on la voit recevoir l'espion interprété alors par Daniel Craig à Buckingham Palace avant que tous deux fassent mine d'embarquer dans un hélicoptère, de survoler Londres et sauter en parachute au dessus du stade Olympique où l'arrivée (réelle) de la reine avait été saluée d'une ovation.


L’Institut du monde arabe rend hommage à Leila Shahid

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
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  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix"
  • "Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne"

PARIS: Mardi 31 mars 2026, l’Institut du monde arabe rendra hommage à Leila Shahid pour une soirée exceptionnelle. Proches, amis et compagnons de route évoqueront son parcours et son engagement, avec notamment les interventions d’Elias Sanbar, Karim Kattan et de nombreux invités. Un moment de mémoire et de dialogue pour saluer une grande voix de la Palestine.

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark.

Elle a ensuite été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d'occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l'UE durant la décennie suivante.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix".

"Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne".

"Combattante infatigable" 

L'ancien Premier ministre français et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué, toujours sur X, "une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts", qui "fut de celles et ceux qui, dès les premières heures, crurent obstinément à la possibilité d'une paix juste et durable au Proche-Orient".

De nombreuses réactions en France sont venues de la gauche, à l'instar de l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry, qui a évoqué une "inlassable militante pour la reconnaissance d'un État palestinien et pour la paix avec Israël".

"Leïla Shahid aura été de ces diplomates exemplaires qui marquent une génération", a pour sa part réagi dans un communiqué l'Institut du Monde Arabe (IMA): "Combattante infatigable, héroïne des temps modernes, elle portait la Palestine en elle avec force et dignité".

"Le désastre des souffrances du peuple palestinien à Gaza l'a hantée jusqu’à sa fin tragique", ajoute l’institution parisienne.

Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n'avait eu de cesse d'appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.

Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait "pessimiste" quant à l'avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de "ce qu'il reste comme territoires palestiniens".


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.