Qui aura la Palme ? Le Festival de Cannes rend son verdict samedi

L'acteur français François Cluzet pose lors d'un photocall pour le film "Mascarade" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
L'acteur français François Cluzet pose lors d'un photocall pour le film "Mascarade" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 28 mai 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Qui aura la Palme ? Le Festival de Cannes rend son verdict samedi

  • Après avoir visionné les 21 films en compétition, le jury s'est retiré dans le plus grand secret, pour choisir qui recevra une Palme plus chic que jamais: incrustée de 100 diamants pour cette 75e édition
  • Avant d'entrer dans le dur, «Les bonnes étoiles» du Japonais Kore-eda, un film sur une mère abandonnant son bébé, en lice pour la Palme d'or, a remporté le prix du jury oecuménique

CANNES: Après la claque de "Titane", les jeux sont ouverts pour la Palme d'Or décernée samedi soir, entre un jeune réalisateur qui interroge la masculinité ("Close"), un thriller sud-coréen ou le film des frères Dardenne qui pourrait obtenir un triplé inédit. 


Après avoir visionné les 21 films en compétition, le jury s'est retiré dans le plus grand secret, pour choisir qui recevra une Palme plus chic que jamais: incrustée de 100 diamants pour cette 75e édition.


Avant d'entrer dans le dur, "Les bonnes étoiles" du Japonais Kore-eda, un film sur une mère abandonnant son bébé, en lice pour la Palme d'or, a remporté le prix du jury oecuménique.


Autre film de la compétition d'ores et déjà récompensé: "Boy from heaven" de Tarik Saleh, plongée dans les arcanes politico-religieuses en Egypte, s'est vu décerner le prix François Chalais, qui récompense un film qui traduit "au mieux la réalité du monde".


Mais ce n'est qu'à 20H30 (18H30 GMT) que débutera la cérémonie que tous attendent, retransmise sur France 2 et la chaîne en ligne Brut. 


Le président du jury, le Français Vincent Lindon, tâchera de ne pas se prendre les pieds dans le tapis comme son prédécesseur Spike Lee qui, en 2021, révélait par mégarde la Palme d'or au début de la cérémonie.


A ses côtés, figurent notamment l'actrice et réalisatrice Rebecca Hall ("Vicky Cristina Barcelona"), la révélation de "Millenium" Noomi Rapace, les réalisateurs Asghar Farhadi (Grand prix 2021 avec "Un héros"), Ladj Ly ("Les misérables", prix du jury 2019) et Joachim Trier ("Julie en 12 chapitres").

Jeune talent 
Les jeux restent ouverts pour succéder à Julia Ducournau, la trentenaire qui a secoué la Croisette et dépoussiéré la compétition l'an dernier avec "Titane".


Les chances de voir une troisième réalisatrice couronnée dans l'histoire du Festival semblent minces: l'Américaine Kelly Reichardt n'a pas transporté son public avec "Showing Up", pas plus que la Française Claire Denis ("Stars at Noon"). Et la marche semble un peu haute pour les jeunes talents Charlotte Vandermeersch et Léonor Serraille.


Un couronnement de Lukas Dhont, Belge de 31 ans à la carrière météorique, enverrait un signal supplémentaire de rajeunissement pour la 75e édition du plus important festival de cinéma, qui souhaite ne pas perdre le lien avec les nouveaux publics.


Son film "Close", déchirant, l'a emporté à l'applaudimètre en projection officielle (12 minutes de vivats). Il dresse le portrait d'un garçon meurtri par une amitié perdue, abordant avec délicatesse la question de la masculinité et du poids des normes. Et révèle un talent, le jeune Eden Dambrine, 15 ans.


Mais il n'est pas seul sur les rangs: le jury pourrait suivre la majorité des critiques internationaux interrogés par le magazine Screen, et distinguer Park Chan-wook, qui rapporterait ainsi une deuxième Palme d'or à la Corée du Sud, trois ans après "Parasite" de Bong Joon-ho.


"Decision to Leave", son thriller sur un inspecteur qui tombe amoureux d'une suspecte, qui rappelle "Basic Instinct".


Faire rêver 
Sont également cités les frères Dardenne pour "Tori et Lokita", qui pourrait leur valoir une troisième Palme d'or, du jamais vu dans l'histoire de Cannes.


Autres favoris: l'Américain James Gray, très autobiographique dans "Armageddon Time" ou bien "La Femme de Tchaïkovski" du Russe Kirill Serebrennikov, sur l'épouse du compositeur, longtemps restée dans l'ombre.


Le couronnement de cet artiste russe, en rupture avec le régime, serait un évènement en soi en pleine guerre en Ukraine, au terme d'un Festival qui a mis un point d'honneur à offrir une large place à ce pays: dès la cérémonie d'ouverture, le président Zelensky a convoqué, en direct de Kiev, l'esprit de Chaplin et promis la défaite de Poutine.


Les surprises sont toujours possibles, voire incontournables, au terme d'un festival qui espère aider les cinémas à attirer à nouveau les foules en salles, comme avant la Covid.


Pour faire rêver le public, la 75e édition du Festival a dégainé cette année, hors compétition, la méga-star Tom Cruise, venue présenter le nouveau "Top Gun", ou encore la nouvelle coqueluche d'Hollywood, Austin Butler, dans le rôle d'Elvis pour le biopic-évènement du "King".


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
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  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".