Pandémie et récession ne freinent pas l'élan de Tesla

Tesla a su rebondir rapidement après la fermeture temporaire de ses usines provoquée par la pandémie, en Chine d'abord puis dans le reste du monde (Photo, AFP)
Tesla a su rebondir rapidement après la fermeture temporaire de ses usines provoquée par la pandémie, en Chine d'abord puis dans le reste du monde (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 22 octobre 2020

Pandémie et récession ne freinent pas l'élan de Tesla

  • Son bénéfice net a plus que doublé, à 311 millions de dollars, tandis que son chiffre d'affaires s'envolait de 39%, à 8,8 milliards de dollars
  • Son bénéfice net a plus que doublé, à 311 millions de dollars, tandis que son chiffre d'affaires s'envolait de 39%, à 8,8 milliards de dollars

NEW YORK : Tesla, le fabricant de véhicules électriques dirigé par le tumultueux Elon Musk, est parvenu à gagner de l'argent pour le cinquième trimestre de suite, de juillet à septembre, une période pourtant marquée par la pandémie de coronavirus et les difficultés économiques.

Son bénéfice net a plus que doublé, à 311 millions de dollars, tandis que son chiffre d'affaires s'envolait de 39%, à 8,8 milliards de dollars. 

Sur la même période, les constructeurs traditionnels comme General Motors ou Ford ont, eux, vu leurs ventes se replier.

Mais Tesla parvient à tirer son épingle du jeu car les acheteurs de ses voitures, aux prix relativement élevés, sont plus aisés et donc « un peu moins exposés aux tendances qui dominent l'économie américaine actuellement », estime Nick Shields, analyste pour Third Bridge. 

Le groupe profite aussi, selon lui, de l'intérêt croissant pour les véhicules électriques, un secteur sur lequel Tesla « a clairement pris le dessus pour l'instant ». 

Tesla a par ailleurs su rebondir rapidement après la fermeture temporaire de ses usines provoquée par la pandémie, en Chine d'abord puis dans le reste du monde. 

« Ils ont fait face à de gros problèmes de production il y a quelques années avec le Model 3 (...). Il semblerait qu'ils aient retenu la leçon et qu'ils l'appliquent maintenant pour la montée en puissance de la production du Model Y », remarque M. Shields. 

Le groupe a même affirmé que son objectif de livrer 500.000 véhicules en 2020, fixé avant la propagation du Covid-19 dans le monde, restait intact.

M. Musk avait été un peu plus évasif lors de la récente assemblée générale annuelle du groupe en estimant que les livraisons devraient s'afficher en hausse de 30% à 40% par rapport à l'an dernier, soit entre 477.750 et 514.500 véhicules.

Mais Tesla a bien confirmé mercredi ses estimations initiales, en y ajoutant néanmoins quelques précautions.

« Atteindre cet objectif dépendra principalement de l'augmentation d'un trimestre à l'autre des ventes de (son crossover) Model Y et de la production (dans son usine de) Shanghai », précise le groupe. 

Il faudra aussi, indique Tesla, parvenir à des améliorations dans la logistique et la livraison.

Nouveau système d'aide à la conduite

Tesla pourra se servir de cette expertise quand il débutera la production de ses futurs modèles, dont le semi-remorque Semi, le pick-up Cybertruck ou la voiture à 25.000 dollars récemment promise par Elon Musk.  

Le prix de base de son modèle le moins onéreux, sans les subventions aux voitures décarbonées, est actuellement de 38.000 dollars.

« On continue à grandir du mieux qu'on peut tout en se concentrant sur le coût et en améliorant la qualité », a souligné M. Musk lors d'une conférence téléphonique mercredi. Le but, a-t-il ajouté, est de faire les meilleurs produits « à un prix accessible ». 

Le dirigeant a aussi confirmé le lancement, mardi soir, de tests pour son nouveau système d'aide à la conduite baptisé « Full Self-Driving ».

« On commence doucement et avec beaucoup de précautions car le monde est un endroit complexe et imprévisible », a souligné M. Musk. 

Au troisième trimestre, outre des livraisons en hausse de 43%, Tesla a profité des revenus générés par le crédit-carbone: ceux-ci ont presque triplé à 397 millions de dollars.

Ses dépenses opérationnelles ont dans le même temps bondi de 35%, alors que le groupe a engagé la construction de deux nouvelles usines, à Austin au Texas et près de Berlin, en Allemagne, et étend celle de Shanghai.

Mais même sans les recettes du crédit-carbone, la marge brute du groupe dépasse les attentes, remarque Dan Ives de Wedbush.

« Ce niveau continu de rentabilité est un élément clé pour les investisseurs qui parient sur le titre et reflète une stratégie qui permet au groupe de rester dans le vert malgré la tempête sans précédent provoquée par le Covid-19 », note le spécialiste.

A Wall Street, l'action prenait plus de 3% dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance officielle. 

Elle a plus que quadruplé en Bourse depuis le début de l'année et Tesla est devenu cet été le groupe automobile le plus cher en Bourse dans le monde, devant Toyota et Volkswagen, alors même que ses ventes et ses bénéfices sont bien moins élevés.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.