Embargo sur les énergies russes : après le pétrole, l'UE temporise sur le gaz

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la conférence de presse de clôture d'un sommet de l'Union européenne sur l'Ukraine, la défense et l'énergie, à Bruxelles le 31 mai 2022. (Photo, AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la conférence de presse de clôture d'un sommet de l'Union européenne sur l'Ukraine, la défense et l'énergie, à Bruxelles le 31 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 31 mai 2022

Embargo sur les énergies russes : après le pétrole, l'UE temporise sur le gaz

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la conférence de presse de clôture d'un sommet de l'Union européenne sur l'Ukraine, la défense et l'énergie, à Bruxelles le 31 mai 2022. (Photo, AFP)
  • En matière de sanctions, «le gros morceau sur l'énergie est en place et fonctionne», a estimé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen
  • Bruxelles a par ailleurs présenté récemment un plan à 210 milliards d'euros qui prévoit une accélération des énergies renouvelables et des économies d'énergie pour s'affranchir «le plus vite possible» du gaz acheté à Moscou

BRUXELLES: Après avoir peiné à s'accorder sur un embargo pétrolier contre Moscou, l'UE hésitait mardi à envisager des sanctions visant le gaz russe dont elle est encore plus dépendante, certains dirigeants plaidant plutôt pour une « pause ». 

Le sixième paquet de sanctions « est un grand pas en avant. Et je pense que nous devrions faire une pause maintenant », a déclaré le Premier ministre belge Alexander De Croo à son arrivée pour la seconde journée du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Bruxelles. 

Les dirigeants des Vingt-Sept ont trouvé un accord lundi soir qui devrait permettre de réduire de quelque 90% leurs importations de pétrole russe d'ici la fin de l'année afin de tarir le financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine. 

« Ce paquet, mettons-le d'abord en pratique (...) Le gaz, c'est beaucoup plus compliqué. C'est donc une étape importante. Arrêtons-nous là pour le moment et voyons quel est l'impact », a plaidé M. De Croo. 

En matière de sanctions, « le gros morceau sur l'énergie est en place et fonctionne », a estimé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, affichant désormais d'autres priorités. « Maintenant que nous avons mis en place la structure sur l'élément énergétique, il est important selon moi que nous visions les secteurs économiques et financiers » de la Russie. 

L'embargo pétrolier a nécessité un mois de négociation pour régler les difficultés posées à la Hongrie et à la Slovaquie, deux Etats enclavés et dépendants de leurs importations russes. 

« Il y a deux mois, personne ne pensait envisageables les sanctions sur le pétrole russe (…) c'est pourquoi ce 6e paquet est historique », s'est félicité le président français Emmanuel Macron. Concernant des mesures visant le gaz, « il ne faut rien exclure parce que nul ne sait dire comment les choses évolueront », a-t-il ajouté. 

« Nous devrons parler d'un septième paquet de sanctions parce que la situation ne s'améliore pas en Ukraine. Mais le gaz est bien sûr beaucoup plus difficile que le pétrole », a souligné la Première ministre de l'Estonie Kaja Kallas. « Le gaz doit faire partie du septième paquet, mais je suis également réaliste, je ne pense pas qu'il y sera », a-t-elle estimé. 

Miser sur les renouvelables 

« L'embargo sur le gaz ne sera pas dans le prochain train de sanctions », a renchéri le chancelier autrichien Karl Nehammer. 

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l'UE. Elle fournit annuellement 150 milliards de m3 de gaz, soit 40% des importations de l'UE. 

L'UE, qui a déjà décidé de se passer de charbon russe à partir du mois d'août, a trouvé d'autres fournisseurs aux Etats-Unis pour un tiers de ses achats de gaz russe. 

Bruxelles a par ailleurs présenté récemment un plan à 210 milliards d'euros qui prévoit une accélération des énergies renouvelables et des économies d'énergie pour s'affranchir « le plus vite possible » du gaz acheté à Moscou. 

« Personne ne veut acheter de l'énergie à la Russie. La Russie, un pays barbare, un pays sur lequel on ne peut compter en aucune façon », a lancé mardi le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. 

« C'est pourquoi nous discutons de la manière de nous éloigner rapidement non seulement des hydrocarbures russes comme le charbon ou le pétrole, mais aussi, à plus long terme, du gaz », a-t-il expliqué. 

Pour l'Europe, il s'agit aussi de se prémunir contre une possible interruption des approvisionnements. 

Le géant gazier russe Gazprom a déjà décidé de couper les livraisons à cinq pays: Pologne, Bulgarie, Finlande, Pays-Bas et Danemark, des pays qui ont refusé les conditions de paiement de Gazprom. 

La Commission européenne rejette le paiement du gaz en roubles, comme l'exige le Kremlin, estimant qu'il s'agit d'une violation des sanctions. Les compagnies énergétiques sont tenues de respecter les conditions de paiement des contrats conclus avec Gazprom (97% prévoient un règlement en dollars ou en euros), sous le contrôle des Etats membres. 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.