Renforcement de l'armée allemande: «on sait comment ça peut se finir», tacle Moscou

«Nous prenons cela comme une confirmation supplémentaire que Berlin a pris la voie d'une nouvelle remilitarisation. On sait bien comment ça peut se finir», a lâché la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. (AFP)
«Nous prenons cela comme une confirmation supplémentaire que Berlin a pris la voie d'une nouvelle remilitarisation. On sait bien comment ça peut se finir», a lâché la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 03 juin 2022

Renforcement de l'armée allemande: «on sait comment ça peut se finir», tacle Moscou

  • Le gouvernement et l’opposition conservatrice en Allemagne ont trouvé fin mai un accord pour faire une entorse aux règles budgétaires de la constitution nationale
  • Le déblocage de 100 milliards d'euros pour l'armée nationale constitue un revirement de taille pour l'Allemagne

MOSCOU: Le ministère russe des Affaires étrangères a critiqué vendredi un projet de l'Allemagne de renforcer son armée, estimant que cela relevait d'une "remilitarisation", référence à la période nazie (1933-1945).

Le gouvernement et l’opposition conservatrice en Allemagne ont trouvé fin mai un accord pour faire une entorse aux règles budgétaires de la constitution nationale, afin de débloquer 100 milliards d'euros pour moderniser les forces allemandes face à la menace russe.

"Nous prenons cela comme une confirmation supplémentaire que Berlin a pris la voie d'une nouvelle remilitarisation. On sait bien comment ça peut se finir", a lâché la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Celle-ci semble faire référence au réarmement de l'Allemagne par les nazis dans les années 1930, qui a été suivi par le déclenchement par le dictateur Adolf Hitler de la Seconde guerre mondiale (1939-1945).

Allemagne: feu vert au fonds exceptionnel de 100 milliards d'euros pour l'armée

Le Bundestag, chambre basse du Parlement, a approuvé vendredi une modification de la constitution pour la mise en place d'un fonds exceptionnel de 100 milliards d'euros visant à moderniser l'armée allemande face à la menace russe.

Cette adoption à une majorité des deux-tiers par les députés doit permettre de remplir la promesse faite par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz fin février après le déclenchement de l'invasion russe en Ukraine: réarmer le pays au cours des prochaines années et moderniser la Bundeswehr, dont les équipements sont vétustes.

Le Bundesrat, la Chambre haute du Parlement, devra encore valider la décision.

Pour la première économie européenne, il s'agit d'assurer la défense de son territoire et de remplir ses engagements envers l'Alliance atlantique, en atteignant l'objectif de consacrer 2% du PIB national par an à la défense.

"C'est le moment où l'Allemagne dit: nous sommes là, quand l'Europe a besoin de nous", a lancé la cheffe de la Diplomatie, l'écologiste Annalena Baerbock, devant les députés.

La part du lion, soit 40,9 milliards, reviendra à l'armée de l'air, avec l'acquisition de 35 avions de chasse américains de type F-35, des Eurofighter ECR de reconnaissance, et 60 hélicoptères lourds CH-47F Chinook de Boeing.

Près de 20 milliards seront investis dans la marine, avec de nouvelles corvettes lance-missiles, des frégates et un sous-marin 212 CD.

Plus de 16 milliards renforceront l'armée de terre avec des chars d'assaut Marder et de transport de troupe Fuchs.

Le reste sera dédié à la modernisation des réseaux de communication, au développement du numérique, à la recherche et à l'équipement des troupes.

"L'Allemagne disposera bientôt en Europe de la plus grande armée conventionnelle dans le cadre de l'Otan", avait récemment assuré Olaf Scholz.

Le fonds exceptionnel est financé par de la dette supplémentaire. Pour cela, il a fallu contourner les règles inscrites dans la constitution nationale, appelées "frein à l'endettement", qui limitent strictement les possibilités de déficit budgétaire.

C'est pourquoi le gouvernement de coalition entre sociaux-démocrates, écologistes et libéraux a eu besoin de l'appui de la principale force d'opposition, les conservateurs CDU/CSU.

Le déblocage de 100 milliards d'euros pour l'armée nationale constitue un revirement de taille pour l'Allemagne qui, ces dernières années, traînait des pieds pour se conformer aux engagements de l'Otan dans ce domaine, s'attirant régulièrement les foudres des Etats-Unis.

L'Allemagne, depuis la fin de la Guerre froide, a nettement réduit les effectifs de son armée, passés de 500 000 personnes environ lors de la réunification du pays en 1990 à tout juste 200 000 aujourd'hui.

Par ailleurs, les responsables militaires se plaignent régulièrement de pannes sur leurs avions de chasse, navires de guerre ou chars.

L'offensive russe en Ukraine a agi comme un électrochoc dans un pays pétri de pacifisme depuis les horreurs nazies.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.