L'ambassadeur d'Ukraine à Ankara accuse la Turquie d'acquérir du blé «volé» par la Russie

L'ambassadeur ukrainien en Turquie Vasyl Bodnar donne une conférence de presse au bâtiment de l'ambassade à Ankara le 24 février 2022 (Photo, AFP).
L'ambassadeur ukrainien en Turquie Vasyl Bodnar donne une conférence de presse au bâtiment de l'ambassade à Ankara le 24 février 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 04 juin 2022

L'ambassadeur d'Ukraine à Ankara accuse la Turquie d'acquérir du blé «volé» par la Russie

  • Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov doit venir en Turquie mercredi pour en discute
  • Kiev exportait chaque mois 12% du blé mondial, 15% du maïs et 50% de l'huile de tournesol

ISTANBUL: L'ambassadeur d'Ukraine à Ankara a accusé vendredi la Russie de "voler" et d'exporter des céréales ukrainiennes notamment vers la Turquie.

"La Russie vole sans vergogne les céréales d'Ukraine et les exporte depuis la Crimée à l'étranger, notamment vers la Turquie", a dénoncé Vasyl Bodnar dans un message sur Twitter.

"Nous avons demandé l'aide de la Turquie pour résoudre le problème", ajoute-t-il.

Le représentant de Kiev, qui s'exprimait à l'occasion du 100e jour de l'invasion de son pays par la Russie, a dressé un bilan général des pertes subies par son pays et des dégâts occasionnés par l'armée russe.

L'Ukraine était en passe juste avant la guerre de devenir le troisième exportateur mondial de blé et assurait à elle seule la moitié du commerce mondial de graines et d'huile de tournesol.

La Turquie est considérée comme une allié de l'Ukraine à laquelle elle fournit des drones de combat, mais Ankara veille à garder une position neutre envers la Russie, dont elle dépend pour ses approvisionnements en énergie et en céréales, afin de proposer une médiation entre les deux pays.

Ankara a offert son aide, à la demande des Nations unies, pour sécuriser des corridors marins permettant d'exporter les céréales ukrainiennes.

Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov doit venir en Turquie mercredi pour en discuter.

Kiev exportait chaque mois 12% du blé mondial, 15% du maïs et 50% de l'huile de tournesol.

Le conflit qui bloque les exportations dans les silos en raison du blocus des ports ukrainiens par la marine russe et des mines en Mer Noire fait flamber les prix sur les marchés agricoles et peser un grave risque de famine dans les pays qui en dépendent, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.


San Francisco veut autoriser sa police à utiliser des robots capables de tuer

La police de Dallas utilise un robot pour accéder à un fourgon blindé, dont les autorités pensent qu'il était truffé d'explosifs, et qui était conduit par un suspect qui a attaqué le quartier général de la police de Dallas, au Texas, le 13 juin 2015. (Photo par Stewart F. House / Getty Images North America / Getty Images via AFP)
La police de Dallas utilise un robot pour accéder à un fourgon blindé, dont les autorités pensent qu'il était truffé d'explosifs, et qui était conduit par un suspect qui a attaqué le quartier général de la police de Dallas, au Texas, le 13 juin 2015. (Photo par Stewart F. House / Getty Images North America / Getty Images via AFP)
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  • «L'usage de robots dans des situations potentiellement meurtrières est une option de dernier recours», a assuré dans un communiqué le chef de la police de San Francisco, William Scott
  • Seuls des officiers haut placés de la police pourraient donner l'ordre d'utiliser un robot pour tuer, selon le communiqué

SAN FRANCISO : San Francisco envisage d'autoriser ses policiers à utiliser des robots tueurs, une décision polémique défendue jeudi comme une «solution de dernier recours» par la police de cette ville américaine.

Le conseil municipal de San Francisco s'est montré favorable mardi, par 8 voix contre 3, à l'adoption d'une résolution prévoyant l'usage par les forces de l'ordre de robots capables de tuer dans certains cas extrêmes, comme les attaques terroristes ou les tueries de masses, très fréquentes aux Etats-Unis.

Cette décision, qui doit encore être définitivement adoptée lors d'un conseil municipal prévu le 6 décembre selon le New York Times, nourrit une intense polémique. Ses opposants craignent qu'elle débouche sur une augmentation des violences policières et un futur digne des films «Terminator».

«L'usage de robots dans des situations potentiellement meurtrières est une option de dernier recours», a assuré dans un communiqué le chef de la police de San Francisco, William Scott.

«Nous vivons une époque où la violence de masse devient plus fréquente», a-t-il insisté. «Nous avons besoin de cette option pour sauver des vies, au cas où ce genre de tragédie se produirait dans notre ville.»

Seuls des officiers haut placés de la police pourraient donner l'ordre d'utiliser un robot pour tuer, selon le communiqué.

La police de San Francisco possède actuellement plusieurs robots, qu'elle peut contrôler à distance et qui sont utilisés «lors d'alertes à la bombe, de matériaux dangereux et d'autre incidents où les policiers doivent garder leurs distances avant de sécuriser les lieux», selon le communiqué.

La nouvelle mesure permettrait d'utiliser ces robots pour placer une «charge explosive» capable de «neutraliser ou désorienter un suspect violent armé ou dangereux qui menace de prendre des vies», selon la police.

«Les robots équipés de cette manière seraient uniquement utilisés pour sauver des vies innocentes», a martelé la police.

«C'est une politique horrible et l'exact opposé de comment la police devrait utiliser les robots», a réagi sur Twitter Paul Scharre le vice-président du Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington.

«L'avantage des robots est de créer plus de distance entre les forces de l'ordre et une menace, précisément pour qu'elle n'ait pas besoin de recourir à la force létale», a-t-il ajouté, en soulignant que les policiers peuvent utiliser de nombreux moyens pour neutraliser un assaillant sans le tuer -- tasers, grenades aveuglantes, gaz lacrymogène, etc.

Pour lui, la décision de San Francico, qui risque d'être suivie par d'autres villes, «est un nouvel exemple de la militarisation de la police américaine», a-t-il dénoncé.


Poutine juge « inévitable » de bombarder l'infrastructure ukrainienne

Le président russe Vladimir Poutine assiste à une réunion avec les participants du II Congrès des jeunes scientifiques à Sotchi le 1er décembre 2022. (AFP).
Le président russe Vladimir Poutine assiste à une réunion avec les participants du II Congrès des jeunes scientifiques à Sotchi le 1er décembre 2022. (AFP).
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  • Selon le président russe, Kiev est responsable des explosions qui ont détruit en partie le pont de Crimée et d'autres installations russes
  • A Kiev, la population essaye néanmoins de vivre avec un soupçon de normalité

MOSCOU: "Nécessaire et inévitable": c'est ainsi que Vladimir Poutine a justifié vendredi les bombardements qui ont ravagé, juste à l'arrivée de l'hiver, l'infrastructure énergétique ukrainienne, laissant des millions de civils dans le noir et le froid.

Lors de leur première conversation téléphonique depuis la mi-septembre et malgré une série de revers militaires cinglants, le président russe a signifié rester droit dans ses bottes au chancelier allemand Olaf Scholz.

"Il a été souligné que les forces armées russes ont longtemps évité les frappes de missiles de haute précision sur certaines cibles en Ukraine, mais de telles mesures sont devenues nécessaires et inévitables face aux attaques provocatrices de Kiev", a indiqué le Kremlin dans un communiqué, résumant les propos de Vladimir Poutine.

Selon le président russe, Kiev est responsable des explosions qui ont détruit en partie le pont de Crimée et d'autres installations russes, et donc Moscou est dans son droit en bombardant les infrastructures énergétiques de l'Ukraine, quitte à laisser dans le froid et le noir la population civile.

Inspiration, lumière et amour 

La dernière vague de frappes de missiles et de drones russe date du 23 novembre. Elle a plongé des millions d'Ukrainiens dans le noir et les a privés d'eau courante, parfois pendant plusieurs jours.

Dans un bilan dressé jeudi, une semaine après les attaques, l'opérateur privé ukrainien DTEK avait estimé que la Russie avait "détruit 40% du système énergétique ukrainien".

La majorité des foyers ukrainiens n'ont que quelques heures d'électricité par jour.

A Kiev, la population essaye néanmoins de vivre avec un soupçon de normalité, comme lors de ce concert de musique classique où 600 bougies LED artificielles illuminent la scène.

"Nous avons pensé que c'était une bonne idée d'économiser de l'énergie", explique à l'AFP Irina Mikolaenko, une organisatrice du concert.

"Nous voulons apporter de l'inspiration, de la lumière et de l'amour aux personnes qui se trouvent dans une situation (...) difficile et dire aux gens que nous ne sommes pas vaincus" ajoute-t-elle.

Les responsables ukrainiens ont dit lundi s'attendre à une nouvelle vague de bombardements russes prochainement.

Sur le fond, MM. Scholz et Poutine n'ont donc pu que constater leur désaccord.

Lors de l'entretien téléphonique d'une heure entre les deux dirigeants, M. Scholz "a insisté auprès du président russe pour qu'une solution diplomatique soit trouvée le plus rapidement possible, ce qui implique le retrait des troupes russes", a indiqué la chancellerie allemande.

Selon le communiqué du Kremlin, Vladimir Poutine a, à l'inverse, pointé la position "destructrice" de l'Occident dont le soutien politique, financier et militaire occidental incite selon lui Kiev à rejeter "l'idée de toute négociation".

Vladimir Poutine a appelé M. Scholz "à revoir son approche".

Plafond pétrolier ?

Un peu plus tôt, le Kremlin avait déjà balayé les conditions évoquées la veille par le président américain Joe Biden qui s'était dit "prêt" à discuter si le président russe cherchait "un moyen de mettre fin à la guerre" et retirait ses troupes.

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov a souligné que la Russie rejetait "bien évidemment" cette idée. "L'opération militaire continue", a-t-il insisté.

Le président russe a décrété l'annexion fin septembre de quatre régions d'Ukraine, bien qu'il ne les contrôle pas, en plus de la Crimée annexée en 2014.

Kiev rejette de son côté toute négociation avec Poutine, sans respect de son intégrité territoriale, Crimée comprise.

Militairement, l'armée russe a essuyé plusieurs défaites, ayant été obligée de se retirer du nord du pays en avril, puis d'une partie du nord-est en septembre et enfin d'une partie du sud en novembre.

Depuis octobre, les forces russes ont donc pris pour tactique de bombarder les installations fournissant électricité et chaleur au pays, alors même que l'hiver est en train de s'installer en Ukraine.

Pour accroître la pression sur la Russie, cible déjà d'une multitude de sanctions, les Occidentaux essayent de s'entendre sur un mécanisme de plafonnement des prix du pétrole russe.

Il s'agit pour les Américains comme les Européens d'essayer de priver Moscou de la manne qui lui sert à financer son offensive militaire.

Un accord a été quasiment ficelé jeudi soir par les ambassadeurs des pays de l'UE à Bruxelles, mais il attend encore feu vert de la Pologne qui juge l'instrument trop limité.

Si les sanctions adoptées depuis février ont largement isolé la Russie, son économie a jusqu'ici convenablement résisté, largement grâce aux revenus des hydrocarbures.


Afghanistan: deux assaillants tués dans une attaque contre les bureaux d'un ancien chef de guerre

Une vue de Kaboul le 9 novembre 2022. (AFP).
Une vue de Kaboul le 9 novembre 2022. (AFP).
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  • Gulbuddin Hekmatyar fut d'abord l'un des chefs de guerre les plus craints de la résistance anti-soviétique dans les années 1980.
  • Pendant la guerre civile de 1992-1996, il a hérité du surnom de "boucher de Kaboul" pour avoir ordonné le bombardement brutal de la capitale

KABOUL: Deux assaillants non identifiés ont été tués après avoir fait exploser une voiture piégée et tenté de prendre d'assaut le quartier général du parti du vieux dirigeant islamiste Gulbuddin Hekmatyar vendredi à Kaboul, a-t-on appris auprès de ce parti.

M. Hekmatyar, considéré comme l'un des chefs de guerre les plus cruels qu'ait connus le pays et qui avait été Premier ministre dans les années 1990, était présent sur place mais est sorti indemne de l'attaque, a indiqué le Hezb-e-islami dans un communiqué.

Deux assaillants ont été tués en tentant de pénétrer à l'heure de la prière du vendredi dans les locaux, qui abritent aussi une mosquée, et un troisième s'est échappé, a indiqué à l'AFP Ghairat Baheer, un haut responsable du parti.

"La voiture a explosé en dehors, alors il y a eu peu de dégâts", a-t-il déclaré.

Obaidullah Muddabir, un responsable de la police locale, a confirmé la mort de deux assaillants et assuré que la situation était désormais "sous contrôle".

"Les gardes au bureau du Hezb-e-islami nous ont dit qu'il y avait trois assaillants. Ils en ont tués deux et un a été blessé avant qu'ils n'aient atteint leur cible", a-t-il ajouté.

Gulbuddin Hekmatyar fut d'abord l'un des chefs de guerre les plus craints de la résistance anti-soviétique dans les années 1980.

Pendant la guerre civile de 1992-1996, il a hérité du surnom de "boucher de Kaboul" pour avoir ordonné le bombardement brutal de la capitale dans lequel des dizaines de milliers de civils ont été tués, alors qu'il était Premier ministre.

Pachtoune sunnite d'abord soutenu par le Pakistan, avant que ceux-ci ne se tournent vers les talibans au milieu des années 1990, il n'a cessé de nouer et dénouer les alliances.

Après l'intervention internationale de 2001 menée par les États-Unis et la chute du premier régime taliban (1996-2001), Washington l'a qualifié de terroriste, l'accusant de collusion avec Al-Qaïda et les talibans.

En 2004, il a pris parti pour l'opposition armée au président Hamid Karzaï. Le Hezb-e-Islami est ainsi devenu le deuxième groupe insurgé le plus important après les talibans, mais s'est au fil du temps montré de moins en moins actif.

Un accord de paix lui a permis de rentrer au pays en mai 2017, après presque 20 ans d'exil. Il s'est présenté à l'élection présidentielle en 2019, remportée par le président sortant Ashraf Ghani.

Après le retour au pouvoir des talibans en août 2021, il est resté dans le pays.