La Bourse de commerce à Paris, métamorphosée par Tadao Ando

Tadao Ando a conservé la structure originale de la Bourse et y a intégré son design brutal si caractéristique. (Photo Marc Domage).
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Publié le Vendredi 23 octobre 2020

La Bourse de commerce à Paris, métamorphosée par Tadao Ando

  • Tadao Ando a conservé la structure originale de la Bourse et y a intégré son design brutal si caractéristique
  • Ce projet contribuera à la renaissance de la sphère culturelle parisienne après l'année difficile qu'ont connue la France et le monde

PARIS: L’ouverture de la Bourse de commerce de Paris, remaniée par l’architecte japonais Tadao Ando, est annoncée. L’édifice, qui était autrefois la Bourse de Paris, avec sa coupole majestueuse et ses fresques historiques, est transformé pour accueillir la collection du magnat des affaires François Pinault.

Tadao Ando a conservé la structure originale de la Bourse et y a intégré son design brutal si caractéristique. La rotonde centrale est complétée par une structure cylindrique à trois niveaux, ce qui permet de disposer d'un espace supplémentaire pour les expositions.

Lumière naturelle

Le plafond de verre massif du bâtiment projette la lumière naturelle sur l'espace ouvert pour une ambiance apaisante. Un grand foyer, un auditorium et un théâtre complètent le site et accueilleront des performances artistiques et des installations vidéo.

M. Pinault a, par ailleurs, exprimé son enthousiasme pour la réouverture de la Bourse. «Ce projet va non seulement enrichir la scène des institutions consacrées à la présentation de l'art contemporain en Europe, mais il contribuera à la renaissance de la sphère culturelle parisienne après l'année difficile qu'ont connue la France et le monde».

Cette collaboration entre Tadao Ando et François Pinault n'est pas la première. Ils ont déjà réalisé des projets tels que le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana de Venise.

L’ouverture de la Bourse de commerce, métamorphosée par l’architecte japonais Tadao Ando, est annoncée pour le 23 janvier 2021.


Riad Sattouf : « Parler du monde, c’est parler de sa diversité, de sa complexité »

Ardent défenseur de la liberté d’expression, entre 2004 et 2014, Riad Sattouf publie chaque semaine dans Charlie Hebdo « La vie secrète des jeunes », des histoires en une page mettant en scène des anecdotes véridiques. (AFP).
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  • Tout commence alors qu’il a 4 ans, quand sa mère lui offre Les Aventures de Tintin: Le Secret de la Licorne
  • Pour Riad, la France a été et continue d'être le pays de la liberté d'expression artistique et de l'émancipation par excellence

Les bandes dessinées de Riad Sattouf nous font voyager de la Syrie à la Bretagne, suivre les aventures d’un loser trentenaire et observer l’évolution politique et sociale de la France.

Tout commence alors qu’il a 4 ans, quand sa mère lui offre Les Aventures de Tintin: Le Secret de la Licorne. Emporté par les paysages extraordinaires et les personnages, cette BD lui insuffle sa vocation et depuis il ne cesse de dessiner.

Mais qui est réellement Riad Sattouf?

Parcours

Né à Paris, Sattouf passe toutefois son enfance en Algérie, en Libye et en Syrie, puis son adolescence en Bretagne. Il publie sa première série, «Petit Verglas», puis il raconte avec humour les péripéties de son adolescence dans Manuel du puceau et Ma circoncision.

Avec plusieurs films à son actif, No sex in New York, Libération, Retour au collège, Les Beaux Gosses et Jacky au royaume des filles, et une série, Les Cahiers d’Esther, Riad Sattouf est également un réalisateur accompli.

Ardent défenseur de la liberté d’expression, entre 2004 et 2014, il publie chaque semaine dans Charlie Hebdo «La vie secrète des jeunes», des histoires sur une page mettant en scène des anecdotes véridiques.

En 2014 paraît le premier tome de «L'Arabe du futur», bande dessinée autobiographique qui reçoit le Fauve d'Or du meilleur album BD au festival d’Angoulême 2015. Cette série best-seller en cinq tomes, raconte l'enfance et l'adolescence de Riad Sattouf, fils aîné d'une mère française et d'un père syrien.

L'histoire nous mène de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d'Hafez al-Assad, et en Bretagne, de Rennes au cap Fréhel…

«C'est l'homme qui avait toujours raison!»

Le dessinateur cite l'intellectuel algérien Anouar Malek: « Comment s'étonner que les pays arabes produisent autant de dictateurs? Chaque père de famille est un dictateur en puissance!»

Dans «L'Arabe du futur», il décrit sa famille, et plus particulièrement son père, rempli de contradictions, à la fois athée autoproclamé et fier du Coran, défenseur des valeurs modernes et grand admirateur des dictateurs arabes. 

Riad Sattouf, que l’on peut désormais qualifier d’icône de la bande dessinée, révèle des détails de la réalité orientale qu'aucun artiste du monde arabe n'a osé aborder. Il raconte en toute honnêteté et clarté, sans aucun embellissement une enfance issue de l’immigration.

«Parler du monde, c’est parler de sa diversité, de sa complexité, de sa lumière mais aussi de sa noirceur (...) Même la pire des œuvres devrait, plutôt que censurée, être combattue avec l’intelligence», explique-t-il lors d’une interview.

La France, pays de la liberté d'expression

En revanche, pour Riad, la France a été et continue d'être le pays de la liberté d'expression artistique et de l'émancipation par excellence. Et, quand on l'attaque, ce n'est pas la France qui est seulement attaquée, c’est l'essence même de la liberté d'expression.

L’artiste, qui a eu la chance de beaucoup voyager pour présenter ses livres, n'a jamais trouvé un pays où le débat d'idées et la liberté artistique se sont portés à un degré aussi élevé. «La France prend conscience qu'elle est entourée de pays qui lui sont hostiles, car ils sont absolument contre la liberté d'expression, la liberté de la presse…»

Auteur, écrivain, dessinateur avant tout, Riad est fidèle à ses deux identités. Il a sans doute gardé de la Syrie son sens de l’humour un peu désespéré, son autodérision. Et de la France, la notion de la liberté d’expression qu’il n’a pas pu trouver ailleurs.

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Ces portraits ont été choisis et rédigés pour mettre l’accent sur des parcours remarquables de citoyens français d’origine arabe dans le cadre de l’enquête Arab News en Français / YouGov intitulée «Comprendre la minorité marginalisée de France». Quelques exemples parmi des dizaines de milliers qui viennent prouver que l’ampleur d’un débat stigmatisant souvent surchargé de préjugés ne change rien au fait qu’un brassage de cultures peut servir d’outil enrichissant pour une meilleure intégration.


L’ «au revoir» de la presse à Giscard, le «Kennedy français»

Valéry Giscard d'Estaing, le plus jeune président de son temps, qui a «réécrit l’histoire sociale de la France» (Photo, AFP)
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  • «Il y a presque quarante ans», aura été «l’artisan d’une modernisation du pays dont il ne sera jamais crédité»
  • Son véritable héritage est d’«avoir été le président qui aura permis l’alternance, aujourd’hui dans les mœurs. Elle fut, en 1981, un événement historique»

PARIS : «Au revoir»: les photos de Valéry Giscard d'Estaing barrent jeudi les Unes des journaux français, qui saluent le «destin» français et européen de l'ancien président, dépeint comme un réformateur à la fois moderne et conservateur, parfois incompris.

Si les images de ses adieux télévisés « font aujourd’hui sourire », elles « symbolisent si bien la faille giscardienne : cette incompréhension qui finalement définit le mieux le rapport qu’il a entretenu avec les Français », juge Paul Quinio dans Libération.

« Au regard de certains de ses successeurs, son bilan ne manque pas d’allure. L’histoire n’a pas encore rendu justice à ce président incompris », commente Jean-Michel Salvator dans le Parisien. « Un peu oublié » des Français, VGE qui certes a quitté le pouvoir « il y a presque quarante ans », aura été « l’artisan d’une modernisation du pays dont il ne sera jamais crédité », estime-t-il.

Pour Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace, le « Kennedy français » a également été « le produit d’une France élitiste et d’héritage. Et en même temps (...)  d’une modernité à donner le tournis au pays ».

Mais le plus jeune président de son temps, qui a « réécrit l’histoire sociale de la France, quand bien même cela lui a été néfaste », avait « deux versants », insiste-t-il. « L’ancien et le moderne, une fascination des sommets et une attention au quotidien le plus modeste, dans la cordialité ou parfois dans la rancœur, avaient un point de jonction : l’Etat, qu’il a servi avec style. Dans une Europe qu’il a rêvée », conclue-t-il.

« 1926-2020 Valery Giscard d'Estaing l'Européen », titre d'ailleurs Le Figaro en Une. « Cette belle conviction européenne, portée haut jusqu’au bout de sa vie politique » est aussi saluée par Paul Quinio, comme « toutes ces réformes sociétales qu’il a rapidement mises en œuvre après son élection ». Mais il « n’aura pas tenu la distance de son propre septennat, relégué par le Giscard conservateur, le vrai, plus sincère en tout cas », pense l'éditorialiste de Libération qui, sur le site internet du journal, titre « Un septennat et au revoir ».

« Ce Giscard-là, pétri de certitudes économiques libérales, a été englouti par la vague du chômage de masse consécutive au premier choc pétrolier. Emporté, balayé, au point de laisser la place libre en 1981… à la gauche ! » Pour Paul Quinio, c'est là le véritable héritage de Giscard: « avoir été le président qui aura permis l’alternance ». "Aujourd’hui entrée dans les mœurs. Elle fut, en 1981, un événement historique".

Pour Yann Marec, du Midi Libre, Valery Giscard d'Estaing « est l’homme d’une forme de réindustrialisation de la France avec malheureusement un premier choc pétrolier, puis un second ». « A 94 ans, cette figure de Chamalières s’est éteinte comme les volcans qu’il chérissait tant ».


76 mosquées visées par une opération anti-«séparatisme» de Darmanin

Gérald Darmanin cible 76 lieux de culte à contrôler, 16 en région parisienne et 60 dans le reste de la France (Photo, AFP)
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  • «Conformément à mes instructions, les services de l'Etat vont lancer une action massive et inédite contre le séparatisme»
  • S'agissant du camp de migrants, M. Darmanin avait aussitôt dénoncé des images «choquantes» et demandé un rapport au préfet de police de Paris

PARIS : Fragilisé par les affaires de violences policières, Gérald Darmanin a contre-attaqué mercredi soir sur un autre terrain en annonçant une « action massive et inédite contre le séparatisme » dans les prochains jours visant « 76 mosquées ».

De façon singulière, le ministre de l'Intérieur a fait cette annonce par un tweet renvoyant à un article du Figaro, qui dévoile une note du 27 novembre envoyée aux préfets dans laquelle M. Darmanin détaille son plan d'action.

« Conformément à mes instructions, les services de l'Etat vont lancer une action massive et inédite contre le séparatisme », écrit ainsi sur Twitter le ministre de l'Intérieur, ajoutant: « 76 mosquées soupçonnées de séparatisme vont être contrôlées dans les prochains jours et celles qui devront être fermées le seront ».

Dans la note dont le contenu a été confirmé par l'entourage du ministre, M. Darmanin cible 76 lieux de culte à contrôler, 16 en région parisienne et 60 dans le reste de la France.

Sur ces 76 lieux de culte, 18 vont être visés par des « actions immédiates », qui peuvent aller jusqu'à la fermeture.

18 cibles prioritaires

Selon les informations du Figaro, confirmées par le ministère, sur ces 18 mosquées « cibles », trois se trouvent en Seine-Saint-Denis: l'une a ignoré une décision de fermeture prise par le maire de la commune, une deuxième fermée officiellement en 2019 a continué à organiser des prières et la troisième a été visée par un avis défavorable de la commission de sécurité, sans que l’État vérifie la fermeture effective de la mosquée.

Sur les 15 autres lieux, 5 sont situés en grande couronne parisienne ou à proximité immédiate de l'Île-de-France (3 dans le Val-d’Oise, une en Seine-et-Marne et une dans l'Oise) et 10 en région (dont 2 dans l’Hérault, 2 en Vaucluse, le reste notamment en Haute-Garonne, Moselle, Nord, Bas-Rhin, Var).

Au moins un préfet concerné par les cibles prioritaires a affirmé n'avoir pas encore reçu la note.

L'annonce de cette opération intervient une semaine avant que le Conseil des ministres n'examine, le 9 décembre, le projet de loi « confortant les principes républicains » qui vise à lutter contre « les séparatismes » et l'islamisme radical.

Elle survient également au moment où le ministre de l'Intérieur est fragilisé par des violences policières et la contestation de l'article 24 de la proposition de loi sur la « Sécurité globale », déjà voté par les députés.

Il y a d'abord eu la semaine dernière l'évacuation violente d'un camp illégal de migrants au cœur de la capitale, puis la diffusion d'une vidéo montrant des images du passage à tabac par des policiers de Michel Zecler, un producteur de musique noir, à l'intérieur de son studio parisien.

S'agissant du camp de migrants, M. Darmanin avait aussitôt dénoncé des images « choquantes » et demandé un rapport au préfet de police de Paris, qui a conduit à la saisine de la l'IGPN, « la police des polices ».

Trois jours plus tard, les images du tabassage du producteur ont soulevé une vague d'indignation jusqu'au président Emmanuel Macron qui a parlé de « honte ».

En urgence, l'IGPN a diligenté une enquête qui s'est soldée dimanche par la mise en examen de quatre policiers. Deux d'entre eux ont été mis en détention provisoire.

A cela s'est ajoutée une crise politique autour de l'article 24 du texte « Sécurité globale » qui réprime la diffusion d'images malveillantes  contre les forces de l'ordre.

Face à la contestation grandissante et la mobilisation de la presse, Gérald Darmanin a proposé la création d'une « commission indépendante » qui réécrirait cet article 24.

Or, le texte (et son article 24) a été largement voté par l'Assemblée nationale et doit être examiné en janvier par le Sénat, avant un retour devant les députés pour une adoption définitive. Résultat, les députés de la majorité ont hurlé, à commencer par le président LREM de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et évidemment le Sénat, par la voix de son président LR Gérard Larcher, dénonçant un Parlement bafoué.

Cet incident a provoqué la fureur du chef de l'Etat en début de semaine et conduit à l'annonce d'une réécriture totale de l'article 24.