Refus d'obtempérer à Paris: avant les législatives, querelles sur l'action de la police

Les services d'urgence soignent deux occupants d'un véhicule qui ont été abattus en accélérant vers des policiers qui ont ouvert le feu, dans le 18e arrondissement au nord de Paris, le 4 juin 2022. (AFP)
Les services d'urgence soignent deux occupants d'un véhicule qui ont été abattus en accélérant vers des policiers qui ont ouvert le feu, dans le 18e arrondissement au nord de Paris, le 4 juin 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 06 juin 2022

Refus d'obtempérer à Paris: avant les législatives, querelles sur l'action de la police

  • La garde à vue entamée dimanche dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) des deux hommes et de la femme qui auraient tiré sur le véhicule a été prolongée lundi
  • M. Mélenchon a dénoncé «une police (qui) tue», coupable d'appliquer «la peine de mort pour un refus d'obtempérer» et exerçant «un abus de pouvoir inacceptable»

PARIS: Le contrôle au cours duquel un conducteur a été grièvement blessé et une passagère tuée par des tirs policiers samedi à Paris a viré à la querelle politique lundi entre Jean-Luc Mélenchon, ses adversaires et les syndicats de police, à une semaine du premier tour des législatives.

Le chef de file des Insoumis, qui brigue le poste de Premier ministre en cas de victoire de la gauche réunie, n'a pas tardé à s'exprimer après le contrôle opéré dans le XVIIIe arrondissement de la capitale.

Dans deux tweets samedi et dimanche, M. Mélenchon a dénoncé "une police (qui) tue", coupable d'appliquer "la peine de mort pour un refus d'obtempérer" et exerçant "un abus de pouvoir inacceptable".

"Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c'est quand ?", a-t-il ajouté, s'en prenant aussi au syndicat Alliance qui a pris la défense des fonctionnaires, qualifié de "groupe factieux".

"Les policiers, les gendarmes méritent le respect. Ils font un travail courageux, difficile et risquent leur vie à chaque instant", lui a répondu le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, "les insulter déshonore ceux qui veulent gouverner. Laissons les enquêtes se faire sans les utiliser comme des otages d’une campagne électorale".

Marine Le Pen a de son côté dénoncé les mots "d'une gravité inouïe" de M. Mélenchon.

Alliance a annoncé un dépôt de plainte "dès demain" (mardi) et le syndicat Synergie accusé le chef des Insoumis de "tapiner un peu plus auprès du caïdat", alors qu'il "ne connaît rien à l'affaire".

 Gardes à vue prolongées 

Du côté de l'enquête, la garde à vue entamée dimanche dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) des deux hommes et de la femme qui auraient tiré sur le véhicule a été prolongée lundi, selon le parquet de Paris.

Ces policiers sont entendus pour "violences ayant entraîné une interruption totale de travail de plus de 8 jours avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique" et "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique".

La garde à vue a été décidée "en raison de la gravité des conséquences des tirs réalisés et afin de vérifier les conditions d'usages de leurs armes par les intéressés", selon le parquet.

La passagère avant, née en 2001 selon une source proche du dossier, et touchée par balle à la tête, est décédée dimanche.

"La garde à vue se poursuit pour analyser l'ensemble des éléments et comprendre l'enchaînement de ces faits dramatiques", a déclaré auprès de l'AFP l'avocat des policiers, Me Laurent-Franck Liénard. "Pour mes clients, cette mesure de garde à vue est particulièrement éprouvante mais ils en acceptent le principe et collaborent pleinement aux investigations".

Sans permis 

Le conducteur soupçonné d'avoir refusé d'obtempérer a lui été très brièvement placé lundi en garde à vue pour "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique", selon le parquet.

Sa garde à vue à l'hôpital a été levée peu de temps après avoir débuté, l'homme de 38 ans, grièvement blessé par balle au thorax, n'étant pas en état d'être entendu à ce stade.

Les faits se sont déroulés samedi en fin de matinée, lorsque des fonctionnaires à VTT ont voulu contrôler "une voiture avec quatre passagers dont l'un ne portait pas sa ceinture de sécurité", a relaté une source policière.

Alors qu'ils s'en approchaient, la voiture a pris la fuite. Un peu plus loin, alors que les policiers tentaient à nouveau de le contrôler, le conducteur a démarré et "foncée" sur les policiers qui, selon la police, ont fait usage de leurs armes et atteint le conducteur et une passagère.

Les deux passagers arrière n'ont pas été atteints. L'un d'entre eux a raconté lundi sur RTL que le conducteur, sans permis, avait "avancé un peu" et "ne s'est pas arrêté" quand un policier le lui a ordonné. Le véhicule s'est retrouvé dans "un genre d'embouteillage" et des coups de feu ont été tirés. "Mon ami a remis la première et a redémarré après les coups de feu", a assuré cet homme.

Il y a un mois et demi, un policier a été mis en examen pour "homicide volontaire", soupçonné d'avoir tué dans la nuit du 24 au 25 avril avec une arme automatique le conducteur et un passager d'une voiture qui aurait forcé un contrôle sur le Pont-Neuf à Paris.


L'aéroport de Montpellier fermé après la sortie de piste d'un avion de fret

Cette photo montre un Boeing 737 de l'Aéropostale après qu'il soit sorti de la piste lors de sa phase d'atterrissage de nuit à l'aéroport de Montpellier, le 24 septembre 2022. (AFP).
Cette photo montre un Boeing 737 de l'Aéropostale après qu'il soit sorti de la piste lors de sa phase d'atterrissage de nuit à l'aéroport de Montpellier, le 24 septembre 2022. (AFP).
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  • «Par mesure de sécurité et dans l’attente qu’une entreprise spécialisée vienne déplacer l’appareil, les vols commerciaux et de fret» ne peuvent plus atterrir à Montpellier pour une durée indéterminée
  • «Les trois personnes présentes dans l’appareil sont indemnes. Elles ont pu être désincarcérées et mises en sécurité grâce à l’intervention rapide des secours»

MONTPELLIER : L’aéroport de Montpellier a été fermé pour une durée indéterminée, un avion de fret ayant fait une sortie de piste dans le courant de la nuit lors de son atterrissage sans faire de blessés, a annoncé samedi la préfecture de l’Hérault.

"Par mesure de sécurité et dans l’attente qu’une entreprise spécialisée vienne déplacer l’appareil, les vols commerciaux et de fret" ne peuvent plus atterrir à Montpellier pour une durée indéterminée, a indiqué la préfecture dans un communiqué.

"Les trois personnes présentes dans l’appareil sont indemnes. Elles ont pu être désincarcérées et mises en sécurité grâce à l’intervention rapide des secours", a-t-on précisé de même source.

Il était 02H50 lorsqu'un avion de l'aéropostale, un Boeing 737 chargé de fret, a raté son atterrissage à l'aéroport de Montpellier et fini sa route dans l'étang de Mauguio situé en bout de piste. Le nez de l'avion est actuellement immergé.

"Tant que cet aéronef est sur la piste, et que l’enquête n’est pas terminée, nous ne rouvrirons pas l’aéroport. Après l’enlèvement de l’appareil, la piste sera elle aussi attentivement diagnostiquée", ont indiqué à l'AFP les services de l'aéroport.

42 mouvements d’avions étaient prévus ce samedi, soit 21 vols commerciaux. En moyenne, cet aéroport situé sur le littoral voit transiter jusqu'à 197 000 passagers par mois en pleine saison estivale.

Les annulations des vols ou leurs déplacements vers les aéroports les plus proches relèvent des compagnies aériennes, à précisé l'aéroport de Montpellier sans plus de précisions sur les décisions prises.

Soixante sapeurs-pompiers du service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault, dont des spécialistes du secours aquatique, ont été dépêchés sur place avec une équipe du SAMU, de la brigade de gendarmerie des transports aériens et des équipes de l'aéroport.

Une enquête a été confiée au BEA, Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, qui devra s'atteler à comprendre les causes de cet accident survenu sur cet avion affrété par La Poste. Chaque nuit, ce vol atterrissait à 02H45, transportant du courrier.

"Quatre enquêteurs du BEA ont été dépêchés sur place" avec "l'ouverture d'une enquête de sécurité", a twitté samedi le BEA en précisant que l'appareil était exploité par la compagnie "West Atlantic".

Situé en bord de littoral, l'aéroport de Montpellier n'est pas connu pour sa dangerosité et cet accident revêt un caractère très exceptionnel.


Renaissance demande une commission d'enquête sur d'éventuels «financements russes» de partis

Huit députés Renaissance ont demandé l'ouverture d'une commission d'enquête à l'Assemblée sur de possibles "financements russes" de partis français. (AFP)
Huit députés Renaissance ont demandé l'ouverture d'une commission d'enquête à l'Assemblée sur de possibles "financements russes" de partis français. (AFP)
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  • Ces députés du parti présidentiel font référence à une lettre adressée la veille à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet
  • Il s'agit «de savoir si des partis politiques français -et lesquels- ont bénéficié de financements russes». Ils citent «des prises de position en faveur de la Russie de plusieurs dirigeants politiques français de premier plan»

PARIS: Huit députés Renaissance ont demandé l'ouverture d'une commission d'enquête à l'Assemblée sur de possibles "financements russes" de partis français, après la révélation d'informations déclassifiées américaines faisant état de plusieurs centaines de millions d'euros versés par la Russie dans plusieurs pays.

Dans un communiqué publié samedi, ces députés du parti présidentiel font référence à une lettre adressée la veille à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, dans laquelle ils justifient l'instruction d'une telle enquête "au regard de la gravité des faits" et afin que les informations établies puissent "être portées à la connaissance des citoyens français et de notre justice".

Il s'agit, détaillent-ils, "de savoir si des partis politiques français -et lesquels- ont bénéficié de financements russes". Ils citent "des prises de position en faveur de la Russie de plusieurs dirigeants politiques français de premier plan", ainsi que "des prêts contractés pour financer des campagnes électorales et dont les sommes sont toujours dues bien des années plus tard" ou encore "la nomination au sein d'entreprises russes d'anciens parlementaires et ministres français".

Vendredi, le Rassemblement national, qui réfute les accusations de la majorité de dépendre du pouvoir russe, avait également annoncé qu'il déposerait une résolution lundi en vue de créer une commission d'enquête à l'Assemblée. Son rôle, selon le RN, serait de "préciser la nature des liens entre certains élus de la majorité présidentielle et le Qatar", "déterminer" d'éventuels liens entre la majorité et la Chine et enquêter sur "ce qui s'apparente à une véritable coproduction législative entre le parti présidentiel et les géants américains Amazon, Microsoft, Google ou encore Uber".

Selon un document déclassifié du renseignement américain rendu public le 13 septembre, plusieurs centaines de millions d'euros ont été versés depuis 2014 par la Russie à des partis politiques de plusieurs pays dans le but d'accroître son influence et de peser sur les scrutins.


Escroquerie à la capsule Nespresso entre la France et la Côte d'Ivoire

Un client achète du café dans une boutique Nespresso à l'intérieur d'un centre commercial à Pékin le 15 septembre 2020. (AFP)
Un client achète du café dans une boutique Nespresso à l'intérieur d'un centre commercial à Pékin le 15 septembre 2020. (AFP)
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  • Les quatre suspects sont soupçonnés d'avoir piraté des comptes de clients Nespresso pour y changer les informations, notamment l'adresse de livraison en point relais
  • Ils récupéraient ensuite les commandes et les envoyaient en Côte d'Ivoire, selon le parquet

CRETEIL: Quatre personnes seront jugées en France en novembre pour escroquerie, après avoir commandé frauduleusement près de 12 000 capsules de café Nespresso pour les expédier en Côte d'Ivoire, a indiqué samedi à l'AFP le parquet de Créteil, en banlieue parisienne.

Entre juin et juillet 2022, "plusieurs victimes ont porté plainte pour escroquerie à la suite d’une commande frauduleuse de capsules de café effectuée sur leur compte internet Nespresso". Au total, les policiers identifient 35 victimes.

Les quatre suspects sont soupçonnés d'avoir piraté des comptes de clients Nespresso pour y changer les informations, notamment l'adresse de livraison en point relais.

Ils récupéraient ensuite les commandes et les envoyaient en Côte d'Ivoire, selon le parquet.

"Le règlement devait s'effectuer à la réception de la facture, de sorte que seule la société Nespresso subissait un préjudice", estimé à 8 600 euros pour l'entreprise, souligne le parquet.

Les policiers ont exploité la téléphonie pour identifier les suspects, nés entre 1967 et 1987 et jusqu'alors inconnus de leurs services.

Interpellés mercredi à leur domicile en région parisienne, ils seront jugés le 24 novembre au tribunal correctionnel de Créteil.