Fact-check: le point sur le dernier débat présidentiel américain

Le président américain Donald Trump, le candidat démocrate et ancien Vice-président des États-Unis Joe Biden entourant la modératrice Kristen Welket lors du débat présidentiel final à Nashville, Tennessee, le 22 octobre. (Jim Bourg/AFP)
Le président américain Donald Trump, le candidat démocrate et ancien Vice-président des États-Unis Joe Biden entourant la modératrice Kristen Welket lors du débat présidentiel final à Nashville, Tennessee, le 22 octobre. (Jim Bourg/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 23 octobre 2020

Fact-check: le point sur le dernier débat présidentiel américain

  • Pandémie, relations avec la Chine, question raciale, le président américain et son rival Joe Biden ont participé à leur dernier débat public avant les élections en avançant des arguments chocs pas toujours précis
  • Vrai ou faux ? Tout est relatif. Ainsi, parlant des relations commerciales avec la Chine, M. Biden a affirmé que Donald Trump a provoqué une augmentation du déficit commercial pas une baisse" ; or ce déficit était supérieur sous Obama

WASHINGTON : Le président Donald Trump et son rival Joe Biden se sont opposés à propos de la pandémie de Covid-19, la guerre commerciale avec la Chine ou encore la question raciale aux États-Unis, lors de leur dernier débat avant les élections du 3 novembre.

L'équipe de fact-checking de l'AFP fait le point.

Pandémie de covid-19

Évoquant le coronavirus, Donald Trump a déclaré : "on s'attendait à 2,2 millions de morts, selon une modélisation (ndlr: de l'épidémie). Nous avons fermé la plus grande économie du monde afin de combattre cette horrible maladie".

D'où vient ce chiffre ?

Le chiffre de 2,2 millions de morts - que le président avait déjà précédemment cité pour défendre sa réponse sanitaire - vient d'un rapport du Comité de réponse au Covid-19 de l'Imperial college. Ce chiffre correspond, selon ce rapport, au nombre total de morts que l'épidémie aurait pu faire aux États-Unis si absolument aucune mesure n'avait été prise.

Les États-Unis, comme d'autres pays, ont imposé des confinements et les Américains ont, à des degrés variables, observé les mesures de distanciation sociale.

Selon l'université Johns Hopkins, la pandémie a fait plus de 223.000 morts dans le pays.

Joe Biden a lui lancé : "il y a maintenant 1.000 morts par jour. 1.000 morts par jour".

Cela n'est pas totalement juste. Durant les mois passés, il y a effectivement eu de nombreux jours où le nombre de morts a dépassé le millier. Par exemple, un bilan de l'AFP établi à partir des données nationales et de celles de l'université Johns Hopkins montre que vendredi à 03H00 GMT, 1.035 décès avaient été enregistrés en 24 heures.

Cependant les bilans varient d'un jour à l'autre. Sur les sept derniers jours ainsi les bilans étaient de 990, 854, 420, 509, 661, 796 et 1.103 décès, soit une moyenne de 762 morts par 24 heures.

Les relations avec la Chine

"La Chine paie, ils paient des milliards et des milliards de dollars", a affimé M. Trump, se référant apparemment à l'argent des droits de douane imposés à la Chine par son administration.

M. Biden a rétorqué que c'était "l'argent des contribuables" américains.

La réponse du candidat démocrate est exacte. Comme le relève le centre de politique fiscale de Urban-Brookings, une taxe douanière "est presque toujours payée directement par l'importateur (généralement une entreprise) et jamais par le pays exportateur".

Parlant des relations commerciales américano-chinoises, M. Biden a affirmé à propos du président : "Il a provoqué une augmentation du déficit (commercial) avec la Chine, pas une baisse".

Ce n'est pas exact. Le déficit commercial s'est monté à 344 milliards de dollars en 2019, après être monté à 418 milliards de dollars en 2018. Comparé à 2016, dernière année de l'administration Obama où le déficit était de 347 milliards de dollars, il a donc baissé.

Depuis le début de son mandat, la politique douanière du locataire de la Maison blanche a visé à réduire le déficit commercial et à mettre fin à ce qu'il qualifie de pratiques commerciales injustes.

Selon une trêve conclue le 15 juin 2020, la Chine s'est engagée à importer pendant deux ans au moins 200 milliards de biens américains, soit plus que le niveau de 2017.

La question raciale

Discutant de la question raciale, sujet brûlant aux États-Unis après la mort de plusieurs citoyens afro-américains tués par la police, M. Trump a accusé l'ancien vice-président démocrate d'avoir qualifié les hommes noirs de "super prédateurs" lorsqu'il était sénateur.

C'est faux. L'expression "super prédateurs" date d'une loi sur la criminalité co-écrite par M. Biden. Mais c'est Hillary Clinton qui a utilisé cette formule en défendant ce texte.

Joe Biden a maintenu jeudi soir n'avoir pas utilisé cette expression. Devant le Sénat il avait cependant parlé de criminels "prédateurs" lors d'un discours en faveur de cette loi. (AFP)


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.