A Lesbos, le futur camp de migrants attise la peur du feu

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Publié le Jeudi 09 juin 2022

A Lesbos, le futur camp de migrants attise la peur du feu

  • Pendant des mois, manifestations et poursuites judiciaires ont enlisé la construction du nouveau camp pour des motifs multiples
  • Les températures élevées et les vents violents provoquent régulièrement des incendies de forêt en été en Grèce, en particulier sur les îles où le paysage accidenté constitue un obstacle pour l'accès des pompiers

LESBOS: Au coeur de l'île grecque de Lesbos, la construction d'un nouveau camp de migrants a commencé aux abords d'une épaisse pinède, malgré l'opposition des habitants qui redoutent les risques d'incendie.

Sur le chantier en lisière de forêt, des barbelés ont été érigés et l'entrée est gardée 24h/24 par une société de sécurité privée. En février, des machines de chantier ont été brûlées par des habitants protestataires.

Pendant des mois, manifestations et poursuites judiciaires ont enlisé la construction du nouveau camp pour des motifs multiples. Cette fois, les opposants arguent du grand risque de feu à proximité de la forêt de pins.

"Malheureusement, nous avons beaucoup d'exemples de ce qui peut arriver à une forêt en cas d'incendie avec des conditions météo difficiles", déclare Christos Tsivgoulis, président de la communauté de Komi, l'une des six localités s'opposant au projet.

« Pire emplacement possible »

"C'est le pire endroit possible pour construire le camp", abonde Yiorgos Dinos, chef du syndicat des pompiers de la région. "Si un incendie se déclare là-bas, il brûlera la moitié de l'île", dit-il à l'AFP.

Les températures élevées et les vents violents provoquent régulièrement des incendies de forêt en été en Grèce, en particulier sur les îles où le paysage accidenté constitue un obstacle pour l'accès des pompiers.

Quant aux camps de migrants, ils sont souvent la proie de feux --accidentels ou délibérés--, admettent les autorités grecques.

Une grande tente pouvant héberger 150 personnes a brûlé en mai à Lesbos dans le camp temporaire de Mavrovouni, érigé à la hâte pour remplacer le bidonville de Moria, entièrement ravagé par les flammes en septembre 2020.

Le tristement célèbre camp de Moria, alors le plus grand d'Europe, abritait plus de 10.000 personnes lorsqu'il a été détruit. S'il n'a pas fait de victime, le sinistre a laissé les demandeurs d'asile sans abri pendant plusieurs jours.

Deux jeunes exilés afghans, reconnus coupables d'avoir mis le feu, ont été condamnés à quatre ans de prison mardi en appel, tandis que quatre autres Afghans avaient été condamnés à dix ans d'emprisonnement en juin 2021 pour leur implication dans le sinistre.

"Des dizaines" d'incendies s'étaient déclarés autour de Moria au cours des étés précédents malgré la présence d'une équipe de sapeurs-pompiers à proximité, rapporte Michalis Bakas, membre du parti des Verts grecs.

Or le paysage densément boisé autour du nouveau camp, sur la localité de Plati, est encore plus dangereux que Moria, affirme M. Tsivgoulis.

"Moria était entourée d'une oliveraie, les oliviers ne brûlent pas facilement, imaginez ce qui peut arriver dans une forêt de pins", note l'élu local. "Comment le ministère va-t-il s'assurer qu'il n'y aura pas d'accident alors que des centaines de personnes vont et viennent" pour construire ce camp, se demande-t-il.

Pour Antonis Komlos, responsable de la commune de Pighi, "c'est un endroit complètement inadapté pour construire une communauté entière".

"Avec une seule étincelle, des villages entiers et des récoltes pourraient être perdus", estime-t-il.

Le futur camp est isolé, sur une route rurale à plusieurs kilomètres de toute localité importante, faisant craindre des difficultés d'évacuation en cas d'urgence.

« Loin de nos enfants »

Les autorités prennent "toutes les précautions (nécessaires) contre les incendies", insiste auprès de l'AFP Stratis Kytelis, maire de cette région de Lesbos.

Pour l'édile, l'emplacement de Plati était "la seule solution pour redonner de la sérénité à l'île".

M. Kytelis estime que le nouveau camp sera un "point de départ" pour que l'île "laisse définitivement derrière elle le problème des migrations, loin de la ville de Mytilène, de nos enfants et de notre vie quotidienne."

Lesbos a été au premier plan de la crise migratoire, avec des centaines de milliers de demandeurs d'asile qui ont traversé l'île depuis 2015.

D'une capacité de 3.000 personnes, le futur camp de Lesbos sera le plus grand des cinq projets de ce type financés par l'Union européenne sur des îles grecques confrontées aux flux de migrants venant de Turquie voisine.

Les nouveaux camps sont équipés de clôtures en fils de fer barbelés, de caméras de surveillance, de scanners à rayons X et de portails magnétiques fermés la nuit.

Mais à Lesbos, les oppositions locales ont retardé le projet, divers emplacements alternatifs ayant été examinés et rejetés. Le camp devait initialement être terminé en septembre 2021.

Une nouvelle requête contre le projet doit être discutée en juin.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"