Privées de leur classe affaire, les compagnies aériennes tanguent

L’aéroport international de Chicago, le 5 octobre (Photo, Daniel SLIM/AFP).
L’aéroport international de Chicago, le 5 octobre (Photo, Daniel SLIM/AFP).
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Publié le Lundi 26 octobre 2020

Privées de leur classe affaire, les compagnies aériennes tanguent

  • La pandémie a dévasté les compagnies aériennes : les quatre plus grosses sociétés du secteur aux Etats-Unis ont encore perdu près de 11 milliards de dollars cumulés au troisième trimestre
  • Pour la première fois depuis mi-mars, le nombre de clients traversant la sécurité dans les aéroports a dépassé dimanche dernier la barre de 1 million

NEW YORK: Les réunions Zoom ou Teams vont-elles à long terme remplacer les voyages d'affaires ? Ces déplacements professionnels en avion ont chuté depuis le début de la pandémie, laissant un gros trou dans les caisses des compagnies aériennes américaines. Leur rebond va prendre du temps.

« Tous les déplacements se sont soudainement arrêtés mi-mars à cause de la Covid-19 », raconte JJ Kinahan. Un changement brutal pour ce salarié du courtier TD AmeriTrade, qui passait jusqu'alors environ soixante-quinze nuits par an loin de chez lui pour le travail.

Les avions et chambres d'hôtel ne lui manquent pas. Il regrette surtout de ne pas avoir de nouvelles des réceptionnistes et concierges des établissements où il avait ses habitudes.

Sa compagnie n'autorise pour l'instant les voyages qu'au cas par cas. De toute façon, relève JJ Kinahan, « les gens ne sont pas au bureau ».

La pandémie a dévasté les compagnies aériennes : les quatre plus grosses sociétés du secteur aux Etats-Unis (American, United, Delta et Southwest) ont encore perdu près de 11 milliards de dollars cumulés au troisième trimestre.

Les Américains ont recommencé à se déplacer un peu pour des raisons personnelles : pour la première fois depuis mi-mars, le nombre de clients traversant la sécurité dans les aéroports a dépassé dimanche dernier la barre de 1 million. Ce qui reste bien loin des 2,6 millions enregistrés le même jour en 2019.

De nombreuses entreprises autorisent de nouveau les déplacements, mais accordent leur feu vert au compte-gouttes.

Risques de poursuites

Il n'est parfois pas possible d'éviter les déplacements, comme quand un avocat doit se présenter devant une cour ou qu'une réparation ne peut être faite que par un technicien spécialisé, souligne Alexandra Cunningham, du cabinet juridique Hunton Andrews Kurth.

Si des employés travaillant dans des endroits fermés, comme les abattoirs et les bateaux de croisière, ont pu réclamer des compensations après être tombés malades, il reste à ses yeux compliqué de prouver que le virus a pu être attrapé lors d'un voyage d'affaires.

Mais suivre les recommandations des autorités sanitaires, qui conseillent d'éviter tout voyage non-essentiel, « est actuellement la meilleure façon pour une entreprise de se protéger du risque de poursuites » par un salarié, estime l'avocate.

Il faut aussi théoriquement respecter les règles de quarantaine imposées dans certains Etats, ce qui n'est pas vraiment pratique pour un déplacement d'un ou deux jours.

La désaffection des voyageurs d'affaires est un problème pour les compagnies aériennes : s'ils ne représentent qu'environ 30% des passagers, ils apportent la moitié de leur chiffre d'affaires, selon la fédération représentant le secteur, Airlines for America.

« Gagne-pain »

Cette catégorie « est extrêmement importante pour United, c'était notre gagne-pain », a souligné Scott Kirby, le patron de la compagnie, lors d'une récente conférence téléphonique. Les vols pour raisons professionnelles sont encore en baisse de 85% à 90% chez United. 

Kirby se veut optimiste : « On est des créatures sociales », a-t-il martelé, disant s'attendre à un rebond réel des voyages d'affaires entre fin 2021 et 2022, et un retour à la normale en 2024. 

« Après le 11-Septembre, tout le monde disait que le monde allait changer, que plus personne n'allait voler. Ils avaient tort », a aussi rappelé jeudi sur la chaîne CNBC le PDG de Southwest Airlines, Gary Kelly. 

Mais le retour à la normale « ne sera pas de sitôt », a-t-il estimé. « Peut-être dans dix ans. »

Une fois que la situation se rétablira, il pourrait y avoir au final une réduction de 10% à 20% du nombre de voyages d'affaires, a avancé le patron de Delta, Ed Bastian, en reconnaissant « l'impact » des nouvelles technologies vidéo. 

Mais ce ne sera jamais « un substitut » aux voyages d'affaires, a-t-il affirmé. 

Quant au télétravail en tant que tel, il pourrait même profiter aux voyages en avion, a remarqué dans une autre conférence téléphonique le responsable commercial de United, Andrew Nocella : les salariés qui ont fait le choix de s'installer loin du bureau devront bien y retourner quelques jours par mois. 

« Les déplacements professionnels seront peut-être différents, mais nous pensons qu'ils reviendront. »

En attendant, leur chute continuera à peser dans les comptes des compagnies aériennes.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.