Rwanda: deux morts dans une attaque contre un bus

Des policiers affrontent des manifestants à Goma le 15 juin 2022 (Photo, AFP).
Des policiers affrontent des manifestants à Goma le 15 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 19 juin 2022

Rwanda: deux morts dans une attaque contre un bus

  • «Les assaillants ont tué le conducteur du bus et un passager »
  • L'attaque a eu lieu dans l'après-midi dans le district de Nyamagabe

KIGALI: Deux personnes ont été tuées et six blessées quand des hommes armés, soupçonnés d'appartenir à un groupe rebelle, ont ouvert le feu sur un bus dans le sud du Rwanda, a annoncé samedi la police.

L'attaque a eu lieu dans l'après-midi dans le district de Nyamagabe, près de la frontière avec le Burundi, a précisé la police, ajoutant que les "voyous armés étaient soupçonnés d'être des vestiges du FNL", Front de libération nationale accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019

"Les assaillants ont tué le conducteur du bus et un passager, et ils ont aussi blessé six autres passagers", a déclaré la police.

A l'issue d'un procès en 2021 que la Belgique a considéré ni "juste" ni "équitable", la justice rwandaise a condamné l'opposant Paul Rusesabagina à 25 ans de prison pour "avoir fondé et appartenir" au Front de libération nationale. La peine a été confirmée en appel en avril.

Fervent opposant de Paul Kagame depuis plus de 20 ans, Paul Rusesabagina a été rendu célèbre par le film "Hôtel Rwanda" sorti en 2004. Ce long métrage raconte comment ce Hutu modéré qui dirigeait l'Hôtel Mille Collines de Kigali a sauvé plus de 1.000 personnes durant le génocide de 1994, au cours duquel 800.000 personnes ont été tuées, selon l'ONU, principalement issues de la minorité tutsi.

M. Rusesabagina vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis et en Belgique, avant d'être arrêté à Kigali en août 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi. Ses proches ont dénoncé "un enlèvement".


UE: une interdiction de visas pour tous les Russes discutée fin août

L'UE a adopté six trains de sanctions contre Moscou, dont l'arrêt de ses achats de charbon et de pétrole. (Photo, AFP)
L'UE a adopté six trains de sanctions contre Moscou, dont l'arrêt de ses achats de charbon et de pétrole. (Photo, AFP)
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  • La mesure, réclamée par les autorités ukrainiennes, divise l'UE. Les sanctions européennes doivent être adoptées à l'unanimité des Vingt-Sept
  • La Commission ne cache pas ses réticences face à une mesure qui pénaliserait tous les ressortissants russes et insiste sur la nécessité de protéger les dissidents, les journalistes et les familles

PRAGUE : Une interdiction de visa pour tous les Russes afin de sanctionner Moscou pour la guerre en Ukraine va être discutée fin août par l'Union européenne, a affirmé vendredi le chef de la diplomatie tchèque Jan Lipavsky, dont le pays préside le Conseil de l'UE.

La mesure, réclamée par les autorités ukrainiennes, divise l'UE. Les sanctions européennes doivent être adoptées à l'unanimité des Vingt-Sept.

"L'interdiction totale des visas russes par tous les Etats membres de l'UE pourrait être une autre sanction très efficace contre la Russie", a plaidé M. Lipavsky. Le ministre va sonder ses homologues lors d'une réunion informelle fin août à Prague.

"En cette période d'agression russe, que le Kremlin ne cesse d'intensifier, il ne peut être question de tourisme comme à l'ordinaire pour les citoyens russes", a-t-il soutenu.

Le ministre tchèque doit toutefois convaincre le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, qui préside les conseils des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Les propositions de sanctions sont une de ses prérogatives.

"Nous ne pouvons actuellement pas interdire l'entrée aux personnes munies d'un visa d'un autre pays de l'espace Schengen. Nous sommes à la recherche d'options", a récemment souligné la Première ministre estonienne Kaja Kallas qui soutient une interdiction générale.

La Finlande plaide également pour une décision européenne, car la législation du pays ne permet pas une interdiction totale des visas en fonction de la nationalité. Important pays de transit pour les Russes, elle veut réduire les visas touristiques, a indiqué début août le ministre des Affaires étrangères Pekka Haavisto.

Mais la Commission ne cache pas ses réticences face à une mesure qui pénaliserait tous les ressortissants russes et insiste sur la nécessité de protéger les dissidents, les journalistes et les familles.

"Les Etats membres disposent d'une marge importante pour la délivrance de visas pour les courts séjours et ils examinent les demandes au cas par cas sur la base de leurs mérites", a rappelé une de ses porte-paroles.

"Les Russes soutiennent massivement la guerre, applaudissent les frappes de missiles sur les villes ukrainiennes et les meurtres d'Ukrainiens. Laissez donc les touristes russes profiter de la Russie", a plaidé le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba dans un message sur Twitter.

La République tchèque a cessé de délivrer des visas aux Russes dès le 25 février, au lendemain de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

L'UE a adopté six trains de sanctions contre Moscou, dont l'arrêt de ses achats de charbon et de pétrole.

Elle a également inscrit plus d'un millier de Russes, dont le président Vladimir Poutine et de nombreux oligarques, sur sa liste noire des personnes interdites d'entrée et restreint les délivrances de visa de court séjour pour les responsables liés au régime depuis fin février.


Italie: le braconnage des dattes de mer, grave menace pour la côte

Au large de la côte rocheuse du sud-est de l'Italie, deux plongeurs de la police financière font des allers-retours dans les eaux bleues, sous le regard curieux des vacanciers. (AFP)
Au large de la côte rocheuse du sud-est de l'Italie, deux plongeurs de la police financière font des allers-retours dans les eaux bleues, sous le regard curieux des vacanciers. (AFP)
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  • La croissance de la datte de mer est très lente, il lui faut trois décennies pour atteindre seulement cinq centimètres, ce qui signifie qu'une fois pêchée elle n'est pas vite remplacée
  • Il y a trente ans, le biologiste marin Stefano Piraino et ses collègues ont découvert que plus de 40% de la côte ouest des Pouilles était gravement endommagée par la récolte des dattes de mer

MONOPLI: Au large de la côte rocheuse du sud-est de l'Italie, deux plongeurs de la police financière font des allers-retours dans les eaux bleues, sous le regard curieux des vacanciers.

Ils ne cherchent aucun trésor enfoui mais des preuves de la chasse aux moules connues comme dattes de mer, un mollusque interdit devenu un symbole de statut social et dont le braconnage détruit de manière irréversible les côtes italiennes.

Juste sous la surface, la roche calcaire qui abrite d'innombrables organismes est éventrée par des centaines de trous artificiels, preuve que des braconniers sans scrupules ont brisé, écrasé, voire dynamité le récif pour en extraire les dattes de mer qui s'y trouvent.

"Ces hommes mettent leurs bouteilles d'oxygène et leurs masques, descendent... avec un marteau et un burin et commencent à casser la roche", explique Arcangelo Raffaele Gennari, commandant de la police financière à Monopoli, ville portuaire des Pouilles. "Il y a des cas où nous avons saisi des mini-marteaux-piqueurs", ajoute-t-il à l'AFP, assurant que "même des explosifs ont été utilisés".

Ce qui alimente ce trafic, c'est la flambée des prix atteints sur le marché noir pour la modeste "Lithophaga lithophaga" brune, qui peut coûter près de 200 euros (205 dollars) le kilo.

Les braconniers approvisionnent les marchés aux poissons ou les propriétaires de restaurants qui vendent au noir à tous ceux voulant exhiber leur richesse lors des déjeuners dominicaux avec un plateau de fruits de mer crus ou des spaghettis spéciaux.

"Si vous pensez qu'en une heure et demie ou deux, si vous trouvez le bon endroit, vous arrivez à sortir huit ou neuf kilos... vous avez gagné une somme d'argent exorbitante en une journée", indique M. Gennari.

Des récifs dénudés 

Il y a trente ans, le biologiste marin Stefano Piraino et ses collègues ont découvert que plus de 40% de la côte ouest des Pouilles était gravement endommagée par la récolte des dattes de mer.

Pour cette raison l'Italie a interdit en 1998 la collecte, la vente et la consommation de ces moules, suivie en 2006 d'une interdiction à l'échelle européenne.

Retournant cette année dans les mêmes zones, M. Piraino a jusqu'à présent trouvé moins de sites présentant des dommages récents, mais a peu d'espoir pour les récifs déjà détruits.

Le temps ne suffit pas à guérir la surface rocheuse "toute blanche, dénudée" et dépourvue de vie, a-t-il déclaré : "C'est un impact dévastateur".

La croissance de la datte de mer est très lente, il lui faut trois décennies pour atteindre seulement cinq centimètres, ce qui signifie qu'une fois pêchée elle n'est pas vite remplacée.

Mais l'impact sur le délicat écosystème marin, où non seulement le récif mais tous les organismes qui en dépendent sont détruits, est encore plus grave.

Une étude réalisée en 2019 par l'université Parthenope de Naples a révélé une moyenne de 1.500 trous artificiels par mètre carré dans les récifs du sud-ouest de la péninsule de Sorrente, des dommages qui finissent par provoquer l'effondrement de la roche et endommager les fonds marins.

Les chercheurs étudient les moyens d'aider les récifs à se reconstituer, notamment en éliminant les oursins, dont le broutage empêche la nouvelle végétation de pousser sur les rochers, ou en plantant des semis de minuscules organismes dans l'espoir qu'ils se propagent.

Mais le problème ne se limite pas à l'Italie, a averti M. Piraino, qui a appelé à mieux appliquer les règles dans toute la Méditerranée.

Une recherche sur TripAdvisor a permis de trouver des dattes de mer montrées sur des photos de l'année dernière dans des restaurants d'Albanie, de Slovénie et du Monténégro, où elles sont également illégales mais plus faciles à trouver.

Désastre environnemental 

En mars, des groupes de défense de l'environnement ont salué la condamnation à six ans de prison du chef d'un réseau criminel opérant dans des zones protégées près de Naples et de l'île de Capri - la toute première condamnation pour le crime de "désastre environnemental" lié aux dattes de mer, jugeant que ce braconnage "a un impact irréversible" sur l'écosystème.

Les autorités se montrent de plus en plus sévères à l'égard de chaque maillon de la chaîne, des pêcheurs aux consommateurs.

L'année dernière, les Pouilles ont saisi environ 97 tonnes de fruits de mer illégaux, dont des dattes de mer, soit les plus importantes saisies en Italie, selon le groupe environnemental Legambiente.

La plupart des infractions de pêche illégale se produisent en Sicile, dans les Pouilles et en Campanie.

Mais les autorités ne peuvent pas gagner la bataille tant qu'il existe un marché de consommateurs consentants.

"Nous devons faire comprendre que lorsque vous mangez une assiette de linguini avec des datte de mer, c'est un mètre carré entier d'écosystème qui a été détruit", conclut M. Piraino.


L'ancien président du Sri Lanka est arrivé en Thaïlande

Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie aérienne saoudienne à destination de Singapour et transportant le président en fuite du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa, sa femme et deux gardes du corps se prépare à décoller à l'aéroport international de Velana à Malé le 14 juillet 2022. (Photo par AFP)
Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie aérienne saoudienne à destination de Singapour et transportant le président en fuite du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa, sa femme et deux gardes du corps se prépare à décoller à l'aéroport international de Velana à Malé le 14 juillet 2022. (Photo par AFP)
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  • Le leader déchu a atterri en jet privé à l'aéroport international de Don Mueang vers 20h00 (1200 GMT), a indiqué un haut fonctionnaire thaïlandais
  • Il a quitté la section VIP de l'aéroport environ 40 minutes plus tard avec son épouse et est monté dans une berline noire, ont rapporté les médias locaux

BANGKOK: L'ancien président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa est arrivé jeudi à Bangkok après l'expiration de son visa à Singapour, où il s'était réfugié après avoir fui son palais envahi par des manifestants.

Le leader déchu a atterri en jet privé à l'aéroport international de Don Mueang vers 20h00 (1200 GMT), a indiqué un haut fonctionnaire thaïlandais.

Il a quitté la section VIP de l'aéroport environ 40 minutes plus tard avec son épouse et est monté dans une berline noire, ont rapporté les médias locaux.

"En tant que détenteur d'un passeport diplomatique sri lankais, l'ancien président peut entrer en Thaïlande sans visa pour une période de 90 jours (...). Le séjour est temporaire avec l'intention d'effectuer un autre trajet (pour quitter la Thaïlande, ndlr). Aucun asile politique n'a été demandé", avait indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué transmis à la presse.

Gotabaya Rajapaksa a fui le Sri Lanka le 9 juillet après la prise d'assaut de sa résidence officielle par des dizaines de milliers de manifestants exaspérés par la grave crise économique que traverse le pays.

Après une escale aux Maldives, il est arrivé à Singapour le 14 juillet, d'où il a présenté sa démission. Son visa de quatorze jours a été prolongé une fois par les autorités locales, jusqu'au 11 août.

"Il a demandé une nouvelle extension, mais il n'a pas eu de réponse mercredi matin", a indiqué à l'AFP depuis Colombo un proche de l'ancien président.

Son plan serait désormais de retourner à Singapour après un séjour de courte durée en Thaïlande, selon cette source.

L'AFP n'a pas pu joindre l'ambassade srilankaise à Singapour, qui a soutenu le projet de Gotabaya Rajapaksa de prolonger son séjour dans la cité-État.

Le leader déchu, âgé de 73 ans, serait prêt à retourner au pays, alors que les protestions contre son pouvoir se sont atténuées, mais son successeur Ranil Wickremesinghe lui a déconseillé de retourner si tôt, a expliqué à l'AFP l'un de ses proches.