Candidats, duels, triangulaires: Cinq choses à savoir sur le 2e tour des législatives

Un électeur dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote le 18 juin 2022 (Photo, AFP).
Un électeur dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote le 18 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 19 juin 2022

Candidats, duels, triangulaires: Cinq choses à savoir sur le 2e tour des législatives

  • Ce sont 1148 candidats qui seront en lice lors du second tour, contre 6.293 au premier dimanche dernier
  • Cinq candidats ont été élus dès le premier tour, quatre pour la Nupes et un pour la majorité présidentielle sortante Ensemble!

PARIS: Sept triangulaires, 1.148 candidats en lice -dont trois sans adversaire- ou encore 62 duels entre la Nupes et le RN : ce qu'il faut savoir sur le deuxième tour des législatives dimanche.

Nombre de candidats

Ce sont 1148 candidats qui seront en lice lors du second tour, contre 6.293 au premier dimanche dernier, dont 655 hommes et 493 femmes. Parmi les prétendants, il y aura 370 sortants, 70 d'entre eux ayant mordu la poussière lors du premier tour. Les candidats de la majorité sortante (LREM, Modem, Horizons et Agir) sont les plus nombreux (415), devant l'alliance de gauche Nupes (380), sans compter trois dissidents socialistes qui ont refusé de se joindre à cette coalition. Quant au Rassemblement national, il aligne 209 candidats au second tour et Les Républicains 71 (en plus de cinq UDI et 14 DVD).

Les duels

Au second tour, les duels les plus fréquents opposeront un candidat d'Ensemble! à un rival de la Nupes. Selon un décompte de l'AFP réalisé à partir des chiffres du ministère de l'Intérieur, la majorité sortante et l'alliance de gauche s'affronteront dans 270 circonscriptions sur 577. Ensemble! sera confronté au RN dans 108 d'entre elles. La question du barrage à l'extrême droite se posera également dans les 62 circonscriptions où le parti de Marine Le Pen affrontera la Nupes menée par Jean-Luc Mélenchon. Il y aura également 25 duels entre le RN et Les Républicains, qui affronteront également la Nupes dans 24 circonscriptions et Ensemble dans 18.

Des candidats contre eux-mêmes
Aussi curieux que cela puisse paraître, certains candidats n'auront pas d'adversaire, leurs rivaux, qualifiés pour le second tour, ayant finalement choisi de jeter l'éponge. Trois candidats de l'alliance de gauche Nupes se retrouvent ainsi seuls en lice et donc assurés de gagner: Clémentine Autain (2e de Seine-St-Denis), Soumya Bourouaha (4e de Seine-St-Denis) et Elie Califer (4e de Guadeloupe).

Cinq députés déjà élus

Cinq candidats ont été élus dès le premier tour, quatre pour la Nupes et un pour la majorité présidentielle sortante Ensemble!. Les quatre députés de gauche qui n'auront pas besoin de croiser le fer dimanche prochain sont tous basés en Ile-de-France: il s'agit des sortants Insoumis de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière (7e circonscription) et de Paris, Danièle Obono (17e circonscription), ainsi que deux nouvelles députées LFI à Paris, Sophia Chikirou (6e) et Sarah Legrain (16e).

Pour sa part, Yannick Favennec-Bécot (64 ans), ex-UDI passé à Horizons, est parvenu à se faire réélire pour un 5e mandat (57,13%) dans la 3e circonscription de Mayenne.

En raison de la faible participation, certains candidats ayant dépassé la barre des 50% devront tout de même se soumettre à un second tour, car le nombre de voix obtenues devait être au moins égal à 25% du nombre des électeurs inscrits. C'est le cas, par exemple, de Marine Le Pen dans sa circonscription du Pas-de-Calais (11e) où elle s'est imposée avec 53,96% des suffrages. Pour les mêmes raisons, l'insoumis Manuel Bompard, qui se présentait dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône du sortant Jean-Luc Mélenchon, n'a pas encore certifié son siège, bien qu'il ait recueilli 56,04% des voix.

Sept triangulaires

Les triangulaires seront au nombre de sept lors du second tour, contre une seule il y a cinq ans. Malgré cette progression, elles demeurent rares en raison également de l'abstention, le candidat arrivé troisième devant obtenir un nombre de voix au moins égal à 12,5% des inscrits. Quatre circonscriptions mettront aux prises un candidat d'Ensemble!, de gauche et du RN: la 3e de la Dordogne, la 2e du Lot-et-Garonne, la 2e de la Nièvre et la 2e du Tarn.

Dans deux circonscriptions des Hauts-de-Seine, la 2e et la 3e, la triangulaire opposera LR à la Nupes et à Ensemble. Enfin, dans la 2e du Lot, il y aura un candidat PS dissident face à la Nupes et à Ensemble!.

Une huitième triangulaire était prévue dans la première circonscription du Lot-et-Garonne, mais la candidate de la Nupes Maryse Combres a appliqué strictement le front républicain et s'est retiré pour laisser place à un duel Ensemble!/RN.
 


France: jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie

Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
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  • L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés
  • Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières

PARIS: La justice française rend lundi son jugement à l'encontre du cimentier Lafarge et huit anciens responsables du groupe accusés de financement du terrorisme pour avoir payé des groupes jihadistes afin qu'ils laissent tourner une usine au milieu de la guerre en Syrie

Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", avait fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.

L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.

"On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis?", a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. "On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire."

Décortiquant échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal correctionnel de Paris s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes Etat islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.

Pour le Pnat, les versements aux entités classées comme "terroristes" ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros.

"Ahurissant de cynisme" 

Ce système prévoyait le versement d'argent pour, d'une part, financer l'acquisition d'intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et, d'autre part, assurer des "paiements de sécurité" et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les barrages dans la région.

Si les prévenus ont soutenu avoir été victimes de "racket", le terme a fait tiquer la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez, plusieurs messages internes à Lafarge faisant plutôt état de "négociations" ou d'"accords".

"Il y avait cette conviction que (la guerre) n'allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines décisions qui ont été prises", a expliqué Bruno Pescheux, l'un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 à l'été 2014.

"Cette crise était un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu'on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n'est jamais venue", a-t-il dit.

A l'audience, les deux procureures du Pnat ont souligné "l'absence totale d'adhésion à l'idéologie jihadiste" des prévenus, mais noté leur "absence de reconnaissance" et de "regrets" sur les faits.

Elles ont requis à l'encontre de la société Lafarge l'amende maximale de 1,125 million d'euros ainsi qu'une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d'euros.

Contre l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie mordicus avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire.

Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu'il a "donné des directives claires" pour maintenir l'activité de l'usine, "un choix purement économique, ahurissant de cynisme".

Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya est finalement évacuée par Lafarge dans l'urgence et l'impréparation la plus totale le 18 septembre 2014 face à l'avancée de l'EI. Le lendemain, elle tombe aux mains des jihadistes.

Particularité de ce dossier, des victimes des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et ses environs se sont constituées parties civiles, voyant dans cette affaire l'un des "rouages" des attaques qui ont ensanglanté la France les années suivantes.

 


Macron: Paris et Londres organiseront une «conférence» en vue d'une «mission multinationale pacifique» à Ormuz

La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
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  • "Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X
  • Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations

PARIS: La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron.

"Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X. Autrement dit, cette mission n'a pas vocation à être intégrée directement dans les efforts des Etats-Unis dans le détroit.

Aucun effort ne doit être ménagé pour parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie.

Un règlement qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 13, 2026

Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et censé entrer en vigueur lundi.

Keir Starmer a lui dit ne pas soutenir ce blocus.

Dans son message sur X, le président français a appelé à ne ménager "aucun effort" pour "parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie", "qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité".

"Pour y parvenir, toutes les questions de fond doivent être traitées en leur apportant une réponse durable, aussi bien s’agissant des activités nucléaires et balistiques de l’Iran que de ses actions déstabilisatrices dans la région, mais aussi pour permettre la reprise, le plus rapidement possible, d’une navigation libre et sans entrave dans le détroit d’Ormuz et faire en sorte que le Liban retrouve le chemin de la paix dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", a-t-il insisté.

 


Grenoble: un homme tué par balles, le troisième en une semaine

Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
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  • La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville

LYON: Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police.

Les coups de feu ont été tirés vers 01H15 place André Malraux, dans le quartier Hoche, près d'un point de deal connu de la ville, a précisé cette source.

La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville. Une femme de 26 ans qui se trouvait à ses côtés a été légèrement touchée à un bras, "victime collatérale" des tirs, selon le parquet.

Le 8 avril, un homme de 27 ans avait été tué par balles sur un point de deal dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique. Il avait été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et des violences.

Grenoble et certaines de ses banlieues sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue.