«C'est déprimant»: le Covid en Chine éreinte entreprises et salariés

Un ouvrier est assis à côté d'une clôture érigée pour fermer une zone résidentielle sous verrouillage de Covid-19 dans le district de Huangpu à Shanghai le 10 juin 2022. (AFP)
Un ouvrier est assis à côté d'une clôture érigée pour fermer une zone résidentielle sous verrouillage de Covid-19 dans le district de Huangpu à Shanghai le 10 juin 2022. (AFP)
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Publié le Dimanche 19 juin 2022

«C'est déprimant»: le Covid en Chine éreinte entreprises et salariés

  • La Chine est la dernière grande économie à maintenir une stricte stratégie sanitaire, qui repose sur le placement en quarantaine des personnes testées positives
  • Confinements et fermetures inopinés de commerces, de bureaux ou d'usines sont devenus pour les entrepreneurs une préoccupation du quotidien en termes d'organisation

PÉKIN : Restrictions, incertitude et licenciements: en Chine, la politique zéro Covid rend la vie dure aux employés et aux entreprises, contraintes de s'adapter au jour le jour, voire de mettre la clé sous la porte.

La Chine est la dernière grande économie à maintenir une stricte stratégie sanitaire, qui repose sur le placement en quarantaine des personnes testées positives, sur des confinements ciblés ou encore sur des tests PCR obligatoires.

Mais cette politique a de lourdes répercussions sur l'économie, avec nombre de commerces fermés, un tourisme en berne, des usines qui fonctionnent au ralenti et des chaînes de production très perturbées.

Si le géant asiatique s'était rapidement remis en 2020 du premier choc épidémique, il a affronté ces derniers mois sa pire flambée de Covid-19 depuis deux ans.

Cette situation a provoqué en avril le confinement total pour deux mois de la capitale économique Shanghai, avec pour conséquence des répercussions désastreuses sur l'activité et un chômage record.

Fiona Shi a perdu son emploi à deux reprises à cause de la pandémie.

En 2020, cette Pékinoise de 38 ans occupait un poste de direction dans l'hôtellerie, quand la propagation du Covid a porté un rude coup au secteur du tourisme.

Deux ans plus tard, Fiona, qui avait retrouvé du travail dans une multinationale, se retrouve de nouveau sans emploi, cette fois à cause des restrictions sanitaires.

«La pandémie a rendu les choses plus compliquées», avec de nombreuses entreprises qui hésitent désormais à embaucher ou réduisent leur masse salariale, déclare-t-elle à l'AFP.

- «Vraiment inquiète» -

Autre obstacle: un certain nombre de patrons «ne recrutent pas de plus de 35 ans», constate amère Fiona, soulignant la difficulté à retrouver un poste d'encadrement.

«Je suis vraiment inquiète», confie-t-elle.

Confinements et fermetures inopinés de commerces, de bureaux ou d'usines sont devenus pour les entrepreneurs une préoccupation du quotidien en termes d'organisation.

Et à cause de mesures anti-Covid qui peuvent évoluer d'un jour sur l'autre, les entreprises n'ont que peu de visibilité.

L'épidémie fragilise également des groupes aux reins solides, mais déjà éprouvés par un durcissement réglementaire visant l'immobilier et la tech.

Mme Bai, 27 ans, qui travaillait pour une entreprise américaine du secteur technologique, a été licenciée.

A cause du tour de vis des autorités pour réguler les géants du numérique, son ex-employeur avait déjà «perdu de l'argent» et a préféré jeter l'éponge en quittant le marché chinois.

«Ce ne sera pas le premier ni le dernier», prévient la Pékinoise, qui ne souhaite pas révéler son nom complet.

En termes de logistique, les restrictions sanitaires relèvent du casse-tête.

La chaîne de vêtements qui employait Andrew Zhang a d'abord tenté de s'adapter pour garder les boutiques ouvertes.

Mais ses patrons ont «réalisé que ce n'était pas possible» à cause des règles de quarantaine, qui auraient perturbé l'approvisionnement.

Résultat, la société ne vend plus qu'en ligne et Andrew a quitté son poste.

- Heures supplémentaires -

Sur le seul mois de mars en Chine, quelque 1,3 million d'entités ont annulé leur inscription au registre du commerce, selon les chiffres officiels. Un bond de 24% sur un an...

La stratégie sanitaire actuelle est fermement défendue par le président Xi Jinping et personne n'ose publiquement la remettre en cause.

Selon les analystes, le zéro Covid devrait donc être pérennisé. Même si l'économie doit en payer le prix et si les restrictions rendent la vie insupportable pour patrons et salariés.

«Etre en télétravail, surtout dans un secteur comme le nôtre où les heures supplémentaires sont la norme, ça a encore plus brouillé la frontière entre vie professionnelle et personnelle», se désole M. Ning.

Ce jeune homme de 26 ans, qui ne souhaite pas révéler son prénom, travaillait à Pékin dans le service marketing d'une entreprise technologique.

Il finissait normalement vers 23h. Mais à partir de la mise en télétravail le mois dernier du district pékinois où il habite, il n'arrêtait qu'après minuit et voyait ses week-ends rabotés par les heures supplémentaires.

«J'étais vraiment exténué. Du coup, j'ai démissionné», explique à l'AFP M. Ning.

Depuis, il a envoyé 200 CV mais n'a obtenu que trois entretiens d'embauche.

«C'est déprimant», explique-t-il. «Mais il faut bien trouver un moyen de survivre.»

 

 


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.