Législatives en France: Cinq choses à retenir du second tour

Emmanuel Macron après avoir voté lors de la deuxième étape des élections législatives françaises dans un bureau de vote du Touquet le 19 juin 2022 (Photo, AFP).
Emmanuel Macron après avoir voté lors de la deuxième étape des élections législatives françaises dans un bureau de vote du Touquet le 19 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 20 juin 2022

Législatives en France: Cinq choses à retenir du second tour

  • Le camp du président français est ressorti groggy dimanche soir du second tour des élections législatives
  • La coalition centriste-libérale présidentielle Ensemble! devra se contenter d'une majorité relative à l'Assemblée nationale

PARIS: Deux mois après la réélection d'Emmanuel Macron, le camp du président français est ressorti groggy dimanche soir du second tour des élections législatives, privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale et confronté à une forte percée de l'extrême droite.

Voici cinq choses à retenir du scrutin portant sur l'élection des 577 députés de la chambre basse du Parlement:

Une gifle pour Macron

La coalition centriste-libérale présidentielle Ensemble! devra se contenter d'une majorité relative à l'Assemblée nationale.

Selon les projections des instituts de sondage, il lui manquerait au moins une quarantaine de députés pour atteindre les 289 dont elle avait besoin pour gouverner seule. Une contre-performance inédite: il s'agit de la majorité relative la plus petite de la Ve République, en vigueur depuis 1958.

S'ils sont confirmés, ces résultats posent clairement la question de la capacité d'Emmanuel Macron à pouvoir gouverner le pays et faire voter les réformes promises, notamment celle des retraites.

La gauche, première force d'opposition

Le chef de file de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, n'a pas réussi son pari d'imposer une cohabitation à Emmanuel Macron et donc d'en devenir le Premier ministre.

Mais il est parvenu à faire de la gauche la première force d'opposition à l'Assemblée nationale avec, selon les projections, autour de 150 sièges. Sous la bannière de la Nupes, cette alliance, qui réunit socialistes, écologistes, communistes et gauche radicale, a battu plusieurs figures du camp macroniste et empêché le président d'obtenir une majorité absolue.

"Nous avons réussi l'objectif politique que nous nous étions donné, en moins d'un mois: faire tomber celui qui avec autant d'arrogance avait tordu le bras de tout le pays pour être élu sans qu'on sache pour quoi faire", a estimé M. Mélenchon.

La percée de l'extrême droite

Son objectif était d'atteindre au moins les 15 députés nécessaires pour former un groupe à l'Assemblée nationale: le Rassemblement national (extrême droite) pourrait en avoir jusqu'à six fois plus, selon les projections.

Réélue haut la main dans le Pas-de-Calais (Nord), Marine Le Pen pourrait disposer de 80 à 95 députés, soit dix à quinze fois plus d'élus qu'actuellement. "Nous incarnerons une opposition ferme, sans connivence, responsable, respectueuse des institutions, parce que notre seule boussole, c'est l'intérêt de la France et du peuple français", a-t-elle promis.

Les ténors qui ont chuté

Symboles de la claque reçue, les défaites de plusieurs figures de la Macronie: le président de l'Assemblée sortante, Richard Ferrand, et le patron des députés de la majorité, Christophe Castaner.

Trois ministres - Amélie de Montchalin (Transition écologique), Brigitte Bourguignon (Santé) et Justine Benin (Mer) - ont également mordu la poussière et devront quitter les rangs de l'exécutif, selon une règle tacite réaffirmée récemment par l'Elysée.

Une forte abstention

Comme au premier tour, plus d'un électeur sur deux a boudé les urnes lors du second tour. L'abstention a encore progressé entre 53,5% et 54%, par rapport au premier tour. Mais elle n'a pas battu le record de 2017 (57,36%). Elle atteint néanmoins son deuxième plus haut niveau pour ce scrutin.


Covid: le spectre d'une neuvième vague avant Noël en France

Une femme reçoit une injection de vaccin Covid-19 dans une pharmacie à Paris, le 19 octobre 2022. (AFP).
Une femme reçoit une injection de vaccin Covid-19 dans une pharmacie à Paris, le 19 octobre 2022. (AFP).
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  • Pour certains experts, pas de doute: «Une neuvième vague est en train de se former en France et plus généralement en Europe, en Asie du sud-est, et en Amérique du Nord»
  • Une vague «mue en France par le sous-variant BQ.1.1 d'Omicron, responsable de l'augmentation récente des contaminations mais aussi des hospitalisations»

PARIS : L'épidémie de Covid-19, qui a connu en France une brève accalmie après une vague au début de l'automne, est en train de repartir avec une remontée des cas et des hospitalisations à la faveur de la baisse des températures et d'un nouveau variant, relançant les craintes pour les plus à risque.

Vendredi, 48 629 nouveaux cas ont été enregistrés dans l'Hexagone, contre 33 177 nouveaux cas le vendredi précédent, soit une hausse de 46%.


Mondial: Benzema «n'occupe pas l'esprit» de Deschamps

Le vainqueur du Ballon d'Or s'est blessé à la cuisse gauche à l'entraînement le 19 novembre 2022, ce qui a porté un coup fatal aux espoirs de la France de conserver le trophée au Qatar. (AFP).
Le vainqueur du Ballon d'Or s'est blessé à la cuisse gauche à l'entraînement le 19 novembre 2022, ce qui a porté un coup fatal aux espoirs de la France de conserver le trophée au Qatar. (AFP).
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  • Forfait pour la Coupe du monde après une blessure au Qatar contractée à la veille du match d'ouverture, Benzema est arrivé mardi matin vers 09h20 (06h20 à Paris) à La Réunion
  • La présence du joueur à la Réunion affaiblit l'hypothèse d'un retour à l'entraînement du Real Madrid dès jeudi, avancée lundi par quelques médias espagnols, qui spéculaient sur un retour possible de Benzema en équipe de France pendant le Mondial

DOHA : La situation de Karim Benzema, forfait pour le Mondial et arrivé mardi sur l'île de La Réunion, ne fait pas partie "des choses qui occupent mon esprit", a balayé le sélectionneur Didier Deschamps, préférant s'"occuper des 24 joueurs qui sont là" avec l'équipe de France.

La présence du joueur à la Réunion affaiblit l'hypothèse d'un retour à l'entraînement du Real Madrid dès jeudi, avancée lundi par quelques médias espagnols, qui spéculaient sur un retour possible de Benzema en équipe de France pendant le Mondial.

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Le footballeur français Karim Benzema (C) arrive à l'aéroport Roland-Garros de La Réunion, à Sainte-Marie, le 29 novembre 2022. (AFP). 

Forfait pour la Coupe du monde après une blessure au Qatar contractée à la veille du match d'ouverture, Benzema est arrivé mardi matin vers 09h20 (06h20 à Paris) à La Réunion, selon un correspondant de l'AFP.

Le Ballon d'Or 2022, en visite privée, doit séjourner une semaine dans l'océan Indien, a-t-on appris auprès d'un proche du joueur. Il est arrivé à l'aéroport international Roland-Garros à Sainte-Marie sans faire de déclaration. En tenue décontractée et casquette rouge, il s'est directement engouffré dans un SUV.

Interrogé sur le cas du Madrilène, toujours présent administrativement dans la liste officielle des Bleus à la Coupe du monde, Didier Deschamps a évacué la question. "Vous cherchez des trucs là...", a-t-il répondu en conférence de presse avant Tunisie-France, mercredi en clôture du premier tour. "Ce ne sont pas des choses qui occupent mon esprit, je ne sais pas qui dit quoi, où, comment".

"J'ai échangé avec Karim après son départ, vous savez sa situation et le délai pour qu'il se rétablisse. Je m'occupe des 24 joueurs qui sont là. Je vous laisse ça si vous voulez en parler, débattre, imaginer. Je ne vais pas commenter des trucs qui ne concernent pas notre quotidien", a-t-il ajouté.


A Roquefort, un fromage ancestral dans l'oeil de l'agro-industrie

Christian Cros se promène avec son troupeau de brebis qui produisent du lait pour la fabrication du Roquefort, à Saint-Rome-de-Cernon, dans le sud de la France, le 16 novembre 2022. (Photo de Charly TRIBALLEAU / AFP)
Christian Cros se promène avec son troupeau de brebis qui produisent du lait pour la fabrication du Roquefort, à Saint-Rome-de-Cernon, dans le sud de la France, le 16 novembre 2022. (Photo de Charly TRIBALLEAU / AFP)
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  • Au milieu de ses brebis, Christian Cros ne décolère pas face à ce qu'il décrit comme «l'érosion» d'un savoir-faire de plusieurs siècles.
  • Derrière lui, une immense inscription «Société tu m'auras pas» est peinte sur le mur de son bâtiment agricole, allusion à une chanson de Renaud et à Société des caves, filiale de Lactalis, principal industriel de la filière

ROQUEFORT-SUR-SOULZON: La production du roquefort, fromage emblématique affiné dans de mythiques caves du sud de l'Aveyron, est dominée par l'industrie agroalimentaire, mainmise que certains voient comme une menace pour une AOP bientôt centenaire mais ne comptant plus que de rares fabricants indépendants.

Au milieu de ses brebis, Christian Cros ne décolère pas face à ce qu'il décrit comme "l'érosion" d'un savoir-faire de plusieurs siècles.

"Quand j'avais une dizaine d'années, il y avait 4.000 fermes, aujourd'hui c'est 1.300!", dénonce cet éleveur de 56 ans installé à Saint-Rome-de-Cernon, près de Roquefort-sur- Soulzon, où sont affinées les tomes du premier fromage à avoir obtenu l'appellation d'origine contrôlée (AOP), en 1925.

Derrière lui, une immense inscription "Société tu m'auras pas" est peinte sur le mur de son bâtiment agricole, allusion à une chanson de Renaud et à Société des caves, filiale de Lactalis, principal industriel de la filière.

Fort d'un cheptel de 380 bêtes, Christian Cros représente la Confédération paysanne au sein de la Confédération générale de Roquefort (CGR), où siègent les producteurs de lait et les sept fabricants, trois industriels et quatre indépendants.

Il dénonce une "baisse du prix du lait" et du nombre de producteurs "depuis que Lactalis a acheté Société des caves en 1992".

Effritement de la consommation

Le secrétaire général de la CGR Sébastien Vignette parle plutôt d'"effritement de la consommation depuis plusieurs années", de 1% par an, diminution comparable à celle des fermes dédiées au roquefort.

Quant à la multinationale laitière, qui déclare produire "52% des 15.885 tonnes du volume total du roquefort", elle précise avoir "sensiblement revalorisé" le prix du lait en octobre.

Le groupe aux 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 120 millions issus du roquefort, estime en outre générer 5.000 emplois directs et indirects dans la région.

Un poids gigantesque, particulièrement à Roquefort-sur-Soulzon où Lactalis possède 80% du bâti et du foncier, dont la majorité des caves, grandes grottes naturelles où les tomes sont alignées sur des travées de bois pour un affinage unique.

Hugues Meaudre, directeur général de la division Lactalis AOP et terroir, affirme à l'AFP que le groupe joue "le rôle de locomotive pour tirer cette AOP".

"La filière est dans une posture légèrement négative. Notre premier axe de travail c'est de stabiliser ses volumes et, une fois stabilisés, il faudra repartir dans la croissance", explique-t-il.

Mais pour Véronique Richez-Lerouge, présidente-fondatrice de l'association Fromage de terroirs, la présence de tels acteurs dans une filière aussi typique est "toxique".

"Les fromages industriels représentent 90% du plateau de fromage français. Ils ont de quoi s'exprimer. Pourquoi viennent-ils dans les AOP? C'est pour l'image", estime-t-elle.

Hugues Meaudre préfère évoquer "l'amour du produit des actionnaires de Lactalis".

"Dans les AOP, un segment haut de gamme comparable à celui de la haute couture, on devrait limiter la présence des multinationales pour permettre à une filière d'éclore de manière harmonieuse", rétorque Mme Richez-Lerouge.

Haute couture ou industrie

Pour Vincent Combes, patron de la maison Combes qui fabrique manuellement 180 tonnes par an de roquefort Vieux Berger, "l'avantage c'est que chacun a sa place, son marché, sa qualité".

"On respecte le cahier des charges, mais on se donne d'autres contraintes pour avoir un produit d'excellence", souligne ce maître-artisan fromager, plus petit fabricant de l'AOP.

Mais selon Christian Cros, avec Société des caves, que sa famille fournit depuis trois générations, l'écueil se situe au niveau du prix du lait et de la proportion transformée.

"Le roquefort est très bien payé. Mais on demande à l'industriel qu'il nous transforme au moins 50% de la production en roquefort, et c'est à peine 10%", déplore ce paysan qui vend son lait à un prix moyen de 1,17€ le litre.

"Dans le bassin de Roquefort, on collecte 117 millions de litres de lait de brebis, un tiers de ce lait est consacré au roquefort", assure de son côté Hugues Meaudre, les deux autres tiers servant à la "diversification", autrement dit des fromages de brebis industriels.

Sébastien Vignette se réjouit toutefois d'un collectif qui "vit bien" et où tous les acteurs, industriels comme petits producteurs, travaillent sur "Roquefort Demain", un "vaste projet d'aménagement touristique" censé voir le jour en 2025, pour le centenaire de l'AOP.