Voitures électriques: le rêve de la recharge solaire

Lex Hoefsloot, PDG et cofondateur de Lightyear, pose devant la première voiture solaire Lightyear O lors de sa présentation en première mondiale à Tudela, dans le nord de l'Espagne, le 21 juin 2022. Le 9 juin 2022, la première voiture solaire à longue autonomie Lightyear 0 a été dévoilée lors d'une première mondiale en ligne. (Photo : CESAR MANSO / AFP)
Lex Hoefsloot, PDG et cofondateur de Lightyear, pose devant la première voiture solaire Lightyear O lors de sa présentation en première mondiale à Tudela, dans le nord de l'Espagne, le 21 juin 2022. Le 9 juin 2022, la première voiture solaire à longue autonomie Lightyear 0 a été dévoilée lors d'une première mondiale en ligne. (Photo : CESAR MANSO / AFP)
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Publié le Dimanche 26 juin 2022

Voitures électriques: le rêve de la recharge solaire

  • Sous le soleil brûlant du nord de l'Espagne, la «0», premier modèle de série de la start-up Lightyear, engrange assez d'énergie solaire pour parcourir chaque jour plus de 70 kilomètres gratis
  • Lightyear a placé la barre très haut, avec ce premier modèle construit à moins de 1 000 exemplaires et affichant un tarif de Bentley, à 250 000 euros

PARIS : Quelques start-up, mais aussi des géants de l'automobile commencent à installer des panneaux solaires sur leurs nouvelles voitures électriques, promettant un peu d'autonomie supplémentaire, mais pas encore de rouler à l’œil.

Sous le soleil brûlant du nord de l'Espagne, la "0", premier modèle de série de la start-up Lightyear, engrange assez d'énergie solaire pour parcourir chaque jour plus de 70 kilomètres gratis. Son capot avant et son long toit sont couverts de cinq mètres carrés de panneaux solaires.

Ses fondateurs, de jeunes ingénieurs hollandais, ont gagné plusieurs courses à l'énergie solaire dans le désert australien. Profitant de la baisse des prix des panneaux photovoltaïques et des batteries, ils tentent d'appliquer cette technologie aux voitures de tous les jours.

La carrosserie très aérodynamique de la "0" et ses moteurs intégrés aux roues lui permettent de consommer moins d'énergie que les SUV électriques qui dominent le marché, et d'afficher une autonomie de 625 kilomètres pour une charge. En roulant peu, on pourrait ainsi ne la brancher que l'hiver, promet la marque.

"L'heure tourne: nous devons rouler durable dès que possible", souligne l'un de ses fondateurs, Lex Hoefsloot, à l'AFP. "Les bornes de recharge restent un obstacle majeur. Si nous n'en avons pas besoin, nous pourrons changer d'échelle bien plus vite."

Lightyear a placé la barre très haut, avec ce premier modèle construit à moins de 1 000 exemplaires et affichant un tarif de Bentley, à 250 000 euros. Une version abordable, autour de 30 000 euros, est annoncée pour 2024-2025.

Trajets quotidiens

Alors que le marché des voitures électriques explose, plusieurs modèles dotés de panneaux solaires sont attendus dans les prochains mois. Toyota proposait déjà des panneaux sur son hybride Prius (en option) et sur sa toute première voiture 100% électrique, la BZ4X. Idem pour le prototype de pick-up de Tesla, prévu pour 2023.

Mercedes a équipé de cellules photovoltaïques le toit son luxueux prototype EQXX qui, avec le même profil effilé que la Lightyear, promet 1.000 kilomètres d'autonomie.

Selon le chercheur américain Gregory Nemet, "les panneaux photovoltaïques sont devenus si bon marché que, même dans des zones peu ensoleillées, ça vaut le coup d'en mettre".

"Même si un toit de voiture ne peut pas charger entièrement la batterie en un jour, il peut engranger assez d'énergie pour vous ramener de votre travail à votre domicile", signale ce spécialiste de l'énergie à l'université du Wisconsin.

Avec quelques centaines d'euros supplémentaires par voiture, l'énergie solaire pourrait au minimum compenser l'usage de la climatisation, analyse Gautham Ram Chandra Mouli, spécialiste de la mobilité électrique à l'université de Delft, aux Pays-Bas.

Attention cependant à l'endroit où l'on se gare, prévient l'expert: la voiture ne se recharge évidemment que si elle est à l'extérieur, et beaucoup moins l'hiver. En outre, elle se recharge bien mieux près de l'Equateur qu'en Europe du Nord.

Sous le soleil de Californie, la start-up Aptera affiche de son côté 25 000 précommandes pour son premier modèle prévu pour la fin de l'année, une petite voiture à trois roues et deux places. Selon les versions, facturées entre 26 000 et 46 000 dollars, elle affiche entre 400 et 1 600 kilomètres d'autonomie.

Un autre modèle solaire bien plus classique, mais aussi abordable et ambitieux, est attendu en Allemagne fin 2022: la Sion. Cette compacte dotée de cinq places est cubique et toute noire, car intégralement couverte de panneaux solaires.

"Nous avons développé une technologie qui permet de couvrir toute la voiture", explique Jona Christians, codirecteur de la grosse start-up allemande qui l'a imaginée, Sono Motors. Avec 18 000 précommandes enregistrées, ils prévoient de produire 260 000 voitures d'ici à 2030.

La Sion intègre le système "Vehicule-to-Grid", qui permet à sa batterie chargée de restituer de l'électricité au réseau quand le soleil ne brille plus.

Le petit constructeur compte aussi vendre sa technologie solaire à d'autres, comme le groupe français de remorques frigorifiques Chéreau.

Une autre marque hollandaise, Squad Mobility, compte lancer des voitures solaires sans permis en 2023.

Son patron Robert Hoevers, un ancien de Lightyear, voit dans le soleil l'avenir des voitures: "Les panneaux deviendront encore moins chers, les moteurs électriques plus efficaces: tôt ou tard, on roulera tous les jours à l'énergie solaire."


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.

 


Trois jours avant le jugement, un dernier banquet à Liévin pour Le Pen et Bardella

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
  • Marine Le Pen et Jordan Bardella organiseront à Liévin un événement pour montrer leur unité avant la décision de la cour d’appel de Paris sur son inéligibilité
  • Une possible condamnation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter, renforçant l’hypothèse d’un rôle accru de Bardella pour 2027

PARIS: A trois jours de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera qui des deux sera candidat à la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella participeront samedi soir à un "banquet champêtre" à Liévin, en plein coeur du fief électoral de la patronne du Rassemblement national.

Ensemble, devant leurs militants, les deux chefs du RN afficheront leur unité, à moins de 72 heures du couperet judiciaire tant attendu, par le parti à la flamme comme par ses adversaires.

Si elle se voit confirmer une peine d'inéligibilité de plus de deux ans, Marine Le Pen ne pourra pas concourir une quatrième fois à l'Elysée. Elle estime aussi que si les juges lui imposent un bracelet électronique, il ne lui sera "pas possible" de faire campagne. En fonction de la sentence, elle annoncera sa décision mardi soir, probablement dans un journal télévisé.

Comme elle, tout le parti est dans l'expectative depuis la fin du procès en février. "On n'a plus les cartes, donc elle comme moi on patiente", confie en privé son dauphin, Jordan Bardella, appelé à "reprendre le flambeau" si la "candidate naturelle" était empêchée.

Ces dernières semaines, leurs prises de positions parfois dissonantes ont fait ressurgir des doutes sur la solidité du ticket qu'ils entendent présenter aux électeurs. Ce "banquet champêtre" à Liévin tombe donc à point nommé pour resserrer les rangs.

Loin d'être une tradition, l'événement a été monté par le nouveau maire RN de cet ex-bastion socialiste, Dany Paiva, avec l'appui du député Bruno Bilde, membre du premier cercle de Marine le Pen -elle-même élue de la circonscription voisine d'Hénin-Beaumont.

- "On reste soudés" -

Samedi soir à Liévin, ils seront 1.200 militants à se presser autour des deux leaders. L'ambiance sera résolument amicale et champêtre. Un podium sera installé pour de brèves prises de parole, 10 minutes pour Jordan Bardella puis 10 minutes pour Marine Le Pen, avant un bain de foule.

"Pas de discours" à proprement parler, ni de "thèmes prédéterminés" selon un conseiller de Marine Le Pen. Mais une expression conjointe qui "montrera que tout va bien, et que quel que soit le résultat du 7 juillet on reste soudés", glisse un proche de la patronne et de Jordan Bardella.

Celle qui se vante d'avoir "la peau dure" viendra refaire le plein de soutiens auprès de ses électeurs du Pas-de-Calais, avant d'affronter l'épreuve fatidique.

"La politique, c'est de l'amour. Si vous n'aimez pas les gens, il faut faire autre chose", mais "quand l'amour vous porte, on prend les coups les uns après les autres et on se crée une carapace", dit-elle après quatre décennies d'une carrière jalonnée d'une vingtaine de scrutins (dont deux finales présidentielles perdues face à Emmanuel Macron).

Entourés de nombreux cadres locaux du mouvement d'extrême droite, les deux favoris des sondages enverront aussi un signal à leurs adversaires à l'affût de la moindre faille. A commencer par le mieux placé, Edouard Philippe, que Marine Le Pen espère affronter au second tour, et qui tiendra son premier grand meeting dimanche à Paris.